Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

30-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

6 juin 2025 · 16 min

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Le quart d'heure corrézien Dans les années 30, il organisait des conférences pour attirer l'attention sur les risques que représentaient les périls fascistes, franquistes et nazis. Il, c'est Edmond Michelet, figure de la Résistance intellectuelle à Brive. Une résistance née à Brive et qui est décrite dans l'ouvrage Brive-la-Résistante dont nous parlons ensemble avec l'historien François David. La prescription culturelle vous emmène faire du cirque ! Mais pas n'importe où, c'est avec l'association A tous cirk, Fabien Momboisse vous explique tout en fin d'émission.
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Le Quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouveau numéro du Quart d'heure corrézien, un numéro dans lequel je vous propose de vous replonger dans l'histoire de la résistance à Brive et de vous replonger surtout dans cette résistance intellectuelle construite autour de la figure d'Edmond Michelet. Et pour en parler, nous serons avec François David, historien, qui vient de publier justement un ouvrage sur cette thématique. En fin d'émission, vous en avez l'habitude, vous retrouverez la prescription culturelle. Et cette semaine, Fabien Montbois prendra des nouvelles de Jojo, le camion de l'association Atoucirque, le Quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Pour ce numéro du Quart d'heure corrézien, je vous emmène au cinéma Rex à Brive, non pas pour voir un film, mais pour y retrouver François David. Bonjour. Bonjour. François David, vous êtes historien et vous venez de publier aux éditions Mon Limousin cet ouvrage « Brive, la résistante ». Un ouvrage qui retrace l'histoire de la cité Gaillarde au cours de la Seconde Guerre mondiale. Et si je vous retrouve ici dans ce cinéma à Brive, qui a été construit d'ailleurs en 1937, c'est que ce lieu a été, dans les années précédentes, on va dire la Seconde Guerre mondiale, un haut lieu de débat d'idées, puisqu'ici un certain Edmond Michelet y organisait des conférences notamment. Oui, c'est exactement ça. Edmond Michelet, qui est bréviste depuis 1922, a pris un parcours à l'Action française, a quitté l'Action française. Et à partir de 1930, il navigue avec beaucoup de bonheur dans des mouvements de chrétiens que l'on a appelés ensuite les non-conformistes, qui sont dans la filiation du pape qui leur demande de rejoindre les gens dans le monde et qui va s'intéresser en particulier aux jeunes Brévistes des milieux populaires à qui, avec ses amis, il va donner des cours. Edmond Michelet va donc découvrir un visage de la ville de Brive qui n'est pas le visage des catholiques historiques et il va très vite retrouver des mouvements qui vont un peu à contre-courant des mouvements dominants de l'Église et qui vont l'amener à prendre position contre l'agression mussolinienne en Éthiopie, soutenant les républicains espagnols en Espagne, ces réfugiés qui viennent ici, et qui, à partir de 1937, donc au moment de la création de cette maison, va lancer un cercle qui va s'appeler le Cercle du Gué, dans lequel il va organiser plusieurs choses, mais en particulier des cycles de conférences, pour essayer de faire comprendre aux Brévistes quels sont les dangers qui menacent non seulement le pays, mais plus loin, la civilisation. Et c'est comme ça, en fait, qu'intervient, on va dire, dans ses conférences, puisque Michelet lit et relit Péguy. Charles Péguy entre dans ses conférences et c'est pour le présenter rapidement. Péguy, c'est un écrivain socialiste anticlérical, on va dire rapidement, qui est mort durant la Première Guerre mondiale, pardon, mais qui, par ses textes, va donc inspirer l'un des premiers actes de résistance de l'hexagone, puisque à la mi-juin 40, accompagné par des amis de son cercle de réflexion, Edmond Michelet va distribuer ce texte de Péguy, qui dit en substance ceci : celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend. C'est-à-dire que Michelet a lu Mein Kampf. Michelet sait parfaitement ce qu'est le nazisme. Michelet et ses amis chrétiens considèrent que ce néo-paganisme est incompatible avec l'Évangile. Et donc, dès que l'Allemagne va avoir vaincu la France et que Pétain va se soumettre, Michelet va chercher dans Péguy un texte qui dit ce que vous venez d'exprimer et qui dit que la France a deux vocations, une vocation de chrétienté et une vocation de liberté. Donc au nom de la vocation de liberté, on n'accepte pas d'être vaincu. Au nom de sa vocation de chrétien, on n'accepte pas ce néo-paganisme qu'est le nazisme. Mais ce texte, qui est un peu à l'instar de l'appel du 18 juin du général de Gaulle, c'est un texte qui ne rencontre pas forcément beaucoup d'échos. Et c'est ce qu'on apprend justement aussi dans votre ouvrage « Brive la résistante ». Tout Brive n'est pas inondé par ce texte. Tout comme quelque part un peu l'appel du 18 juin, il n'a pas tout de suite été entendu. Exactement. Et la majorité des Brivistes, comme la majorité des Français, on se lâche, soulagement de dire ouf, ils écoutaient la radio, ils voyaient que les Allemands arrivaient, arrivaient. Certains commençaient à dire dans quelques jours, ils seront à Brive. La ligne de démarcation est décidée. Même si on cède tout aux Allemands, les Brivistes poussent un ouf de soulagement, d'autant que dans la ville, ils ont accueilli plusieurs dizaines de milliers de réfugiés. Et c'est la première action de Michelet humanitaire, puisque avec un des chefs laïcs, franc-maçon, athée, professeur de philo au lycée, tous les deux, ils vont créer à la gare de Brive une cantine dans laquelle ils accueilleront, ils nourriront, ils logeront des réfugiés qui arrivent complètement désemparés, perdus, ayant perdu leur famille à Brive. C'est-à-dire qu'en fait, Michelet réussit à réunir toutes les forces qui ne sont pas forcément dans son courant de pensée politique ou spirituelle, mais qui ont le même ennemi quelque part. Bien sûr, c'est exactement ça. Et accueillir des réfugiés était finalement un acte de résistance. Et finalement, cet acte de résistance, ce n'est pas de la résistance armée, c'est une résistance intellectuelle. En clair, il faut chercher à apprendre à s'informer puisque celui qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son. Oui, c'est ce que dit Michelet dans son fameux tract. Alors il faut imaginer, parce que le régime de Vichy, on oublie ça. Le 16 juin, Pétain capitule. Le 10 juillet, trois semaines après, il a les pleins pouvoirs. Et donc dans cette France qui s'en remet à ce vieux maréchal qui nous aurait sauvés à Verdun, il y a des gens qui voient beaucoup plus loin et qui disent « attention, attention, le régime est en train de changer, ce en quoi on croyait est en train de disparaître ». Et finalement, il n'adhère pas du tout à l'idée que Pétain essaye d'instiller, qui dit « l'armistice vous protège ». Ces gens-là disent « non, c'est pas vrai, l'armistice ne nous protège pas ». En fait, on s'est rendus les mains levées et on est devenus les otages de l'Allemagne. Et il est un autre marqueur qui est puissant chez Michelet. On l'a dit, c'est qu'il est croyant, c'est un catholique. Or, il a une aversion pour le franquisme, pour le fascisme italien. Pourtant, catholique, c'est de dictature, on va dire. Et parce qu'il a lu et aussi annoté Mein Kampf de Hitler, il comprend où mènent ces régimes totalitaires. Bien sûr, c'est-à-dire que l'Église catholique n'est pas uniforme. Il y a des courants dans l'Église. La majorité sont plutôt du côté du pouvoir. Mais le petit groupe de Michelet, ces non-conformistes-là, depuis 10 ans, depuis des années, ont vu monter les périls. Vous savez, quand Michelet apprend qu'on a signé à Munich et qu'on a tous aidé l'Allemagne, Michelet écrit à son ami Dumène « J'ai la joue qui me brûle comme lorsqu'enfant, mon père me donnait une gifle ». Et donc, lui, il est très, très, très anti-municois et les périls qui arrivent, les nuages qui s'amoncèlent, il les voit venir et il s'y prépare. Il essaye de préparer dans cette maison ici, dans ses conférences, les brevistes qui le veulent bien à être lucides par rapport à la réalité. Et ça, est-ce qu'on sait pourquoi Michelet, en fait, ne joue pas, on va dire, avec tout le groupe catholique qui est majoritaire, on va dire ? Mais parce que Michelet a une pensée propre. Et par exemple, il s'oppose au journal La Croix de la Corrèze, qui est un journal de droite. Michelet est sur d'autres courants. C'est-à-dire que pour lui, l'Évangile, ce n'est pas la politique. Et donc, il doit d'abord mettre en pratique, y compris dans le débat politique, les vertus que Jésus de Nazareth demande à ceux qui adhèrent à ses convictions. Et de fait, quelque part, comment ce message aussi, grâce à ces conférences, on sait qu'il y avait une centaine, voire des centaines de personnes qui assistaient à ces conférences. Comment ce message-là, il arrive à irradier quelque part dans Brive et hors de Brive aussi ? Il y a ceux qui ont adhéré, puis il y a ceux qui sont venus écouter et qui ont continué leur vie. Mais tout le groupe qui, autour de Michelet, va former le premier groupe des résistants de Brive, le côté catholique, et est un groupe qui fréquente le cercle du Gai ici. Puis il y a un deuxième courant à Brive. C'est le courant représenté par le sénateur Labrousse et Alain Sijaubert, qui sont les courants, disons, radical franc-maçon, qui, eux, ne votent pas les pleins pouvoirs à Pétain. Et dans les 80 députés qui n'ont pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, il y a deux parlementaires du bassin de Brive. Et ça, c'est ce qui fait quelque part aussi la force, une étincelle aussi qui pourrait expliquer toute la résistance corrézienne derrière ? C'est-à-dire que la résistance, c'est loin, ça vient en 1941, mais il y a des gens qui disent non. Et il y a des gens qui disent non. Et le contraire de renoncement peut s'appeler résistance, effectivement. Question très personnelle pour vous maintenant. Qu'est-ce qui vous anime ? Qu'est-ce qui fait que vous êtes aussi passionné, vous, de Paris de Montmichelet ? D'abord parce que je me retrouve sans doute à des racines personnelles. Aussi parce que j'ai eu la chance d'être proposé pour diriger le centre Michelet par Mme Michelet et Jean Charbonnel. Et que j'ai connu, j'ai eu la chance dans les années 80, tout jeune, de connaître les grands noms de la Résistance. Et puis aussi parce que, vous savez, c'est Jaurès qui disait un peu de socialisme éloigne du socialisme, beaucoup de socialisme rapproche du socialisme. Moi, je dirais qu'un peu de Michelet peut éloigner de Michelet, mais beaucoup de Michelet rapproche de Michelet. Et j'ai trouvé dans ma vie personnelle, professionnelle, j'ai trouvé chez Edmond Michelet, sans doute quelques exemples qui m'ont, à des moments de ma vie, fait faire des choix qui n'auraient peut-être pas été ceux-là si j'avais pas autant lu Michelet. Et j'ai envie de vous dire, c'est-à-dire ? Dans quelles circonstances, par exemple ? C'est-à-dire être capable de dire non, être capable, même si économiquement vous y laissez des plumes quand on est en désaccord, de dire non. Et puis peut-être aussi de chercher toujours une solution qui permet de respecter l'homme. Cette idée-là que tout homme est sur un chemin, que l'inattendu de la vie fait que cet homme peut grandir et qu'il faut refuser de désespérer de qui que ce soit. Même dans les moments les plus difficiles, il y a une espérance et que résister est aussi une passion d'espérance. Il semble que Michelet était un passionné d'espérance. Puisqu'il y a toujours de l'espoir. Merci beaucoup François-David d'être venu dans ce quart d'heure corrézien. Je vous rappelle juste le titre de votre dernier livre, c'est « Brive la résistante » et c'est publié aux éditions Mon Limousin. Et je vous invite très sincèrement à vous plonger dans cet ouvrage parce qu'il est truffé d'anecdotes et de témoignages qui font que c'est un livre vivant. Merci beaucoup. Merci. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Fabien Montboise de RGB est avec nous. Bonjour Fabien. Bonjour Olivier. Fabien, vous nous proposez de faire du cirque avec une association itinérante en Corrèze. Et oui, Atoutcirque, c'est une école de cirque associative. Son but, c'est de faire rayonner le cirque dans les territoires ruraux. En gros, c'est de proposer de faire du cirque aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées, mais aussi aux tout-petits, tant qu'ils habitent en Corrèze. Alors, nous avions déjà rencontré sa directrice, Aurélie Jolac, c'était l'hiver dernier, parce que, souvenez-vous, l'association cherchait des sous pour réparer Jojo, son camion, qui lui permet d'aller partout en Corrèze. Jojo, le camion, c'était une nécessité de le faire réparer, puisqu'on est vraiment dépendant de cette mobilité sur le département de la Corrèze. Il est de nouveau sur les routes et de nouveau opérationnel. Alors la cagnotte nous a permis de récolter un petit quart, un quart de ce qui a été nécessaire pour payer cette facture. Mais bon, effectivement, pour nous, ça a quand même déjà été un bon soutien. On a pioché dans notre trésorerie pour ce qui est resté à payer. En même temps, c'est fait pour ça. Tout le travail qu'on fait à l'année, c'est aussi pour pouvoir encaisser ces difficultés-là quand elles arrivent. Et c'est une excellente nouvelle parce qu'Atoutcirque travaille depuis 10 ans auprès de publics et qui, techniquement, n'ont pas forcément un accès simple aux arts du cirque. Ça fait déjà dix ans, l'association a démarré avec des ateliers handicap avec des structures de soins et des ateliers classiques, je dirais, pour des enfants tout venant. Et puis, quelques années après, il y a environ cinq ans, on a développé des ateliers petite enfance, donc là, avec tout ce qui est crèche, pôle enfance en tout genre, relais d'assistante maternelle, choses comme ça. Et nos ateliers, donc, à partir de dix-huit mois. Depuis deux ans, on a développé aussi une branche autour de la gériatrie, donc là on intervient en EHPAD. Notre intention est toujours la même avec tous ces publics, utiliser les arts du cirque, toutes les disciplines circassiennes, pour le développement autant moteur que relationnel et cognitif des participants. On adapte vraiment cet outil aux publics qui viennent à nous ou que l'on rencontre. Or, 10 ans, ça se fête. Et c'est une fête qui est organisée le samedi 14 juin prochain au lac de Bournazel, c'est à Seillac. Cette journée va être assez fournie en animation, puisque là, comme c'est nos 10 ans, on s'est dit qu'on faisait encore plus que d'habitude. Donc là, il va y avoir évidemment le spectacle des enfants, de l'école du cirque, une compagnie professionnelle, des ateliers initiation cirque pour vraiment tout public, avec de la mixité handicap, non-handicap, gériatrie. On a invité un certain nombre de partenaires et au fil de l'après-midi aussi de la danse trad avec de l'accordéon, des bulles géantes, des clowns en échasse, des jeux en bois avec la ferme de Mat qui est sur Saint-Clément, avec la ludothèque Air de Jeux de Tulle, avec différents partenaires locaux puisqu'on aime bien se rencontrer et contribuer aux mêmes événements pour se faire vivre les uns les autres. La journée commence à partir de 13h30. Comptez 5 euros de participation afin de soutenir l'association, ses salariés et leur travail. Et on croise les doigts pour qu'il ne pleuve pas, Olivier. Mais non, Fabien, il fera beau. Et puis, même au pire, il y a une solution de repli. Elle est dans le bourg de Seyrac auprès de la salle des associations. Voilà, c'est la fin de ce Quart d'Heure Corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine pour un nouveau numéro. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. 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Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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