Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

19-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 13/02/2026

13 février 2026 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Quart d'heure corrézien : 3ème volet du portrait de Georgette Elle était seule. Seule à la maison avec 3 enfants à éduquer. Alors elle a relever les manches et enfiler le costume de papa et de maman. Et une fois ses garçons libres de voler de leurs ailes, elle s'est engagé pour sa commune. Elle en a été la maire durant 18 ans. Mais ne fera pas de quatrième mandat. Tout simplement parce qu'elle s'est engagée pour une autre cause : l'association SOS Violences Conjugales. Retrouvez le troisième volet du portrait de Georgette Chastanet, une corrézienne de combats.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien, quart d'heure au cours duquel je vous propose de retrouver Georgette, cette Corrézienne de combat au pluriel. Victime de violences conjugales, elle nous a raconté dans le précédent numéro combien sa vie professionnelle, son travail donc, lui avait permis de sortir la tête de l'eau. Dans ce numéro, vous allez comprendre comment elle a éduqué seule ses enfants, puis comment et pourquoi elle s'est mise au service de sa commune, Saint-Julien-Moban. Le quart d'heure corrézien avec Georgette, troisième volet, c'est parti. ... Mine de rien, ce sont des gamins qui sont en train de grandir. Leur père n'est plus là. C'est toi qui, de fait, deviens la chef de famille, mais tu l'étais déjà quelque part. Il faut les tenir quand même, ces garçons qui deviennent des êtres. Alors, là, ça n'a pas été simple. D'abord, il faut que je revienne un petit peu en arrière. Vincent avait 10 ans à l'époque, et un jour, j'étais vraiment pas bien, quoi. Je craquais. Vincent était assis sur la dernière marche, là, tu vois, il y en a 14, là, pour monter. Et puis, il me dit, maman, pourquoi tu pleures ? J'ai dit, je suis marre de cette vie, il faut qu'on parte, il faut qu'on parte. Et puis, j'explique. J'ai dit, voilà, si on part, il faut que vous sachiez que vous êtes, pour les vacances scolaires, moitié avec votre père, moitié avec moi. Et là, il m'a dit, maman, tu ne pars pas, on est trop petits. Et là, tu ravales tout, là, tu oublies tout, là, tu oublies tout. Tu te dis, il faut que je tienne encore un peu. J'ai tenu encore trois ans, quoi. Et là, après, quand on a été tout seul, effectivement, Vincent, qui avait 12 ans, il se sentait pousser des ailes. Il se disait, moi, je vais être le patron ici. Ah ! On se met autour d'une table. Et là, la colère m'a attrapé un soir. Ils se moquaient de moi. Tous les trois, là, ils se parlaient tout doucement entre eux. Tous les trois. Je monte sur une chaise. Là, dans la cuisine, là où on est tous les deux. Et je leur ai dit, je vais vous dire une chose. Je ne supporterai pas un dix-millième de ce que votre père a fait. Vous avez intérêt à faire attention à ce que vous allez faire. J'ai dit, parce que d'abord, qui c'est qui met à manger dans le frigidaire ? C'est moi. Qui c'est qui s'occupe de vous ? C'est moi. Qui c'est qui vous met à l'école ? C'est moi. Qui c'est qui fait les parents-profs ? C'est moi. Et j'ai dit, ici, c'est moi qui commande. Il faut que vous l'entendiez vraiment. C'est terminé, vos bavardages, là, je ne vais pas en entendre parler. Vos bavardages, là. Ils ont mangé, ils sont allés au lit, ça a été fini. Il fallait mettre les choses au point dès le départ. Mais ça n'a pas été simple non plus, parce qu'après, ils ont eu leur vie de jeune homme et tout ça. Par contre, j'exigeais qu'ils me disent s'ils rentraient dormir, j'exigeais qu'ils me disent où ils étaient, et j'exigeais de leur dire, si vous avez bu, vous prenez une couverture, vous restez dans votre voiture. Je ne veux pas venir vous chercher dans un accident où je serais obligé de vous pousser sur un fauteuil roulant, je vous ai levé jusqu'à maintenant toute seule, et je ne veux pas subir ce genre de choses. Donc, au moins, pensez à ça. Eh bien, ça ne s'est pas toujours très bien passé, surtout avec l'aîné, parce qu'il s'imaginait. J'ai dit, non, Vincent, ça ne va pas le faire. Ça ne va pas le faire et ça ne le fera pas. Eh bien, maintenant, moi, j'ai des enfants qui sont adorables. Donc, ça, c'est de l'éducation, quelque part. Oui, oui. Mais c'était très difficile de faire maman et papa en même temps. C'est ce que j'allais te demander. Ah oui, c'est difficile de faire papa et maman. C'est difficile. Ils étaient jeunes, mais bon, moi, je ne voulais pas... Franchement, non, je ne voulais plus me laisser reprendre. Ce n'était plus possible pour moi. Tu as été aidé justement par des amis, par des voisins, par conseillers ou pas ? Non, non. Donc c'est seul que tu as réussi ? C'est seul, c'est seul. Puis moi, avec l'éducation que j'avais reçue, j'ai appliqué celle que j'avais reçue. C'est-à-dire respecter mes parents un minima. C'était ça, quand même. Donc petit à petit, tu réussis à les faire grandir tous les trois. 89, donc, tu décides où on te pose. Ça, ton grand-père, il m'en a assez fait, là. Bon Dieu, en 89, je n'ai pas voulu me présenter parce que les enfants étaient trop jeunes, quoi. Ils étaient en pleine adolescence. Donc, je lui ai dit, non, monsieur, moi, je ne peux pas. Je ne peux pas faire ça, ce n'est pas possible. Il restait trois mois sans me parler. Mais il n'était qu'un beau caractère, quand même. Mais bon, c'était quelqu'un que j'avais bien, il faut dire. Et après, quand est arrivé 95, il m'a dit, mais là, tu ne peux pas me dire que tes enfants sont petits. Il faut peut-être bien que tu y ailles, là, cette fois-ci. Alors je lui ai dit, j'ai dit, ben ouais, je vais y aller. Et oui, je me suis organisé pour y aller. J'ai monté ma liste. Dans ma liste, j'étais arrivé à monter une femme en 1995. J'ai fait une campagne électorale. Alors inutile de te dire, Olivier, qu'une campagne électorale par une femme veuve seule, mais là, je peux te dire que j'ai pris quelque chose. Ah, c'était terrible. Les paroles de ces gens de la terre, que je sortais de je ne sais où, que je menais une vie dissolue, évidemment, j'étais toute seule, je devais mener une vie dissolue, comme si je n'avais pas assez de boulot chez moi, ça serait encore à chercher des gens ailleurs. Que j'étais secrétaire de mairie à Colange, je ne pouvais pas me présenter. Il a fallu que, quand j'ai fait ma campagne électorale, j'avais 80 foyers à visiter. Je me suis dit, je vais faire les 80 foyers qui votent pour moi ou qui ne votent pas pour moi. Peu importe, je suis rentré dans les 80 foyers avec, justement, le décret qui disait qu'une secrétaire de mairie pouvait se présenter à condition qu'elle ne soit pas secrétaire de mairie dans sa commune. Sinon, il fallait qu'elle donne sa démission, ce qui était normal. Et je suis partie avec quelque chose de fort, parce que j'avais quand même demandé à l'ancienne maire, le budget était déjà voté, j'ai dit, écoutez, moi j'aimerais bien voir ce qu'il y a dans ce budget pour pouvoir faire des propositions aux gens que je vais rencontrer. Et là, il n'a pas voulu montrer le budget. Donc, déjà, j'avais un argument. Quand j'ai rentré chez les gens qui me demandaient, mais qu'est-ce que vous allez nous proposer ? Je dis, mais je ne peux rien vous proposer parce que déjà, le budget, il est voté. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans. Donc, moi, je ne peux rien vous proposer. Je ne peux rien vous proposer. Ah bon ? Mais il n'a pas le droit. J'ai dit, le maire m'a refusé de montrer le budget. Ah, mais il n'a pas le droit. Je dis, ah bon, vous le savez ? C'est très bien. Faites-en usage, j'ai dit, parce que moi, je vais le dire aussi. Ne vous inquiétez pas. D'autre part, je suis secrétaire de mairie à Colonge-la-Rouge. Mais je ne suis pas secrétaire de mairie à Saint-Juil-Mauvent. J'ai parfaitement le droit de présenter à l'endroit où j'habite. Il n'y a aucun problème de ce côté-là. Ah bon ? Tu en es sûre ? Il y en a qui me disaient. J'ai dit, ben voilà le décret, tenez, lisez-le. Oh non, non, non, je n'ai pas le droit. Et là, tu sais ce que c'est une campagne électorale, là ? Donc toutes les maisons, 80 maisons. Je partais après 17h30 le soir faire ma campagne électorale. Quand j'étais toute seule, j'étais reçue comme une femme. C'est-à-dire que j'avais droit au café, aux infusions. Mais quand je suis sortie avec un de mes colistiers, un mètre quatre-vingt-dix, cent kilos, et moi, un mètre soixante-quatorze, soixante kilos, j'étais pas traité pareil. Donc, on commence avec du ratafia fait maison, sur une table, où quand on met les coudes sur la table, on enlève la toile cirée. Des verres retournés au bout de la table. Putain, pas très nickel, mais bon, faut faire. Je dis, après tout, ça, c'est pas grave. Il y a de la niol dedans, de toute façon, ça va être désinfecté. Non, il n'y a pas de problème. On voit ça. Mais tu ne vas pas partir avec un verre, parce que tu as deux jambes. Allez, un deuxième. Il n'y a pas de gâteau, il n'y avait rien pour passer le truc. Bon, vous voyez, deuxième maison là-haut. J'arrive toujours là, c'était chez un vieux gars. C'était Jean-Marc que j'avais avec moi. Il m'a dit « Ouais, ouais, non, non, mais tu ne vas pas y aller toute seule, là, parce que c'est célibataire, il est un peu tordu, je te laisse pas y aller toute seule. » Donc, il m'accompagne. Il y a six chiens qui sortent de la maison quand j'arrive dans ce truc. Oh, mon Dieu, mon Dieu, je me suis dit. Et là, c'était plus du ratafia, là. C'était du Pernod, là. Je déteste ça. Je me suis dit « Allez, il faut le boire. » Il n'y a pas à tortiller. Bon, c'est pareil. Les verres, pas très nickel. J'ai dit, ça fait rien, il y a de l'alcool dedans, ça nettoie tout. J'avais le premier verre. Et puis le deuxième verre, ah non, mais tu ne vas pas partir sur une jambe. Mais ce qu'il ne faut pas faire pour récolter des votes, c'était terrible. Puis le deuxième, c'était super dur le deuxième. Le deuxième, je m'étais reculé un peu de la table. J'avais vu qu'il y avait un trou dans le plancher. Donc j'attrapais mon verre, j'ai inversé un peu, ça descendait à la cave. Le deuxième verre, je l'ai moins brûlé. Et la terminaison, ça a été l'horreur, là je pense que ça a été le coup de barre, c'était des gens qui venaient du nord, une pinte de bière brune, et là je me suis dit, franchement là je vais être achevé, terminé, achevé, il fallait boire ce machin-là, c'était terrible, je l'ai bu, je suis remonté dans ma petite 106 rouge, je sais pas comment je suis arrivé chez moi, j'ai posé mes chaussures au fond des escaliers, je me suis couché tout habillé ce soir-là. Heureusement que j'étais toute seule. Je me suis dit, mon Dieu, mais ce n'est pas possible. Le matin, quand je me suis levé, évidemment, le piver dans la tête, parce que tout ce mélange, c'était horrible, horrible, horrible. Je me suis dit, mais dis donc, tu n'étais pas déshabillé, ça allait mal quand même. Voilà la campagne, première campagne avec l'oral, comment ça marchait. Finalement, ça marche. Ah oui, ça marchait. Ça avait marché. Mais j'avais payé de ma personne, je peux te dire. Ça a marché, ça a marché trois mandats aussi. Oui, parce que ton grand-père m'avait dit, le premier mandat, on fait les projets, le deuxième, on les réalise et le troisième, on les inaugure. Et c'est ce qui s'est passé. Je prends l'exemple de la mairie, le premier mandat avec mon premier adjoint. On commençait à parler de faire une mairie dans le bourg, parce qu'on avait la mairie là-bas sur le bord de la départementale 38. Et la route Colonge-Beaulieu, il y avait un peu de circulation, mais beaucoup plus maintenant. Et quand on faisait les mariages, moi j'avais peur qu'une voiture rentre dans le cortège pour venir à l'église ici. Et moi je disais, il ne faut pas laisser la mairie là-bas, ce n'est pas bon du tout, on va avoir un problème un jour. Et on est arrivé, mais il a fallu six ans pour qu'on puisse, avec mes adjoints successifs, pour leur faire comprendre qu'il fallait faire une mairie dans le bourg. C'est un engagement en fait, comment dire, qui est très particulier parce que tu t'es mis au service de tes enfants, ils ont grandi, ils ont fait leurs études, etc. Ils sont libres, eux aussi. Maintenant, tu t'engages pour ta commune. Ma question derrière, c'est pourquoi tu fais tout ça, en fait ? Il n'y a pas que grand-père qui te dit « vas-y ». Non, je pense que je suis tourné vers les autres, en fait, finalement. Moi, personnellement, je ne peux pas dire que je suis inexistante, parce que maintenant que je me retourne, je me dis « en fait, si tu fais un CV, tu te rends compte que tu as fait des choses. » Et tu te dis, l'Association des plus beaux villages de France, elle est née avec Charles Serra, qui en était président fondateur, et puis toi, secrétaire fondatrice, c'est clair. J'en suis convaincue de ça. S'engager pour les autres, ça veut dire quoi ? C'est rendre service. Moi, j'ai quelqu'un qui est dans la peine. J'essaye de ne pas trop y aller en profondeur, parce que je suis une éponge, en fait. Il faut que je fasse attention à ça. Il faut que je me protège de ça, en fait, finalement. Mine de rien, tu n'as pas fait de quatrième mandat. Non, c'était une volonté, ça. Mais si tu ne t'engages pas pour ta commune, en fait, tu t'engages pour une association. Je me suis engagé pour l'association SOS Violence Conjugale. Et je suis sûr que si je n'avais pas vécu ça, je pense que je n'y serais pas allé parce que je n'aurais pas compris comment ça fonctionnait. C'est une amie qui est venue me voir. Elle était dans le conseil d'administration de cette association. Elle me dit, Georgette, on cherche une présidente. Il faudrait que tu prennes ça, toi. Pourquoi ? Elle savait, elle savait que j'avais été victime. Pour moi, je me disais, il faut que je comprenne d'abord ce qui m'est arrivé. Ça m'a aidé à me comprendre ce qui m'est arrivé. Ça m'a aidé à me dire, ça c'est de la violence, attention, c'est toi. Ne serait-ce que le premier repas qui n'a pas été pris en famille. J'en ai parlé à une dame et je lui ai dit, vous savez, le premier repas que la personne qui vit avec vous refuse de prendre avec votre famille, il faut considérer qu'elle ne vous aime pas cette personne-là. J'ai dit, parce que moi, jusque-là, je l'avais pris à la légère. Et après, je me suis rendu compte que, ben, pourquoi ? Ma famille, elle valait autant que la sienne. Moi, j'assistais au repas de sa famille. Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas assister à un repas, quoi. Je ne trouvais pas d'explication pour ça. Elle m'a dit, ah bon, vous prenez ça pour de la violence, madame ? C'est la première violence, c'est comme la gifle. Et ça, ça t'a permis, de fait, en rentrant dans cette association, de mieux te connaître, de mieux comprendre ton histoire ? De mieux comprendre, me connaître, je pense que je ne me connaissais pas du tout ici, donc ça m'a appris à me connaître aussi. Mais de mieux comprendre que les petits trucs, les petites choses, on ne doit pas les accepter. Ou alors on dit, écoute, ou il faut changer, parce que ça c'est inadmissible, mais non, on ne doit pas accepter. On ne doit pas dire, c'est normal, non, non, ce n'est pas normal. Ce milieu associatif, mine de rien, tu le connaissais par les plus beaux villages, etc., quand tu sais comment ça fonctionne. Oui, vous savez comment ça fonctionnait, ça. Ce n'est pas à nous, Dormine, de s'engager dans une association. Ça aurait pu être une structure privée qui... Oui, non, non, non. Associatif, ça veut dire pour toi, quelque part. Associatif, c'est un groupe de personnes. On travaille pour le bien commun. Moi, c'est ça. Être maire, c'est de travailler pour le bien commun. Moi, mes affaires personnelles ne rentraient pas dans la commune. C'est 16 années, c'est ça, d'engagement pour SOS ? 16 ans, oui. 1er avril. Qu'est-ce que tu en retiens ? — J'ai été un peu apaisé, en fait, sur la violence. Ça, ça m'a apporté des choses, oui. Et puis il y avait des choses que je connaissais pas. Bon, juridique, non, parce que c'est pas mon métier. Social, non plus, parce que c'est pas mon métier. J'ai rencontré des personnes, pas toujours des personnes qui comprennent, mais je pense qu'à force de parler avec eux, ils comprennent peut-être mieux quand quelqu'un l'a vécu et explique leur ressenti. Et ce ressenti-là, ce n'est pas tout le monde qui peut en parler en fait. Celui qui n'a pas vécu ça ne comprend pas du premier coup. Sauf qu'après 16 années d'engagement au sein de cette association, Georgette s'essouffle et vous comprendrez aussi pourquoi dès la semaine prochaine dans le quatrième et dernier volet consacré à cette Corrézienne de combat. En attendant de vous retrouver la semaine prochaine, je vous souhaite d'excellentes journées en Corrèze ou ailleurs. 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Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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