Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

23-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

11 avril 2025 · 16 min

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Le quart d'heure corrézien : Si le printemps s'installe pour le plus grand bonheur d'une large partie de la population, pour certains agriculteurs, c'est le début du stress qui commence. Celui de voir débarquer le général hiver au cours d'une nuit et voir ainsi, tout le travail d'une année être mis à mal. Aussi, si les espoirs sont grands à la cave de Branceilles, les vignerons croisent les doigts pour que le gel ne réapparaisse pas maintenant... La prescription culturelle vous emmène dans un temple du 9e art. La librairie Bulles de papier qui célèbre cette année, ses 20 ans d'existence à Brive.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce 30e numéro du quart d'heure corrézien. Depuis 30 semaines maintenant, chaque mois, je vous propose donc de suivre l'actualité et l'activité surtout des vignerons de Branceille dans le midi corrézien. Des vignerons qui vivent en ce moment l'éclosion du printemps dans leurs vignes. Une éclosion aussi réjouissante qu'elle est inquiétante, tout simplement parce que le général hiver n'a peut-être pas encore lancé ses dernières offensives. Mais il y a quelques raisons d'être optimiste cette année, vous l'entendrez. Et en seconde partie d'émission, Fabien Mambouas de RGB vous invite à un anniversaire, celui d'une librairie bréviste spécialisée depuis 20 ans dans la bande dessinée. C'est la librairie Bulles de Papier, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. C'est le printemps, les premières feuilles sont en train de sortir des branches d'arbres dans les prairies. L'herbe remonte et les pissenlits jaunes sont en train de sortir, eux aussi, entre les marguerites. Une période où la nature, après quelques mois de repos, se réveille tout doucement. Et pour mieux constater ce doux réveil, je suis allé voir Hervé Bruyère, le maître de chai de la cave des mille et une pierres à Branceille. Depuis 30 ans, chaque jour, cet homme décrit dans un petit carnet le temps qu'il fait, une minutie qui lui permet ainsi de pouvoir comparer les années les unes par rapport aux autres. La différence par rapport à l'année dernière, c'est que cette année, on a déjà 27 ou 28 matins en dessous de 0 degré. En 2024, on n'en avait eu que 15 ou 16. Et les après-midi étaient plus chauds en 2024. Cette année, le ciel était plus gris, il faisait plus froid à la journée. Alors la végétation, forcément, a un peu de retard par rapport à l'année dernière. Un retard qui a de quoi rassurer un petit peu les vignerons, même si la vigilance reste de mise. Pour la vigne, c'est parfait parce que pour le moment, on est sauvés pour le gel. Mais malheureusement, cette semaine qui fait très très beau et très chaud, je pense que c'est en train de partir vitesse grand V et malheureusement, on n'est pas encore jusqu'au 10 mai pour la fin des premières gelées. Pour tout ce qui est végétal, jusqu'au 12 mai, c'est toujours la période qui est très critique parce que les années précoces, forcément, tout est en avance. Et s'il y a un froid froid le 8 ou le 9 ou le 10 mai, ça peut mettre la saison en l'air, il ne reste plus rien. Autant dire que chez les vignerons, si ce printemps est très beau et gonfle leur moral, la crainte de vivre de nouveaux épisodes de gel et leur plus grande peur confie Philippe Leïma. Vigneron, il est aussi président de la cave coopérative branceillaise. Les nuits commencent à être un peu plus agitées, un peu plus courtes, avec toujours l'inquiétude de voir ce qui va se passer. On se fie aux prévisions, donc là on est sur une période de 10 jours où il n'y a pas de risque de gel, mais la vigne commence à démarrer, à sortir, les premières feuilles sont là, on va démarrer les premiers traitements. On croise les doigts et on espère que cette année ça va passer. Premier traitement indispensable selon lui dès la semaine prochaine puisque la pluie doit faire son retour sur la Corrèze. Une pluie qui pourrait même s'installer pour les 15 prochains jours. Alors, même en bio, les vignerons vont traiter la vigne afin de la protéger. Selon les cépages, il y a trois stades. On est à pointe verte sur les plus tardifs. Et puis à première feuille, deuxième feuille, troisième feuille étalée sur les cépages les plus précoces, donc les blancs et les gammés. Et c'est les premiers jours où il faut vraiment bien protéger la plante dès le départ, pas se faire gagner par l'oïdium, l'oïdium. Parce qu'on sait que quand ça commence à rentrer très tôt en saison, après on a beaucoup plus de mal à le tenir, à l'éradiquer. Ces traitements sont simples selon Philippe Leïma. Et ils visent notamment à protéger le végétal des variations climatiques. Après-demain, je vais faire un traitement essentiellement soufre, avec un tout petit peu de cuivre, mais vraiment c'est à la marge. La cible c'est vraiment l'oïdium. Le principe des traitements, notamment en bio, c'est de mettre une pellicule sur la plante, sur le bois et sur la feuille de manière à ce que l'eau active les ions de cuivre pour le cuivre et assèche le bois et les champignons pour pas que l'humidité des pluies de la semaine prochaine, par exemple, puisse développer les premières souches de champignons. Alors si la végétation se développe à son rythme, dans le même temps, les vignerons, eux, doivent aussi préparer au mieux leur sol. Des sols indispensables, eux aussi, pour le bon développement de la vigne. On a une technique où on sème ce qu'on appelle des couverts végétaux. En l'occurrence, c'est des féveroles qui ont une double fonction, c'est-à-dire avec un système racinaire très puissant. Elles déstructurent le sol, elles ameublissent le sol et en même temps, elles fixent l'azote. C'est une manière d'apporter de l'azote à la vigne pour accompagner son cycle végétatif. Et puis l'autre rang sur lequel on ne fait pas ça, c'est en herbe. Donc il faut tenir de tondre régulièrement pour éviter la concurrence entre l'herbe et la vigne. Et puis, dernier élément, c'est sous le rang, où là, on travaille avec des lames intercepts pour travailler la terre, pour favoriser l'assimilation et de l'eau et des micro-éléments, et puis éviter la concurrence qui, là, est directe avec le pied de vigne sous le rang. Donc, en fait, favoriser la vie sous la vigne, pour la vigne. C'est ça, et puis, même les couverts et l'herbe, quand on dit qu'on tond l'herbe, on ne tond pas hyper ras, on laisse quand même 3-4 centimètres, histoire de faire des corridors pour les insectes, etc. Donc on entretient, mais on laisse et on fait tout ce qu'il faut pour développer au maximum la vie microbienne et la vie du sol. Ces travaux de printemps d'entretien du sol se font donc dans une période météo assez exceptionnelle, même si, nous l'avons entendu, par rapport à l'an dernier, ce début de printemps semble propice pour les vignerons. On va dire qu'on reprend un cycle végétatif normal. Il fait chaud l'après-midi, mais la nuit, il fait froid. Donc ça pousse tranquillement, sans excès. Par rapport à la dernière, aujourd'hui, on a 10-12 jours de retard. Donc c'est du retard par rapport à 2024, mais ça reste des périodes sur lesquelles on est à des dates, à des stades phénologiques normaux, vu la date et vu la saison. On retrouve un cycle normal, ça veut dire que nous, à côté, on a fait tout ce qu'il fallait pour que la vigne, on l'accompagne au mieux dans son cycle végétatif. C'est-à-dire que les tailles sont finies, le pliage est fini, on a suivi les palissages. Là, on s'occupe du travail du sol pour éviter la concurrence avec l'herbe. Donc comme je vous le dis depuis quelques mois, on prépare la vigne pour qu'elle soit dans les meilleures conditions possibles, pour que passé le gel, on puisse avoir une récolte, on va dire, historique, en espérant qu'elle soit au moins normale. Mais voilà, on se donne toutes les chances de notre côté, comme si tout allait bien se passer. Parce que si vous avez bien suivi cette saison du Quart d'heure corrézien, vous avez compris que l'année 2024 a été catastrophique, à tel point qu'aucun vin rouge n'a pu être produit, étant donné que tous les raisins avaient d'abord souffert du gel tardif du printemps 2024, puis d'attaque de mildiou au cours de l'été. Clairement, en 2025, on est condamnés à produire. Donc bon, moi je suis une naturelle très optimiste, donc je me dis que ça va le faire. Après, effectivement, si on venait à avoir un peu de gel sur 2025, avec une baisse de production significative, effectivement, ça pourrait remettre en cause pas mal de choses et au moins des adaptations sérieuses, chose qu'on n'a jamais eue à vivre à Bréniges. Adaptation, ça veut dire ? Adaptation, on ne fait pas, on n'y pense pas. Donc pour l'instant, on croit que la nature va être clémente et que les dieux vont être avec nous. Après, si ça devait arriver, on sera toujours à temps à ce moment-là de se poser les bonnes questions et de voir comment on peut s'adapter encore une fois. Alors si le collectif de vignerons ne cherche pas tout de suite les moyens de s'adapter au climat, c'est aussi parce qu'il souhaite laisser la nature sortir peu à peu de son hibernation. Les bourgeons ont gonflé, la pellicule extérieure s'est ouverte, ce qu'on appelle pointe verte. Et là donc la plante va sortir. Certains sont déjà sortis, les Chardonnays, les Gamays sont déjà bien sortis, il y a déjà 2-3 feuilles. C'est pour ça qu'il faut traiter rapidement. Et puis après Merlot, Cabernet, c'est plus tardif. Donc là on est vraiment au stade où le bourgeon est très gonflé. Après, ce qu'on peut remarquer quand même, c'est qu'il y a une assez grande hétérogénéité des parcelles, des courants de vent, des courants de température, où on voit vraiment que l'effet chaleur, là, il fait son effet, puisqu'il y a des parcelles, même à ces pentes identiques, qui sont plus avancées que d'autres. Donc, on voit vraiment que c'est la chaleur qui fait développer la plante. Alors, dans pareilles conditions, et face aux attaques imprévisibles du froid, les vignerons n'ont qu'un seul remède. On va courber les reins, essayer de dormir le plus possible et puis accompagner la vigne au mieux pour qu'elle soit en pleine forme. Pour qu'en mai, juin, juillet, août, elle produise du super raisin pour faire du super vin à septembre. C'est pour cela qu'on parle dans pareille situation du stress des vignerons. Parce qu'en quelques heures, si le thermomètre passe trop longtemps en dessous de zéro, alors c'est tout le travail d'un automne puis d'un hiver qui peut se retrouver piétiné. Mais pour autant, Philippe Leymar reste positif. Alors qu'il est, on n'en sait rien parce qu'on n'a pas envisagé cette hypothèse-là. Nous, ce qu'on sait, c'est que sur 2025, on a les volumes à la cave pour couvrir les besoins de nos clients. Donc ça, c'est une bonne chose. Maintenant, les stocks ne sont pas inépuisables. Et si jamais on n'arrive pas à re-remplir les cuves en septembre, oui, encore une fois, on ne s'est pas posé la question, mais il y aura sûrement des questions à se poser. Lesquelles, je n'en sais rien aujourd'hui, franchement, on n'y a pas réfléchi, parce que le sujet est inquiétant, ce n'est pas des choses qu'on est habitués à vivre. Donc voilà, on repousse au maximum l'échéance en se disant qu'on n'aura pas besoin d'y réfléchir. Mais ça voudrait dire clairement que le système coopératif pourrait être amené à s'arrêter, ce serait la fin de la cave de Brancais ? Non, non, ce n'est pas une histoire d'être la fin de la cave de Brancais, il y a toujours des solutions. Mais c'est vrai que ça peut revoir le modèle, nous c'est vrai qu'on est sur un modèle où on ne fait que de la vigne, donc quand on dépend que d'un seul élément, ça peut être plus compliqué. Maintenant, on s'est toujours adapté à tout, donc la question ce n'est pas l'avenir de la cave, c'est plutôt l'avenir des vignerons, comment on devrait s'adapter, et puis, quel virage on prend pour continuer à exister en ayant un peu moins de vin. Mais bon, ça, je vous dis, j'espère qu'on n'aura pas besoin d'y réfléchir. Mais de toute façon, on vous ira au courant. Aussi, durant un mois et demi environ, ces hommes et ces femmes qui travaillent tout au long de l'année dans les vignes vont vivre des jours et des nuits, les yeux rivés sur la météo, n'espérant qu'une chose, que le général hiver ne repasse pas à l'offensive. Place à la prescription culturelle de ce Quart d'heure corrézien. Fabien Mombois de RGB vient de me rejoindre. Bonjour Fabien. Bonjour Olivier. Dans cet épisode 30, vous souhaitez célébrer avec nous un anniversaire. Et oui, effectivement, nous fêtons un anniversaire. C'est les 20 ans de Bulles de Papier, la librairie spécialisée dans la bande dessinée de Brive. Emmanuel Dev, c'est le fondateur. En 2005, il a créé cette librairie, l'a rejoint en 2011 Thierry. Ensuite, c'est Nicolas qui est venu renflouer les rangs à partir de 2015. Et pour terminer, Cécile a rejoint l'équipe en 2021. Chacun a un petit peu ses spécialités. Le manga, la jeunesse, le comics, la science-fiction, la bande dessinée conjuguent beaucoup de genres à elle seule. On va le voir avec Emmanuel. Mais tout d'abord, revenons au début. C'est une longue histoire. On va faire un peu comme Obélix. Je suis tombé dans la bande dessinée quand j'étais petit. Comme je suis malentendant, ça a été un refuge absolument génial pour moi de se plonger dans les six histoires avec tous ces personnages qui sont venus un petit peu des compagnons de toute mon enfance auxquels je suis resté très, très attaché. Donc des personnages que tout le monde connaît, vous avez Astérix, vous avez Tintin, vous avez Spirou ou Gaston Lagaffe. Et puis donc la bande dessinée, j'ai toujours aimé ça. Je suis rentré en 1992 en librairie qui s'appelait La Marque Jaune à Saint-Germain-en-Laye en région parisienne. Et après avoir fait cette démarche, même si je n'étais pas à mon compte, d'ouverture, je me suis senti prêt pour tenter l'aventure moi-même. Et c'était aussi un projet personnel, projet de vie, de partir de Paris, d'aller dans un environnement plus agréable. J'ai porté mon choix sur la ville de Brive et je ne le regrette pas. Et c'est donc ainsi qu'Emmanuel Dev ouvre son premier magasin, c'était rue Saint-Libéral, à Brive en 2005. Je voulais vraiment apporter à la clientèle tout ce qui peut se faire un petit peu autour de l'univers de la bande dessinée. Alors bien sûr, du comics, du manga, toute la bande dessinée franco-belge. Dès 2005, il y avait déjà un rayon d'occasion, il y avait déjà les vitrines avec les produits dérivés, puis avec tout aussi un classement thématique qu'on a retravaillé et affiné quand on a déménagé ici à Brufaro il y a 10 ans. Classement thématique, assez fin, qui permet de faire vivre des livres, même sans que les auteurs soient forcément connus. On le sait, la bande dessinée a gagné en notoriété. Elle est même devenue le neuvième art, mais cela ne s'est pas fait tout seul. Elle a dû se réinventer. La bande dessinée s'est un peu réinventée, vraiment à l'aube des années 2000, donc un peu avant mon ouverture. Il y a eu déjà l'émergence au tout début, dans les années 90, des premiers mangas. On n'imaginait pas à l'époque l'engouement que ça allait produire auprès des lecteurs, et donc des jeunes lecteurs la plupart, et ça c'est merveilleux, parce que ça a permis de faire revenir dans les librairies des jeunes lecteurs qu'on n'avait plus vraiment. Et bien entendu, les auteurs et autrices sont au centre, et c'est eux qui ont amené de la nouveauté. À l'aube des années 2000, on a vu arriver l'émergence de nouveaux auteurs qui ont amené aussi les romans graphiques. On peut souhaiter Johan Svar, Péliad Satouf, des auteurs comme ça, qui ont amené vraiment quelque chose de nouveau dans la narration, quelque chose de vivant, de spontané, et de nombreux auteurs se sont mis à aborder tout un tas de sujets divers et variés. C'est là, ça va des sujets de société, des sujets de géopolitique, des sujets qui concernent des biographies sur des peintres, sur des cinéastes, etc., des adaptations littéraires. Il y a eu plein de choses comme ça qui ont été proposées, en plus de la bande dessinée classique qui continue et qui a aussi insufflé une nouvelle dynamique à travers des auteurs plus modernes, avec des scénarios plus puissants. La bande dessinée a encore de belles années devant elle, mais en attendant, à Brive, on fête cette année les 20 ans d'existence de la librairie Bulles de Papiers. Elle est située rue Colonel Faro et pour ces 20 ans, ils vous réservent pas mal de surprises avec notamment une sélection des 20 albums pour les 20 dernières années, sélectionnés par l'équipe avec Emmanuel, Thierry, Nicolas et Cécile. N'hésitez pas à aller les rencontrer. Merci beaucoup Fabien pour cette très belle présentation parce qu'on a envie de se plonger dans cette belle sélection d'albums. C'est la fin de ce 30e numéro du Quart d'heure Corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine pour un nouveau numéro. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure Corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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