Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

25-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

25 avril 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Le quart d'heure corrézien : En 35 ans d'existence, la cave des 1001 Pierres est en train de vivre une première : ne proposer qu'un seul vin millésimé 2024. Et ce vin, c'est un rosé. Un choix qui a été une obligation tant les vendanges en septembre 2024 ont été catastrophiques. Impossible de produire ni vins rouges, ni vins blancs. Dans ce contexte très difficile, les vignerons du sud corrézien réfléchissent à faire évoluer leur production. Tout en sachant que face à la nature, il reste difficile de prévoir les futurs aléas... Quant à la prescription culturelle, Aymeric Tudou nous propose de découvrir Permatreck une association qui promeut le tourisme lent à la rencontre de nouvelles pratiques agricoles en Limousin.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure de retour à Branceilles, parce que si les vignerons de la coopérative des 1001 Pierre ont sorti leur unique vin millésimé 2024, un vin rosé, une nouvelle génération de viticulteurs est en train de se constituer. Une génération qui, malgré les aléas, espère bien pouvoir trouver des solutions pour que cette cave née il y a 35 ans cette année puisse encore se développer. Et puis pour les cinq dernières minutes de cette émission, Emery Tudou de Bram FM nous présentera Permatrec, une structure associative qui vous propose de découvrir le Limousin de ferme en ferme engagée dans des pratiques agro-écologiques. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Il est unique cette année, c'est le vin rosé de la cave des mille et une pierres à Branceilles. Unique parce que les conditions de production ont elles aussi été uniques en 2024. Gels tardifs au printemps suivis d'attaques pressantes de mildiou au cours de l'été. Bref, assez d'éléments pour que les vignerons se retrouvent dans l'incapacité totale de produire les historiques vins rouges et blancs de mille et une pierre. Vu la petitesse de la récolte, le choix a vite été fait de partir sur ce pour quoi les raisins étaient bons à faire, c'est-à-dire plutôt des rosés. Baptiste Thomachaud est l'un des sept vignerons de Branceilles. Donc des maturités pas trop avancées pour garder de la fraîcheur, de l'acidité, des petits arômes, de petits fruits rouges, de fleurs blanches. Mais ce millésime produit est tout à fait particulier sur ce même Baptiste Tomachaud qui a aussi une autre casquette, celle de nos logues conseils auprès de cette même coopérative corrézienne. On a ramassé un peu plus tôt que d'habitude en termes de maturité. Donc on a un profil peut-être un peu plus léger, un peu moins charnu, mais qui sera parfait pour les moments conviviaux, l'apéritif, au bord de la piscine, bien frais, là, ça va être très agréable. Au début, on pouvait se dire, bon, ça va être compliqué, la gestion de l'acidité, tout ça, mais finalement, on a trouvé quelques moyens techniques avec un élevage sur lie, etc., qui ont permis d'aboutir à un vin rosé qui est à la fois frais et tout de même agréable, pas d'agressivité, plutôt aromatique. Donc voilà, on est assez content du rosé 2024 sec qu'on propose. S'il dit « on », c'est parce qu'il y a un an, ce jeune homme de 29 ans s'est engagé auprès des vignerons branceillards en reprenant des parcelles, celle d'un couple qui partait, lui, à la retraite. Une reprise qui, d'un point de vue météorologique, a été très mouvementée. J'ai repris 4 hectares et demi. C'est sûr, quand on reprend quelque chose, on a à cœur de tout mettre en place de son côté. Et puis on a à cœur aussi que ça se passe bien d'une manière globale et que le résultat soit positif. Alors ça n'avait pas été forcément le cas, mais c'est aussi de par mon métier, notamment dans le Lot, je ne sais que trop bien que ces choses-là peuvent arriver. Donc un peu déçu, mais pas surpris non plus, il n'y avait pas de fausses promesses, ça avait été anticipé aussi. Donc la trésorerie est là quand même cette année, il n'y a pas de trou, ce n'est pas une menace existentielle, mais il ne faut pas que ça se reproduise de manière répétée trop souvent. Et pourtant, à l'instar de l'ensemble des sept autres viticulteurs branceillards, le jeune homme croit en l'avenir de la viticulture dans le midi corrézien. Le vent peut tourner vite, on voit, certains vignobles sont en crise de surproduction. Ils se demandent quand est-ce que la valorisation va arriver, quand est-ce que les ventes vont reprendre. La viticulture, l'agriculture en général, c'est un savant mélange de savoir produire, savoir vendre. Quand ça se passe bien, mais que les deux sont en phase, tout va bien. Quand il y en a un qui bloque, ça commence à être un petit peu compliqué. Quand les deux bloquent, là c'est encore pire. Des fois, c'est parfois ce qui se passe. Nous, on est dans la situation où effectivement sur deux ans d'affilée on produit très peu, juste assez pour faire des produits de cycle court type rosé, blanc, à peine sur les produits de cycle un peu plus long. On travaille des stocks, notamment de rouge un peu plus ancien, mais si cette année est bonne, je vous le souhaite en tout cas, on sait que derrière même techniquement il va falloir adapter pour pouvoir sortir des vins un peu plus tôt que d'habitude. Il va falloir adapter un petit peu l'itinéraire technique. Alors moi, c'est mon métier. Mais voilà, il y a toutes ces réflexions-là qui viennent. On ne fait pas un produit standardisé, etc. On est vraiment dans l'adaptation continue, que ce soit à la vigne ou au chai. Et pour pouvoir s'adapter au mieux, son œil et son oenologue sont des formidables atouts pour l'ensemble du collectif. L'idée, ça va être d'essayer de ressortir peut-être sur certaines gammes de vins avec un signe un peu plus court, raccourci de six mois, voire peut-être un an. Donc ça va changer un peu ses caractéristiques. Même peut-être il y aura de la création de nouveaux produits pour faire un petit peu le pont quand ça va être prêt pour faire nos produits habituels versus on a besoin de sortir quand même un peu de vin sinon on n'a rien à vendre. Donc voilà, il y a toute une réflexion à mener. Toutefois, si selon Baptiste Tomachaud cette réflexion se doit d'être posée entre vignerons, rien ne sert de prendre une décision trop hâtive. Ça peut repartir vite parce qu'on ne produit pas ou presque pas pendant deux ans. On arrive à faire le minimum parce qu'il y a eu des stocks qui avaient été créés avant. Pour la cave, c'est l'assurance de stocker un peu de vin, d'avoir une récolte ou une récolte et de l'avance. Parce que nous, des fois, on peut avoir des assurances. Donc notre production est un petit peu remboursée au prix de ce qu'on pourrait vendre à la coopérative. Mais la coopérative, s'il n'y a pas de vin, il n'y a pas de vin. On ne l'invente pas. Donc voilà, on espère qu'on va pouvoir reconstituer un stock un peu de secours que sur les prochaines années. On continue en bonne dynamique commerciale et en bonne dynamique de production. Après, si ça ne marche pas, on s'adaptera, on trouvera des choses à faire toujours. Si l'homme ne veut pas baisser les bras, c'est d'une part parce qu'il croit bien sûr à son projet, mais aussi parce qu'il est en double activité. Mais une double activité, somme toute précaire, étant donné qu'en tant qu'œnologue, il travaille aussi dans cette filière viticole. L'assurance de mon deuxième emploi, qui est le conseil dans le Lot sur la région de Cahors, l'assurance ça me nuit de plus en plus vu les arrachages, la difficulté des marchés climatiques. C'est vrai qu'il y a une grosse crise à Cahors, donc bon, j'ai réduit aussi mon activité, donc au final ça correspond aussi avec cette activité qui diminue naturellement à Cahors, mais bon, à 29 ans, c'est le moment de le faire, on a l'énergie, j'ai pas un enfant encore, j'avais mis un petit peu d'argent de côté, bon, c'est le moment de faire ce qu'on a envie de faire dans la vie, peut-être de revenir 10 ou 15 ans plus tard pour faire ce que je fais aujourd'hui. Bon, ce serait peut-être plus de désillusions, plus d'efforts. Moi, je ne suis pas du milieu agricole, donc je pars de rien. Donc, mine de rien, le cadre de Brancais permet aussi ça. Donc, c'était au bon endroit, au bon moment. J'avais envie de le faire. Plus on est jeune, plus il faut prendre de risques. Ce n'est pas à la veille de la retraite que j'aurais fait ce choix-là, c'est clair. Or, l'organisation même de la CAF de Brosseil, organisation coopérative, donc collective, a permis au jeune homme de prendre sa place. Si je devais m'installer en indépendant sur 4 hectares et demi, j'aurais dû acheter un chèque, construire un local, et puis mettre en place un réseau commercial, une marque, et s'implanter sur un marché aussi compétitif comme le vin. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il n'y a plus trop de mauvais vins qui sont en circulation, tous les vins sont quand même corrects maintenant. Ça surproduit à des endroits, donc les prix sont bas. Enfin, si on n'est pas installé, venir s'installer et s'implanter dans ce milieu-là, aujourd'hui, c'est compliqué. Néanmoins, si les soubresauts du climat sont un réel problème pour les viticulteurs, un autre problème s'ajoute aussi, celui de la consommation du vin, une consommation en chute libre depuis des années. Ça fait 30 ans, 40 ans que ça baisse de manière régulière. On sait qu'on est à 40 litres par an, par personne à peu près en France. Peut-être dans 20 ans, ce sera 20 litres, on aura redivisé par deux, mais bon, la crise viticole actuelle va faire peut-être un peu le ménage dans tous ces vins un peu malheureusement qui étaient promis de l'export sur des qualités d'entrée de gamme et qui finalement se retrouvent sans preneurs et c'est ça qui parasite un petit peu le marché français. Ici, à notre échelle, on essaie de se réinventer. Au début de la cave, il y a 30 ans, il ne faisait que du rouge. Après, il est venu le rosé, les vins paillés, le blanc. Là, on va sortir une méthode traditionnelle, donc un vin pétillant, un peu comme un crément. On a des projets, peut-être éventuellement sur des spiritueux. Donc voilà, il y a l'aspect diversification qui va être la clé pour venir essayer de garder le même volume et la même valeur ajoutée sur nos produits. Parce que l'enjeu désormais à Bransaille est de rester vivant et de faire en sorte que cette coopérative née en 1990 continue d'attirer de potentiels nouveaux clients. Avoir différentes portes d'entrée, quelqu'un qui vient par exemple pour un spiritueux ou un vin rosé, peut-être qu'à la cave il va découvrir un rouge qui va lui plaire ou autre chose. Et puis il y a une dimension pédagogique aussi, c'est le monde du vin en France, pourquoi on est là, pourquoi la bière s'en sort mieux, pourquoi plus de 90 % des vins en France sont faits sous signe de qualité en IGP ou en AOP. Peut-être qu'on a loupé le coche de faire des vins de marque, un peu de plaisir simple, de communiquer sur que c'est un vin simple, agréable pour manger avec une pizza, ça n'a pas été fait. Et on se retrouve à avoir une image auprès des jeunes qui est sans doute un peu vieillotte, élitiste. Tout ce que la majorité des gens du vin ne sont pas, sont tout sauf ça. Donc c'est vrai que c'est un peu rageant de se dire que les grandes lignes qui ont été prises il y a 20 ou 30 ans, ça n'a pas été les bonnes au niveau de la filière en France. Bon après, la page est blanche, on a tout à écrire, donc c'est très stimulant. Et pour cela, le renouvellement des générations de viticulteurs est primordial. Des viticulteurs que vous pourrez d'ailleurs rencontrer dès le week-end prochain, puisque c'est la tradition, chaque week-end du 1er mai, les mille et une pierres ouvrent les portes de leur cave aux visiteurs. L'occasion aussi de découvrir ces hommes et femmes qui travaillent toute l'année pour produire ces nectars aux accents coréziens. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Emmerick Tudou de Bréniges FM nous rejoint à l'instant. Bonjour Emmerick. Bonjour Olivier. Emmerick, on poursuit un petit peu sur la thématique des rencontres agricoles. Puisqu'aujourd'hui, vous nous présentez une association Permatrec qui justement nous pousse à aller découvrir des producteurs locaux. Une autre façon d'expérimenter le tourisme, c'est ce que propose l'association Permatrec, une toute jeune association limousine. J'ai le plaisir de recevoir Alexandre Rauch et Marie Fernandez qui sont administrateurs, administratrice de l'association Permatrec. Bonjour à tous les deux. Bonjour. Qu'est-ce qui vous a poussé à créer Permatrec ? Vous pensez que le tourisme doit évoluer, doit se faire beaucoup plus à échelle humaine que ce qu'il est aujourd'hui ? C'était ça le leitmotiv ? Oui, la première réflexion au départ, ça a été vraiment au sein d'un collectif qui fait partie de l'association SAIL et de la fédération des civaments limousins. Donc une association qui a vocation à fédérer des paysans autour de ces questions et faire de la formation et de l'éducation entre pairs sur ces questions de paysannerie. Et le sujet de la diversification des activités agricoles, notamment par l'accueil touristique à la ferme, s'est posé. Et donc c'est parti d'une vraie volonté, en fin de compte, des paysans d'ouvrir leur lieu, d'accueillir du monde, de sensibiliser, rencontrer. Et donc ça a été pendant 2-3 ans l'idée de développer le réseau et surtout de définir une charte de valeur. Et après, l'association a été créée effectivement en mai 2024. Donc c'était il y a presque un an. C'est ça. Vous allez fêter votre anniversaire là, tout bientôt. Vous êtes basée où exactement, pour que nos auditrices et nos auditeurs sachent où vous êtes ? Marie ? Alors, on est basée autour de Pompadour. Il y a quelques lieux autour de Pompadour, Saint-Pardoux-Corbier, Besnac, et puis Saint-Sornin, et puis Goulanges. Goulanges ? Goulanges, oui, c'est tôt de Vienne. OK. Donc plutôt partie ouest quand même de la Corrèze. Il y a aussi des passerelles concernant le vélo, la rando. Bien sûr, Permatrec est à la croisée de plusieurs chemins, si je peux me permettre la métaphore. Oui, elle est plutôt choisie, n'est-ce pas ? Parce que du coup, il y a toute la partie agricole, agroécologie, paysannerie. Il y a aussi la question de la mobilité douce. Parce que l'idée de Permatrec, c'est vraiment de relier les fermes entre elles par des chemins de randonnée ou des chemins cyclables. La mobilité douce est au centre du projet. Alors, vous avez une dizaine de fermes partenaires déjà en Limousin, c'est ça ? Une vingtaine en itinéraire en cours de développement. On en est là aujourd'hui, Alexandre ? C'est l'objectif. Pour l'instant, on a quatre fermes administratrices dans le projet. On a dans nos réseaux, donc les réseaux SIVAM et autres sur le territoire, des pistes justement pour agrandir le nombre de fermes accueillantes au sein de Permatrec. L'objectif d'ici une année, ce serait d'agrandir le réseau pour proposer plus d'offres de trecs clés en main à des touristes, mais aussi pour mettre en valeur des acteurs du territoire. Parce que c'est vraiment aussi un objectif de mettre en avant à la fois la paysannerie, mais aussi tous les projets qui nous semblent vertueux, qu'on pourrait croiser sur les chemins de Permatrec. Et justement, ça permet de faire la passerelle avec les offres que vous proposez. Marie ? Des séjours en itinérance, en itinérance douce, à pied ou à vélo, entre des fermes, des lieux engagés, proches de la nature. Et donc des séjours clés en main où les voyageurs et les voyageuses peuvent marcher ou pédaler de ferme en ferme, s'arrêter, ralentir, en toute simplicité d'être immergé dans un mode de vie proche de la nature, respectueux de l'environnement et de l'humain. L'idée c'est de revenir à l'essentiel. Donc Permatrec, je rappelle que c'est un tourisme à échelle humaine qui favorise la rencontre avec des agriculteurs, des artisans, des acteurs locaux passionnés. C'est également des séjours immersifs et une valorisation des territoires ruraux avec des itinéraires qui permettent d'explorer des paysages préservés et méconnus. Donc, j'étais heureux de vous rencontrer pour me parler de cette belle association. Marie et Alexandre, merci encore. C'était un plaisir de vous recevoir. Eh bien voilà, Emeric, il ne nous reste plus qu'à enfourcher nos vélos pour aller justement découvrir les fermes et ce monde agricole en Limousin. C'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro, mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
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