Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

30-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 1/05/26

1 mai 2026 · 15 min

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Quart d'heure corrézien : Claire 1/4 Après de longues études supérieurs, des passages en stages sous les Ors de la République, Claire Morel n'était pas en phase avec elle. Elle qui souhaitait avant tout être au service des autres en écoutants réellement leurs besoins, leurs envies et même leurs espoirs. Alors, petit à petit, l'idée d'une reconversion professionnelle a cheminé dans son esprit. C'est ce cheminement que je vous propose de découvrir dans ce premier épisode avec Claire.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien, nouvelle série de portraits cette semaine. Je voulais aborder les reconversions professionnelles et surtout la grande question de l'incertitude quand on bascule après des années d'études vers une toute autre profession. Alors pour illustrer ce changement de vie, je vous emmène dans le sud de la Corrèze à la rencontre de Claire, le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Nous voici donc à Messac dans le quartier de Versailles et je vais donc me rapprocher de l'atelier de Clemorelle, un atelier de carcassiers, donc c'est ce que l'on va découvrir au cours de ces différents épisodes dans le quart d'heure corrézien, comprendre un petit peu ce que c'est, mais surtout qui est cette personne qui est donc une jeune femme de 42 ans. C'est un atelier qui est au sud du village, juste à côté du cimetière de Messac et qui surplombe en réalité un champ de noyers. Il y a quelques vaches aussi qui sont sorties puisque le printemps est là et les animaux sont enfin dans les prés. Juste derrière vous avez le collège de Messac et juste au-dessus, encore pardon, ça c'est le facteur qui passe et juste au-dessus du collège vous avez ce petit village du côté sur la droite, c'est celui de Barreau, et quand vous regardez sur votre gauche vous apercevez le bas du village de Messac mais également toutes les hauteurs de la Gléjol, le Clojoli encore sur la gauche et puis après, derrière, vous avez le village de Collorges, Collorges-la-Rouge, évidemment que beaucoup de Corréziens connaissent, c'est évident. Donc on va attendre Claire Morel, elle ne va pas tarder. En attendant, je peux vous décrire un petit peu là, l'arrière de son atelier. Voit des fils de fer qui sont accrochés, ça ressemble évidemment à des abat-jours. Il y a des cercles, il y a des carrés, il y a des losanges, c'est parfois arrondi. Les petites étagères avec des plats en porcelaine ou en faïence, en tout cas, et voilà Claire qui arrive, j'imagine, avec sa camionnette. Bonjour. Claire, on est dans ton atelier ? Oui. Jour de Lune ? Oui, atelier Jour de Lune. Pourquoi Jour de Lune, d'ailleurs ? Jour de Lune, parce que le nom est arrivé avant l'atelier. Quelques années avant l'atelier, même. C'était une époque où je rêvais beaucoup, ou je me souvenais en tout cas de mes rêves. Et cette nuit-là, j'avais rêvé que je faisais une expo de peinture. Alors que je ne suis pas spécialement peintre dans la vie, mais je faisais une expo de peinture qui s'appelait Jour de Lune. Et à mon réveil, je me suis dit, mais ce nom est génial. Et j'ai été charmée par ce cadeau qu'on m'a fait dans un rêve. Et j'ai décidé de déposer ce nom à l'INPI. Et quand l'atelier est arrivé dans ma vie, quelques années plus tard, on m'a demandé, on m'a dit, mais comment tu vas l'appeler ton atelier ? Je lui ai dit, je vais l'appeler Atelier Jour de Lune, puisque le nom est déjà déposé. Donc c'est largement antérieur. C'était prémonitoire, presque ? Prémonitoire, je ne sais pas, mais oui, largement antérieur, plusieurs années avant. Parce qu'en fait, on va expliquer, prendre le temps de le faire, vous n'êtes pas artisane de métier de base, en fait ? Non, je ne suis pas artisane de base. Moi, j'ai fait des études, j'ai fait un Institut d'études politiques à Lille. Et je me suis initialement orientée vers le monde de l'administration publique et le conseil aux collectivités territoriales dans un premier temps. Et puis plus largement secteur public, ça pouvait inclure des établissements publics et également des organismes de protection sociale. Donc là, on s'éloigne légèrement du secteur public pour aller vers des organismes paritaires. Qu'est-ce qui vous a amené vers ce genre d'études et ces domaines-là ? Alors, je voulais... Qu'est-ce qui m'a amenée vers ces études-là ? Déjà, quand j'avais 7 ans, apparemment, je connaissais le nom des ministres. Et j'avais un goût pour ces choses-là. Et donc, oui, je m'intéressais à ça. Et puis, j'aimais l'idée de travailler pour un bien commun. Je ne me voyais pas trop aller vers le secteur privé, mais vraiment vers des choses plus universelles, on va dire. Service public ? Service public. Être au service d'eux ? Être au service d'eux, oui. Je voulais servir, d'une manière ou d'une autre, oui. Et donc, ça vous emmène où, tout ça ? Alors, il y a eu un petit shift, d'ailleurs, parce que je faisais mes études à l'Institut d'études politiques. On est jeune, on a 18-20 ans, on se prend de passion pour des débats politiques, etc. On pense qu'on peut changer le monde. Et on l'espère. Et on l'espère, et oui, oui, c'est un souhait qui est sincère. Et donc, c'est des environnements un peu grisants. J'ai eu l'occasion de faire un stage dans un cabinet ministériel. Et c'était au cabinet du Premier ministre. Et en fait, c'est en même temps au moment où je rentrais, j'avais passé une année d'études au Canada et où j'avais pu voir ce qui se passait un peu ailleurs. Et ce qui m'avait frappée au retour, c'était les ors des palais républicains, quelque chose d'assez impressionnant et qui fait aussi la grandeur de notre pays, et en même temps, peut-être un manque de simplicité qui m'avait frappée quand j'étais au Canada et que j'avais beaucoup appréciée. Au retour, je fais ce stage au cabinet du Premier ministre et là, je suis un peu divisée parce qu'il y a une part de moi, probablement un peu mon égo qui est grisé parce qu'il y a quelque chose vraiment d'assez fascinant et de grisant. Et une autre part de moi qui se dit, je sens que je suis comme un lapin pris dans les phares. Je n'ai pas fait grand-chose de ma vie. Je suis un peu creuse. Je suis toute jeune. Qu'est-ce que je viens faire là-dedans ? Qu'est-ce que je viens réellement offrir, en fait ? À part flatter mon égo, qu'est-ce que moi je viens offrir ? Vous aviez un peu d'enthousiasme quand même. Oui, j'avais de l'enthousiasme, mais je comprenais qu'il y a un système un peu de courtisans dans ce milieu-là, qu'on retrouve un peu partout, et je me suis dit, mince, j'ai aucune envie d'être prise là-dedans. Et si je reste là-dedans, je ne suis pas sûre d'aimer la personne que je vais devenir. Et donc, j'ai décidé de me retirer de cette voie-là. Quitter Matignon. Quitter Matignon, c'était un stage, mais de toute façon, la durée était limitée. Mais en tout cas, de ne pas persévérer dans mon souhait de me faire une place dans ce monde-là. Et de servir la communauté avec une expertise. Et donc là, j'ai décidé de me consacrer, de m'orienter vers le conseil au secteur public, qui est un métier où on apprend auprès des agents. On est immergé dans les équipes, on visite une foule de collectivités territoriales, d'établissements publics, d'organismes publics, etc. Et on apprend énormément, c'est très formateur. Et là, on voit la diversité des projets qui peuvent être mis en place dans ce secteur-là. Et voilà, à mon sens, il y a une expertise plus forte, une technicité plus grande et quelque chose qui est beaucoup plus proche du terrain et beaucoup plus opérationnel. Et donc là, l'objectif, c'est d'essayer de trouver des solutions pour améliorer le travail des agents publics ? Oui, c'est ça. Alors, on a l'idée, souvent, qu'un agent public est quelqu'un qui ne travaille pas trop. Ce n'est absolument pas ce que j'ai constaté. Il y a des cadres qui sont fortement sollicités par la multiplicité des métiers que porte une collectivité territoriale. On n'a pas d'entreprise qui porte une telle diversité de métiers. En tout cas, rares sont ces entreprises-là. Et donc, diversité des métiers, pris entre le devoir de délivrer un service public, une continuité de service public, etc., et une commande politique qui, elle, est soumise à des contraintes médiatiques. Donc c'est vraiment des gens, j'ai vu des cadres qui sont fortement sollicités, fortement impliqués, et ces gens-là sont pris dans un quotidien qui peut être très présent et n'ont pas forcément toute la bande passante, comme on dit, pour mettre en place des projets d'évolution. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on est parfois pris dans le fonctionnement quotidien des services et quand on veut mettre en place des nouvelles choses ou quand on veut prendre un peu de recul pour réorganiser des façons de faire, etc., le temps manque un peu. Les idées sont là, la matière grise, elle est là, mais le temps pour déployer ces choses-là et faire en sorte que les changements puissent se faire et puissent être déployés d'un point de vue organisationnel, ça, le temps, les ressources peuvent manquer. Et donc, c'est le principe des cabinets qui interviennent ponctuellement pour apporter une force de travail complémentaire pour faire en sorte que ces changements puissent se faire. En gros, c'est un petit peu le WD40 qui est là pour dégripper les choses. Oui, c'est vrai, c'est une très belle image. C'est un peu ça parce que c'est un métier où il y a énormément d'humains. Et alors moi, c'est mon analyse personnelle après 20 ans d'exercice de ce métier-là. Mais c'est vraiment l'importance des relations humaines qui priment et qui va faire qu'un projet va être réussi et va pouvoir devenir opérationnel. Et là, professionnellement, vous vous sentiez beaucoup mieux dans ce type de métier ? Alors oui, comme on dit souvent, c'est un métier impactant. On sent vraiment l'impact qu'on peut avoir. C'est une dimension qui est recherchée. Et donc, oui, je me sentais mieux. Et pour autant, je n'étais pas non plus complètement nourrie. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui me manquait. Il y avait comme un chaînon manquant. Et donc, ce chaînon manquant, comment vous le trouvez ? Ce chaînon manquant, je le trouve, pas forcément dans ma vie professionnelle, mais dans ma vie personnelle. Là, je me tourne vers l'intériorité, grâce à un chemin thérapeutique, psychanalyse. Mais ce que je dis souvent, peu importe le nom qu'on lui donne, c'est le nom qu'on donne à une plongée à l'intérieur de soi. Et il y a plein de noms qu'on peut donner à une plongée à l'intérieur de soi. Et là, en fait, on comprend que tout ce qui se passe à l'extérieur n'est que le reflet d'une somme de choses qui se passent dans notre fort intérieur, notre plus profond. Oui. Et j'ai trouvé le chaînon manquant. Et alors là, qu'est-ce qui se passe en fait ? Alors là, ce qui se passe, c'est qu'il y a une compréhension du monde qui change complètement. C'est-à-dire que c'est comme si je me suis dit à ce moment-là, mais en fait, depuis le début, on vit sur un hiatus en fait. On passe une énergie folle à essayer de changer les choses à l'extérieur, sans se tourner une seule seconde. Alors je caricature un peu, mais sur notre intériorité. On a une phrase qui dit, c'est une parole de Gandhi, soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. Alors l'idée n'est pas de se dire je suis un être fondamentalement mauvais et il faut absolument que je devienne une autre personne, pas du tout. Mais c'est d'essayer de faire le lien entre l'extérieur et mon intérieur. Exemple : il y a une situation que je peux vivre qui provoque énormément d'émotions, ou j'en sais rien, je suis dans une interaction avec une autre personne qui a énormément d'émotions, l'interaction se passe très mal, je peux soit subir cette interaction en disant « Mais mon Dieu, le monde est horrible, les gens sont horribles », mais je peux aussi très bien choisir de vivre cette interaction en disant cette personne manifestement est en souffrance, je n'ai pas apporté cette souffrance, ça veut pas dire qu'il faut que j'accepte tout ça, mais je peux moi faire œuvre de conscience pour élargir ma conscience lors de cet épisode-là pour dire : ok, alors cette personne est en souffrance, je n'ai pas apporté cette souffrance, je n'ai voilà, je pose mes limites, mais je ne me sens pas non plus atteinte fondamentalement dans mon être profond parce que je suis consciente de ce qui se passe. Apprendre à s'écouter et surtout à entendre ses envies, c'est la perspective du prochain numéro du Quart d'heure corrézien, toujours avec Claire, toujours à Messac, et en attendant de vous retrouver dans une semaine, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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