Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
16-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 19/12/25
19 décembre 2025 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le 16e numéro de la saison du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure où je vous propose de mieux comprendre les raisons de la colère agricole. Je suis allé sur le blocage de Brive cette semaine. Je vous propose aussi d'entendre les propositions de sortie de crise faites par Pascal Coste, le président du département de la Corrèze. Et enfin, nous ferons un détour en Dordogne au conseil municipal du Lardin-Saint-Lazare, commune qui se bat pour retrouver un repreneur potentiel pour son usine de papeterie. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Depuis mardi, la colère agricole est visible en Corrèze. Deux points de blocage ont été construits. L'un à Ussel sur la 89 et l'autre à Brive sur la 20. Colère contre le plan de gestion gouvernementale de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse. Crise dont je vous avais déjà parlé. C'était dans le huitième numéro du quart d'heure corrézien. Et pour lutter contre la propagation de la maladie dans les troupeaux, le protocole est le suivant. Dès qu'une vache est porteuse de la maladie, alors, l'ensemble du troupeau est abattu. De quoi irriter Loïc, militant de la coordination rurale en Corrèze. Il a 23 ans et est installé depuis deux ans avec ses parents à Meillard, à la frontière avec la Haute-Vienne. Il y a des bêtes qui sont positives d'accord. Il y en a d'autres, elles n'ont rien demandé. C'est tout simplement comme si demain matin, un député a attrapé la grippe. Tous ses collègues ont les tués. C'est ni plus ni moins cette chose. Et ça, je trouve ça inadmissible. Les bêtes n'ont rien demandé parce qu'il y en a qui ne sont pas malades. Rabattage total, il y a d'autres solutions, c'est sûr. Pas loin de lui se trouve Thomas. Lui a 25 ans, il est salarié dans une exploitation à Orniac-sur-Vézère. Lui aussi milite à la coordination rurale. Et pour lui, cette gestion de la crise sanitaire actuelle l'inquiète pour son avenir. Si l'ADNC arrive aujourd'hui en Corrèze, ça va être compliqué, secteur élevage. Surtout vu la région qu'on est, on a énormément d'élevage, donc c'est compliqué. Les vaches, quand tu les as, tu les nés petits, un jour t'as la DNC qui arrive, on te dit, t'abattes tes vaches, c'est compliqué. Tu prends un coup au moral, c'est très compliqué. Sur la centaine de personnes présentes à Brive, une très grande majorité était affiliée à la coordination rurale, syndicat plutôt classé à l'extrême droite, mais une dizaine de membres de la Confédération Paysanne, classée plutôt à gauche, elle, était aussi présente, parmi lesquels Léo, agriculteur à la retraite venu de Saint-Mexant. On n'a pas l'habitude de manifester avec la coordination rurale, mais il se trouve que là, sur cette affaire-là, on a les mêmes revendications. Et là, on manifeste avec le MoDef aussi, en Corrèze. Quand plusieurs syndicats se retrouvent sur les mêmes revendications, je pense que ça va faire du poids. Alors, concrètement, ce qu'on demande, c'est un autre protocole. Alors ça a été déjà demandé plusieurs fois dans le Doubs, en Ariège, mettre en place un protocole alternatif pour voir comment ça fonctionne, sous surveillance bien sûr, mais ça a toujours été refusé. Et là, on espère que ça finira par aboutir. Pour Alexandre Clart, le patron de la coordination rurale en Corrèze, ce nouveau plan de gestion de la crise sanitaire serait simple à mettre en place. On demande un protocole où on abat les bêtes malades et on met sous cloche l'exploitation où il y a eu ces bêtes malades et on met en surveillance pour voir l'évolution s'il y a ou il n'y a pas de la maladie. Et puis voilà, on ne peut pas abattre systématiquement des bêtes comme ça. On ne sait pas pourquoi. Or, selon les pouvoirs publics, cette solution de l'abattage total serait l'unique voie afin d'éradiquer au plus vite l'expansion de la maladie, un argument balayé d'un revers de main par Alexandre Clart. Bien sûr, c'est pour ça aussi qu'elle est partie dans les 66, c'est pour ça aussi qu'elle est partie dans le 65, c'est pour ça aussi qu'elle est dans le 31, dans l'Ariège, dans le Doubs, la solution n'est pas la bonne. Et lorsqu'on lui oppose un autre argument qui tente à dire que si la maladie s'est déplacée, c'est parce que des animaux, eux, ont été déplacés, là, l'agriculteur se montre encore plus ironique dans sa réponse. Bien sûr, une faute de plus, c'est la faute aux agriculteurs, on ne sait pas travailler, on n'a jamais su travailler. Et alors, ça devient pénible. Et là, il y a une colère qui monte. Et je vous garantis d'une, le gros souci qu'on a derrière, c'est le souci où les gens, avec cette peur de l'abattage, ne préviennent pas quand il y a une bête qui est malade. Et qu'ils mettent leur protocole personnel en place. Et c'est une crainte qu'on a. Ne rien dire et se dépatouiller seul dans son coin, ce n'est pas vraiment une solution pour Thomas. C'est un peu compliqué, la maladie se propage assez vite. Mais oui, pourquoi pas. Oui, il ne faut pas perdre des vaches, mais après c'est un risque à prendre. C'est un très haut risque. Que les voisins l'attrapent et que les voisins disent qu'on a le DNC. Après ça va vite, bouche à oreille. Quoi qu'il en soit, hier encore, les agriculteurs ne souhaitaient absolument pas baisser le pavillon tant que le gouvernement ne bougerait pas. C'est un mouvement qui est prévu pour durer. Tant que le ministère ne bougera pas sur ce poste-là, on ne partira pas. Ou alors sous la contrainte de la force publique. Mais aujourd'hui, on demande aussi à ce que le Premier ministre recadre un peu sa ministre et prenne les choses en main. En fait, à un moment, Mme la ministre était prof de français, qu'elle retourne sur les bancs d'école et l'agriculture s'en porterait que mieux. Et depuis, le gouvernement a annoncé de nouvelles vaccinations dans le Sud-Ouest, mais pas de quoi permettre aux agriculteurs de lever les blocages. Et face à cette crise, cette semaine, c'est le président du département de la Corrèze, Pascal Coste, agriculteur et éleveur de formation, qui a fait une proposition au gouvernement pour trouver une solution de sortie de crise. Cette proposition, c'est de laisser le choix aux éleveurs. Il est important qu'on puisse mieux connaître comment ça peut évoluer et faire en sorte de pouvoir laisser le choix aux éleveurs. C'est très important qu'on puisse associer les éleveurs pour qu'ils comprennent bien les évolutions sanitaires. Et donc qu'on puisse faire le choix, soit entre l'abattage total, qui est une solution robuste, ou soit un système expérimental qui permettent, en accord avec les éleveurs du secteur, de faire en sorte qu'on abatte que les animaux qui présentent des signes inquiétants ou des signes de dermatose, que l'on ait ensuite une vaccination de l'ensemble des animaux pour les préserver dans le secteur, et qu'on ait un suivi scientifique de l'élevage qui permette de voir comment évolue la maladie. Ce choix est donc proposé afin de permettre à la science de pouvoir collecter le maximum d'informations de sorte que le monde de l'élevage puisse mieux réagir en cas de retour de la maladie. Parce qu'après tout, la vaccination protège, certes, mais peu de temps. La vaccination ne fonctionne pas forcément à 100 %. Lorsqu'on vaccine, il faut 21 jours pour que les animaux réagissent. Donc ça laisse une période où ils ne sont pas complètement couverts. Et ensuite, ce n'est pas parce que vous vaccinez qu'un animal n'a pas aussi eu une piqûre et n'ait pas été contaminé avant la vaccination. Donc ce n'est pas une science exacte et il y a les délais qui sont liés à la vaccination elle-même et qui font que ça pose un certain nombre de problèmes. Parce que généraliser la vaccination serait aussi problématique, relève Pascal Coste. Retrouver le statut indemne et de permettre une commercialisation large des animaux demain. Donc ce n'est pas non plus la seule solution. C'est pour ça qu'il faut avoir beaucoup d'humilité. Il y a un système éprouvé, certes, mais qui est très éprouvant pour les éleveurs, perdre son cheptel, abattre, c'est aussi des conséquences, au-delà des conséquences économiques, des conséquences morales et humaines dramatiques. Donc il faut essayer de tester aussi d'autres solutions, d'où ce modèle hybride qui permet d'associer beaucoup plus les éleveurs aux décisions qui les incombent. Cette proposition est unique en France selon le président Coste, proposition qui d'ailleurs a été rejointe par Alain Rousset, le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine. Aujourd'hui, ça ne correspond à aucune revendication d'aucune centrale syndicale. C'est un mixte de plusieurs propositions. Parce que peu proposent un système d'éradication de la maladie. On s'oppose à l'abattage, on s'oppose à la vaccination, ou on veut de la vaccination à la place de l'abattage, mais on n'a pas proposé de solution complète. C'est avant tout la défense de l'élevage, la défense de nos territoires et de leurs éleveurs qui est en jeu, et notre modèle de sécurité alimentaire et d'alimentation correcte de nos concitoyens. On ne peut pas jouer avec cela. Jeudi soir, le ministère de l'Agriculture annonçait que près de 750 000 bovins allaient être vaccinés dans le sud-ouest. Mais la défiance de certains agriculteurs envers les vétérinaires complique aussi cet immense défi de protection des troupeaux. Merci à Charlindo de RCF Limousin pour son aide dans ce sujet. Depuis octobre dernier, les papeteries de Condas ont été placées en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Bordeaux, juste avant la CGT, mais aussi les collectivités, à savoir la mairie du Lardin-Saint-Lazare et la communauté de communes ont porté un projet de SKIC. Ce projet dont je vous avais dessiné les contours dans le septième numéro du Quart d'heure corrézien. Cette SKIC donc avait été créée au cas où aucun repreneur potentiel ne s'était fait connaître et pour ainsi éviter la liquidation judiciaire. Depuis que le redressement judiciaire a été prononcé et la mise en vente de la papeterie de Condas officialisée par l'ECTA. Beaucoup de choses ont changé d'ailleurs. Lors du dernier conseil municipal du Lardin-Saint-Lazare, la maire LR de la commune, Francine Bourrat, a fait le point sur les différents potentiels repreneurs. En travaillant sur cette SKIC, la CGT et donc toutes ses organisations nationales et autres ont trouvé le groupe Unesta qui dans un premier temps souhaitait apporter ses contributions financières dans le cadre de la SKIC. Ensuite, il y a eu une évolution et aujourd'hui, ils sont intéressés en nom propre pour reprendre cette entreprise. J'ai reçu le directeur international qui m'a expliqué son projet. Je vais le voir encore cette semaine avec le PDG pour finaliser et pour bien comprendre quels sont leurs projets pour les papeteries qu'on a. Il y a un deuxième groupe intéressant et intéressé qui est le groupe SPB qui a revu un petit peu son offre par rapport à ce qui était présenté au départ et qui aujourd'hui a aussi une offre relativement intéressante pour le site de Condas. Je les rencontre également cette semaine avec le président de la communauté de communes et ils viennent aussi sur le site de Condas visiter. Voilà, et ensuite, il y avait deux autres repreneurs, deux ou trois autres, mais qui ont pratiquement abandonné à l'heure où je vous parle. Et je crois savoir également qu'il y en a un troisième qui va retirer le dossier. Je vous rappelle qu'ils ont jusqu'au 23 décembre pour retirer le dossier et ensuite pour peaufiner leur offre jusqu'au 14 janvier, où le 14 janvier, nous avons rendez-vous au tribunal de commerce où seront prononcés, donc je l'espère, le nom du futur repreneur des papeteries de Condas. Donc vous l'aurez compris, trois pistes potentielles sont possibles pour les papeteries de Condas. Ce sera donc au tribunal de commerce de choisir parmi ces candidats en fonction de trois critères, rappelle la maire. Le nombre d'emplois, la pérennité du projet et bien évidemment le prix du rachat. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives, assure Francine Bourrat lors du dernier conseil municipal de l'année. Moi je suis, je ne vais pas dire rassurée, mais un peu quand même. Et je crois beaucoup en une solution pour la papeterie de Condas. J'y ai toujours cru, je l'ai toujours dit, et on s'est battus. Mais vous voyez, comme quoi, des fois, l'union fait la force et on travaille main dans la main avec les syndicats pour faire avancer. Donc nous faisons tout ce que nous pouvons pour sauver ce site. Je peux vous dire qu'aussi bien le président de la communauté commune que moi-même, nous mettons notre âme et notre énergie aux côtés de la CGT et des syndicats pour sauver cette entreprise. Toutefois, la première magistrate du Lardin-Saint-Lazare ne veut absolument pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuée. J'espère que ça ne se terminera pas comme avant. C'est vraiment lamentable et je comprends la colère du maire. Je ressens exactement la même chose. Les propos qu'il a tenus, je les comprends tout à fait. Nous sommes en train aujourd'hui de dilapider dans ce pays notre industrie, nos outils de production. Donc je crois qu'il est temps de réagir et de prendre notre destin en main. En attendant, les salaires des 202 derniers salariés des papeteries de Condas continuent d'être versés, au moins jusqu'à la fin du mois de décembre, parce que l'actuel propriétaire du site, l'industriel Lecta, a vendu deux autres sites industriels, vente qui a ainsi permis de renflouer un petit peu la trésorerie et donc de pouvoir payer ses salaires. Des salariés qui oscillent entre les jours de travail et les jours de chômage technique, parfois par manque de commandes, d'autres par manque de matières premières. Bref, durant 10 jours chaque mois, la production de papier glacine qui permet notamment de fabriquer des étiquettes, cette production s'arrête. Désormais, les 202 salariés seront fixés sur leur avenir définitif en tout début d'année prochaine. Ce pourrait être le 16 janvier devant le tribunal de commerce de Bordeaux. Voilà, c'est la fin de ce quart d'heure corrézien, un quart d'heure qui va évoluer à la rentrée prochaine de janvier parce que j'ai envie de faire un pas de côté face à l'actualité et surtout de vous faire entendre sur plusieurs numéros des portraits de Corréziens et de Corrézientes qui agissent sur notre territoire et qui agissent parfois en toute discrétion. Bref, ce nouveau format du quart d'heure corrézien va encore plus prendre le temps de vous rencontrer et il sera entendu dès le week-end du 10 janvier. En attendant donc, je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d'année mais surtout d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs.
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