Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

28-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

23 mai 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Elle n'est pas policière mais travaille dans les trois commissariats de la Corrèze. Son rôle est important, parce qu'elle participe à l'accompagnement des victimes de violences conjugales. Un accompagnement qui se fait en s'adaptant aux besoins des victimes comme à ceux des enquêteurs. Découvrez dans cet épisode le portrait de Murielle Blazard-Faure, assistante sociale au chevet des victimes. La prescription culturelle vous fera découvrir l'opération Sing in Corrèze. Une opération menée par le Festival de la Vézère. Elle a permis à une jeune briviste Assyna Griffith de trouver sa voix !
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le 35e numéro du quart d'heure corrézien. Dans cet épisode, nous reprenons notre cycle sur les violences conjugales et plus particulièrement la prise en charge des victimes. Pour cela, je vous propose de découvrir le travail d'une assistante sociale particulière parce qu'elle intervient au sein même des commissariats de police de Corrèze, aussi bien à Brive, Tulle ou encore à Ussel. Enfin, la prescription culturelle vous fera découvrir le portrait d'Assina Griffith, une jeune briviste de 22 ans qui, grâce à Singin Corrèze, un atelier de chant propulsé par le Festival de la Vézère, a trouvé sa voix avec un X, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti ! Pour cet épisode, je me suis rendu au commissariat de police de Brive, non pas pour rencontrer des enquêteurs, mais bel et bien une assistante sociale. Elle s'appelle Murielle Blazarfort. Elle a une quarantaine d'années, travaille depuis plus de 20 ans maintenant dans l'accompagnement social des familles au département de la Corrèze. Mais depuis un peu plus d'une dizaine d'années, elle est en disponibilité de ses missions au département et intervient directement auprès des commissariats de police de la Corrèze. J'interviens auprès des personnes en situation de détresse, détresse sociale, avec pour mission d'accueillir toutes les personnes qui souhaiteraient me voir sur une libre adhésion de leur part. Cette notion de libre adhésion se fonde sur un élément, ne pas forcer les victimes dans leur démarche, mais les accompagner à leur rythme en prenant en compte leurs traumatismes, parfois pluriels. Leur orientation se fait par les policiers, vraiment au sein des trois commissariats. Dès qu'ils vont penser qu'il y a une utilité et à la demande des personnes sur cette co-traitance des situations, sur une prise en charge globale ou en amont d'une situation qui va se judiciariser, Ils pensent qu'effectivement ils ont connaissance d'une situation et que peut-être je peux ou aider un peu à préparer les choses avant qu'il y ait une prise de plainte. Ou alors peut-être qu'après cette situation où ils ont pris la plainte, il y a le besoin d'autres orientations, peut-être plus sociales ou psychologiques. Donc là je vais orienter sur d'autres associations type SOS Violence Conjugale, le Centre d'Information Droits des Femmes et des Familles, l'Aravic. On travaille aussi avec la Maison de Soie, avec grand nombre d'associations sur le territoire corrézien. Tout l'enjeu est de pouvoir apporter les meilleures réponses à une situation particulière et c'est un enjeu d'autant plus important qu'il n'existe pas une réponse unique en matière de prise en charge des victimes de violences conjugales. Surtout pas, parce que ce serait très très dommageable. On est tous des êtres humains avec ce qui nous construit, ce sur quoi on s'est façonné dans sûrement notre enfance, les rencontres que nous avons faites et ça serait je pense une grosse erreur de penser qu'il y a une façon d'aider une personne. Et je pense que surtout, elle n'adhérerait pas. Pourquoi ? Parce que d'avoir une vision et de penser que nous devons faire comme ça ou comme ça pour une personne, ça ne fonctionnerait pas et je pense qu'on la perdrait. Et il me semble, en tout cas qu'en tant que travailleur social, un des échecs de notre mission et de rater l'accompagnement, ça serait de ne plus être en lien ou de perdre le lien, en tout cas, avec la personne. C'est donc pour cela que toutes les réponses se doivent d'être adaptées à chaque victime qui se présente à elle. Il faut le respecter parce qu'il y a des personnes pour qui ce n'est pas le moment et on peut avoir un premier contact avec la personne. Et puis ça ne marche pas, ce n'est pas son temps à elle et ça ne vient pas forcément de nous, mais ce n'est pas son moment à elle. Et puis on a semé peut-être une petite graine à un moment sur ce premier contact. Mais je crois que c'est l'idée de ne pas faire comme une emprise sur cette personne, à lui dire tout ce qu'elle doit faire pour se protéger elle-même. Mais en tout cas peut-être donner des indications pour lui dire peut-être comment elle pourrait le faire avec certes lui donner toutes les ressources qui sont disponibles mais peut-être aussi lui montrer toutes les ressources qu'elle, elle a surtout et comment peut-être elle peut les mobiliser grâce aux ressources qu'elle a elle. En tout cas, moi je vois l'accompagnement comme ça. Mais parfois ça peut prendre du temps, on peut avoir un premier contact pendant des fois quelques jours puis plus rien du tout et on voit des personnes revenir quelques semaines, quelques mois voire quelques années après qui ont cheminé, qui ont eu leur parcours et qui sont prêtes peut-être à une démarche judiciaire, mais peut-être pas, simplement parfois à changer un peu de vie. Et ce n'est pas forcément la finalité qui serait une plainte, mais plutôt de se protéger et de partir sur un autre chemin de vie. Cet accompagnement opère quelque part une transformation dans l'esprit de la victime, parce qu'une fois qu'elle est prête à parler, elle doit être certaine qu'elle se trouve en face de personnes qui sont en mesure de l'écouter, mais aussi de pouvoir passer un nouveau cap dans son histoire de vie, dont elle peut reprendre le contrôle. Or, tout ce cheminement ne peut pas se faire forcément par un dépôt de plainte automatique. Simplement être entendue par la police ou par la gendarmerie pour déposer leur histoire et en tout cas ce qu'elles ont vécu où il y a certainement des infractions pour lesquelles elles ne déposeraient pas plainte parce que c'est trop lourd peut-être pour elles ou le sens serait trop compliqué d'aller déposer plainte peut-être contre un mari, le père de leurs enfants. Mais par contre, c'est ce qu'on peut leur expliquer, que d'être auditionnées pour expliquer ce qu'elles ont vécu va pouvoir déclencher une procédure judiciaire, même si elles n'ont pas déposé plainte. Donc elles n'ont pas le même poids à porter, même si au final, il y aura une procédure judiciaire, mais elles pourront se décider plus tard à déposer plainte. Mais en tout cas, porter à la connaissance de la justice les faits dont elles ont été victimes, c'est déjà une grande étape, mais elles ne sont pas obligées de déposer plainte dans un premier temps. En revanche, certaines situations demandent une intervention urgente. C'est pourquoi Murielle Blazarfort travaille de concert avec les policiers qui, justement, peuvent, eux, gérer ces situations extrêmes. On peut aussi être partagé, il n'y a rien d'idéal. C'est-à-dire que le aller vite permet de stopper tout de suite l'auteur dans les violences contre la victime. Donc ça, c'est une bonne chose, mais parfois, ça va quand même très vite dans la temporalité pour la victime et ça ne prend pas toujours son sens. Donc il y a des fois des interdictions de contact qui sont posées. Et ça, c'est quelque chose de positif dans le sens où ça va mettre à l'abri une victime immédiatement. Par contre, pour la victime, ça ne va pas toujours prendre son sens. Parce que parfois, sur une intervention, ça ne va pas être sa demande. Et ça peut être jugé du coup très, très vite. Et ça, c'est quelque chose qu'on voit maintenant beaucoup plus souvent. Avant, ça m'était... Alors, il reste toujours des enquêtes qui durent forcément un petit peu plus longtemps. Parce que les faits sont peut-être plus anciens, que ce ne sont pas les mêmes contraintes au niveau de l'enquête, qu'il faut aller recueillir des témoignages. Et c'est aussi intéressant. Vous voyez, des fois que ça prenne aussi un peu de temps, ce n'est pas non plus inintéressant. Du moment qu'on sait que la victime est aussi à l'abri, tout n'est pas toujours inintéressant. Aussi, la présence de cette travailleuse sociale au sein même d'un commissariat dont l'essence même est de gérer l'urgence, sa présence est aussi essentielle pour les forces de l'ordre. Comprendre aussi tout ce côté du psychotraumatisme, où on va comprendre ce qui se passe pour une victime. Une victime qui va revenir, partir, qui va avoir une attitude qu'on n'attendrait pas forcément d'elle. Donc tous ces échanges aussi qu'on va pouvoir avoir de manière informelle, où effectivement des collègues vont pouvoir revenir en sortie d'intervention, et où effectivement ce n'est pas forcément l'attitude qu'on attendrait d'une victime, c'est-à-dire un auteur qui lui aurait déchargé sa violence, et une victime qui va être, peut-être qu'on va dire, complètement hystérique, mais parce que peut-être que quand on a subi des coups, on n'est peut-être pas forcément super calme. Donc voilà, ces échanges-là, ils sont essentiels. Même si moi, je ne me mêle pas de la procédure pénale, c'est hyper intéressant. Le fait de travailler avec tous ses partenaires amène quand même certaines connaissances. Et ça permet de se dire qu'effectivement, ce psychotrauma, il amène de la dissociation. Le fait qu'une victime, elle peut rire et pleurer, même en amenant des choses dramatiques, qu'elle peut ne pas se rappeler, qu'elle peut, donc sur une audition, ça c'est hyper important. On a maintenant des professionnels, des policiers qui sont très avertis sur le sujet et qui ne vont pas se dire qu'elles rigolent, c'est que ça ne lui fait rien et qu'elles ne racontent n'importe quoi. Parce qu'il est une réalité, les violences s'inscrivent dans un schéma cyclique. D'abord des tensions, vient ensuite une phase d'explosion suivie derrière de justification, puis une période de lune de miel avant que ne renaissent des tensions et que le cycle ne reprenne. Un cycle essentiel à comprendre pour les forces de l'ordre, note Muriel Blazarfort, afin que celles-ci ne se découragent pas dans leurs actions. À un moment, ces cycles vont peut-être s'accélérer. À un moment, il y a quelque chose qui va faire qu'elle n'y reviendra plus parce qu'elle trouvera quelqu'un sur son chemin ou elle trouvera les forces nécessaires pour dire qu'elle arrêtera avec ça et qu'il y aura une prise de conscience, et de la même manière peut-être chez la personne autrice qui va partir dans un processus de responsabilisation et de violence parce que la reconnaissance c'est une chose, mais la reconnaissance il faut que ça passe après par la responsabilisation et de se dire voilà comment je fais pour me sortir de ça et reconnaître ce qui s'est passé chez ma victime en fait. Voilà, c'est pas que de dire j'ai fait ça, j'ai fait ça mais qu'est-ce qui s'est passé chez l'autre ? Et ça, aujourd'hui, vous croisez des auteurs qui sont dans ce processus de reconnaissance, qui arrivent à reprendre du recul sur ce qu'ils ont pu faire, en fait ? Oui, peut-être plus à la marge, mais oui, aussi parce qu'on peut intervenir en centre de détention. Ça contrebalance aussi peut-être l'idée qu'on a que les auteurs ne peuvent pas changer du tout. Alors, je ne dis pas que c'est la majorité des cas, parce que je n'ai pas de statistiques non plus, et que je n'ai pas prononcé ça. Mais en tout cas, moi j'ai pu rencontrer des personnes qui étaient dans ce processus et dans ce cheminement-là. Il y a des outils qui existent dans la prévention de la récidive et que pour lutter contre les violences faites aux femmes, il faut aussi les violences conjugales, parce qu'il y a aussi des violences faites contre les hommes. Il faut aussi traiter et prendre en charge, en tout cas prendre en compte les auteurs de violences et autrices de violences. Une prise en charge qui peut se faire notamment grâce au soutien de psychologues ou de médecins psychiatres, ce qui ouvre un nouveau champ de problèmes étant donné qu'en France, en 2022, plus de 8 500 000 personnes ont été prises en charge pour des maladies mentales selon les chiffres de la Haute Autorité de Santé et que si la demande augmente, le nombre de professionnels, lui, semble de moins en moins adapté, la santé mentale étant en 2025 la grande cause nationale du gouvernement. Place à la prescription culturelle de ce Quart d'heure corrézien, prescription qui va vous faire participer aux ateliers Singing Corrèze. Des ateliers portés depuis 9 ans maintenant par le Festival de la Vézère et qui permettent à des enfants de collèges classés en réseau éducation prioritaire mais aussi aux enfants des centres socio-culturels des quartiers prioritaires de la ville de Brive de pouvoir non seulement apprendre le chant choral mais aussi et surtout à la fin de l'année scolaire de se produire sur scène. Ses ateliers, Anissa Griffith, 22 ans aujourd'hui, les a découverts un peu par hasard après son bac. Elle s'inscrit à la mission locale, mission qui lui permet de décrocher un stage auprès du Festival de la Vézère. On m'avait fait travailler sur ce projet et c'était assez intéressant pour moi de faire ça parce qu'à l'époque j'étais stagiaire au Festival de la Vézère et élève au conservatoire à Brive. Donc j'avais un peu les deux facettes du programme, je voyais un peu comment le programme se concrétisait et le rendu final avec les artistes, les ateliers, etc. Pour cette jeune femme aînée d'une fratrie de quatre enfants, élevée seule par sa maman, impossible alors de pouvoir aller au conservatoire pour pratiquer sa passion pour le chant. Singing Corrèze, ce programme proposé par le groupe britannique Apollo 5, va ainsi lui permettre d'apprendre les rudiments du chant. Leur méthode est vraiment différente de ce qu'on peut voir en France. J'ai tendance à dire souvent que malheureusement, c'est que notre manière de pouvoir faire la musique est peut-être un peu trop scolaire. Beaucoup d'élèves abandonnent le conservatoire parce que c'est trop dur, c'est beaucoup trop technique. En Angleterre, ce n'est pas du tout la même chose, c'est beaucoup plus accessible en fait et les gens chantent plus facilement. C'est une autre manière de faire et j'aimerais beaucoup populariser ça en France pour peut-être un peu refaire vivre la musique en général d'une autre manière que le côté artistique. À l'issue de son stage auprès du festival, elle remporte le prix Young Leader en 2023, un prix qui lui offre l'occasion de se rendre en Angleterre durant l'été afin de participer à un stage entièrement consacré au chant. Ça m'a apporté énormément, notamment parce que moi je fais du chant lyrique aussi. Au niveau de la technique, ce n'est pas du tout la même chose, ça m'a apporté beaucoup de choses. Mais au départ, ça m'a apporté énormément d'expérience, mais j'étais peut-être encore un peu trop dans le système scolaire français. Sauf que récemment, je me pose beaucoup de questions et là, ça revient beaucoup dans ma vie parce que je suis en train de penser à aller faire mes études en Angleterre pour continuer le chant. Parce que j'ai peur de rester bloquée dans un système qui ne me convient pas. Et plus j'avance, plus je me rends compte que la manière de faire la musique en France ne me plaît pas tant que ça. Donc en fait, ça m'apporte énormément, mais il a fallu beaucoup de temps avant que je me rende compte que ça m'avait marquée, en fait. S'il m'a fallu deux ans. Parce que rien dans l'adolescence d'Asina ne pouvait lui laisser penser qu'elle pourrait un jour accéder à son rêve de chanter. C'est une démarche qui est faite dans les rêves, dans les collèges un peu défavorisés. Et moi, ça me tient beaucoup à cœur parce que du coup, j'ai été agent Moulin, qui est lui-même une rep, je viens d'un milieu social pas forcément favorisé. Ça, ça m'a beaucoup touchée parce que je me suis retrouvée et je trouve que c'est vraiment cool de pouvoir montrer à des jeunes qui n'ont pas forcément l'opportunité ou l'occasion de faire de la musique dans des conservatoires qu'en fait, il y a des démarches qui sont faites, que c'est possible et j'espère quand même qu'on arrive à faire éveiller des passions parmi ce qu'on fait. Je pense que c'est le cas malgré tout mais je suis très contente qu'on puisse un peu démocratiser ça. Aujourd'hui, Asina Griffith réalise son rêve. Elle est inscrite à la faculté de Lille dans la section musicologie et le programme Singing Corrèze lui a permis de gagner en confiance en elle. Je ne me pensais pas capable de pouvoir le faire et ça m'a permis de montrer que j'étais capable de faire les choses et de pouvoir apporter quelque chose et de partager une passion que j'ai qui est le chant tout simplement. Au départ, c'est aussi ça, c'est juste partager avec d'autres, d'autres élèves dans lesquels j'arrive à me retrouver quelques fois parce que du coup il y a tout le contexte des anciennes, des écoles. Ça me fait plaisir de voir qu'on n'est pas seul dans cette situation de l'enfant qui n'a pas forcément les moyens de se payer un conservatoire ou quoi. Donc ça m'apporte beaucoup. Les concerts Singing Corrèze auront lieu les 11, 12 et 13 juin à Brive, Allassac et Uzerche. Toutes les infos pratiques sont à retrouver sur le site du festival, festival-vezer.com. C'est la fin de ce numéro du quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. J'espère vous retrouver dans une semaine pour un nouveau numéro. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
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