Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
26-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 03/04/2026
3 avril 2026 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien. Aujourd'hui, troisième et dernier volet du portrait consacré à Pauline Vignal. C'est cette jeune corrézienne originaire de Vigeois qui était bouchère et a fait le choix de s'installer en tant qu'éleveuse aux côtés de ses parents. Un choix en adéquation avec son envie de défendre un monde rural auquel elle croit. Un monde qui ne peut pas rester auto-centré, c'est elle qui le dit. La semaine dernière justement, Pauline expliquait pourquoi les métiers de boucher et d'éleveur se devaient de marcher main dans la main. Et c'est de ce rapport entre le monde du vivant et celui de la mise en valeur de la viande que nous allons continuer. Aujourd'hui, le quart d'heure corrézien à Vigeois avec Pauline Vignal. C'est parti. La boucherie, c'est vrai que c'est une suite logique à une exploitation agricole. Et d'avoir pu faire ça et de mettre mes propres animaux en avant et de valoriser ma viande sur l'exploitation, c'est vrai que c'est le top. Malgré tout, il se passe un événement assez particulier entre la vache qui est dans le pré et le moment où elle se retrouve dans une vitrine. C'est qu'il y a l'abattage. Comment ce moment-là, vous le vivez, vous ? Moi, je le vis plutôt bien. Ça dépend. En fait, ça dépend. C'est vrai que j'ai toujours, on va dire, côtoyé les abattoirs. Parce que depuis que je suis petite, mon papy, quand il allait amener les agneaux après les foires en abattoir, nous, on y allait souvent dans les camions avec ma sœur. Et c'est vrai qu'on a beaucoup fréquenté ces lieux. Donc, j'étais plutôt familiarisée avec. J'ai fait un stage en abattoir aussi. Donc, ça ne m'a pas forcément traumatisée. Après, je n'étais pas dedans, forcément. Mais à côté de ça, c'est vrai qu'on tisse quand même des liens avec nos animaux et parfois, ce n'est pas à contrecœur qu'on les amène. Si ce n'est pas à contrecœur ? Ça fait de la peine. Concrètement, ça peut nous faire de la peine, même beaucoup. Mais après, je pense que les animaux, c'est comme avec les gens. Il y en a avec qui on a plus d'affinités et d'autres bêtes avec qui on en a moins. Donc celles avec qui on en a moins, bien sûr, ça nous fait un peu moins de peine. Qu'est-ce qui fait que vous avez une affinité plus ou moins grande avec ces animaux ? Mais de les voir naître, déjà, de les voir naître, de les garder, de les avoir en génisse, d'être présentes, d'aller les voir tous les matins comme je fais. D'être vraiment avec elles, d'être au milieu, de les voir grandir, de les voir faire leur premier veau. Donc ensuite, elles sont bien sûr plus dociles, on va dire. Et donc, on peut facilement plus les comprendre, les caresser. Elles sont plus mignonnes, quoi. Elles sont mignonnes. Et je pense qu'un animal, si on est bon avec, il nous le rendra aussi. Donc, il faut les respecter. Et c'est ce qu'on fait un peu tous les jours, je pense. Je pense qu'on est plutôt respectueux envers elles, donc qu'elles nous le rendent, quoi. Et ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire prendre soin, parce que souvent, on dit soigner les animaux, justement. Ça veut dire quoi, cette expression ? Alors, je vais soigner. Par exemple, je vous dis, écoutez, je vous laisse, il faut que j'aille soigner. C'est les nourrir, quoi. On dit ça, après, c'est vrai qu'on a toujours dit ça, mais une bête... C'est vrai qu'une bête malade, on va dire, je l'ai soignée, ou je l'ai piquée. Mais ça va être un terme, soigner, ça veut tout et rien dire, en fait. Ça veut dire, je vais les nourrir, je les ai soignées ce matin. Ça veut tout dire et rien dire, mais ça veut dire prendre soin, voilà, mais c'est ça en fait. Il y a le mot soin et soigner et s'occuper en fait, c'est s'occuper et en prendre soin, parce que c'est notre, nous, c'est notre patrimoine, enfin nous, c'est comme si c'était, c'est comme si c'était notre famille un peu entre guillemets on va dire, et c'est notre vie aussi. Donc si on la facilite en les soignant bien, qu'elle nous le rende bien, on s'en facilite du coup notre vie à nous aussi. Mais une famille, mine de rien, que l'on conduit à l'abattoir, c'est ça qui est terrible de se dire aussi. Pour pouvoir vivre en fait, une exploitation, c'est aussi ça. C'est aussi être naisseur, élevé, engraissé, et aussi vendre à des abatteurs. Donc on est obligé, pour avoir un roulement en fait, pour avoir un roulement constant, pour garder des génisses, pour avoir des veaux, c'est aussi pour vivre, pour se sortir un salaire. On est aussi obligé, parce que nous, notre rentrée d'argent, c'est les animaux. On est aussi obligé. C'est vrai qu'il y en a qui vont avoir 12 ans qu'on va garder parce qu'elles sont trop mignonnes, c'est pas forcément bon aussi pour elles, mais bon, on les garde parce qu'on y met le cœur et c'est comme ça. Mais malheureusement, on est toujours obligé de tourner une page pour en réécrire une nouvelle et c'est comme un livre en fait. Pour lire la page d'après, il faut finir d'abord la première, et je pense que les vaches, c'est pareil. Parfois, il faut savoir tourner la page et en fait, c'est aussi notre rentrée d'argent. Donc si nous, on ne vend pas de veau, de broutard ou de vache, mais on n'a pas de rentrée d'argent. Donc en fait, il faut qu'on arrête. Ça sert à rien de faire ce métier. Aussi, c'est pas parce que forcément elles vont être abattues à un moment donné que donc elles vont permettre à nourrir la population, donc ça, c'est pas pour autant qu'on est des monstres. Il faut pas du tout nous voir comme ça, parce que nous, on est très attaché à nos animaux, à nos valeurs, et il y a eu beaucoup de polémiques à travers tout ça et c'est pas forcément une image qu'on aime avoir, parce que je pense qu'on est majoritairement plus, plus proche d'eux que les gens le sont des animaux. Et on les respecte, comme j'ai dit, mais c'est aussi notre rentrée d'argent d'un côté. Donc si nous, on ne fait pas abattre, on ne peut pas être exploitants. Donc c'est un peu le chien qui se montre la queue si on va par là, mais bon, c'est comme ça. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Est-ce que vous vous sentez comme une sauveuse aussi, mine de rien, pour votre famille ? Parce qu'il y a un gros problème en France, c'est celui des reprises d'exploitation agricole. Vous êtes cette génération qui attend un petit peu vos parents. Ils vont partir en retraite et vous arrivez pour pouvoir reprendre. Alors non, pas du tout, je ne me vois pas du tout comme une sauveuse. Mais alors vraiment pas, parce que si j'étais une sauveuse, ça aurait voulu dire qu'eux, ils m'auraient demandé... Je le vois comme ça, que ça voulait dire qu'eux, ils m'auraient demandé, supplié que je revienne, alors que pas du tout. Moi, ça a été de moi-même. Même au début, ça a été un petit peu compliqué avec mon papa, on va dire. Il n'était pas très, très pour. Parce que je pense qu'il est très, très inquiet. Même ma mère, ma mère est très heureuse depuis le début. Mon père l'est aussi dans le fond, mais je pense qu'il avait un peu plus d'a priori. Et en fait, parce qu'ils sont très inquiets aussi sur l'avenir, même moi, je suis très inquiète. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas avancer. Je pense que l'avenir dira ce qu'il y a. Et je pense qu'il y a de très belles choses encore à vivre dans l'agricole. Mais non, je ne me vois pas comme une sauveuse, mais plutôt comme quelqu'un qui avait envie de reprendre cette ferme parce que ça lui tenait à cœur et parce que je me sens apaisée et heureuse ici. Parce que c'est vrai qu'en ayant travaillé ailleurs, en fait, on se rend compte de vraiment... En ayant travaillé ailleurs et avec les avantages, mais aussi les inconvénients, on se rend compte aussi de la chance qu'on a et à quel point on est bien chez soi. Et en fait, on est chez soi et on travaille pour soi. Donc, si le matin, tu ne te lèves pas, tu ne t'en prends qu'à toi-même. Si tu n'as pas de rentrée de l'argent, tu ne t'en prends qu'à toi-même. Donc, tu travailles. Donc, c'est une vie complètement différente. Mais ce n'est pas pour autant que c'est mauvais. La boucherie ne vous manque pas ? Oui et non. Si ça me manque dans le sens où j'avais des clients à qui j'étais hyper attachée. C'est vrai, même ceux qui me faisaient des réflexions ou quoi, ils ne me manquent pas. Je ne vais pas dire qu'ils me manquent, ça serait mentir. Mais en fait, même ces gens-là, ils avaient un côté attachant parce que ça nous passait au-dessus. Ça ne me manque pas, mais c'est vrai que ça me mettait un petit peu de piment dans ma vie. Moi, ça me titillait un peu, j'ai quand même un peu de caractère. Ça m'agacait, mais à la fois ça me faisait rire et ça me passait au-dessus. Et au final, ça m'a aussi forgée, parce que ça m'a forgée dans le sens où il faut savoir passer au-dessus des réflexions des gens. Et en fait, s'ils t'en font à toi, c'est peut-être qu'eux, ils ne sont pas bien dans leur peau. Et peut-être qu'en plus, j'ai eu des réflexions de certaines femmes d'un certain âge. Je me dis, c'est peut-être qu'elles, à leur époque, on va dire, elles, elles n'ont pas osé faire ce que je fais aujourd'hui. Et c'est peut-être ça aussi qui titille, et c'est leur façon de voir les choses, mais c'est pas la mienne. Donc du coup, ça manque un petit peu ce côté-là, les clients à qui j'étais très très attachée, oui. Même le côté un peu social, voir beaucoup de monde, mais sans forcément en fait discuter, mais juste de voir que ça bouge autour, de couper un peu et de voir autour qu'il y a des mouvements, que ça bouge. C'est vrai que c'était hyper agréable, c'est juste le côté qui manque et aussi mettre en valeur bien sûr et en avant la viande, mais c'est vrai qu'à côté de ça j'ai l'occasion de le faire directement sur la ferme avec mon père en transformant nos propres bêtes, donc ça manque sans manquer, c'est un oui et non aussi. Travailler en famille, c'est d'autres problèmes ? Ah oui, c'est de gros problèmes parfois. Non, je rigole, c'est génial. Non, on dirait pas, on dirait pas comme ça, mais c'est vraiment au début ça a été un peu compliqué donc avec mon papa parce qu'il avait je pense très très peur pour moi parce que c'est un papa donc il est très protecteur je pense envers ma sœur et moi, mais il sait pas du tout le montrer, donc c'était un peu compliqué et maintenant non, ça se passe beaucoup beaucoup mieux, mais que ce soit même avec ma mère, mon père, ça se passe très bien. Et puis ma grand-mère aussi, parce que c'est vrai qu'elle était ici avant. C'est elle aussi qui a permis de monter l'exploitation. Et elle est toujours en train de me demander comment on s'y prend. Elle me disait, moi, tu sais, quand j'avais une vache malade ou quand j'avais un veau malade, je faisais ça ou ça. Alors non, justement, moi, je trouve que c'est beau. Et c'est continuer quelque chose, en fait, comme une suite logique, comme quelque chose qu'il ne faut pas couper. Oui, c'est une transmission, en fait. C'est clairement une transmission et c'est que de belles choses. C'est vrai que c'est plus facile aussi de faire des réflexions, on va dire, à son patron, à son collègue. Et en l'occurrence, ici, c'est mon père et ma mère. Alors faire des réflexions plutôt qu'à leur patron dans une entreprise, on va dire, que dans une entreprise si on ne travaille pas avec ses parents. C'est vrai que c'est plus facile de se balancer des trucs. Mais bon, c'est vrai que parfois, c'est un peu électrique, mais on rigole bien quand même. Et c'est comme ça aussi, je pense qu'on se montre qu'on s'aime. C'est s'aimer à notre manière, en fait. C'est un peu bizarre, mais c'est comme ça. Puis au milieu de ça, il y a notre bébé à tous, c'est cette ferme. Et puis, en fait, on est tous dans le même bateau. Donc, c'est notre vie à tous. Je pense qu'ils sont aussi contents que je vienne parce que même moi je ne m'y attendais pas au début, il y a 10 ans de ça je voulais être infirmière, il n'y avait aucun rapport avec ça, mais c'est vrai que tout s'est décanté au fur et à mesure, j'ai fait des choix et j'ai complètement changé et c'est vrai que c'est vrai que non, non, c'est chouette de travailler en famille, c'est franchement super chouette parce que aussi on se soutient et on s'aide les uns les autres et on peut aussi avoir des moments durs, mais c'est en famille quoi, on est plusieurs à soutenir et voilà, c'est vraiment chouette. Ouais, c'est top. Et c'est donc sur cet espoir teinté d'énergie et de passion que se referme ce troisième volet consacré à Pauline Vignal. Je suis ravi vraiment d'avoir pu vous donner à entendre sa voix, celle d'une jeune femme vaillante solidaire et heureuse de vivre là où elle est. Merci énormément à elle de m'avoir ouvert les portes de chez elle et de sa famille. La semaine prochaine, nous poursuivrons notre quête de portrait corrézien avec un tout jeune homme de 18 ans. Il est en terminale à Brive. C'est l'heure des choix pour lui et ce futur étudiant. Des choix parfois difficiles. Alors, en attendant de vous retrouver dès vendredi prochain, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'Heure Corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
