Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

21-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

28 mars 2025 · 14 min

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Le quart d'heure corrézien : Ils veulent ouvrir un café théâtre à Brive. Un duo plein d'imagination se lance dans un défi jamais vu à Brive : proposer une scène accessible à tous les arts pour roder son spectacle. L'ouverture est imminente, en plein centre-ville. On vous explique tout du projet de l'improviste. Le pass culture collectif est gelé. Ce pass, qui permettait à des classes entières d'aller au spectacle et de rencontrer la culture parfois pour la première fois pour certain spectateur, ce pass est stoppé. Le ministère mène un audit. Mais du coté des artistes, des profs et des salles de spectacles c'est la douche froides. Bon week-end à tous !
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Dans cet épisode, je vous propose d'aller à la rencontre de deux personnes qui espèrent bien ouvrir un café-théâtre à Brive. Et après plusieurs mois de recherche et de questionnements, notamment sur le financement de ce projet, l'ouverture de l'Improviste, c'est le nom de ce café-théâtre, et bien son ouverture est imminente. En fin d'émission, pas de prescription culturelle particulière, mais une inquiétude quant à l'avenir du Pass Culture Collectif, un dispositif qui permettait aux classes scolaires d'aller au spectacle. Or, ce pass culture collectif est pour l'instant gelé et vous entendrez les inquiétudes du monde culturel dans le département. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Ils ont une quarantaine d'années et se lancent dans une aventure folle, ouvrir à Brive, un café-théâtre. Et si cette aventure est folle, c'est parce que ces deux associés ne sont absolument pas issus du monde du spectacle. Lui est un ancien chauffeur routier, passionné par l'improvisation et l'humour. Elle est une ancienne communicante qui a travaillé pour de grands groupes internationaux, aussi bien à Paris, à Montréal, au Canada qu'à Bordeaux. Elle s'est installée à Brive il y a quelques mois, après être tombée amoureuse de la Corrèze. Et ce duo s'est rencontré pour la première fois lors de la dernière foire du livre de Brive. Lui avait l'idée en tête et en discutant avec elle, il a vu qu'ils pourraient avoir les moyens de construire ensemble leur projet de café-théâtre baptisé l'Improviste. L'Improviste, ça va être l'histoire de ma vie, ça va être ma passion. Rudy Garnier, l'initiateur de l'Improviste. Quand j'étais ado sur la région parisienne, j'allais voir des cafés-théâtres, j'allais dans des caveaux. Ce projet-là, c'est ce que je veux apporter, c'est mon image, ce que j'ai pu faire aussi pendant plusieurs années en tant que président d'une association. Je veux faire découvrir les artistes locaux, parce que vous n'imaginez pas dans le bassin, que ce soit de Brive ou même aux alentours, tous les artistes locaux qu'on peut avoir. Je veux que ce lieu, que l'Improviste, soit un lieu culturel, qu'on ne vienne pas que pour un spectacle, qu'on vienne pour une âme. C'est quand tu viendras à l'Improviste, tu viens pour passer un moment, mais tu ne sais pas ce que tu vas vivre réellement. Si le projet est avant tout artistique, Claire Lemaitre, elle, souhaite aussi y apporter une touche éducative. On a le projet qui me tient vraiment à cœur, parce que j'ai travaillé dans des écoles pendant plusieurs années, de mettre en place des partenariats avec les écoles de la ville, avec les lycées. Je sais qu'il y a des options théâtre, par exemple, où on pourrait proposer des ateliers et faire une passerelle avec la scène. Alors, proposer s'ils se sentent capables, s'ils ont envie de se lancer sur la scène de l'Improviste. Mais pour y arriver, le duo a dû faire face à de nombreux problèmes, admettant sans sourciller Rudy Garnier. Ce qui a été compliqué, c'est déjà de trouver ce qui est le nerf de la guerre, l'argent, le financement. Donc demander les financements aux banques, ce n'est pas évident parce qu'un café-théâtre, ils n'ont aucun recul, ils ne savent pas ce que ça se passe. Il n'y a pas le café-théâtre qu'on va vous proposer avec Claire. La même formule, vous ne le trouvez pas à 200 km aux alentours. Donc voilà, il faut quelqu'un qui y croit à notre projet. Là, récemment, on a eu quelqu'un qui nous a cru à notre projet parce qu'elle savait de quoi on parlait, une ancienne parisienne qui avait déjà fait aussi des expériences dans le théâtre. Donc elle a tout de suite cru à notre projet. Donc c'était ça, le plus compliqué, le nerf de la guerre, c'était vraiment de trouver les financements et de se mettre d'accord avec tout le monde. Aussi, si une partie des spectacles sera gratuit, le duo, pour pouvoir aussi vivre de son activité, proposera des soirées payantes. On sera au verre du mardi au dimanche. Le mardi, ça sera des soirées à thème, blind test, karaoké, bon ça c'est des soirées gratuites, c'est pas le souci. On aura quelques concerts qui seront avec des entrées payantes, on aura l'impro-show, un événement d'improvisation qu'on va faire tous les mois, qui sera lui gratuit. Donc voilà. Et après, oui, c'est des spectacles payants, c'est des humoristes qu'on a contactés qui viennent de partout, des quatre coins de France. Donc l'entrée est à peu près entre 18 euros pour les adultes et 15 euros pour les moins de 16 ans. Voilà. Donc comment on va vivre de ça ? Oui, nous, ce qu'on va vivre, c'est de faire remplir nos 80 places. C'est surtout ça. Voilà. 80 places qui se trouveront donc dans un ancien restaurant du centre-ville de Brive, rue Majour. En plein cœur de Brive, voilà. Donc oui, on sera aux 16 rue Majour, en remplacement des restaurants Lévi-Vier Saint-Martin. Donc oui, les 80 places seront là. Oui, comme vous dites, on est en plein centre-ville, on est dans un petit quartier en plus qu'on commence à sympathiser avec tout le monde. Pour moi, c'est une obligation parce que, pour tout vous dire, j'avais trouvé un premier local pas très loin. Et malheureusement, il était magnifique et il y avait trop de difficultés sur l'accessibilité. Donc, c'est ce qui est important pour nous. Et il y avait trop de travaux sur l'accessibilité, trop de contraintes avec les bâtiments de France. Donc, ce qui nous a poussé à malheureusement trouver autre chose. Les vitrines étaient adaptées pour l'accessibilité, avaient déjà une ossature assez conçue pour ce que nous allons faire. Donc voilà, oui, mais c'était primordial pour nous, et même quand Claire m'a rejoint dans ce projet, de rester en centre-ville. Je ne me voyais pas faire ça hors de la ville. Et si le duo fait le pari du centre-ville, ce n'est pas tout à fait un hasard. Parce qu'il faut que ça reste vivant, il faut que ça reste un endroit où les gens, voilà, oui, il y a des stationnements un peu partout, mais il faut que ça reste un endroit où les gens arrivent à s'identifier. Un endroit hors de la ville, je ne vous critique pas, mais pour moi, ce n'est pas assez vivant. Pour moi, là, vous avez des restaurants, vous avez des bars autour. On n'est pas là pour faire de la concurrence, on est là pour s'entraider. Vous faites un spectacle chez nous après 21 heures, si vous avez faim, vous avez des restaurants à pied aux alentours qui ne sont pas loin. On n'est pas un bar à bière, on sera un café-théâtre, on proposera des boissons, on proposera des planches pour apéro ou pour après. Mais si vous voulez voir une bonne bière, vous avez des bars à bière, on est assez équipés pour ça. Alors que la signature du bail ne devrait intervenir que début avril, la programmation, elle, semble déjà prête et Rudi Garnier semble très confiant. Tous les artistes, la majeure partie, les artistes qui viennent à l'improviste cette année, parce que la programmation est complète jusqu'au 31 décembre 2025, on a des dates de 2026 qui commencent à se remplir. Là, toute la programmation va être sur notre site internet, il y a une bonne partie déjà. Mais tous les artistes, oui, ils viennent de Nantes, de Paris, de Marseille, de Lyon. Donc voilà, et quand on est sur leur téléphone, dire « vous connaissez Brive ? » « Oui, Brive-la-Gaillarde, je connais, je passe quand j'y vais à Toulouse. » Là maintenant, ils vont s'arrêter. Et quand vous voyez sur certaines affiches d'artistes qui disent « Ben voilà, avec les deux dates de Brive, c'est une fierté quand même pour nous deux, pour dire « Ben oui, tiens, lui, il passe à Brive. » Et s'ils sont aussi très confiants, c'est parce que deux personnalités du monde du spectacle sont devenues leurs marraines et parrains. La comédienne Marie-Hélène Lantini, que l'on peut voir dans la série « Demain nous appartient » sur TF1, mais aussi l'humoriste Smaïn, de soutien, de poids pour le duo assure Rudy Garnier. Elle nous donne de bons conseils. Elle nous a soutenus aussi dans des moments difficiles qu'on a connus il y a quelques mois encore. Donc voilà, et en parrain, on a Smaïn, qui est quand même un artiste de renom, qui a commencé, lui, par le café-théâtre. Donc il sait de quoi on parle, il sait ce que c'est d'ouvrir un café-théâtre. Rien que le nom de Smaïn, ça nous a apporté aussi des noms d'artistes. Ils ne nous aident pas financièrement, et on ne veut pas d'aide financièrement de la part de nos parrains marraines. Nous, ce qu'on veut, c'est leur soutien, leur réseau aussi. Vous savez, il y a un mois de ça, on a appris qu'on n'avait pas encore le financement, que c'était très compliqué. J'étais dans une phase de dire, bon allez, j'arrête tout, voilà. Heureusement qu'on peut compter sur le parrain/marraine. On se dit, tiens, j'ai vu que tu avais un souci, qu'est-ce qui se passe ? Qui t'explique, qui dit, mais si tu commences à abandonner au premier échec, tu ne vas pas y arriver. Donc voilà, même si ça fait 6 à 8 mois que j'étais dans la galère en disant, voilà, il y a toujours des contraintes, c'est qu'ils m'ont dit, non, bouge, bats-toi, lève-toi. L'ouverture de l'Improviste est prévue le 14 avril prochain pour un premier spectacle dédié à Charlie Chaplin. Chaplin qui avait l'habitude de dire « on commence par ça ». Nous poursuivons ce quart d'heure corrézien toujours dans le domaine de la culture, mais cette fois du côté public de la chose. Parce que dans un contexte budgétaire très contraint, le gouvernement cherche en effet à faire des économies dans tous les sens, et bien le pass culture collectif est mis en sommeil en ce moment. En clair, ce dispositif qui permettait à des classes entières d'aller au spectacle, et bien cet accès à la culture est sinon arrêté, au moins gelé. De quoi faire naître de nombreuses craintes, notamment chez les profs, à l'instar d'Emmanuel Dumas. Elle est enseignante en éducation socio-culturelle au lycée agricole de Négreplisse. Le pass culture collectif, nous dans notre établissement, il permet de financer à la fois des sorties. Donc comme aujourd'hui où j'amène une classe de CAPA, service à la personne et vente en milieu rural, je pense que pour la plupart d'entre eux, c'est la première fois qu'ils ont l'occasion d'aller voir un concert. Donc ça permet des sorties en classe, ça permet aussi des sorties pour des élèves. Nous, on a une école du spectateur, donc on les amène au théâtre, ce sont des élèves volontaires. Et puis ça permet aussi des interventions d'artistes sur l'établissement. Donc par exemple, avant les vacances, il y a un écrivain qui est venu, il y a un artiste d'art de rue qui est venu, de collage de rue, qui est venu au mois de septembre avec d'autres classes. Il y a d'autres artistes qui vont venir au mois d'avril et mai. Et donc du coup, tout ça c'est financé par le pass culture. Nous, ça nous donne une souplesse et une facilité de financement et de travail avec les artistes qui permet de se concentrer sur l'apport pédagogique et éducatif. Parce qu'on ne passe pas du temps à monter des dossiers de demandes de subvention qui seront ou non validés ou pas. Donc ça, c'est très précieux pour nous. Parce que le temps, on l'accorde aux élèves et à la rencontre avec les artistes. Donc ça, c'est l'avantage du pass culture. L'impact que va avoir l'arrêt du pass culture, c'est probablement la fin de ses projets. Moi, je travaille en lycée agricole. On a beaucoup d'élèves qui sont soit issus de milieux ruraux, soit issus de milieux où aller voir un spectacle ou rencontrer des artistes, ce n'est pas forcément quelque chose qu'on fait facilement. Et pour autant, c'est une façon pour eux d'avoir un point de vue sur les choses différents. Du coup, une réflexion différente et ça leur permet de devenir des adultes et des citoyens éclairés. Et je crois que par les temps qui courent, c'est quelque chose sur lequel il ne faut pas mégoter. Et si l'inquiétude est réelle pour les spectateurs, elle l'est aussi pour les lieux qui accueillent ces artistes, comme la salle des musiques actuelles des Lendemains qui chantent à Tulle, salle dirigée par Benoît Mom. Ce qui est sûr, c'est que c'est un frein aujourd'hui à la fréquentation des établissements scolaires dans le cadre de notre programmation jeunes publics. Et en ça, oui, c'est vraiment dommageable. C'est un empêchement aujourd'hui pour les publics scolaires à venir découvrir des spectacles. C'est un frein à l'accès à la culture et c'est un frein à l'expression de la diversité. Ça fait partie aussi du projet : comporter de sensibiliser les jeunes générations à la culture qui doit leur permettre à un moment de s'ouvrir à la diversité et aux expressions artistiques diverses. Au-delà de l'impact financier, c'est plus la philosophie. Déjà, en vrai, une coupe budgétaire en direction de la culture, ce n'est jamais un très bon signal, d'autant plus qu'aujourd'hui, les économies de nos lieux sont quand même assez compliquées. Ça reste un frein à l'accueil des établissements scolaires. Et effectivement, les structures culturelles en région, particulièrement là où l'offre est moins dense, vont souffrir de ça. Mais ceux qui vont vraiment le plus en souffrir sont les destinataires et la jeunesse, les publics scolaires. La mise en pause du pass culture collectif pourrait courir jusqu'en septembre prochain. En attendant, le ministère de la Culture assure que la situation économique actuelle, je cite, invite le ministère à repenser ce dispositif pour mieux accompagner et prioriser les projets dans le respect de la stabilité des finances publiques. À ce titre, le ministère d'État a confié une mission d'inspection générale. En clair, un audit est en train d'être réalisé afin de savoir comment le pass culture collectif pourrait évoluer à l'avenir. C'est la fin de ce Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous de votre fidélité. On se retrouve dans une semaine pour un nouveau numéro. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast. Sous-titrage ST 501 Sous-titrage Société Radio-Canada

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