Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

20-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

21 mars 2025 · 16 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Le quart d'heure corrézien : L'adage le dit : l'argent c'est le nerf de la guerre. Et lorsque le combat c'est de venir en aide aux victimes de violences conjugales, cet argent est indispensable. Or, aujourd'hui, dans un contexte où le budget national est de plus en plus contraint, les actions menées par SOS violences conjugales en Corrèze risquent de ne plus pouvoir être menées. Nous recevons Georgette Chastanet, présidente de l'association, et Jeanne Itangu, directrice de la structure, pour comprendre comment la petite association tente de survivre chaque année. La prescription culturelle vous invite à découvrir une exposition qui mêle œuvres d'art et animaux, c'est à voir à la Cité de l'accordéon et des patrimoines de Tulle. Bon weekend et bonne soirée
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Un épisode qui va parler argent, montant de budget, instabilité gouvernementale et ses conséquences pour l'association SOS Violence Conjugale en Corrèze. En fin d'émission, vous retrouverez la prescription culturelle. Aymeric Tudou de Bram FM vous dévoilera les contours d'une exposition à la cité de l'accordéon et des patrimoines de Tulle. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Dans les épisodes précédents, nous avons pu entendre comment l'association SOS Violence Conjugale travaille en Corrèze. Nous avons entendu ses missions, ses objectifs, mais aussi le témoignage d'une victime qui est accompagnée par la structure, une structure qui a besoin d'argent pour pouvoir continuer son travail. Et c'est d'argent, justement, dont nous allons parler dans cet épisode. Aujourd'hui, nous sommes avec la présidente de SOS Violence Conjugale. Bonjour Georgette Chastanet. Bonjour M. Ceyrac. Et la directrice de l'association, Johnny Tangu, bonjour. Bonjour. Ma première question est simple. Le budget annuel de l'association, c'est environ 200 000 euros. Comment ce budget se construit entre les subventions publiques et le mécénat privé, on va dire, ou les dons ? Dans un premier temps, il faut dire que l'État, quand même, nous aide un tout petit peu à la hauteur de ce qu'ils peuvent, parce que visiblement, maintenant, on est loin, loin, loin de ce qu'on avait il y a de ça un an ou deux. Donc, ça devient un petit peu critique pour l'association, je reconnais. Notamment, surtout, sur le service juridique. Nous avions, en 2023, si je me souviens bien, 22 000 euros pour faire notre budget 2023. Là, pour le budget 2025, nous avons 9 000 euros. On fait comment ? J'aimerais bien qu'on m'explique, tous ces gens bien intentionnés m'expliquent comment on fait pour gérer une association comme ça. Pour moi, j'ai très, très peur qu'on aille dans le mur. Mais dans pas très longtemps. Donc la survie même de l'association. Tout à fait. Et j'en ai très peur, j'en ai vraiment très peur. À cause, effectivement, du retardement que vous connaissez. La conjoncture actuelle. Le temps qu'il a fallu, en effet, pour qu'il y ait bel et bien le vote du projet de loi de finances. Là, ce que citait la présidente à l'instant, c'est finalement une délégation de crédit à ce jour partielle. Donc on est censé et bien évidemment on y travaille avec le ministère en question. On est censé pouvoir recevoir une dotation initiale complétée, en fait, d'ici les prochaines semaines. Mais il est certain qu'en attendant, cela nous met en difficulté en tant qu'association, puisqu'il nous faut bien évidemment une ligne de trésorerie. On a des charges, en particulier des charges de personnel et toutes les autres charges afférentes. Et c'est là la difficulté dans laquelle nous nous trouvons à l'heure actuelle. Donc sans subvention publique, est-ce que le mécénat privé peut prendre l'écart ? Alors on est quand même sur une situation qui n'est pas tout à fait équilibrée, voyez, en l'état, c'est-à-dire qu'à l'heure actuelle, on a un certain nombre, en effet, de financeurs publics qui nous fonctionnent en grande majorité. Donc on dépend du ministère des Droits des Femmes et de l'Égalité, on dépend du ministère de la Justice, on a également des financements de l'État et de ce qu'on appelle un fonds interministériel de prévention de la délinquance. On a des fonds de l'Agence régionale de santé, de la caisse primaire d'assurance maladie, de la caisse d'allocation familiale de la Corrèze en particulier, et puis aussi d'autres fonds effectivement qui viennent compléter, des différentes collectivités. Et puis en effet, on est de plus en plus amené sur ces dernières années, oui, à aller compléter par des fonds privés, par du mécénat. On en profite d'ailleurs pour remercier chaleureusement certains partenaires qui nous suivent et qui nous accompagnent depuis déjà quelques années, notamment le Love Libri Festival, par exemple, qui nous permet d'avoir chaque année quelques milliers d'euros qui, pour nous, évidemment, sont tout à fait nécessaires. Sauf que cet équilibre, il n'est pas suffisant entre mécénat privé et dotation publique ? Non, non, complètement. Effectivement, en fait, c'est un travail de longue haleine qui est mené en particulier aussi par la présidence, par le conseil d'administration, par moi-même, par l'ensemble de l'équipe pour aller quêter chaque année et renouveler des subventions, notamment publiques, qui ne sont pas pérennes. Et donc voilà, c'est que ce budget, il est tous les ans quelque part remis en cause, entre guillemets, parce qu'il vous faut continuer de constituer des dossiers de demande de subvention. Ces dossiers, c'est un petit peu le mythe de Sisyphe, c'est-à-dire que continuellement, vous devez remonter votre pierre au sommet de la montagne. Tout à fait, c'est ça. Et en fait, le temps passé sur les dossiers, il faut que vous sachiez, M. Ceyrac, que c'est souvent 15 jours. 15 jours, 80 euros de l'heure. Pour une subvention. Pour une subvention. Donc répéter X fois, ça fait des heures. Mais souvent, deux fois, ça n'atteint pas le montant de ce que coûte le dossier par lui-même. Je prends un exemple. La justice, par exemple. Cette année, il y a eu une demande de subvention complémentaire. 425 euros, je veux que vous l'entendiez, ça. Et donc, avec ça, vous ne pouvez rien faire ? On a pu faire un tour de table avec le conseil d'administration. On a donné 50 euros chacun dans la truc. Nous sommes neuf dans la boîte. Nous avons donné 450 euros à l'association. Il ne faut quand même pas exagérer et se moquer de nous. Là, moi, ça me met dans des colères. Ça ne paie même pas le temps qu'a passé Mme Tangu et la collaboratrice pour faire le dossier. J'ai honte de cette somme. J'ai honte. Et pour ça, on a saisi le président, M. Hollande. Concrètement, Johnny Tangu, sur ce genre de situation, vous, comment vous pouvez gérer la chose ? Parce que c'est mine de rien une question de stratégie, quelque part, pour aller chercher justement ces subventions publiques. Vous êtes sur une ligne de crête ? Alors, il est certain qu'on est en effet sur une ligne de crête, absolument. C'est vrai que, comme le citait Mme Chastanet à l'instant, on est chaque année, vous voyez, de plus en plus amené à démultiplier les montages des divers dossiers. Donc cela va vraiment nous amener, vous voyez, à essayer de nouer de nouveaux partenariats financiers, à pouvoir réactiver les permanents, à aller plus loin, vous voyez, dans notre demande et dans nos montants sollicités, puisqu'effectivement, nous aussi, on est en lien avec ce contexte aussi d'inflation, bien évidemment. Et puis, cela nous amène, de fait, stratégiquement à réfléchir et à travailler autrement, à essayer d'activer de nouveaux leviers. C'est ce que vous citiez tout à l'heure quand vous évoquiez justement le fait d'aller de plus en plus vers du mécénat, vers des fonds privés. On est obligé d'adopter nos stratégies de plus en plus. Sauf que les mécénats, le monde privé est aussi pris par cette inflation, etc. Il n'y a plus d'argent quelque part. C'est ce que nous répondons. Vous voyez certaines entreprises justement locales que l'on peut être amené à les rencontrer qui sont, je pense, convaincues de l'impact direct de nos actions sur les territoires, et parfois même pour leurs salariés. Mais pour autant, bien évidemment, les entreprises, on connaît aussi leur réalité, et donc on est dans un contexte d'incertitude financière sur tous les plans, au sein de notre société actuellement, et qui a des répercussions, bien sûr, directes sur notre secteur également. Et le contexte politique, on l'a dit, n'aide pas. Mine de rien, le gouvernement a changé trois fois au cours de l'année 2024. Comment vous avez vécu cette situation, sachant que la protection des victimes conjugales, en théorie, ça reste toujours une priorité du gouvernement ? Il est certain qu'on est vraiment dans une dynamique d'incertitude. C'est vraiment ça. On est dans une réalité d'insécurité. On manque de projections. C'est-à-dire que là, vous voyez, on est effectivement au mois de mars et à l'heure actuelle, nous n'avons que très peu de visibilité sur les budgets qui vont nous être alloués sur l'année en cours. On ne sait pas quelle direction on peut prendre. C'est toute la difficulté. Alors, ça a toujours été le cas les années précédentes. Mais là, il est vrai qu'en ce début d'année, en tout particulier avec ce projet de vote de loi de finances, cela a été encore plus exacerbé, en fait. Donc, clairement, vous êtes dans le flou total pour l'organisation même de votre année. Vous savez, quand on reçoit de la part de nos financeurs publics des subventions au mieux au courant de l'été, de l'année en question, voire de plus en plus, malheureusement, en toute fin d'exercice comptable, à savoir novembre, décembre, pour des dépenses qui sont évidemment engagées par notre association depuis le 1er janvier. Bien évidemment, c'est extrêmement complexe. Cela sous-tend pour nous, à minima, d'avoir des fonds en trésorerie, bien sûr, pour pouvoir avancer et gérer l'ensemble de nos dépenses. Donc ça, ça a des conséquences, en fait, sur la vie de la structure de l'association et pour les victimes aussi ? Ça a vraiment des conséquences, effectivement, de plus en plus sur ce que l'on peut proposer, en fait, sur le territoire. Puisque vous avez raison, finalement, que fait-on à l'heure actuelle ? On maintient nos actions phares, nos actions permanentes, mais malheureusement, on est empêché, on est freiné pour être force de proposition, engager des nouveaux projets et relancer des actions qui fonctionnent pourtant et qui sont éprouvées sur le territoire, qui sont saluées par nos différents partenaires, notamment par nos financeurs qui peuvent être reconnus. Mais pour autant, bien sûr, on est limité. On est obligé d'être sur des principes de précaution budgétaire et comptable. Et on ne peut pas engager certains frais sans être rassuré d'avoir évidemment en face à un moment donné des produits et des subventions et des recettes. Oui, parce que ce ne serait pas normal de faire des dépenses avant d'avoir la recette en face. Et moi, je suis une ancienne élue et j'ai toujours, et je pense que c'est la demande que je ferai au préfet à la prochaine fois où on va se rencontrer, le nouveau préfet. Je me demande pourquoi on ne ferait pas aux associations, disons, une péréquation et dire que nous versons, mettons, tous les trimestres une somme 2. Et ça, c'est un peu plus difficile pour tout le monde parce que d'une année sur l'autre, on n'a pas le même, on ne connaît pas le montant qu'on a. Et pourtant, les projets restent relativement les mêmes. Et les projets restent les mêmes. C'est ça, en fait, finalement. Pour avoir une petite idée, en 2012, nous avons eu pour les droits des femmes 34 800 euros. Nous sommes en 2024, nous avons toujours 34 800 euros. Ça n'a pas évolué. Ça n'a pas évolué. Donc comment voulez-vous ? Mais à partir de ces 34 800 euros, on nous en verse le premier trimestre une partie, le deuxième trimestre une partie, pour continuer à garder notre fonds de roulement. Sinon, on est obligé de faire une ligne de trésorerie. Une ligne de trésorerie, ça coûte cher. Et quand on est obligé de faire ça, après, les subventions qui viennent derrière, elles ne tiennent pas compte de nos frais de ligne de trésorerie. Donc, il faut qu'on se débrouille. Donc, moi, je trouve que là, franchement, il y a énormément de choses à faire. Et là, je ne sais pas trop où il faudrait aller. Mais j'avoue vraiment que moi, j'ai envie d'aller très loin, très haut, rencontrer des gens pour leur expliquer ce qui se passe sur le terrain, en fait. Alors, il me reste juste peut-être à vous remercier d'abord, mais surtout de dire à nos auditeurs qu'ils peuvent quand même vous aider, faire des dons, notamment en se rendant sur votre site Internet, dont l'adresse, je la rappelle, c'est sosviolenceconjugale, au pluriel, correzre.fr. Merci, mesdames. Merci, messieurs. La prescription culturelle. Bonjour, Émeric Thudoux. Bonjour, Olivier. C'est une exposition que vous nous proposez de découvrir. Alors, je vous propose d'aller faire un petit tour, si vous voulez bien, à la Cité de l'Accordéon et des Patrimoines de Tulle, où l'on peut voir en ce moment cette exposition Vivant, ce que l'art nous dit. Une exposition qui a été rendue possible grâce à l'opération Sans-œuvre qui raconte le climat, comme nous l'explique Karine Lhomme, la directrice du musée. C'est une opération qui est lancée par le musée d'Orsay. Ils ont proposé aux musées en région de bénéficier de prêts sur un sujet, en l'occurrence cette année, le climat. Et on a eu la chance donc à Tulle d'accueillir un prêt exceptionnel, une œuvre, une sculpture en bronze d'Antoine Bourdelle qui s'appelle le Bélier rétif. C'est une sculpture de 1909 et elle nous permet de réunir autour d'autres œuvres qui ont été prêtées par le musée La Binche, le musée des Augustins de Toulouse, le Fracartotec à Limoges, la cité de Saurès, le musée Adrien du Boucher aussi à Limoges, d'autres institutions qui ont accepté de prêter leurs œuvres pour nous permettre d'inviter le visiteur à questionner le sujet de la relation au vivant. L'exposition « Vivant, ce que l'art nous dit » est constituée de deux parties. La première est consacrée aux collections de la cité qui mettent en avant la thématique de la nature et du vivant. C'est aussi l'occasion de mettre en avant les œuvres des artistes coréziens d'hier et d'aujourd'hui. Cette nature a été une source d'inspiration et ici nous sommes devant les vases qui sont en grès d'un couple de céramistes, Gabriel et Yvonne Bernadou, installés dans le village de Saint-Augustin en Corrèze. Gabriel Bernadou est un sculpteur de formation, il vit à la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle et il travaille en étroite symbiose avec son épouse qui, elle, est céramiste. Et tous les deux qui vivent à Paris vont avoir le désir vraiment de quitter la ville pour s'installer dans un endroit où ils vont pouvoir réunir plusieurs choses, c'est-à-dire trouver à la fois la matière qui leur sert pour leur création et en même temps trouver un endroit de vie pour leur famille. Et quant à la seconde partie de l'exposition Vivant, ce que l'art nous dit, cette seconde partie nous questionne sur le rapport que nous avons avec le monde animal, les animaux domestiqués, mais aussi les animaux sauvages, comme nous l'explique Karine Lhomme. On vient questionner ici le lien qu'on peut avoir à des animaux qui sont relativement proches de nous, en tout cas des animaux que l'homme depuis la préhistoire a utilisés dans un rapport de coopération où l'homme est venu utiliser aussi bien la force de l'animal pour tracter ou utiliser la ressource même de l'animal, c'est-à-dire sa laine, sa chair, pour se vêtir ou se nourrir. Il y a un animal qui est bien, bien, bien mis en avant aussi dans cette exposition Vivant, ce que l'art nous dit, c'est le loup. Oui, alors le loup, évidemment, c'est un animal qui cristallise toutes nos peurs héritées des siècles passés et à la fois qui fascine et que l'on redoute. En tout cas, ça pose la question de la cohabitation, de comment on peut cohabiter sur un même territoire avec un animal sauvage, comment on peut faire concilier des activités d'élevage avec la présence du loup. Sujet terriblement d'actualité, ça va sans dire. Et oui, c'est vrai. Merci Aymeric. L'exposition « Vivant, ce que l'art nous dit » est donc visible jusqu'au 13 juillet à la Cité de l'Accordéon et des Patrimoines de Tulle. C'est la fin de ce 27e numéro du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine et d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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