Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
26-LE QUART D'HEURE CORREZIEN
30 avril 2025 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'information hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio Pâques et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Quart d'heure qui aujourd'hui met l'actualité et histoire. Actualité parce que sept nouveaux noms vont être inscrits sur le monument du haut lieu de Cueil à Tulle. Sept noms d'hommes victimes de la déportation du 9 juin 1944. Un oubli de l'histoire que les hommes sont en train de réparer. Nous en profiterons aussi pour faire le point sur l'avancée du projet d'espace mémoriel à Tulle sur ce sujet. Pour la prescription culturelle, Fabien Momboise de RGB vous fera découvrir Piz, un jeune artiste bréviste qui avant de travailler la musique porte une attention très particulière au mot, vous l'entendrez, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Jusqu'à présent, l'histoire avait retenu qu'à Tulle, 99 hommes avaient été pendus par la division d'Asraich et que 149 autres avaient été déportés en direction des camps de la mort. Mais 81 ans après ces faits, l'histoire avance et les recherches débutaient il y a maintenant une trentaine d'années par Michel Trésalet et l'association corrézienne Peuple et Culture. Ses recherches ont permis de retrouver les noms de sept autres hommes déportés le 10 juin 1944 depuis Tulle vers les camps de la mort. Un oubli que tente aujourd'hui d'expliciter Nicolas Giner, le directeur des archives municipales de Tulle. Parfois c'est incompréhensible. Pour certains il y a des oublis parce que lorsque les premières listes ont été établies en 44 des victimes, 44 et 45, ça a souvent été sur des témoignages des personnes présentes au moment des faits et qui ont pu donner des noms. Donc des listes avaient été réalisées aussi à Limoges, au moment où ils ont été arrêtés avant de partir vers Compiègne, puis l'Allemagne. Ces personnes-là n'étaient pas forcément de Tulle à l'origine, donc ce n'est pas facile de forcément les retrouver. Mais peut-être que le contexte ensuite, la chape de plomb qui a marqué la ville pendant 50 ans et le silence qui était présent a fait que malheureusement certaines personnes n'ont pas été comptabilisées, ont été oubliées parce que c'était une situation difficile et ce n'était pas forcément simple de pouvoir recenser tout le monde. La complexité de ces recherches réside aussi dans le fait que tous n'ont pas forcément été raflés ici à Tulle. Parmi les sept noms, il y en a trois qui ont été raflés le 9 juin à Tulle et qui ont été déportés dès le 10 juin. Et il y en a quatre qui ont été raflés le 9 juin à Seillac et qui ont été amenés le soir à la manufacture d'armes de Tulle avec les autres hommes raflés de la ville et qui vont faire partie du convoi qui parle le lendemain, le 10 juin, en direction de l'Allemagne, en passant notamment par Compiègne et ce convoi de la mort du mois de juillet. Mais aujourd'hui, cet oubli est en train d'être réparé. Ces sept hommes vont donc pouvoir, 81 ans après les faits, être reconnus parmi les victimes du 9 juin 1944. Ce sont des hommes comme vous et moi en fait. Des gens qui avaient une famille, qui avaient des parents, qui avaient des amis, qui souhaitaient juste une chose, je pense, c'est que la guerre se termine vite et passait à autre chose. Et qui ont en fait juste subi la barbarie nazie. Cette barbarie qui a frappé Tulle et qui a frappé notamment des innocents. Des gens qui, tout simplement, je pense là, sous les yeux, je vois la plaque de Marcel Gau. Marcel Gau, c'était un ouvrier originaire de Saint-Étienne qui a été muté à la manufacture d'armes de Tulle. On peut imaginer que son seul objectif était de pouvoir retourner à Saint-Étienne à la fin de la guerre. Ce sont des personnes comme lui qui sont victimes. Et puis aussi, il y a des résistants, des résistants qui se sont battus pour notre liberté, pour la liberté de la France, et qui eux aussi ont été victimes de cette barbarie. Alors oui, si retrouver les noms de 7 personnes est exceptionnel, Nicolas Giner et ses équipes veulent rester très prudents. Ce serait toujours difficile d'être exhaustif, notamment concernant les déportés, parce qu'il peut toujours y avoir des oublis. Il y en aura peut-être toujours d'ailleurs, rien que le principe de lister fait qu'on risque d'oublier. Et c'est vrai que c'est très difficile de retrouver aujourd'hui des traces, et on le voit pour un ou deux pour lesquels on a des doutes. On a des difficultés à trouver des preuves, de savoir s'ils ont bien été arrêtés à Tulle le 9 juin, s'ils ont fait partie des déportés du 10 juin. Les sources sont un peu incomplètes, certaines ne sont peut-être pas encore ouvertes. Je pense notamment à des archives en Allemagne qui ne sont peut-être encore aujourd'hui pas ouvertes, même si elles s'ouvrent de plus en plus. Mais on le voit, c'est très difficile de retrouver des archives parce que parfois même elles n'existent pas. Reste que retrouver ses noms et honorer la mémoire de ses hommes est humainement très émouvant pour le directeur des archives et ses équipes. Généralement, j'essaie de ne pas mettre d'affect dans mon travail et de prendre beaucoup de recul. Mais je vous avoue, on a été en relation avec les familles et forcément c'est touchant parce qu'à chaque fois, on n'a que des bons retours. Les gens nous apportent beaucoup de reconnaissance par rapport à ce travail-là et sont très émus qu'on puisse rendre hommage à leurs aïeux qui sont décédés dans ces conditions-là. Et ça, c'est vrai que c'est émouvant, ce contact avec les familles. J'irais même plus loin. C'est que parfois, dans nos recherches, on est tombé sur des personnes où on s'est trompé de personne, c'est pas la bonne famille. Même ces personnes-là, qui n'avaient aucun lien avec les victimes, étaient touchées par nos recherches et nous encourageaient encore à continuer nos recherches. Donc cette bienveillance qui vient vraiment de tout le monde, on n'a pas eu une seule personne dans tous les contacts qu'on a eus qui nous a posé problème, qui ne voulait pas entendre notre travail, ce travail-là. Donc j'ai été, je ne vous cache pas, très ému de voir cette bienveillance et cette volonté de tous de contribuer à rendre hommage à ces victimes qui forcément le méritent. Une émotion partagée aussi par l'ensemble des membres du comité des martyrs de Tulle, un comité présidé par Roland Gognot depuis 4 ans. C'est un oubli involontaire mais qui va permettre à ces 7 martyrs de rejoindre au mémorial de Keul laissant un autre camarade déporté mort pour la France. Et pour nous, on essaie d'effacer une injustice bien involontaire. Le fait de savoir qu'une fois de plus que sept autres vont rejoindre leurs camarades, si je puis dire, c'est pour moi symboliquement un moment très très très fort. D'autant plus fort que l'histoire des martyrs et des portées de Tulle reste méconnue, méconnue en France et parfois même en Corrèze. Mais aujourd'hui, le comité des martyrs espère bien ouvrir un espace mémoriel, un espace qui aura la mission de faire vivre la mémoire des martyrs et déportés de Tulle. Dans un premier temps, cet espace aurait pu s'installer au bain douche, place de Souillac. Mais aujourd'hui, le comité des martyrs et la mairie de Tulle négocient pour un nouveau lieu juste à côté. Dans l'allée centrale de la Manu, il y a le bâtiment de direction. Ce bâtiment lui aussi appartient à la ville. On s'est rapproché du maire qui, très favorablement, est tout à fait partant pour que nous puissions exploiter ce bâtiment. Trois niveaux de 300 mètres carrés, qui va pouvoir effectivement donner une autre dimension et qui aura un aura plus que local, plus que départemental et au-delà presque de la région. Cet espace veut poursuivre ce travail d'humanisation des martyrs et déportés de Tulle, mais pas que. Ça ne sera pas un simple musée. Quand on parle de musée, c'est d'abord un espace où on veut exposer des choses. Et là, c'est des faits. Mais on veut aussi un inventaire exhaustif des exactions commises en Corrèze durant le mois de juin 1944 par la Das Reich et la Bremer, avec bien sûr le drame de Tulle et ses spécificités, l'histoire des familles, travail de mémoire, origine du comité des martyrs et aussi un espace consacré à la résistance et au maquis. Là, on veut développer le contexte historique. Parce que selon Roland Gognon, il est grand temps maintenant de faire de l'histoire. Il faut savoir remplacer le temps du deuil par celui de l'histoire. On veut une partie aménagée en plusieurs surfaces et volumes pour permettre au public de lâcher prise et qui permettront à chacun, à chaque visiteur, d'exprimer spontanément, par écrit, les ressentis et les états d'âme individuels. Et que ce soit un espace de rencontre, de causerie justement pour définitivement briser cette chape de plomb. Le tout sans jamais oublier ce qui fait le terreau du comité des martyrs. Qu'est-ce qu'on veut avant tout, c'est toujours et continuellement, sans cesse, rendre hommage à nos victimes. Et je ne crois pas que de pleurer constamment à nos victimes, c'est parce qu'ils vont leur rendre l'hommage qu'ils méritent. L'hommage qu'ils méritent, c'est d'abord de parler d'eux et de parler d'eux aux jeunes générations afin que ces jeunes générations puissent comprendre ce qui s'est passé et que spontanément elles puissent comprendre et se dire plus jamais ça. Générer des ambassadeurs de la paix, c'est le meilleur des hommages qu'on puisse leur donner. Le projet de restauration du bâtiment est estimé entre 1,5 million et 1,8 million d'euros. Une ouverture pourrait être envisagée, si tout se passe bien, pour la fin de l'année 2027. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure, Fabien Momboise de RGB vient de nous rejoindre. Bonjour Fabien. Bonjour Olivier. Fabien, vous nous proposez de découvrir un artiste bréviste. Il a 21 ans, il s'appelle Pierre-Loup Tourbier, alias Pise, pour son nom de scène. Et oui, Brive regorge de talent et notamment avec Piz. Il se passionne pour la musique. Il est en train de sortir son tout premier EP nommé Constellation. Il y a déjà deux titres qui sont écoutables sur les plateformes. Alors on peut définir sa musique comme un mélange entre chanson et slam. D'ailleurs, on va écouter un extrait dans cette chronique, mais avant cela, on retrace son parcours. Piz, il est né à Guéret et il y a vécu jusqu'à ses 13 ans. Et c'est là-bas que j'ai commencé ma relation avec ma musique. C'est là-bas que j'ai commencé avec la batterie, dans l'école de musique qui s'appelle Guéris Variété. J'ai eu un professeur qui, lui, était musicien avant d'être prof. Il avait ce goût-là, cette passion pour le spectacle, pour le show qu'il arrivait à transmettre à ses élèves. Et ce goût pour la scène est resté, et c'est avant tout ça. Ma passion, c'est vraiment avant tout le partage scénique. Et puis à partir de 2017, Pise arrive à Brive et son chemin musical l'amène vers d'autres instruments. J'ai pris des cours de guitare au Centre culturel de Brive pendant presque 5 ans. Ça m'a vachement fait progresser, ça m'a aussi appris les rudiments de la composition, parce que du coup j'ai jamais fait solfège. Mon professeur, Christian Henault, arrivait à faire passer les cours de solfège, la théorie, comme une sorte de leçon. Mais vraiment, il n'y avait rien de barbant, il n'y avait rien... C'était comme un jeu presque. Oui, il y avait vraiment ce côté-là. Et puis, il y avait aussi cette logique scientifique que j'ai toujours eue. Donc, c'était vraiment très agréable. Et puis, la batterie m'a beaucoup aidé rythmiquement. Alors, Piz, il joue des instruments, mais il écrit ses chansons. Et dans ses textes, on sent que le choix des mots est important et il en ressort une forme de poésie. Ses influences n'y sont pas pour rien. Les deux qui sont prédominants, c'est avant tout Jacques Brel et Francis Cabrel. Francis Cabrel, déjà son jeu à la guitare est merveilleux. Et puis il a cette légèreté et cette touche hispanique qui fait que ça donne toujours une légère couleur. Jacques Brel, parce que c'est un conteur, c'est quelqu'un qui raconte des histoires, qui a été, en fait c'est un slameur avant l'âme, il arrive à incarner les personnages, il arrive à incarner même des lieux, et par exemple, je pense que celle qui vraiment m'a plus touché, c'est Ne me quitte pas, et dans Ne me quitte pas, il y a cette poésie mais folle de les perles de pluie, quoi. Les perles de pluie de Jacques Brel, c'est vraiment toute l'allégorie, la métaphore de la poésie elle-même. Et il y a ce côté romantique que j'aime beaucoup, qu'on retrouve aussi chez Francis Cabrel. Mais je pense que Brel, c'est avant tout pour ça, c'est pour cette capacité de raconter des histoires avec poésie et douceur. Les pays où il ne pleut pas, je creuserai la terre jusqu'après ma mort pour couvrir ton corps d'or et de lumière. Je ferai un domaine où l'amour sera roi, où l'amour sera loi, où tu seras reine, ne me quitte pas de me... Pierre Loup ne s'inspire pas que des chanteurs, mais aussi du cinéma et de la littérature. Les pièces de théâtre écrites en vers sont une source d'inspiration immense. Je pense à ma pièce préférée, le Cid. Je pense à Roméo et Juliette, Cyrano Bergerac. Tous ces auteurs qui avaient cette verve. Le théâtre, vraiment c'est le seul bouquin que j'arrive à lire avec la dyslexie. Parce que c'est le plus vivant, c'est le plus rythmé. Surtout en vers, c'est rythmé. On ne peut pas s'arrêter en plein milieu d'une page. Parce qu'on s'arrête en plein milieu d'un vers. Et du coup ça coupe, et du coup on est emballé. Et puis quand c'est en plus en alexandrin c'est un pinceau c'est un tourbillon de bonheur on découvre en ce moment son tout dernier titre Ange Gardien. Estrelia est déjà sortie. Rendez-vous sur son site internet pour découvrir son univers : peaceofmusic.com. Sous la lune, je puis dans leur lumière la force de continuer car chaque nuit étoilée promet l'aurore à ses côtés. Ainsi, je marche, écrivant ma légende, un pied dans la réalité joutant les fables chantantes mon cœur battant au rythme des ébourbes et grandioses où chaque fin n'est que le début d'une autre prose sur le chemin des obstacles féroces et sauvages. Excellent, merci Fabien pour cette belle découverte. À retrouver aussi bien sûr sur les plateformes Deezer, Spotify, etc., en cherchant Piz, P-I-Z. C'est la fin de cet épisode du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans deux semaines pour une nouvelle actu en Corrèze. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
