Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

18-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

10 mars 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
HORS SERIE : Cinq mois après sa fermeture, les ateliers de la manufacture d'accordéon Maugein à Tulle ont rouvert. Un moment très attendus par les clients, mais aussi par les salariés devenus entre temps, co-actionnaire de leur entreprise. Et même si l'accordéon n'a plus l'aura des années 30, ces salariés sont pleins d'espoirs tant la qualité de leur travail et leurs savoir-faire sont leur identité. La prescription culturelle vous invite au Carnaval. Pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit du carnaval de Chamboulive, ce sera le 15 mars prochain.
Lire la transcription

Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Un épisode hors série cette semaine parce qu'un petit événement à la fois industriel, culturel, artisanal et historique s'est produit en cette première semaine du mois de mars 2025. La manufacture d'accordéon Maugin a rouvert ses portes et vous entendrez que non seulement cette réouverture était attendue par les clients mais aussi que les salariés eux-mêmes ont envie de renouer avec leur savoir-faire. Et puis, à la fin de ce quart d'heure, vous retrouverez la prescription culturelle. Prescription qui vous invitera au carnaval de Chamboulivre, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Cela faisait cinq mois que les accordéons avaient cessé de sonner dans les ateliers maugins à Tulle. Mais depuis ce mardi 4 mars, ils sont de retour. Un moment qu'attendait de pied ferme Baptiste Auclair, accordéoniste creusois professionnel. Il y avait un petit souci, je voulais faire réparer le plus tôt possible pour éviter une casse du soufflet au niveau du carton. Dès que j'ai appris l'ouverture, j'ai sauté sur l'occasion, puisque ça faisait déjà quelques mois que Maugin était fermé. Parce que pour Baptiste Auclair, Maugin, c'est plus qu'une simple marque. Maugin, il y a un son, il y a un savoir-faire, que ce soit au niveau du bois, de la musique qu'on installe dedans, enfin tout est, voilà, c'est une histoire de passion. Passion qui, pour lui, qui n'a que 26 ans, n'est pourtant pas née hier. J'en ai une famille de 4 générations d'accordéonistes, mon grand-père avait un Maugin, j'ai eu la chance, on va dire, de démarrer vraiment dessus. Donc voilà, pour moi c'était vu, c'était un Maugin et je ne voulais rien d'autre. Des accordéons Maugin qui sont de nouveau choyés ici à Tulle grâce au long travail d'un ancien salarié de l'entreprise, Christophe Sirgue. C'est la fin du début, on arrive à une première étape, mais oui c'est 5 mois de travail non-stop pour entreprendre toutes les démarches administratives, financières, convaincre tous les partenaires qui nous ont suivis dans cette aventure. Voilà, donc c'est un travail de longue haleine. Parce que durant 5 mois, il a cherché et trouvé 11 nouveaux partenaires financiers qui aujourd'hui permettent donc à l'entreprise de revivre, même si désormais, l'équipe ne compte plus que 4 personnes. On va continuer à fabriquer les accordéons. On va en fabriquer un peu moins, ça c'est une certitude, on sera moins nombreux. Le crève-cœur, il a surtout été au niveau des salariés, parce qu'on ne peut pas oublier qu'il y a 6 personnes qui sont restées sur le bord de la route. Ça fait partie de la chose qui a été la plus compliquée à gérer émotionnellement, parce que c'est des gens avec qui je travaille depuis plus de pratiquement dix ans pour certains, avec qui je travaillais. On va proposer dans un second temps, après, un service de négoce, où on vendra des instruments déjà tout fait, mais on va continuer à fabriquer les instruments comme on les fabriquait avant. Cette nouvelle organisation reste difficile à vivre pour David Siegel, mécanicien de la manufacture. C'est une fierté, avec bien sûr une petite pensée pour des collègues qui n'ont pas pu faire partie de cette nouvelle aventure. C'est malheureusement le cas de beaucoup de ces situations quand il y a une reprise, mais malheureusement il n'y avait pas le choix. Pourtant, en rejoignant cette aventure, il devient aussi actionnaire de l'entreprise, un statut qui, il l'assure, ne va pas changer sa façon de travailler. Le fait d'être associé, moi ça ne me change rien franchement à la façon dont je travaillais avant et aujourd'hui. Bien sûr, il y a une implication qui va être légèrement différente, mais ma philosophie reste la même. Donc pour moi, il n'y a pas vraiment de changement. La première chose, c'est que quand on fait ce métier, c'est qu'il faut l'aimer. Ensuite, il faut progresser, bien sûr. Il faut avoir du savoir-faire, mais ça, ça vient avec le temps. Mais si on n'aime pas ce genre de métier, ça se ressent sur l'instrument. Et bon, après, ça crée des problèmes. Donc ce n'est pas possible de faire autrement. Ce savoir-faire, il l'a appris ici, chez Maugin. Et c'est ici aussi qu'il a parfait son expérience au quotidien. Moi je suis rentré comme mécanicien outilleur à la base, ça fait 35 ans, et progressivement, comme je m'intéressais aux tâches variées de l'entreprise, je suis passé de poste en poste, ce qui a permis d'avoir pour moi un intérêt, c'est de pouvoir progresser et savoir faire le maximum de choses, donc en fait je ne fais jamais la même chose. Quand je reste deux heures sur un poste, c'est le maximum, je passe à d'autres choses après. C'est varié, donc ça reste intéressant. D'autant plus varié que l'accordéon reste un instrument exceptionnel pour lui. Quand on ne le connaît pas, on ne peut pas s'imaginer. C'est un instrument qui est très complexe. Ce qui fait son intérêt à fabriquer, c'est que ça demande beaucoup de maîtrise, de savoir-faire. C'est ce qui m'intéresse le plus. Après, la deuxième chose, c'est la satisfaction du client. Donc ça, c'est quand même la principale chose. Mais après, l'accordéon en lui-même, c'est vrai que c'est un instrument qui est magnifique. Quand on l'écoute, il ne faut pas se contenter d'écouter, par exemple, que du musette, puisque l'accordéon est capable de faire autre chose, des accordéonistes. Donc c'est tellement varié, ça reste un instrument très intéressant pour moi. Et par sa complexité aussi, sa variété. Et puis bon, après la satisfaction de faire un produit entier, du dessin jusqu'à la sortie des chaînes, ça c'est quand même très rare de nos jours d'avoir une fabrique qui fait tout de A à Z, ça ne court pas les rues. Un amour de cet instrument que partage aussi Stéphane Gagnère, c'est lui qui accorde la musique des instruments. Alors retrouver son poste est un soulagement. Si le travail reste le même, il va falloir s'adapter à tous ces changements quand même. L'avenir nous permettra aussi d'avancer, puisque c'est quand même objectif. Mais franchement, oui, le fait de revenir, c'est une libération, quelque part. Puisque quand on a fait toutes ces années et qu'on se trouve un certain temps sans revenir, ça change un peu la vie quand même. Mais ce retour ne signifie pas pour autant une victoire pour l'accordeur qui reste conscient de l'état du marché de l'accordéon en 2025. C'est sûr que quand on revient comme ça à 4 personnes, c'est une autre entreprise, on va dire. Parce que moi, j'ai connu la période où on était une cinquantaine. Alors bien sûr, c'est une autre façon de faire. Je pense qu'il y aura quand même pas mal de SAV, principalement. Après le 9, de toute façon, on est capable de pouvoir continuer la production. Bien sûr qu'il sera moins important qu'auparavant, mais après on peut quand même allier les deux. D'autant plus qu'il en est certain, l'accordéon n'a encore pas dit son dernier mot. Il a déjà été diversifié dans pas mal de musique, parce que c'est vrai que le musette, c'est plus ce que ça a été. Il faut être honnête, mais après on peut faire plein de choses avec un accordéon, donc pourquoi pas. Et si toutes ces couleurs de musique existent chez Maugin, c'est aussi parce qu'une femme travaille ici, au fond de l'atelier. Cette femme, c'est Marie-Paul Battista. Je suis ébéniste, donc je fabrique les diatoniques et les chromatiques. Donc les caisses de A à Z, comme une voiture, c'est une carrosserie. Et après, on mettra dedans, à l'intérieur, le moteur qui permettra de jouer. Aujourd'hui, elle est passionnée par son travail, mais son arrivée chez Maugin s'est faite un peu par hasard. J'ai fait un remplacement en intérim et M. Lachaise, le patron d'avant, m'a proposé de rester. Et je suis restée, je vous dis, ça fait 30 ans que j'étais là. Qu'est-ce qui vous est passé par la tête de rester dans cette boutique ? Le plaisir du bois, le plaisir de la fabrication. Ce n'est pas un travail comme à l'usine. On ne fait jamais la même chose. C'est une fabrication quand même de A à Z, mais on fait du début jusqu'à la fin, ce qui permet de jamais faire la même chose. Reste que voilà, le nouveau gérant Christophe Sirgue est tout à fait conscient que la manufacture Maugin n'est pas totalement sortie d'affaires. Ça va forcément passer par une phase déjà d'observation. On va voir un petit peu comment se comportent les clients, comment se comporte le marché aussi. La situation économique en France, ça n'aide pas non plus. On est sur du loisir de luxe, donc la priorité dans le budget des Français aujourd'hui, ce n'est pas d'acheter un accordéon, donc il y a encore des clients fidèles. Il va falloir aussi penser à l'avenir puisqu'on est tous des jeunes d'une cinquantaine d'années. Donc il va falloir dans les années qui arrivent penser à la relève, à former des gens parce qu'on est sur des métiers très spécifiques. Donc il va falloir former des gens pour la suite. En attendant, c'est donc une nouvelle page de l'histoire de Maugin qui s'ouvre ce mois-ci. Une histoire industrielle et culturelle mais aussi et surtout humaine. De l'humain, on en retrouve aussi dans la prescription culturelle. Bonjour Aymeric Tudou. Bonjour Olivier. Vous venez de nous rejoindre parce que cette semaine, vous souhaitez nous faire découvrir un carnaval peu commun en Corrèze. Exactement, on file tout de suite à Chamboulivre. C'est un projet qui est en cours depuis un an et demi et qui va prendre forme le 15 mars prochain au bourg du village. Il s'agit tout simplement du carnaval de Chamboulivre. Un projet qui a mobilisé beaucoup d'associations du territoire, les élèves de l'école primaire de Chamboulivre et qui fait la part belle à plusieurs corroies artistiques comme nous l'explique Élodie Chamoré de la compagnie de théâtre Les Funambules, basée à Uzerche. Du théâtre, de la musique, des arts plastiques et également de la lutherie. Nous avons également, avec les enfants, construit des instruments de musique qui vont être présents dans la parade et des instruments qui vont jouer. Et dans la toute première étape du travail, on a également travaillé avec un vidéaste, Fred Vitadier, qui, avec les enfants du village, ont, sur la première année, collecté des paroles d'habitants et d'habitantes de Chamboulivre qui ont raconté comment se passaient les fêtes autrefois. Et on s'est rendu compte que ce n'était pas du tout le carnaval qui était un événement notoire à Chamboulivre, mais que c'était deux autres fêtes liées aux saisons paysannes. Il s'agissait des fêtes votives de l'été et puis à l'automne, la fête à la citrouille, qui était très très connue, qui faisait venir des gens de très très loin en Corrèze. Et donc pour participer à ce projet de carnaval, les élèves de l'école primaire de Chamboulivre ont été mobilisés pour créer leur propre imaginaire avec des thèmes très précis, comme nous l'explique Martina Racanelli de la compagnie Les Funambules. Du coup, on leur a demandé de venir inventer des pouvoirs, des talents, grosso modo des tribus, des tribus autour desquelles ils ont inventé des mondes, des esthétiques, des costumes et aussi des histoires. Et ces tribus qui sont inspirées des quatre éléments, la terre, de l'eau, du feu et de l'air, ont été le socle de toutes leurs recherches, leurs écritures, leurs improvisations et leurs costumes aussi. Ça sera une déambulation qu'on voudrait autogérer par les enfants qui vont conduire plutôt les adultes. Et ça sera une déambulation dans laquelle il y aura des chants, mais aussi des stations théâtrales dans lesquels les enfants s'adresseront aux adultes. C'est eux les chefs, en fait. C'est eux les chefs, le monde est inversé. Ce jour-là, au moins, on peut. Il y a des consignes à respecter, et c'est les enfants qui les donneront. Les enfants ont inventé un rituel final, qui est ce grand feu dans lequel on invitera toute la population à jeter ce qu'on veut brûler de l'année passée, sous forme de papier sur lequel on écrivra tout ce qu'on a envie d'oublier, de jeter, dont on a envie de se débarrasser. Il y a aussi toute cette partie musique, textes en occitan, puisqu'ils vont chanter, il y aura des chants, évidemment. Comment vous avez travaillé ça ? Vous avez utilisé des textes anciens, vous les avez retravaillés pour en faire vos propres textes ? Et du coup, Marion Lherbeille, qui a un peu dirigé le chantier, qui fait partie du collectif Lost, qui a dirigé le chantier musique, elle s'est inspirée quand même de l'ère traditionnelle, mais aussi avec un soutien d'un prof d'occitan, un prof qui enseigne à Seillac, qui est venu faire des immersions avec les enfants pour translater en occitan leurs propositions et les propositions textuelles de Marion. Un projet qui va prendre forme le 15 mars prochain à Chamboulivre. Rendez-vous donc à la mairie de Chamboulivre le samedi 15 mars à partir de 13h30 pour le départ de la déambulation. Dernière petite chose Olivier, il y a une cagnotte pour participer au financement de ce beau projet qui est le carnaval de Chamboulivre. Il suffit de taper sur le moteur de recherche que vous connaissez bien, carnaval, école primaire de Chamboulivre, tirée, trousse à projet. Vous verrez le lien pour participer et aider financièrement toutes celles et ceux qui ont pu rendre cet événement possible. Eh bien, merci beaucoup, Aymeric Tudou de Bréniges FM. C'est la fin de ce numéro du Quart d'Heure Corrézien, numéro que je souhaite dédier à Pierre Carbonnier, un amoureux des belles lettres, de bon vin, mais aussi et surtout de la Corrèze et de ses savoir-faire. Merci de m'avoir permis d'en découvrir certains et j'espère bien vous en faire découvrir à vous aussi, chers auditeurs, dans les prochains numéros de ce Quart d'Heure Corrézien. Mais en attendant, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Sous-titrage STé 501 Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
La Corrèze dans vos oreilles