Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

19-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

17 mars 2025 · 15 min

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Le quart d'heure corrézien. Alors que le printemps s'annonce, les vignerons de Branceilles restent très prudents. Le regard tourné à la fois vers le ciel et les thermomètres. Parce que si ce dernier monte trop, la nature risque de se réveiller. Et si elle se réveille trop tôt, elle pourrait devenir une véritable proie en cas de gel tardifs... La prescription culturelle vous prouvera que le rock n'est pas mort ! D'ailleurs, un groupe normando-loto-corrézien s'est vu attribuer une contre victoire de la musique par un webzine spécialisé. C'est le groupe City of Exiles à découvrir dans les 5 dernières minutes.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RCB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien, quart d'heure consacré cette semaine aux vignes et aux vignerons de la cave coopérative des Mille et Une Pierres à Brosseil. Parce que si ces dernières semaines, la météo a soufflé un vent de douceur sur le midi corrézien, la végétation commence à se réveiller, mais pas de quoi encore trop accélérer la floraison des vignes, de quoi rassurer un petit peu les vignerons. La prescription culturelle, vous la retrouverez dans les cinq dernières minutes de cet épisode, prescription consacrée à un groupe de rock, Normando Loto Corrézien, City of Exiles. Un groupe qui a été consacré par une contre-victoire de la musique. Et vous entendrez son importance pour le groupe, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Nous sommes donc à la cave de Brosseil et je suis avec Philippe Leïma. Bonjour Philippe. Bonjour. Vous êtes donc le président de cette cave coopérative de Brosseil. Le printemps a commencé, comment vivez-vous cette période ? Tout se met en place. La météo a été plutôt favorable cette année puisque la période de faux printemps qu'on avait l'habitude d'avoir depuis 3-4 ans a été un peu plus modérée puisque malgré les températures de 15-20 degrés qu'on avait au mois d'février, il y avait quand même des nuits très fraîches à moins 4-5 qui ont fait que la végétation s'est quand même bien ralentie, et comme on dit chez nous, elle s'est mise en dormance de manière normale. Donc on reprendrait a priori un cycle normal par rapport à ce qui était naturel. Maintenant, rien n'est gagné et on rentre là maintenant réellement dans le mois et demi le plus critique où en fonction du débourrement qu'il va y avoir, des températures excessives, etc., on puisse passer le cap au mieux de ce potentiel gel qui nous fait si mal depuis maintenant 7 ans. Le débourrement, c'est justement le moment où la vigne commence à éclore ? Oui, c'est le réveil physiologique de la plante, là où les bourgeons commencent à gonfler, puis à éclore, puis sortir les premières feuilles, etc. Donc voilà, c'est le stade le plus sensible de la vigne, là où le végétal est très très tendre et où si on a des gelées significatives, ça peut impacter la récolte à venir. D'où l'importance maintenant, en fait, de prendre énormément soin de ces vignes maintenant ? Oui, ça on l'a déjà anticipé depuis l'après-récolte où on a bien accompagné l'automne avec ce qu'on appelle la mise en réserve. C'est-à-dire qu'on sait qu'avant la mise en dormance de la vigne, comme elle n'a plus de raisin, son cycle physiologique fait qu'elle fait ses réserves agronomiques. C'est-à-dire qu'elle fixe l'azote dans le sol et puis c'est ça qui va permettre le redémarrage du printemps. Donc là, on accompagne la vigne avec, on lui donne à manger, on apporte de la fumure, on évite la concurrence avec l'herbe au maximum pour optimiser les chances de récolte optimum, aussi bien en qualité qu'en volume, si par chance on échappait au gel cette année. Concrètement, lui donner à manger, ça se fait comment ? C'est donner du fumier, c'est quoi ? Ça peut être de différentes solutions. Les deux essentiels que nous, on utilise, c'est effectivement le fumier qu'on peut apporter en fumure à l'automne après la récolte ou l'engrais qu'on peut apporter, par exemple, tout ce qui est équilibre azote, potasse, phosphore, qui sont les éléments nutritifs essentiels à la bonne croissance de la vigne. En clair, c'est préparer la vigne à démarrer dans les meilleures conditions et surtout à produire au maximum, au moins dans de bonnes conditions aussi, pour pouvoir constituer des stocks dès la prochaine récolte. Oui, c'est ça. C'est un peu comme nous les humains. C'est-à-dire que si on est en bonne santé physique, au niveau équilibre, on accepte mieux les agressions que peuvent être les virus, les maladies d'hiver, etc. Donc là, l'idée, c'est ça, c'est faire de la prévention pour que la vigne soit en meilleure santé possible et en meilleure capacité à supporter d'éventuels aléas. Concrètement, c'est une situation qui est tendue dans le sens où en fait c'est maintenant que tout se joue pour la saison quasiment ? Oui, on rentre vraiment dans le mois critique où ces fameuses gelées peuvent avoir un impact significatif. C'est d'ailleurs ce qui s'est vraiment produit en 2024, le gel du 28 avril, qui d'ailleurs est un gel qui historiquement est normal à ces périodes-là, mais il a de l'impact significatif parce que justement il y a ces faux printemps au mois de février qui font que la vigne est trop avancée. Donc là, par exemple, cette année, on va essayer un produit qui est du calcium, un peu comme le blanchiment des serres pour les maraîchers, où par l'application de ce produit, on va essayer de retarder de quelques jours le débourrement. Le débourrement, c'est la période où sortent les bourgeons et où la vigne est plus sensible. Et c'est vrai que ça se joue à quelques jours près. Donc tout ce qu'on peut mettre en place va être essayé pour mettre toutes les chances de notre côté. Ces techniques, vous les avez apprises comment ? C'est en discutant avec d'autres vignerons. Comment ça se passe tout ça ? Oui, au vu des différentes années qu'on vient de passer et des aléas qu'on a subis, on se pose vraiment des questions d'adaptation climatique. Et ça, ça fait partie des choses qui ont été testées ailleurs, qui a priori amènent des résultats. Donc il ne faut pas s'en priver et surtout il faut le tester grandeur nature pour voir si ça a un réel impact et puis pourquoi pas à l'avenir le généraliser. Vous testez directe grandeur nature, pas sur de petits espaces, entre guillemets ? Si, si. On fait vraiment ce qu'on appelle un essai agronomique. C'est-à-dire que, moi, par exemple, je vais le faire, si je prends une parcelle test, je vais faire 4 rangées avec le produit, à côté 4 rangées pas traitées, et ainsi de suite. Pour pouvoir comparer une modalité avec application et une modalité sans application pour voir quel est l'impact et le surveiller et le quantifier surtout. D'accord. Et donc, de fait, constituer des archives quelque part, pouvoir comparer d'une année à l'autre, etc. Oui, c'est ça. C'est tout le travail de ces groupes de techniques qu'on peut avoir par filière. Et nous, en vigne, c'est quelque chose qui est fait de manière très développée de plus en plus. Alors après, il y a les grandes recherches et les grands essais faits par les instituts, l'INRA, l'IFV, etc. Mais nous, sur nos fermes, on essaye aussi des petites choses suite à l'échange avec d'autres agriculteurs qui ont pu essayer ou remarquer des choses. Donc voilà, on essaye. Là justement, vous rentrez aussi du Salon de l'agriculture à Paris, un salon qui était exceptionnel, il y a eu plus de 600 000 visiteurs. Concrètement, comment vous ressortez de là ? Dans quel état d'esprit, j'ai envie de vous demander ? Nous, concernant la Foire de Bruyères, c'est vrai que ce salon a été, s'il fallait le confirmer, une grande réussite, dans le sens où on a eu beaucoup d'échanges, d'abord avec les consommateurs, pour expliquer notre métier, qui ont été, faire connaître les vins de la Corrèze et plus particulièrement le mille et une pierre. Mais aussi, c'est un temps où, sur dix jours, on est en relation quotidienne avec d'autres agriculteurs d'autres régions et c'est l'occasion d'échanger entre nous, justement, sur toutes ces techniques, sur toutes ces adaptations nécessaires à la pérennité de nos métiers. Et concrètement, vous en ressortez comment ? C'est-à-dire, je vais préciser ma question, mais vous avez eu d'autres échanges avec des vignerons qui sont aussi touchés par ces vagues de gel ? Oui, l'adaptation climatique, en fait, aujourd'hui, c'est un sujet national. Ce n'est pas spécifique à la Corrèze. Toutes les régions n'ont pas les mêmes problématiques. Certaines, c'est le gel, d'autres, c'est le mildiou, d'autres, c'est l'oïdium, d'autres, c'est la sécheresse. Mais globalement, la nécessité, c'est de faire preuve de beaucoup de résilience dans le métier, d'échanger entre nous pour essayer de s'adapter au mieux pour la pérennité de nos entreprises. Et les consommateurs, dans tout ça, ils seront inquiets de ne plus avoir de vin dans quelques années ? Quelles sont leurs questions ? Je crois que le consommateur, si on n'est pas à leur contact pour leur expliquer les choses, eux, ils ne voient pas trop la différence parce que de toute façon, on est quand même dans un marché mondialisé et l'accès aux choses, elle est quasi permanente sur tous les produits. Alors que ce soit des produits locaux ou des produits d'importation mondiale, le consommateur, lui, si on ne lui explique pas, il ne s'en rend pas compte puisqu'il a toujours accès à tout. Mais c'est vrai que ces moments d'échange font que les gens sont plus sensibles à ce qui se passe autour d'eux si on leur explique. Et du coup dans leur acte d'achat, ils peuvent peut-être plus privilégier quand ils connaissent un viticulteur ou un producteur local cet achat-là plutôt qu'un achat d'import qu'ils ne le connaissent pas. Et le fait de se retrouver dans cette plus grande ferme d'Europe pendant une dizaine de jours, vous n'êtes pas noyé dans tout ça ? Non, parce que la Corrèze est un territoire très dynamique avec notre marque Origine Corrèze. On est aujourd'hui un stand qui est reconnu et recherché par les consommateurs. C'est vrai qu'on y met un petit côté festif et bonne ambiance, mais au-delà de la fête et de l'image que ça peut véhiculer, il y a vraiment des échanges très profonds entre nous, producteurs, et les consommateurs parisiens, mais aussi nationaux, puisqu'on se rend compte que ce salon n'est pas que parisien, puisque tous les Français montent de toutes les régions de France faire le pèlerinage au salon tous les ans. Si vous aviez une image qui vous reste, qui vous a marqué de ce salon, quelle serait-elle ? L'image, encore une fois, c'est la résilience des producteurs face au monde dans lequel on vit, où malgré tout, on n'est pas une profession qui sait son abattre. Et on reste motivé, dynamique et à essayer de trouver des solutions pour s'en sortir et pour que demain encore, l'agriculture française et particulièrement locale puisse être pérennisée. On se retrouve dans un mois, Philippe Lemat. On verra à ce moment-là comment la nature s'est réellement réveillée. Oui, dans un mois, on y verra beaucoup plus clair. On verra si on est dans une phase très inquiet ou si on est plutôt optimiste et on peut préparer l'avenir avec sérénité. Merci beaucoup. Merci. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Une prescription que l'on consacre aujourd'hui au groupe Normando Loto Corrézien, City of Exiles. Et je suis avec Guillaume Lebouix, l'un des membres de ce groupe. Bonjour Guillaume Lebouix. Bonjour. Il y a un an et demi, City of Exiles sortait son dernier album, c'est Sleeper Hunter. Et cet album n'est pas passé inaperçu dans l'univers du rock français. Tout simplement parce que vous avez reçu une contre-victoire de la musique, contre-victoire décernée par le webzine Album Rock dans la catégorie Rock Indépendant. Très sincèrement, quand vous avez reçu la nouvelle, quelle a été votre réaction à vous et même la réaction du groupe ? À la fois surpris et amusé. Voilà, donc content, surpris en étant content, bien sûr, parce que d'avoir cette visibilité-là, c'est un peu rare, surtout quand on a un groupe comme City of Exiles, et surtout amusé par l'esprit de la chronique. Mais c'est quoi ? C'est parce que City of Exiles, vous le dites, c'est un petit groupe ? C'est surtout dans le sens où finalement, quand on fait un projet comme City of Exiles, même si on envoie des disques dans l'espoir qu'ils soient chroniqués, on n'a pas d'exigence particulière par rapport aux résultats ou aux retours, c'est qu'on fait la musique avant tout pour soi. Donc que cette musique soit reçue et chroniquée et qu'elle soit ainsi récompensée, ou en tout cas mise en avant, c'est toujours plaisant. Il ne faut pas se le cacher. D'autant plus que ce webzine Album Rock, vous ne le connaissiez pas énormément en plus ? Non, en fait, je suis, de temps en temps, je le lis. Et voilà, j'ai envoyé, comme pour d'autres, totalement au hasard, le disque, afin qu'il soit dans l'espoir qu'il soit chroniqué dans un premier temps. Alors, faire du rock en 2025, alors que la pop-musique est partout sur les ondes, que le rap défonce tout, lui aussi, sur les plateformes d'écoute, faire du rock, ça a encore du sens. Alors le rap mais on pourrait même dire musique urbaine au sens général faire du rock ça a toujours du sens dans la mesure où cette musique a encore une vitalité même si c'est devenu une musique de niche, une vitalité de par ses concerts on se déplace encore sur des concerts je pense notamment à une association comme Sommes Produc sur Pierre Higueux qui vraiment elle met en avant des concerts de rock il y a une audience certes plus grisonnante sans doute que pour la musique urbaine mais il y a quand même une audience et surtout il y a encore des choses à dire dans la musique quoi qu'il arrive il y a toujours des mélodies qui sont liées au rock parce que finalement les groupes ne sont le fruit que de ce qu'ils écoutent ce qu'ils souhaitent mettre en avant c'est un peu par défaut ce qui me concerne c'est que la musique que j'écoute vient non pas de là du blues mais en tout cas essentiellement des musiques des années 60 jusqu'à 80-90 et c'est essentiellement la musique rock c'est ce que j'écoute donc finalement je transpire ça dans ma musique. Avec donc Bob Dylan qui est une figure majeure chez vous ? Oui, oui, oui, Bob Dylan, il y a ce film Complètement No, qui a un succès fou, en tout cas, qui montre qu'il y a aussi une vitalité, finalement, au moins une curiosité. Là, on est à faire quand même une météorite, pour moi, c'est vraiment une... Oui, oui, oui, Bob Dylan, pour moi, c'est exceptionnel. À la fois, il reste intéressant, même aujourd'hui. Expliquez-moi pourquoi. Parce qu'il continue à faire à jouer son répertoire mais récent il refuse, il a toujours refusé d'être une compilation de lui-même sur scène et il continue à œuvrer, en tout cas à creuser son propre sillon mais avec des nouveautés, même au niveau de sa voix, au niveau de ses propositions artistiques, pour moi c'est vraiment un artiste majeur. Merci beaucoup Guillaume Leboui d'avoir passé ces cinq dernières minutes avec nous dans le Quart d'heure corrézien. Je rappelle le titre de votre dernier album, c'est Sleeper Hunter, album à retrouver sur les plateformes d'écoute, mais aussi en physique, vinyles et CD, notamment à Tulle, chez le disquaire The Rêve, sur la rive droite de la Corrèze. Et on vous retrouve bientôt en concert, c'est ça ? C'est ça, excellent disquaire The Rêve. Les prochains concerts seront début mai, on partagera l'affiche avec l'artiste Duke Garwood, un artiste anglo-saxon, en tout cas londonien, qui a notamment travaillé avec Mark Lanegan, un chanteur de Seattle qui est maintenant décédé, mais un excellent musicien. Voilà, un comparse de Kurt Cobain. Merci beaucoup, Guillaume. Merci. C'est la fin de ce 26e numéro de la saison 2 du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Je vous propose de vous retrouver la semaine prochaine pour un nouvel épisode. En attendant, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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