Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

16-LE QUART D HEURE CORREZIEN

21 février 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Comment sont accompagnés et formés les jeunes joueurs et joueuses du CA Brive ? C'est la grande question à laquelle tente de répondre chaque mois le Quart d'heure corrézien. Dans cet épisode, nous sommes avec deux champions : David Geneste, 3e ligne Espoir, et Léa Guitton, talonneuse Elite 2 des noires et blanches. Si la professionnalisation est en route depuis longtemps pour les garçons, la section féminine elle, s'étoffe, et débute ce même processus. La prescription culturelle vous emmène découvrir une exposition peu ordinaire. Une exposition de graffitis, à voir au théâtre de Brive jusqu'à la mi-mars ! Merci encore à Ruben de m'avoir accompagné cette semaine sur la construction du magasine. Je tiens à souligner que c'est lui qui a choisi, interrogé, écrit et monté le sujet que vous pouvez entendre dans la prescription culturelle. Et même s'il ne sait pas encore s'il fera du journalisme à l'avenir, il peut être certain d'avoir un petit diamant dans les doigts qu'il peut encore continué à polir ! Les fichiers sont sur les serveurs et seront diffusés sur RGB à 7h30, 8h30, 12h30 et 18h30 samedi et dimanche. Mais déjà disponibles sur Deezer, Spotify ou encore Apple Podcast en tapant "Le quart d'heure corrézien". Bonne écoute
Lire la transcription

Le quart d'heure corrézien, le magazine d'information hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Depuis le début du mois de septembre, je vous propose de suivre comment le Céabrive travaille sur la formation de ses jeunes joueurs et joueuses. Quels sont les ressorts employés par le club pour parfaire ses champions en devenir. Et dans cet épisode justement, je vous propose de découvrir le parcours de deux de ses champions : celui de l'Objatois, David Geneste, 3e ligne Espoir et de Léa Guitton, talonneuse de l'équipe féminine du Céabrive, originaire de Lugers. Et vous entendrez que malgré les évolutions, le fossé entre filles et garçons reste grand. Pour les 5 dernières minutes de ce quart d'heure, vous retrouverez la prescription culturelle, prescription que l'on doit à notre jeune stagiaire de 3e, Ruben Jubénesti, qui vous emmènera découvrir une exposition sur le graffiti, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Ils nous reçoivent en tenue de sport entre deux entraînements. Assis dans les fauteuils club en cuir d'un des salons de la nouvelle tribune nord du stadium, ces deux athlètes sont de la même génération et pourtant leur parcours est totalement différent. Je m'appelle Léa Guitton, j'ai 18 ans, je viens d'Agen, je suis arrivée cette année au CAB, on m'a recrutée. J'ai commencé le rugby en Martinique, j'avais 8 ans, après je suis rentrée en France dans le Gers à Condom où j'ai continué le rugby et je suis partie 2 ans après à Agen directement et c'est là où j'ai fait toutes mes années cadette. Je suis David Geneste, 3e ligne au centre de formation du CAB. J'ai 20 ans. Je joue rugby depuis que j'ai 4 ans et demi. J'ai fait mon école de rugby à Objat et à partir de 12 ans, je suis venu au CAB. Je faisais encore le collège à Objat et le rugby au CAB et l'année d'après, j'ai basculé à Bossuet dans la section rugby que le CAB avait ouvert là-bas. Si l'un et l'autre ont été piqués par le virus du rugby de bonheur, ces deux jeunes ont très vite dû basculer vers une vie d'adulte. C'est beaucoup de sacrifices, surtout pendant cette période-là où on a envie de sortir, etc. Le rythme de vie, c'est l'école la journée, le soir entraînement, le lendemain pareil, le surlendemain pareil. Et le week-end, déplacement, samedi match, on peut revenir tard la nuit. et le lendemain, dimanche souvent on se repose parce que le lendemain, deux matchs, c'est souvent compliqué de faire autre chose que de se reposer et puis le lundi c'est reparti donc oui, il peut y avoir des moments où il faut décompresser parce que c'est important, passer des moments ensemble avec l'équipe mais c'est vrai que pendant cette période où j'étais au collège, au lycée, c'était un peu compliqué. Compliqué parce qu'il faut aussi gérer les devoirs mais David Geneste a pu compter sur le soutien de sa famille mais aussi celui du club. Avec de l'organisation, on y arrive. L'organisation, elle peut venir de moi, mais aussi du club, de ce que le club aménage pour nous, des temps d'études, de ce que l'école aussi nous met à disposition. On ne peut pas s'organiser tout seul, mais avec les structures où on est, on peut réussir à bien s'en sortir. Ces sacrifices ont d'autant plus été possibles qu'un club proche de chez lui, le CAB, donc pouvait l'accueillir pour jouer et grandir. Ce n'a pas été le cas pour Léa Guitton puisqu'Agen n'a pas d'équipe senior féminine. La joueuse a donc dû déménager pour pouvoir accomplir son rêve. J'étais mineure quand le coach est venu donc il a parlé d'abord à mes parents avant de me parler et après il m'a appelé, on a discuté longtemps. Il y a eu d'autres clubs aussi qui m'ont appelé et puis j'ai fait le pour et le contre et puis après c'est un changement de partir, de s'éloigner de ses parents, c'est un changement. C'est dur ? Ça, ça dépend de chacun. Après, moi, j'ai vécu à l'internat. J'ai beaucoup fait de stages. Je suis partie en équipe de France. Donc, pendant trois semaines, on partait. Donc, en vrai, pour moi, non. Mais après, pour d'autres, oui, ça peut être brutal du jour au lendemain de partir le week-end, de ne plus voir ses parents et puis d'être dans un appartement tout seul, de devoir gérer les courses, la nourriture. Le soir, quand on rentre, de se faire à manger. Oui, ça peut être brutal. Mais après, c'est un changement, mais qui plaît à certains et à d'autres. Mais pour moi, oui, ça me plaît. Sauf que voilà, si le rugby s'est professionnalisé chez les hommes au milieu des années 90, aujourd'hui, le développement des équipes féminines de rugby n'en est qu'à ses balbutiements, reconnaît Léa Guitton. Il y a une barrière et je pense qu'il y aura toujours cette barrière. Déjà, nous, je pense qu'on est moins suivis. Par exemple, je sais que les garçons, du coup, ils ont un prépa mental, des diététiciennes et tout, alors que nous, pas du tout. On a une prépa physique, deux entraîneurs et c'est très bien. On voit qu'il y a beaucoup de différences, eux, ils arrivent à s'entraîner la journée et tout. Nous, c'est plutôt le soir parce qu'il y en a qui travaillent du coup à côté. Il y en a d'autres qui font des études du coup, vu qu'on n'est pas payé, on n'est pas de tout ça. Après, là, ça commence à s'améliorer. Il y a des contrats pros qui commencent à arriver. Donc là, ça commence à évoluer. Mais bon, il y a encore beaucoup de différences avec les garçons. Pourtant, ces contrats professionnels qui permettent tout simplement de percevoir un salaire ne sont pas non plus, pour la jeune femme, un but ultime. Il y en a qui ont des contrats, du coup, elles abandonnent les études. Elles arrêtent tout. Par exemple, j'ai une copine, elle a un contrat pro 7, sauf que du coup, elle a abandonné les études, elle a arrêté. Alors qu'à tout moment, du jour au lendemain, ça, ça peut s'arrêter. Et puis, on arrive dans la vie, dans la vraie vie, et on ne sait plus quoi faire. Or, à Brive, depuis une vingtaine d'années maintenant, la culture du double projet, à la fois sportif et étudiant, est inscrit dans l'ADN du club. C'est d'ailleurs en partie pour ça que la jeune talonneuse est venue en Corrèze. J'ai eu la chance d'intégrer le centre d'excellence. Mes cours de scolarité sont ici, au stadium, parce que je voulais vraiment accorder les deux entre rugby et études. Donc je sais, moi j'ai des entraînements en plus du coup, vu que je suis sur place. Donc oui, le double projet était très important pour moi. D'avoir une route secours, on ne sera jamais pro pour l'instant. Ma génération, peut-être que quelques-unes seront, mais je ne pense pas que beaucoup seront pros. Donc avoir un métier et pouvoir exercer son avenir. D'autant plus que dans ce sport de contact, le risque de blessure est grand, poursuit David Geneste. Malheureusement, on ne peut pas passer à côté. J'ai subi il y a quelques années une grosse blessure, les ligaments croisés. Ça a été très dur pour moi, mentalement, surtout au début. Parce que quand on adore faire du rugby, pratiquer ce sport, qu'on le pratique tous les jours quasiment, et que d'un coup ça s'arrête, d'un coup on ne peut plus marcher, on ne peut plus ou très peu, c'est très compliqué parce que mentalement on ne se dépense plus, les nuits sont plus compliquées. Donc c'est vraiment dur, la blessure est dure. C'est là que peut alors intervenir un préparateur mental afin de permettre aux joueurs de ne pas ruminer son mal-être. C'est un domaine qui est en train de se développer encore plus. Parce que le mental dans le rugby, c'est quelque chose de super important, au-delà du physique. Si quelqu'un est fort mentalement, il va pouvoir passer beaucoup d'obstacles. C'est beaucoup d'imagerie, beaucoup d'imagerie mentale. Par exemple, quand on est blessé, quand on ne peut plus faire certains mouvements, on s'imagine en train de les faire. Et ça peut permettre de perdre un peu moins techniquement. Ça peut être pour un talonneur, par exemple, avoir la sensation de prendre son ballon, de lancer. Pour un buteur, pareil, de buter. On peut s'imaginer tout ce qu'on veut. On peut s'imaginer en train de plaquer. On peut vraiment s'imaginer tout ce qu'on veut. On peut se convaincre d'être plus fort physiquement par le mental. On peut se rendre plus fort parce que le mental, c'est ce qui contrôle notre corps. Donc si on se dit qu'on est un peu inarrêtable, on peut l'être. Il y a du travail, tout ça à côté. Mais on peut, c'est sûr que c'est quelque chose qu'il faut répéter, c'est du travail à long terme. C'est sûr que si on fait une séance ou deux d'imagerie mentale ou de préparation mentale, ça ne va pas venir tout de suite. Mais c'est quelque chose qu'il faut voir sur le long terme. En clair, grâce au sport, ces deux jeunes personnes parviennent à connaître très tôt ce qu'ils peuvent demander comme effort à leur corps, mais aussi ses limites. C'est ce qui peut faire une grande force parce que si à 20 ans on se connaît bien, on va apprendre à grandir avec son mental et son corps et ça fait qu'on va peut-être mûrir plus vite et donc ça va nous aider à gravir des étapes plus facilement et plus vite aussi. Et en attendant, ces deux jeunes personnes poursuivent leur construction à leur rythme sans brûler les étapes et nous les retrouverons dans un prochain épisode. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Ruben Jubénesti vient de nous rejoindre. Bonjour Ruben. Bonjour Olivier. Ruben, vous nous faites découvrir une exposition peu ordinaire, une expo de peinture proposée en ce moment au Théâtre de Brive. Oui, c'est une exposition que l'on doit à Thomas Buissoni, alias Inox de son nom d'artiste. Ça s'appelle L'amour est dans le spray, c'est donc des graffitis. Et au départ, cet artiste corrézien d'une quarantaine d'années n'avait pas du tout envisagé sa carrière comme artiste à part entière. J'ai fait une carrière de militaire pendant un peu plus de 11 ans, sur La Rochelle et ensuite sur Brive. Le graffiti, ça a été soit vraiment une passion le week-end, soit parfois ça pouvait être un échappatoire. Quand je rentrais d'opération notamment, ça permettait de se vider la tête complètement. J'aimais bien avoir deux vies, vraiment dans le sens où j'étais très militaire, de 8h45 à 17h30 et puis après je pouvais aller peindre avec des potes à moi et justement je ne fréquentais pas trop le milieu militaire en dehors de la caserne et ça me permettait d'avoir un petit peu une espèce de double vie que j'aimais bien. Une passion qui a démarré très tôt, vers 16 ans. J'aimais bien le milieu hip-hop, le skate, le basket. J'ai un pote qui était sur Rodez et il rentrait le week-end et il nous montrait un petit peu ce qu'il avait vu sur Rodez puisqu'il y avait beaucoup de Toulousains là-bas. Et donc du coup, on a tout commencé à reproduire comme ça. Puis après, eux, ils ont arrêté, tous mes copains. Et puis moi, je n'ai pas arrêté. Et très vite, l'homme est resté ouvert sur tous les courants artistiques du XXe siècle. J'aime énormément tout ce qui va être un petit peu pop art avec Warhol. J'aime bien aussi le côté abstrait de gens comme Picasso. J'essaye de puiser un petit peu à droite, à gauche, regarder énormément ce qui se fait. Ensuite, des influences, oui, elles sont souvent américaines, puisque le graffiti vient de là-bas, donc on a toujours un petit peu nos maîtres. Nous aussi, on a nos Zidane, puis on essaie toujours de s'inspirer d'eux. Mon Zidane à moi, je crois que c'est Pose ou Revok, c'est des MSK, c'est un collectif de Los Angeles. Ils font du lettrage, ce qui est l'essence même du graffiti. Ils travaillent énormément les couleurs avec des pièces très très grosses, des murs très très gros. Dès le début, moi j'ai toujours aimé ça, ça permettait de se démarquer. Et il l'avoue, son univers est paradoxal. Inox est un street artiste de la campagne. Quand j'avais 12-13 ans, j'aimais pas trop le fait de dire que j'étais de Brive. C'était vraiment la campagne. Et en fait, avec le temps, on est fier de là où on vient. On est fier de se dire qu'on est de la campagne, malgré qu'on pratique un art urbain. Et j'ai un petit peu cette affiliation en France d'être l'artiste un peu de campagne. Et pour le coup, j'ai joué là-dessus, sur l'exposition, de manière à rappeler un petit peu à Brive. On a toujours dans notre famille des gens qui un jour ont eu des vaches. Si on est originaire de Brive, c'est le cas. Et j'aime bien pourtant aller dans des grandes villes, peindre comme New York ou l'année dernière Los Angeles. J'adore aller dans des grandes villes, mais j'adore rentrer chez moi aussi. Son amour de la ruralité est évident dans son travail, tout comme les clichés sont traités avec beaucoup d'humour. Je considère qu'on peut faire des choses très sérieuses, mais que si on se prend trop au sérieux, à mon sens, ça devient ennuyant. C'est vrai que j'ai joué sur des jeux de mots avec le nom de l'exposition, certes. L'amour est dans le spray, mais également par le biais de la toile sur le cochon, avec un esprit sain dans un porcin. Je pense qu'aujourd'hui, le quotidien est assez morose comme ça. Si on peut, des fois, faire sourire trois personnes, parce que j'ai écrit trois bêtises dessus, je trouve ça super bien. Et visiblement, ça marche. Mila est en primaire à Chastol. Elle est emportée par ce qu'elle voit. Ça me fait rire beaucoup, son visage. Parce que sa bouche, elle est ouverte et il est en train de rire. Et c'est jeu parce qu'il nous regarde bizarrement en vif et ils sont longs aussi. À côté d'elle, Zoé, qui est dans la même école, apprécie ce côté décalé sur les toiles. J'aime beaucoup, beaucoup les chevaux. C'est comme s'ils rigolaient un peu avec la bouche ouverte. Et j'aime bien la couleur, le fond qu'il y a derrière. Mathias, lui, tente de reproduire sur un papier canson une toile face à lui. Une toile qui ressemble à une chèvre. Ça fait comme si c'était une vraie chèvre, mais un peu façon humaine. Des dents d'humains, des yeux et des cheveux à la place de la laine sur sa tête. Aussi, il est important pour l'artiste de montrer son travail, notamment à des jeunes, parce que ce travail, au départ, n'était pas forcément légal. Aujourd'hui, ce qui est indéniable, c'est que le graffiti a une partie illégale, qu'il y a des acteurs en France et à l'étranger qui ne pratiquent que du graffiti légal et qui le font très bien. C'est l'essence même du graffiti et au même titre que je parlais des traditions tout à l'heure, je pense que le graffiti doit rester d'un côté assez anarchiste, assez illégal également. Pour autant, ça n'empêche pas Inox d'exposer en toute légalité dans un lieu fermé. Un peu à l'inverse de l'idée initiale du graffiti. Je n'ai toujours pas, dans des friches, des endroits qui étaient voués à la destruction ou des endroits en tout cas où les gens ne venaient pas. Mais je n'ai pas la possibilité d'échanger avec les gens. L'idée aujourd'hui, pouvoir présenter à des gens directement l'exposition, ça permet de discuter, et ça c'est des choses qui n'arrivent pas si on se contente de faire du graffiti dans une friche, de prendre une photo et de le mettre sur les réseaux sociaux. Alors n'hésitez pas à aller à la rencontre d'Inox. L'expo L'amour est dans le spray est visible jusqu'au 15 mars prochain. Et l'exposition est visible dans la galerie du théâtre Briviste. Merci beaucoup Ruben pour ce très beau travail réalisé cette semaine. Je rappelle juste que c'était votre premier reportage pour le Quart d'heure corrézien et que vous avez été mon très chouette stagiaire cette semaine. C'est la fin de ce numéro du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro. Mais en attendant, je vous souhaite de passer de très bons moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
La Corrèze dans vos oreilles