Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
15-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END du 12/12/25
12 décembre 2025 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le 15e numéro du quart d'heure corrézien. L'hiver est là, même si le thermomètre ne l'indique pas vraiment, mais il est bien là et la Croix-Rouge a besoin de vous. De son côté, elle, elle vous remercie, c'est la Banque Alimentaire. Nous ferons le bilan de la collecte 2025 avec sa présidente. Enfin, je vous propose de découvrir une artisane corrézienne. Elle a découvert son art presque par hasard. C'est Claire Morel, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Il ne fait pas froid en ce moment en Corrèze. Pourtant, la Croix-Rouge de Brive a besoin de vous, assure Jérôme Chauvignat, le président de l'association à Brive et vice-président à l'échelle de la Corrèze. Je lance un appel au don toujours pour anticiper. Il y a les vêtements, mais pas que. Il y a aussi les couvertures, les duvets, les bonnets, les gants, les écharpes, les manteaux. Bien sûr, nous avons toujours besoin de renouveler ce stock. Ça part très vite. D'autant plus que cette année, le plan grand froid a déjà été déclenché en Corrèze. Un plan grand froid est déclenché lorsque les services de l'État, la préfecture, elles-mêmes renseignées par les services météorologiques, disent ça y est, nous sommes dans vigilance de telle couleur. Et là derrière, les services de l'État nous disent, vous Croix-Rouge, s'il vous plaît, mettez en place ces mesures intermédiaires, prévoir un programme particulier pour l'accueil de jour, pour les personnes sans abri, pour les accueillir, avec des horaires étendus tous les jours, y compris les jours fériés et les week-ends, et des maraudes avec le SAMU social quotidien, pareil, que ce soit des jours fériés ou le week-end. L'enjeu étant d'aller à la rencontre d'une soixantaine de personnes qui, sur les bassins de Brive comme de Tulle, vivent dans une extrême précarité, si ce n'est à la rue. La nourriture de l'âme, la nourriture du cœur, ces mots-là, on les oublie, ça semble une faiblesse. Ce que je dis aux bénévoles et que je pense très fortement, c'est que la sensibilité des uns est une force, contrairement des fois à ce que notre société veut nous renvoyer. Donc on a besoin de cette sensibilité humaine qui est une grande force lorsqu'on est avec ces personnes-là. C'est ce qui crée le lien social. Le lien social, ça vient de cette sensibilité, de cette empathie que l'on a. Et ça, c'est le premier des réconforts que l'on peut apporter. Ensuite, bien entendu, il y a toute l'aide matérielle, alimentaire, produits d'hygiène et vestimentaire, qui est indispensable, mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel, selon le président de la Croix-Rouge, étant vraiment de prendre soin des gens et de les écouter au maximum. Notre action, elle est là pour apaiser les êtres humains, pour faire en sorte que leur estime d'eux-mêmes existe, soit positive. On est là pour qu'ils se sentent considérés, existés, comme vous et moi ici. Et se sentir exister, se sentir considéré, c'est essentiel pour un être humain. Ça, c'est notre première mission. Deuxième mission, oui, on est heureux quand on ne voit plus certaines personnes lorsqu'elles ont trouvé un emploi. C'est assez rare, mais ça existe. Et aujourd'hui, il y a une défaillance, c'est l'accompagnement. Et qui dit accompagnement, dit non pas ressources uniquement financières, mais ressources humaines, bénévoles ou effectivement des professionnels. Mais cet accompagnement, ce suivi, n'a de sens que lorsqu'il est quasi quotidien pour ces personnes-là en grande fragilité, voire hebdomadaire. Un accompagnement tous les trois mois, à mon sens, n'a pas d'intérêt majeur. Et là, il y a une vraie carence. Et pour que ce lien puisse se tisser, cela passe aussi par des douceurs comme des chocolats. Les fêtes de Noël, c'est quand même un moment de joie partagée, un moment où l'écart entre les personnes qui ont des situations plus ordinaires et ces personnes-là est augmenté. Parce que parfois, des personnes à la rue ont des familles, des enfants, ont eu des familles, ont eu des enfants, ont des enfants toujours, qu'ils ne voient pas forcément. Et donc, ils sont dans un isolement tel qu'ils voient les fêtes, les belles guirlandes électriques dans la ville de Brive. Et tant mieux pour eux, tant mieux pour tout le monde. Mais cela, à la fois, réchauffe le cœur et à la fois accentue, dans ce moment particulier, les différences. Donc, le chocolat, c'est un moment de lien aussi qui est fondamental. Nous allons au SAMU Social fêter le 20 décembre au soir Noël, une première fois Noël, avec les personnes sans abri. Et nous le refêterons. J'ouvre l'accueil de jour le 25 décembre au matin et le 1er de l'an également pour fêter ces moments et être avec eux. Et si vous souhaitez apporter des vêtements chauds, bonnets, duvet et même des chocolats, vous pouvez les déposer auprès du siège de la Croix-Rouge à Brive au 1 boulevard Anatole-France. C'est juste en face du commissariat. La générosité des Coréziens, la Banque Alimentaire a pu la mesurer cette année. Elle organisait il y a quelques semaines sa collecte annuelle, une collecte record, assure Nicole Thirier, la présidente de l'association en Corrèze. Les chiffres sont en hausse de 12% par rapport à l'année dernière. Concrètement, ça veut dire sur toute la Corrèze, 41 tonnes, contre l'année dernière, 36 tonnes. Si la satisfaction est là, Nicole Thirier n'en oublie pas moins que cela veut dire que des personnes ont véritablement besoin de cette aide alimentaire. Si on distribue plus, ça veut dire qu'il y a plus de personnes en situation de précarité. Et ça, c'est dramatique, parce que nous ne sommes pas les seuls sur le marché. Il y a aussi le Secours Populaire et les réseaux du cœur. La précarité augmente, vu l'inflation qui stagne en France. Et donc, qui dit inflation, dit, avec la même somme d'argent, moins de produits achetés, moins de possibilités de se nourrir. Alors, les gens qui sont en précarité achètent moins de protéines. Les protéines, c'est nécessaire pour l'équilibre santé et achète moins de produits. Donc ils mangent moins, donc ils ont besoin de nous. Nicole Thirier a une expertise d'une dizaine d'années à la tête de la Banque Alimentaire, une position qui lui a ainsi permis de constater l'évolution de la précarité dans le département. Je l'ai vu évoluer par l'intermédiaire de nos associations qui nous commandent beaucoup plus. On a un tonnage plus. On est passé à 380 tonnes. Avant, au tout début de la banque alimentaire, c'était une tonne par an. Et puis progressivement, ça a augmenté. Moi, quand je suis arrivée en 2008, on devait distribuer 20 tonnes. Aujourd'hui, c'est plus du double. Quelque part, c'est dramatique. On se demande pourquoi il y a autant de gens qui sont en situation de précarité. On a envie de donner un coup de pied dans la fourmilière. pour essayer que ça avance, mais on n'a peu de moyens. Alors l'ancienne institutrice mise tout sur la solidarité afin de pouvoir aider celles et ceux qui en ont besoin. L'égoïsme ne fait pas avancer les choses. Ça vous fait rentrer en vous-même, en fait. Tandis que la solidarité, je ne sais pas, moi, c'est presque naturel pour moi. J'ai toujours été élevée dans la solidarité, donc je continue. Et je continuerai après, bien que je ne serai plus présidente, je resterai à la banque alimentaire. Je vais me rendre utile, il n'y a pas de soucis. Il y en a qui vont me trouver du boulot. Et vous l'avez donc compris, après 9 ans et demi à la tête de l'association, Nicole Thierry a passé la main cette semaine. Mais si elle restera bénévole, elle essaiera surtout de prendre du recul face à une machine de plus en plus complexe à gérer selon elle. J'ai vu évoluer la banque alimentaire. Nous sommes passés d'un truc, on va dire, familial à une entreprise. Avec tout ce qui concerne les entreprises, le juridique, l'administratif, gérer aussi tout ce qui est hygiène. Donc c'est tout ce qui concerne les entreprises, concerne aussi les banques alimentaires, concerne aussi toutes les entités qui travaillent comme nous. C'est très très lourd parce qu'il faut être au courant des lois, des lois sociales, des lois économiques, des lois budgétaires. En attendant, les 41 tonnes de denrées collectées cet hiver vont permettre d'offrir plus de 82 000 repas dans le département. Place au portrait du quart d'heure corrézien, portrait d'une Corrézienne atypique, elle est grande, blonde, des yeux bleus d'une infinie douceur, les ongles peints à la perfection et c'est une artisane carcassière, son nom c'est Claire Morel. C'est le métier qui fabrique des carcasses d'abat-jour et par extension toute forme de structure en fil d'acier, que ce soit du luminaire ou non. Un métier qui lui est presque tombé dessus par hasard, alors qu'elle a un parcours universitaire brillant, à Sciences Po notamment, suivi d'une entrée dans le monde professionnel en tant que consultante en organisation pour le secteur public, mais une rencontre a bouleversé sa vie. Je travaillais donc à Paris dans un cabinet de conseil et pour me détendre, il m'arrivait de recouvrir quelques abat-jour avec des tissus fleuris que j'aimais beaucoup et que je ne trouvais pas dans le commerce. Et j'ai creusé ce savoir-faire-là, jusqu'à m'intéresser à la technique pour fabriquer les carcasses, la forme de l'abat-jour. Et j'ai pu identifier au hasard d'une vidéo YouTube, Henri Carcassier à Aulnay-sous-Bois, à qui j'ai écrit pour lui demander de faire un stage. Et il m'a répondu, écoutez, on va s'arrêter. Et si vous êtes intéressé pour reprendre l'entreprise ou du matériel, n'hésitez pas. Et donc, j'étais a priori pas trop branchée pour reprendre une entreprise dans le métal. Mais je me suis dit quand même, carcassier, moi j'avais jamais entendu ce mot-là avant. J'aimerais mourir et ne pas avoir raté ma chance de croiser un carcassier au moins une fois dans ma vie. Cette rencontre entre Claire Morel et Henri Allibert a été comme ce nouveau premier jour du reste de sa vie. J'ai vu un atelier incroyable, avec des couleurs extraordinaires, des machines très vieilles, très attachantes. Et Henri m'expliquait que comme il allait partir à la retraite et qu'il n'avait plus d'employés et pas de repreneurs, toutes ces machines allaient partir à la ferraille. Un patrimoine allait disparaître parce que c'était un des derniers en France à faire ça. Il reste quelques entreprises qui ont ce savoir-faire, mais voilà, c'était quand même un patrimoine rare. Là, je me dis, il faut faire quelque chose, il faut absolument sauvegarder ces machines. Et donc moi, j'étais au bord du précipice et j'ai appelé quelques amis qui m'ont dit, tu fonces ! Aidé aussi par la Chambre des métiers de la Seine-Saint-Denis, qui m'a bien fait comprendre que c'était quand même un patrimoine et un savoir-faire très rare. Donc je me suis dit, allez, il faut faire quelque chose, je me jette à l'eau. Alors évidemment, une reconversion professionnelle n'est pas un moment simple à gérer. Henri n'a pu me transmettre que les bases, mais quand Henri était à côté, je me sentais en sécurité. Les premiers projets que j'ai eus, où j'étais toute seule dans l'atelier, c'était affreux. J'y ai passé des nuits, j'ai pleuré parce qu'il fallait que je fasse des cercles sur mesure et des cercles qui n'étaient pas ronds. Et quand on sait qu'il y a un client à satisfaire et des délais à respecter, oui j'ai eu des très grands moments de solitude. Mais heureusement Henri était là au bout de la hotline, je pouvais l'appeler et je pouvais entendre sa voix rassurante et il continue même encore maintenant à me transmettre des trucs et astuces. C'est forte de ses conseils et de la confiance de son mentor qu'elle a ainsi quitté Paris pour retourner en Corrèze, ici, à Messac. J'habitais au Batignolles à Paris, un quartier que j'adorais, mais je sentais que j'étais en fin de cycle à Paris, que j'avais trop besoin de sentir l'odeur de la terre après la pluie, de voir les étoiles la nuit qu'on ne voit pas à Paris. J'avais vraiment besoin de tous ces éléments très sensoriels. Je n'ai même pas envisagé d'aller à Brive. Je voulais vraiment être dans une zone rurale pour me sentir profondément nourrie par tout ça. Messac devient une source d'inspiration et déjà Messac, c'est une très belle communauté où on se sent porté par une simplicité des liens humains et une entraide assez naturelle qui fait qu'on ne se sent pas seul et on se sent porté. Et puis, Messac qui est dans un bel écrin, dans ce midi corrézien, on voit la vallée de la Dordogne au loin, les jours de beau temps, on voit les monts du Cantal. Mais bon, ça vaut aussi pour toute la Corrèze, je pense qu'on est quand même très bien lotis ici. Et aujourd'hui, Claire Morel est fière de se définir comme une artiste, mais avant tout comme une artisane. On conçoit et on fabrique. Et donc, il y a toute une histoire à raconter autour de la naissance de ces objets. Ce qui peut parfois être un peu à contre-temps de notre époque, qui a besoin de rapidité, il faut que tout soit prêt. Alors, certaines personnes adorent l'artisanat, mais ne comprennent pas forcément les délais qu'ils vont avec, ou les prix qu'ils vont avec. C'est vrai, ce sont des démarches vraiment à assumer sur beaucoup d'aspects. Mais, il y a des gens qui reçoivent ces démarches 5 sur 5. Quand on voit un objet fini, ben voilà, l'objet il est fini, il est là, il est proposé, très bien. Et on n'imagine pas tout le temps de recherche qu'il y a eu avant, notamment sur l'équilibre des proportions. Parfois, il suffit d'un centimètre pour que l'équilibre d'un objet soit perturbé et ça peut demander énormément de recherche. J'entendais récemment un artiste qui disait « Moi, maintenant, quand on me pose la question de savoir combien de temps j'ai mis pour réaliser une œuvre, je donne mon âge. » Et il y a tout ça derrière. Créer, ce n'est pas quelque chose d'anodin. Il y a quelque chose qui peut venir de très profond à l'intérieur de nous. Donc pour mettre tout ça au monde, c'est parfois des processus très particuliers. Ensuite, on a une idée, il faut la mettre en œuvre. Moi, pour mettre, je pense à ma collection de luminaires Les Anges, c'était un parcours du combattant. Ces anges, vous pourrez les rencontrer ou les découvrir dans certaines boutiques comme le 805 à Brive, rue du Colonel Faro, ou bien encore sur le site internet de Clermorel, atelierjourdelune.com. Voilà, c'est la fin de ce 15e numéro du Quart d'Heure Corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine, mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. 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Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
