Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

17-LE QUART D'HEURE CORREZIEN Week-End du 20/01/2026

30 janvier 2026 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Pour le quart d'heure corrézien, j'innove un peu. J'en avais un peu (beaucoup) marre de courir après l'actualité, et surtout de ne pas avoir l'impression d'offrir à nos auditeurs un contenu différent de ce que l'on peut lire dans les journaux locaux, entendre sur les autres radios locales ou encore voir chez nos collègues de la télévision. J'ai donc fait le choix de modifier un peu les choses et surtout de prendre un pas de côté face à l'actu mais de la traiter sur le temps long. Et pour y parvenir, je souhaite faire des portraits de corréziens et corréziennes engagées pour défendre une cause, mais aussi présenter des métiers improbables ou étonnants bref, aller chercher des inconnus et sinon les mettre en lumière au moins leur tendre le micro. Chaque portrait se dévoilera en plusieurs volets. Histoire de faire monter une certaine attente chez nos auditeurs et de leur donner rendez vous toujours la semaine prochaine. Et cette semaine, je commence avec une dame que vous connaissez toutes et tous, c'est Georgette Chastanet ! Elle s'appelle Georgette. Elle a 76 ans aujourd'hui. Originaire du nord du Lot, elle a grandit dans une famille aimante et unie. Adulte, elle aime courir les bals des villages, faire la fête. C'est d'ailleurs au cours d'une de ces fêtes qu'elle va rencontrer un homme qui deviendra son mari. Elle a 20 ans alors, on est en 1970. Elle est insouciante. Mais très vite, une spirale insidieuse s'installe. Derrière les rideaux feutrés de leur maison, son mari n'est pas l'homme charmant qui a su lui plaire. Les coups pleuvent. Georgette est victime de violences conjugales. Je vous en souhaite bonne écoute, et comme d'habitude, si vous avez des retours à me faire (surtout des bons, voire des encouragements) n'hésitez pas à m'écrire. Au pire, vous risqueriez de me faire plaisir !
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien, un quart d'heure qui évolue encore une fois, évolution que j'ai jugée nécessaire parce que je n'aime pas mal faire mon travail, c'est-à-dire ne pas prendre le temps de traiter un sujet. Aussi, dans cette nouvelle version, je ne vais pas traiter l'actualité chaque semaine, sujet après sujet, tout simplement parce que tous les jours, un événement chasse un sujet de l'actualité et que je suis seul, seul à sillonner. Le département est très souvent amer de ne pas pouvoir prendre le temps, justement, de creuser humainement ces sujets d'actualité. Alors, dans cette évolution du quart d'heure corrézien, j'ai souhaité encore plus prendre le temps de découvrir et de vous faire découvrir des Corréziens et des Corréziennes qui travaillent, qui alertent, qui s'engagent dans notre département tous les jours. Ces portraits, je les dessine donc sur le temps long, en plusieurs volets, que vous retrouverez chaque semaine. Cette idée, je l'ai eue tout simplement en écoutant le travail de Julien Cernobori. C'est un ancien de Radio France et qui, dans un format très particulier, disponible sur les plateformes d'écoute, a créé Superhéros. Ce sont des rencontres avec des hommes et des femmes inconnus et qui racontent leur vie, leur travail, leurs espoirs, leurs échecs. Mais surtout, ce sont des portraits profondément humains et attachants. Et c'est donc en écoutant cette galerie de portraits que je me suis dit que chez nous aussi, en Corrèze, on peut mettre en avant des acteurs parfois inconnus de notre territoire. Et si j'ai la chance de les rencontrer, je voulais absolument vous donner la chance de pouvoir les entendre. Alors pour cette première série, je suis allé à la rencontre de Georgette Chastanet, présidente de SOS Violence Conjugale depuis 16 ans en Corrèze. Ce n'est pas anodin si elle a rejoint et si elle milite dans cette association. Et pour mieux la comprendre, je vous propose d'aller à sa rencontre chez elle, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Voilà, j'arrive à Saint-Julien-Maubon. Il fait gris aujourd'hui, c'est un temps très couvert. Très sincèrement. Et je vais rencontrer cette dame, Georgette, que je connais depuis assez longtemps, mine de rien, puisque j'ai 39 ans, qu'elle me connaît depuis la naissance, en gros. C'est une dame qui m'est chère pour de nombreuses raisons, notamment pour son combat contre les violences conjugales. Et c'est un petit peu ça que je voudrais et vous montrer, essayer de décrypter, de comprendre en tout cas pourquoi cette dame agit ainsi. Saint-Julien-Maubon, c'est au sud de la Corrèze. Un tout petit village, mais qui est tout à fait mignon. Il y a une belle église, évidemment, dans le centre du village. Des gens qui sont en train de réparer une croix ici. On va passer là devant la mairie, qui a occupé un grand nombre d'années à Georgette Chastanet. Je me rends chez elle, tout simplement. Me voilà arrivée maintenant chez Georgette. Je me gare juste devant chez elle. Bonjour Georgette. Ça va bien, et toi ? C'est pour ça que des fois je dis à mes amis, vous n'avez pas froid, mais je ne le demanderai pas. Alors je dis, si vous avez froid, vous le dites. Et nous sommes donc chez elle, dans sa maison. Elle me reçoit dans sa cuisine au premier étage avec un café bien chauffé à la cafetière italienne. Georgette, tu as 76 ans, trois enfants, une petite-fille qui a 15 ans, toi tu es née à Saint-Michel-de-Bagnères. Je suis née à Saint-Michel-de-Bagnères le 22 janvier 1950. Plus exactement, je suis née à la Broqueterie-Petit-Ameau de trois maisons. Papa était agriculteur, maman était mère de famille, elle aidait à la propriété. Propriété, on avait 15 bêtes, donc disons à ce moment-là, en 1950, c'était une propriété moyenne, on va dire, en fait, finalement. Ce n'était pas une grosse propriété. Mais nous vivions avec beaucoup de bonheur. Raconte-moi, ta famille, c'était quoi ? Alors, j'ai une sœur aînée, Yolande, qui s'est mariée avec le frère de mon mari, d'ailleurs. On s'est mariés le même jour et qui a eu deux garçons. Ensuite, j'ai mon frère, Serge, qui est resté sur la propriété, donc qui est marié, qui a deux enfants aussi. Puis j'ai ma sœur la plus jeune, Josiane, qui habite au Condas. Elle a deux enfants. On n'était pas riches, mais bon, l'argent, ça ne fait pas tout. Mais à la maison, je n'ai jamais entendu papa crier sur maman. La plus sévère, c'était maman. Papa, lui, c'était autre chose. Il travaillait dans les champs et c'était plutôt maman qui était sévère, en fait. Mais bon, il faut bien qu'il y en ait un des deux, autrement ça ne marche pas. Quatre enfants à table, il fallait bien que ça se taise à un moment donné, mais quand papa parlait c'était terminé, il avait dit sa parole et c'était fini, ça rentrait dans le rang. Moi je m'entendais beaucoup plus avec mon père parce que papa il fallait aider à rentrer le foin et j'y étais, il fallait remuer des bottes de paille, je m'en fous, j'y étais, il fallait aller à la grange, j'y étais, moi j'étais sous-fourni avec mon père et c'était lui qui m'amenait, d'ailleurs, faire les entraînements d'athlétisme. Quand j'étais athlétisme, j'ai fait de l'athlétisme de 14 ans jusqu'à 20 ans, voilà. J'ai fait mon école primaire à la Chapelle-aux-Saints, j'ai fait le collège de Vérac, je suis parti au lycée à Souillac dans le Lot et à partir de là, j'ai interrompu mes études parce que la propriété étant ce qu'elle est, j'avais une sœur plus jeune, j'ai laissé la place à ma sœur plus jeune et c'est là que je souhaitais devenir prof de sport, étant donné que je faisais la compétition déjà, et puis que je me retrouvais dans ça en fait, finalement. Enfin, c'est peut-être ça qui m'a tenu pour faire ce que j'ai fait, là, en fait, finalement. Ce sport, ça représente quoi, en fait, pour toi, ça veut dire quoi ? La liberté. Ah oui, cette liberté, mon Dieu, ça, c'était dehors, quand il fait beau, même qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, c'est pas grave, dehors, dehors, respirer dehors, dehors. Et c'était quoi ? C'est l'athlétisme ? C'est quoi ? C'est du 100 mètres ? Alors, je faisais le 100 mètres, je faisais la hauteur et je faisais le relais 4x100, où j'étais capitaine, d'ailleurs. Et puis j'étais tout à fait en dernier, en fait, parce que j'étais la personne la plus réactive, en fait, finalement, et la plus véloce, en fait, finalement, à ce moment-là. Donc, ben, après, j'ai cherché du travail. En rentrant au mois de septembre 68, j'ai cherché du travail. J'ai trouvé du travail à la maison de retraite à Vérac. Mais je connaissais déjà mon futur mari, puisque c'était mon frère qui me l'avait fait connaître, en fait, parce qu'il était à l'Étincelle bransseillaise. Mon frère y était et mon mari y était aussi. Donc la relation s'est faite comme ça. Et ma sœur est née aussi avec son frère, pareil. Cet homme, on peut donner son prénom ? Oui, Pierre. C'est un type du midi corrézien ? Oui, c'était quelqu'un de charmant. Sorti de la maison, c'était quelqu'un de charmant. C'était quelqu'un qui conseillait, on l'écoutait. C'était un charmeur, c'était ça. Charmant, qui va à l'église ? Ah oui ! Je reconnais que ça m'a éloigné un peu de tout ça. Je crois en quelque chose, je ne suis pas... Oui, il va à l'église. On est en fait dans ce midi corrézien dans le sens où tous les dimanches, on va à l'église. C'est un marqueur social quelque part. Oui, tout à fait. Il va à l'église tous les dimanches. Pourquoi il faut-il y aller ? Je ne sais pas. Tu y allais aussi ? Non, je finissais que je n'y allais plus. Non, je n'étais pas d'accord avec ça. Je me suis dit, mais attends, tu ne peux pas aller à la messe tous les dimanches et puis taper sur son épouse. Ce n'est pas possible. Pour moi, ce n'était pas compatible, ça. Donc, je fais que je restais chez moi. Et clairement, tu tombes amoureuse de ce bonhomme ? Non, je n'ai jamais été amoureuse de lui. Jamais. Alors, c'est quoi ? Qu'est-ce qui fait que... C'est parce que ma sœur se mariait avec son frère que je me suis dit, allons-y. Peut-être qu'il se passera des choses bien après. Je ne pensais pas. Je n'ai jamais cru au coup de foudre. Je n'ai jamais cru. Mais je me suis rendu compte au long de ma vie que si ça ne matche pas au premier coup, ça ne marche pas après. Ce n'est pas possible. Là, tu as 20 ans. J'ai 20 ans, oui. Je me suis marié au mois de mars. On a 20 ans. Et puis après, les choses ont commencé à se crisper un peu. Parce qu'il ne voulait pas que je fasse le sport. À un moment donné, il m'a dit, tu poses tes baskets parce que tu m'appartiens. Terminé. Là, j'ai compris qu'il y avait quelque chose qui se passait. Mais encore, je ne m'imaginais pas que c'était de la violence, en fait, ça. Je me disais, bon, pourquoi il dit ça, en fait, finalement ? Puis, je n'avais pas beaucoup d'ambition pour moi, en fait, finalement. C'était ça. J'ai toujours pensé aux autres et puis jamais à moi, en fait, finalement. C'est comme ça que ça s'est passé. Parce que c'est assez terrible. Ton histoire, en fait, commence. Tu n'es pas amoureuse de ce bonhomme. Mais je pensais que ça venait, après. Je pensais que... Alors, moi, pour moi, je me disais, étant donné qu'on n'a pas été élevés de la même façon, je me disais, ces choses peuvent arriver, quoi, en fait, finalement. Je me dis, ben, ça doit... Il faut que ça se construise. Pour moi, je devais construire quelque chose avec lui. Mais c'était pas ce que j'attendais, en fait, finalement, du tout. Les enfants arrivent relativement... Ben, moi, je me suis marié en mars 70. Vincent est arrivé en octobre 71. Bastien en décembre 1972 et François en septembre 1975. Voilà. Et c'est rigolo, entre guillemets, deux sœurs qui se marient avec les deux frères ? Et le même jour. En plus ? Et le même jour, je me rappelle de ce mariage. Et ce jour-là, je peux te dire, Olivier, que papa pleurait. Tes deux filles qui... Il disait, il avait dit à ma tante, Yolande sera heureuse, mais Georgette sera malheureuse. Papa le savait déjà. Et ça n'a pas raté. M'accroche à la vie Je me saoule avec le bruit Des corps qui m'entourent Comme des lianes nouées de tresses Sans comprendre la détresse Des mots que j'envoie Difficile d'appeler au secours Quand tant de drames nous oppressent Et les larmes nouées de stress Et touffent un peu plus les cris d'amour De ceux qui sont dans la faiblesse Et dans un dernier espoir disparaissent Et je cours, je me raccroche à la vie Je me saoule avec le bruit Des corps qui m'entourent Comme des lianes nouées de tresses Sans comprendre la détresse des mots que j'envoie Tous les cris des SOS partent dans les airs Dans l'eau laisse une trace dont les écumes font la beauté C'est dur d'entendre ça aussi à 20 ans, de se dire que j'appartiens à quelqu'un. Oui, je ne savais pas. Maintenant, on se rend compte qu'au fur et à mesure de la vie, que personne n'appartient à personne. Si moi j'avais envie d'aller voir, je ne sais pas moi, un film qui ne lui plaisait pas, il n'avait pas à m'interdire. Mais maintenant je le sais, avant je ne le savais pas. Par contre ma petite fille le sait, ça, ça elle le sait. Je lui dis si jamais on t'enlève ce que tu as envie de faire, tu ne restes pas, tu t'en vas, parce que ça ne marchera jamais. Une question toute simple, mais vous, bête même, tu ne veux pas en parler à tes frères et sœurs justement de ce qui se passe chez toi ? C'est compliqué, non, j'en parle pas, j'en parle que jusqu'au moment où j'ai eu des marques sur le visage, en fait, finalement. Parce qu'un jour, j'ai pris une paire de gifles, je me demandais pourquoi, d'ailleurs. Et là, j'ai appelé mes parents, et mon père nous a convoqués, en fait, tous les deux. Et là, ce jour-là, il a connu les colères de mon père, par contre, parce que papa n'était pas un homme méchant, mais quand il était en colère, il était très violent, très violent. Et le jour où on y est allé, mon frère lui disait toujours « Papa, ne le touche pas, ne le touche pas ». Et mon frère était là pour le retenir, heureusement, parce que je pense qu'il l'aurait brimé, en fait, finalement. Ça, c'était quelque chose qu'il n'admettait pas. Et je sais que quand on a eu terminé l'entretien, je me revois sur la terrasse de mes parents, en fait, finalement. Et il m'a dit « Je ne me suis jamais fait engueuler comme ça ». Je sais que je lui ai répondu « Eh bien, c'est bien hommage, parce que ça aurait peut-être changé un peu la vie, je lui ai dit ». C'est la fin de ce premier épisode avec Georgette, une Corrézienne de combat au pluriel. Merci à Fabien Montboise pour son écoute, ses conseils et son soutien. On se retrouve la semaine prochaine, mais d'ici là, je vous souhaite d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez « Le Quart d'heure corrézien » en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
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