Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

37-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 19/06/26

19 juin 2026 · 14 min

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Le quart d'heure corrézien : Roland 3/4 Si la chape de plomb a longtemps tue les horreurs des massacres du 9 juin 44 à Tulle, il est désormais l'heure de faire de l'histoire. C'est à dire parler ouvertement de ce qu'il s'est passé, mais aussi le montrer et inviter des historiens à poursuivre des recherches. C'est en tout cas l'ambition du Comité des martyrs de Tulle et de son président, Roland Gonieau.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien. Aujourd'hui, troisième épisode consacré à Roland Gognon, le président du comité des martyrs de Tulle. Avec lui, nous avons déjà abordé les faits, ce qu'il s'est passé et comment cela s'est passé le 9 juin 1944, lorsque 99 tullistes ont été pendus au balcon et réverbères de la ville et que 156 autres ont été déportés vers les camps de la mort. Dans le précédent épisode, nous avons alors développé la question des conséquences morales sur les tullistes en général, mais aussi sur lui. Et ainsi, nous avons donc évoqué cette chape de plomb qui, durant des années, a empêché les familles de parler ouvertement de cette cruelle déchirure. Or, aujourd'hui, plus de 80 ans après ces faits, cette chape de plomb se fissure. Il est donc désormais l'heure de faire de l'histoire. Le quart d'heure corrézien avec Roland, passeur de mémoire. C'est parti. Le comité des martyrs, ce n'est pas qu'un dépôt de gerbe tous les ans accueille. Pendant quelques temps, c'est pourtant ce qui a été fait. Mais moi, pour moi, si ce n'est que ça, je n'ai pas besoin d'un comité des martyrs. La preuve, c'est qu'en l'absence du comité pendant 20 ans, les municipalités qui se sont succédé ont parfaitement fait ce qu'ils avaient à faire. Pour moi, le comité des martyrs, c'est avant tout de raconter l'histoire de ce qui s'est passé pour les jeunes générations. De faire perdurer la mémoire. De faire perdurer la mémoire. Et ça, justement, vous l'avez fait dernièrement par ces petits oiseaux qui ont été dispersés un petit peu partout dans Tulle. Pour le 80e anniversaire. Par la mise en place et la création d'un site internet qui permet justement aussi de retracer cette histoire particulière et surtout les médaillons qui ont été posés au lieu de mémoire de Cueil. Oui, ça c'est effectivement une action capitale. Ces médaillons d'ailleurs, il faut savoir que quand il y a eu les améliorations du haut lieu de Cueil par l'architecte, à l'époque, ça remonte, j'étais encore, je crois, me souvenir à Clermont-Ferrand, il était effectivement prévu des médaillons. Après que le site au niveau structure ait été fait et construit, ou rénové, et agrandi même, l'architecte faisait état de la nécessité d'avoir des médaillons. Ça n'a pas abouti jusqu'à il y a deux ans, effectivement, on a fait ce qu'il fallait. Et c'est vrai que ces médaillons humanisent d'abord le lieu, le site, et le sacralisent en même temps. Parce que vous connaissez le site, bien sûr, on a la liste aussi bien des déportés que des martyrs, mais c'est quand même de chaque côté un mur de pierres. Bien sûr, ce sont des belles pierres, si je puis dire, mais c'est un peu tristounet quand même. Et cette tristesse, on l'a humanisée avec ces photos et c'était un juste hommage en fait qu'on devait à nos martyrs et donc d'abord il y a eu un travail de recherche des photos et la grâce à Nicolas Ginière et à son équipe, les archives municipales qui ont fait un travail remarquable de recherche parce que ce n'était pas évident. D'abord, c'est si vrai qu'on en est de mémoire à 170 photos environ sur 200, un peu plus de 200. C'est un super travail. L'idée a pris corps pour le 80e, mais déjà Nicolas Ginière a travaillé depuis plusieurs années. Et une fois de plus, je me répète, mais c'est vrai que ça humanise et ça sacralise les lieux. Et alors, il y a, pour martyr et déporté, pour certains, nous n'avons pas les photos. Il y a donc néanmoins le médaillon en porcelaine de la même dimension, avec le nom de la personne, qui est blanc. Et son âge. Et son âge. Le nom, l'âge, et il est blanc. Et on arrive à ce paradoxe, enfin pour moi, je l'ai vécu presque comme un paradoxe, lors de l'inauguration, évidemment, on s'imagine, moi j'ai bien sûr vécu, l'émotion des gens de revoir les leurs, là, tous. Et j'ai une dame qui me dit, elle me dit, donc elle, elle n'avait pas retrouvé de photo, mais elle a vu le nom, effectivement, de son cher disparu. Elle me dit, vous savez, monsieur, que ce médaillon blanc, qui est le mien, et je vois les autres, m'émeut autant que s'il y avait la photo. Et j'ai vu cette dame, effectivement, vraiment émue de voir ce médaillon blanc, parce qu'à partir de là, elle se réimaginait, se refaisait le film au sens positif du terme de ce qui avait pu se passer. Et à partir de ce médaillon blanc, tout ça pour dire l'impact que ça a pu procurer aux gens. Et ce n'est pas anodin aussi de mettre ces médaillons pour les jeunes générations, si ça permet de s'identifier quelque part ? Bien sûr, car, comme vous le dites, ça permet de s'identifier qu'il y a la liste des suppliciés et des déportés. La liste des suppliciés, c'est en fait deux grandes plaques de fonte, puisqu'il y a eu deux fosses qui ont été faites. Et sur ces fosses, il y a une fosse où il y a eu 80 corps. Donc, il y a une grande plaque avec le nom des 80 martyrs et une autre plaque où il y a les 19, 19 et 80, ça fait 99, où il y a les autres noms. Jusqu'à présent, même s'il est vrai que ces plaques ont leur conception en fonte et autres, il y a un certain respect, on sent que, mais une fois de plus, et pour, comme vous le disiez, pour les générations, de voir des portraits, on sent surtout que figurent les âges. Et des générations, par exemple, actuellement, des gens qui vont visiter le haut lieu de Cueil de 20 ans, qui ont 20 ans, 25 ans, en voyant le nom et l'âge des victimes se disent, mais c'était des gens de notre âge. Et là tout de suite, effectivement, ça prend une importance et c'est vrai que pour ces générations et celles à venir, c'est vraiment là où la mémoire, ça ancre et ça solidifie la mémoire. Le comité des martyrs a un grand projet, c'est de créer un espace mémoriel. Cet espace mémoriel, pourquoi vous avez envie qu'il voit le jour ? Alors je vous confirme effectivement que c'est un de nos projets, c'est un point d'ancrage. Un petit exemple, combien de personnes qui visitent ou qui passent devant l'espace, la stèle du haut lieu de Cueil, évidemment, et puis combien nous ont dit, mais vous n'avez pas une maison de la mémoire ou quelque chose, où on pourrait voir, bah non on n'a rien et pour moi c'est un manque c'est un manque crucial parce que pour moi c'est un point d'ancrage, il y a trois points il y a trois points qui pour moi sont très importants au niveau du comité c'est d'abord je le cite dans le désordre si je puis dire, vous l'avez dit, notre site internet notre action de conférences et de pédagogie c'est capital vis-à-vis des générations et là on en est à plus de 80 en 3 ans 80 conférences et cet espace mémoriel car ça permettra de considérer de pouvoir pour les gens de l'extérieur et nous-mêmes concrétise l'existence du comité des martyrs on va l'identifier à partir à partir effectivement de cet espace qui ne sera pas pour autant un musée car on n'a pas réellement, nous on n'a pas exposé certaines choses on parlait à l'instant d'Oradour, malheureusement pour eux les pauvres, ils ont déjà un théâtre un musée naturel le village martyr Nous on ne l'a pas, tant mieux si je puis dire, mais par contre on a cet espace mémoriel sera effectivement, avec la scénographie qui sera adaptée, je souhaiterais qu'on puisse faire l'inventaire quasi exhaustif de toutes les exactions qui ont pu se faire au moins en Corrèze et pendant ce mois de juin 1944. Avec pour chaque événement, chaque personne, une histoire, des photos. Je peux vous garantir que ça va prendre de la surface et ça permettra effectivement aux gens de se retrouver, en ayant en plus effectivement des films, des vidéos, des projections. Recevoir également certains jeunes et moins jeunes, je pense à des étudiants qui peuvent faire une thèse ou autre, et profiter de la bibliothèque ou les bibliothèques adaptées. Donc de faire de l'histoire ? De faire de l'histoire, absolument. C'est ce que je disais. Maintenant, on en est à l'histoire. Il n'y a rien de mieux pour rendre hommage et respecter nos martyrs que de raconter leur histoire. Pour justement permettre aux nouvelles générations de comprendre ce qui s'est passé et que leurs martyrs ne deviennent pas inutiles. Au contraire, qu'ils servent effectivement et qu'ils permettent aux gens de pouvoir se raisonner et d'arrêter, de travailler surtout la paix. Et c'est ce qu'on veut, la paix avant tout. Mais la paix déjà en interne, j'ai envie de dire dans Tulle, dans le sens où il ne faut plus arrêter les jalousies, etc., qui ont pu naître juste après. J'imagine qu'elles sont tues, ces jalousies, aujourd'hui. Il y a eu des jalousies, bien sûr, mais... Et qui sont compréhensibles en plus, parce que ce sont des enfants quand même. Oui, mais effectivement, ces jalousies ont duré au moins deux générations. Fort heureusement, ça a considérablement diminué, plus que diminué, je ne vais pas dire que c'est inexistant, mais enfin, on pourrait les retrouver sur quelques personnes de ma génération. Nos enfants et petits-enfants, fort heureusement, ont servi de filtre, faisant que jalousie et chape de plomb sont presque anéantis, et tant mieux. C'est nécessaire pour pouvoir promouvoir la paix, la sérénité. Si on commence effectivement à créer des conflits, une fois de plus, le conflit, c'est récurrent. Le conflit entraîne la guerre. Alors qu'au contraire, on vient la subir et on se bat contre ça. Alors, pour moi, d'ailleurs, quand j'entends justement des gens tenir de tels propos, je m'insurge, j'essaie de leur faire comprendre que non seulement ce n'est pas le but du comité des martyrs, mais que de tels propos n'ont rien à voir, n'ont rien à faire au sein du comité des martyrs. Si le lieu idéal pour voir naître cet espace mémoriel est d'ores et déjà identifié, reste à savoir maintenant comment la ville de Tulle peut accompagner ce projet. C'est l'horizon du prochain épisode qui sera disponible à l'écoute dès la semaine prochaine. Merci à Clémence et Rémi pour leur message d'encouragement et de soutien. Message que vous pouvez m'envoyer à cette adresse, info.radio.fr. En attendant de vous retrouver dans une semaine, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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