Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

14-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

3 février 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
C'est le travail de toute année qui, en quelques heures, se retrouve presque prêt à être consommé. La mise en bouteille des vins des 1001 Pierre s'est faite cette semaine à Branceilles. Un moment partagé entre fierté du travail accompli et angoisse de voir le général hiver faire irruption au début du printemps... Quant à la prescription culturelle, Aymeric Tudou nous fait rencontrer un poète tulliste authentique. C'est Lucien Bourget.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure assez exceptionnel parce que cette semaine, je vous propose de vivre l'un des grands moments de la vie de la cave coopérative des milliers de pierres à Brosseil. La mise en bouteille des vins. L'opération s'est passée ces jours-ci au cours de cette dernière semaine du mois de janvier. Une entreprise de CAO revient spécialement chaque année pour mettre en bouteille le travail des vignerons corréziens. Un moment émouvant certes, mais qui fait se poser aussi beaucoup de questions aux viticulteurs. Et puis en fin d'émission, Emeric Tudou de BramFM nous rejoindra pour la prescription culturelle. Emeric qui nous fera découvrir un poète corrézien amoureux fou de la nature. C'est Lucien Bourget, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Alors là, nous sommes devant la cave de Bransay. Et en réalité, il y a un immense camion qui s'est positionné au bas de cette cave. Et vous entendez peut-être un petit peu le bruit qu'il est en train de faire en ce moment. C'est un camion blanc. Et en réalité, c'est le grand moment de la mise en bouteille des vins de Millet-Une-Pierre. Et on va essayer de voir un petit peu comment ça se passe. Il y a toute une petite armée de personnes, des hommes et des femmes, qui sont en train de coordonner cette grande machine. Et on va s'approcher un petit peu, petit à petit, pour comprendre comment ça se passe. Un tout petit escalier. On avance, on avance. Là, face à moi, il y a un homme qui est en train de ramasser avec une machine tout un tas de bouteilles vides, en réalité, qui sont en train d'arriver sur un petit tapis roulant. Bonjour, monsieur. Bonjour. Je peux vous embêter un petit peu ? Oui, si vous voulez. Je vais juste vous présenter, s'il vous plaît, votre nom, votre prénom. Martin et Serge. Comment cette grosse machine, comment elle fonctionne un petit peu ? C'est pas compliqué. En fait, vous avez une arrivée de vin qui vient de la cave, à l'entrée de la pompe. Cette pompe, elle passe par le filtre, qui fait une finition sur la filtration du vin. Et du coup, après, les bouteilles sont rincées et le vin est envoyé dans la machine. Le niveau du vin est réglé en fonction de la température. Donc là, le vin, je crois qu'il est à 13 ou 14. Donc nous, on a réglé la machine pour que ce soit à tel niveau et pas autre chose. Et pour éviter que ça ne déborde ? Non, en fait, c'est pour éviter que, selon la température, le vin a tendance à soit monter, soit descendre. Et donc, s'il monte, il va pousser le bouchon, et s'il descend, il va aspirer le bouchon. Donc, il faut une température précise, du coup. Donc, voilà. Et après, là-bas, c'est la partie de mon collègue, qui est l'étiquetage, capsulage, mise en carton et palettisation en bas, là-bas. En fait, c'est une mini-chaîne sur le camion, quoi. Et vous venez, donc, une semaine pour, en gros ? Non, ça dépend de ce qu'il y a à faire, ça dépend des volumes. Là, comme il y avait quand même des gros volumes, du coup, on est là quatre jours. Mais il y a des fois, ça nous arrive de rester un ou deux jours, pas plus. Français, mine de rien, ils ont traversé une année très compliquée. Tout le monde. Tout le monde. Nous, dans le Cahors, il n'y a pas eu le point de saisir de vendange. Là, pour l'instant, on ne le ressent pas. On va le ressentir dans les années qui arrivent. Et si jamais il y a une production l'année prochaine, on la ressentira qu'après aussi, c'est pareil. Donc c'est compliqué. Donc si c'est compliqué pour les vignerons, ça l'est aussi pour vous, mine de rien. Oui, c'est une chaîne. Le vin, la vigne, ça impacte tout ce qui va du producteur, au prestataire et au fournisseur de tout. Ça impacte beaucoup de choses. Et ça, on le sentira dans les années qui arrivent. S'il n'y a pas de récolte qui arrive, ça va être compliqué pour tout le monde. Ça vous inquiète, j'imagine ? Oui, parce que nous, on fait ça depuis un moment. Il faudra se reconvertir. Donc là, quelque part, vous êtes en train de me dire que vous pensez à vous reconvertir, mais pourtant, j'imagine qu'il y a une forme de passion chez vous. Il y a de la passion, mais il y a aussi une nécessité de travailler. Moi, je suis dans le vin depuis 1997. Mais si je pouvais faire autre chose, je ferais autre chose. Parce que là, on a quand même des amplitudes horaires qui ne sont pas communes. Parce que ça va de 8 heures minimum à presque 10, 11, 12 heures par jour. Donc c'est rude pour le corps. Mais bon, on aime faire ça puisqu'on est quand même dans des endroits qui sont beaux. On sillonne quelques départements. Donc on voit toujours les mêmes personnes d'une année sur l'autre. Mais du coup, ça crée un peu des liens aussi. Parce que nous, Hervé, on le connaît depuis longtemps. Mais bon bien, c'est toujours plaisir de le voir. Je pense qu'il a aussi plaisir à nous voir. Même si des fois, il nous branche un peu. Dans ma bonne humeur, de toute manière. Oui, il faut travailler dans la bonne humeur. Parce que travailler dans la mauvaise humeur, ça ne sert à rien. Hervé, c'est Hervé Bruyère, le maître de chai que je vous avais fait découvrir dans le quatrième épisode du quart d'heure corrézien, consacré à l'agriculture et donc aux viticulteurs de Brasseil. Hervé, je le retrouve donc en bout de chaîne. Il descend juste de son chariot élévateur qui permet de conditionner plus de 600 bouteilles sur une seule et même palette. Autant dire que cette mise en bouteille est un véritable événement pour lui aussi. Là, on finit le rouge 2021. Ça va compenser le manque de vin qu'on n'a pas produit en 2023 et en 2024. Et maintenant, il faut que 2025 soit une année généreuse en production pour avoir la suite, pour avoir du vin pour les années à venir. C'est-à-dire, ça va compenser ? Qu'est-ce que vous voulez m'expliquer là ? En 2023, on a fait un quart de récolte. 2024, on a fait 10% d'une récolte. Ce qui veut dire qu'en 2024, on n'a pas fait de rouge. Heureusement qu'on avait du 2021 en stock pour pouvoir pallier à ce manque de production en 2024. Par contre, en 2025, il va falloir que ça produise. Vous me l'aviez dit un petit peu, c'est la première fois de votre carrière que vous voyez ça ici à Brasseil. Oui, parce qu'en bientôt 31 ans de travail à la cave à Brasseil, il va nous rester 20 hectares de vin en cave. Tout le reste est embouteillé. On commence une année avec tout vide. Jamais vu. Comment, mine de rien, vous le vivez ? Comment les vignerons aussi le vivent ? On le vit, on se dit tous qu'il y a eu deux mauvaises années, qu'il ne peut pas y en avoir trois, ce n'est pas possible. Et on espère tous un printemps sans gel. C'est ce qui va être déterminant ? Ah oui, c'est déterminant. Après, forcément, il peut y avoir un peu de milieu, mais bon, ça c'est un autre problème, ça peut être maîtrisé. Mais là, le gel, on n'y peut rien. Donc là, vous croisez les doigts. C'est un moment particulier, mine de rien. Oui, c'est le travail de tout un an. Alors, c'est d'abord les vignerons, les viticulteurs à la vigne. Et après, nous, c'est nous à la cave. En gros, comment ça s'est passé ? Vous avez vu avec le laboratoire Thiolet, si vous pouviez envoyer la mise en bouteille, comment ça se passe ? Alors déjà, on fait un planning pratiquement six mois à l'avance. On voit en fonction de nos ventes. Quand on voit qu'on est à moitié volume de ce qu'il nous reste, on programme une mise en bouteille pour que le vin, après la mise en bouteille, se repose. Il faut bien un vin rouge, 2-3 mois de repos après une mise en bouteille pour pouvoir être consommé. Il est bon quand même après, mais le meilleur moment, ce sera après 2-3 mois de repos. Et pourquoi ça s'explique ? Parce qu'il est quand même trituré, il passe dans un filtre à plaques, la boucheuse, les cartons, il est remué. Il faut lui laisser le temps de se reposer. Qu'un blanc et un rosé, il n'y a pas cet impact. C'est des vins fruités, il y a besoin de moins à attendre. On peut y aller sur un blanc et un rosé, on peut y aller de suite. Et cette mise en bouteille permet surtout aux vignerons de sortir de leur vigne, observe Myriam Vasseur, viticultrice à Brosseil depuis 2018. Quand on travaille à la mise en bouteille, on travaille en équipe, alors que d'habitude sur nos exploitations on est tout seul. Donc c'est le moyen de se rassembler un petit peu. Et de parler d'autres choses aussi peut-être ? Quand on peut, oui, avec le bruit, oui, c'est pas toujours facile, mais oui. C'est un moment où on peut se rassembler, c'est un moment où on voit l'aboutissement du travail, et après, on n'a plus qu'à faire la partie la plus agréable, qui est les dégustations et les ventes aux clients. Et ça, c'est... La vente directe, c'est la vraie réalité de notre travail. Parce que vous voyez si les gens aiment ou n'aiment pas. C'est concret. C'est ce pour quoi vous travaillez, vous vous l'éveillez tous les matins ? Moi, oui. Mon mari est plus dans les parcelles et moi, je suis plus sur la partie commerciale. Voir le plaisir des gens de découvrir un vin qu'ils ne connaissent pas, pour moi, c'est valorisant. Ça fait du bien au moral, voilà. Oui, et ça aide à bâtir d'âme nature. Et en attendant, il reste encore du travail dans les vignes. Si la taille a débuté et est même finie dans certaines parcelles, c'est la mise en place des fils et autres piquets qui ne va pas tarder à commencer. Et c'est l'horizon d'un prochain épisode. Place à la prescription culturelle de ce Quart d'heure corrézien, une prescription poétique. Émric Tudoux. Bonjour, bonjour Olivier, puisque vous recevez dans cet épisode un authentique poète tuliste. Oui, je te propose aujourd'hui de faire connaissance avec Lucien Bourget. Alors, Lucien Bourget, il a eu plusieurs vies, mais si je le reçois aujourd'hui, c'est parce qu'il a écrit plus de 300 poèmes. Il a sorti un recueil de poésie également qui s'appelle « Ancre en liberté ». Et c'est pour cela qu'on a cette conversation aujourd'hui. Bonjour, Lucien Bourget. Bonjour. Je précise quand même que tu as 70 ans, que tu es attaché à la terre corrézienne depuis déjà un paquet d'années, malgré que petits voyages par-ci par-là. Oui, je suis né. Oui, tu es né, oui. Je suis né de mon département. À Chamera, c'est ça ? Oui. À la base, tu n'étais pas forcément destiné au premier abord à la poésie, puisque les études, ce n'était pas forcément ton truc. Tu as fait des métiers manuels au tout début, mais la poésie, tu es tombé dessus comme ça quand tu étais jeune. Comment s'est fait ce déclic ? Je pense que j'ai eu un regard toujours très curieux sur les choses, les choses de la vie et surtout la nature. J'ai des souvenirs, enfin, quand le printemps arrivait, l'explosion des fleurs dans les prés, dans la nature, le chant des oiseaux. Le fait est que c'était une époque aussi dans ce village où je suis né, à Omas, à Chamera. Et il y avait une forme de découverte des choses à travers le bien commun. J'appelle ça le bien commun. Et ça, ça m'a formé une âme de poète, tout simplement. Et cette nature qui a explosé autour de moi, j'ai eu la chance de connaître la campagne qui n'était pas trop abîmée. À ce moment-là, oui. À ce moment-là, j'ai eu cette chance avec des parents aimants. Tout ça, c'est un ensemble de choses qui ont fait que je m'en suis retrouvé avec le cœur je voyais la poésie je ressentais de la poésie. Quels sont les premiers poètes qui t'ont marqué ? Moi les premiers poètes c'est Baudelaire, je me suis intéressé oui à Léo Ferré et Léo Ferré, je l'ai vu tout jeune sur scène à Brive et ça m'avait marqué parce qu'il vivait ses paroles et avec sa musique, tu es un très bon musicien, il vivait ses paroles. Ferré fait partie de ces gens qui m'ont amené à continuer à réfléchir qu'est-ce que ça peut être la poésie, la poésie qui est une manière de construire son existence en bribes, la poésie c'est du condensé. Moi j'ai un souvenir tout jeune, quand j'avais une vingtaine d'années, j'ai entendu parler du Danube et avec la géographie je regardais sur une carte. C'est ça la poésie aussi, c'est qu'on rêve derrière, on rêve, on imagine, on s'imagine des choses, même des fois si elles sont fausses, mais l'imagination de travail, c'est un idéal, l'imagination de travail. Et ce Danube qui partait des Alpes-Mandres jusqu'à la mer Noire à travers les portes de fer sur la Serbie, ça me faisait rêver. Et donc voilà, la nature, la géographie, l'histoire aussi, les mouvements des peuples, la guerre qui m'a toujours miné l'esprit, le pacifisme, c'est vraiment quelque chose qui te touche profondément, la solidarité entre les hommes. Ce recueil que tu as sorti il y a quelques années, Ancre en liberté, résume parfaitement aussi tes aspirations. La liberté fait partie évidemment des choses qui te passionnent. La liberté, c'est pas rien quand même. La liberté, quand on voit ce qui s'est passé lors du deuxième conflit mondial où des gens qui meurent pour des idées, quelle tristesse ! Donc la liberté, on doit la défendre. Alors qu'est-ce que la liberté ? On peut en parler longtemps, pendant des heures, mais c'est un espace surtout de réflexion, être soi-même, c'est surtout prendre en compte l'autre. Il est différent, l'autre. Il a le droit, si, comme moi, de se mouvoir avec son espace, de ne pas manger l'air de l'autre à côté. Ancre en liberté, c'est le titre de ce recueil de poésie que tu as sorti, en quelle année ? Fin 2019, par là, oui, c'est ça ? Oui, 2019, juste avant que tu partes pour Arcachon, pour quelques temps, et après tu es revenu sur les terres corésiennes. Voilà, dans ce beau pays corézien. Voilà, et en ce moment, tu es à Tulle. Où est-ce qu'on peut le trouver, ce recueil ? Alors, je l'ai fait, mais on me pousse à l'éditer. Et alors ? Peut-être que je vais l'éditer, oui. Bon, avis aux intéressés, si vous voulez éditer le recueil de Lucien Bourget, le recueil de poésie Ancre en Liberté, n'hésitez pas à faire appel à lui. On donnera le numéro en podcast sur les sites de Bréniges FM et Bram FM. Lucien Bourget, merci, c'est toi, merci America pour ce bel échange plein de poésie, de tendresse, d'idéal et de passion, ça fait du bien, bien sûr. Et merci aux auditeurs, je vous embrasse toutes et tous, et nous vous embrassons, nous aussi. Lucien Bourget, je profite de ces quelques secondes pour donner votre numéro de téléphone pour que l'on puisse ainsi vous contacter, c'est le 06 44 09 86. C'est la fin de ce numéro du Quart d'Heure Corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro. Et en attendant, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Plateforme d'écoute : Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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