Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
13-LE QUART D'HEURE CORREZIEN
24 janvier 2025 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien, un quart d'heure consacré à l'atelier au long de la corderie Palut à Saint-Pantaléon-de-Larche. Un atelier exceptionnel parce que c'est l'un des derniers en France à fonctionner encore et à fabriquer des cordes de manière totalement artisanale. C'est cet atelier que je vous propose de découvrir dans cet épisode. Et puis, en fin d'émission, vous retrouverez la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien, prescription qui vous invitera à découvrir une exposition sur les femmes et le jazz. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Voilà, nous y sommes enfin dans cet atelier au long de Saint-Pantaléon-de-Larche. Un atelier dans lequel sont fabriqués tous les jours des kilomètres de cordes de matières différentes. Et c'est un bâtiment exceptionnel parce que long de près de 300 mètres et que depuis la création de la corderie Palut, ici, rien ou presque n'a vraiment changé. Toutes les corderies traditionnelles à l'époque avaient ce type d'atelier au long. Marc Gitton, chef d'atelier à la corderie Palut. Puisque c'est la méthode traditionnelle pour fabriquer des cordes, toutes les corderies avaient à l'époque un atelier de ce type-là. Le nôtre, on a de la chance, c'est toujours debout et on a besoin de cet atelier pour fabriquer à la méthode traditionnelle, c'est-à-dire tirer les fils au long. C'est pour ça qu'on appelle ça un atelier au long. Et si les dimensions du bâtiment sont aussi vastes, c'est pour une raison toute simple, explique Marc Gitton. Il faut des grandes longueurs puisqu'on a besoin de mettre de la torsion dans les fils. Donc pour ça, on doit les étirer sur très long pour pouvoir ensuite avoir un rouleau de cordes d'au moins 100 mètres. Donc on tire au moins à 140 mètres. D'accord, c'est ça. En tordant, évidemment, on perd de la longueur. Voilà, c'est ça. Et même ce bâtiment est encore plus long puisqu'à l'époque, on fabriquait des cordes dans une autre unité de longueur et on avait besoin de tirer encore plus loin. C'est pour ça que ce bâtiment est encore plus long, même si aujourd'hui on n'en exploite qu'une partie. Dans cet atelier artisanal, les machines sont quasiment absentes. Alors, c'est à force d'aller-retour à pied que les ouvriers parviennent à fabriquer ces cordes. Que ce soit dans cet atelier ou dans les autres, on est tout le temps en mouvement. Et d'ailleurs, c'est ce qui permet de se réchauffer aussi, surtout un matin comme aujourd'hui. On a besoin de marcher, d'étirer les fils, ensuite de leur mettre de la torsion. Une fois qu'on a la torsion, parfois pour certains types de cordes, on les encolle. Ensuite, on va les commetter, les retordre, puis les relever. C'est-à-dire que des fois, une corde peut passer entre 8 paires de mains. Ça, on ne s'en rend pas forcément compte. Mais ça veut dire, au bout du bout, plusieurs dizaines de kilomètres parfois pour une même corde. Si les gestes sont identiques à ceux que faisaient déjà les compagnons cordiers du XXe siècle, le vocabulaire utilisé par les travailleurs est lui aussi issu de cet héritage. Vu qu'on a un peu les derniers à utiliser cette méthode traditionnelle, on a hérité aussi du vocabulaire de l'époque et des anciens. Donc retordre en fait, c'est tout simplement mettre de la torsion dans les fils entre eux. Commetter, c'est assembler les torons ensemble, 3, 4, 6, 7, on appelle ça le comettage. Ensuite, on remet de la torsion, donc là on retort une nouvelle fois. L'encollage, c'est la méthode qu'on utilise pour enduire nos torons pour leur donner la finition polie. Et puis le relevage, c'est la mise en rouleau, mise en pelote, c'est le conditionnement de la corde. Nous, tant qu'elle est en fabrication, ici, ça porte bien son nom, atelier oblong, la corde est allongée. On travaille tout le temps jusqu'au relevage final, la corde est allongée sur les ateliers. Si les cordes sont fabriquées sur place, les fils, eux, ne sont pas produits ici à Saint-Pantaléon-de-Larche. Aujourd'hui, on est corderie, on n'est pas filature, même si moi j'aimerais bien pousser un petit peu plus loin et pourquoi pas étudier un peu la première étape de confection, donc c'est la filature. Donc nous on reçoit le fil filé en fait, on part pas de la fibre de chanvre, on a des filatures, alors malheureusement, il n'y en a plus beaucoup en France, mais on a des filatures qui fabriquent le fil qu'on utilise. Donc ensuite, on prend plusieurs fils suivant leur titrage et suivant leur matière pour fabriquer nos torons pour obtenir la corde qu'on souhaite au bon diamètre. Et ce sont donc ces fils qui, une fois étendus et assemblés tel une natte de cheveux, vont pouvoir former ces fameux torons. Par exemple si on prend celle-ci, c'est une corde en coton, il y a trois torons pour faire cette corde et dans chaque toron, sur du fil comme ça en coton qui est assez fin, on peut mettre 1000, 1800, jusqu'à 2000, même 3000 fils. Ensuite sur du chanvre, le fil de chanvre, de par sa conception est un peu plus épais, donc souvent pour des gros diamètres on peut mettre 30 à 40 fils. Donc une corde, c'est ça, une corde n'est pas constituée que de 2-3 fils en fait, c'est ça le... Ah non, non, non, pas du tout, non, non, c'est bien là le savoir-faire, c'est-à-dire savoir composer en fait une corde, comment la fabriquer, enfin comment arriver au résultat que l'on souhaite en partant de différents fils. Tout ce savoir-faire, Marc Gitton l'a appris ici, sur place, à la Corderie Palut. Pourtant au départ, rien ne prédestinait cet homme de 39 ans vers cet artisanat. J'ai une formation d'ingénieur, j'ai travaillé à la SNCF et puis le hasard a fait que M. Assolari était mon voisin. Donc quand il a repris cette corderie, il a essayé de redresser la barre petit à petit et à un moment il avait un tournant à prendre et il cherchait un petit peu à se décharger de la partie gestion de la production pour se concentrer sur l'administration et le commerce. Et donc, il m'a sollicité. Moi, à cette époque-là, j'étais à la SNCF et les différentes missions que j'ai pu avoir à la SNCF m'ont toujours passionné. Mais disons, j'avais besoin de challenges. Et puis, dans ces grosses structures, on vous propose souvent des objectifs chaque année, qui sont des fois les mêmes d'année en année. Et puis, vous comprenez que quand on a besoin de challenges et qu'on vous donne des objectifs, bon, il y a quand même une marge. Et puis ensuite, il y a eu le Covid qui est passé par là aussi. Je me suis lancé, j'ai rejoint l'aventure. Monsieur Assolari, en fait, m'a fait visiter. Et puis, comme tout le monde, quand je suis rentré dans ce bâtiment, j'ai fait waouh. Qu'est-ce qui vous impressionne, vous ? En rentrant dans ce bâtiment, c'est tout de suite la profondeur. C'est cet effet de profondeur qu'on a. Et puis là, je me suis dit quand même, il y a un sacré challenge à relever. C'est pour ça que je les ai rejoints, j'ai arrêté la SNCF. Ce n'est pas une reconversion, puisque ce n'est pas comme un ingénieur agronome qui va devenir agriculteur, qui change de domaine. Moi, je suis resté quand même dans la gestion de production, je n'ai pas vraiment changé de mission, j'ai changé radicalement de cadre. C'est-à-dire que je suis passé d'une grosse structure avec tout son formalisme documentaire, etc., à une structure familiale, une TPE à taille humaine. Pour le coup, là, c'est presque trop l'inverse, c'est-à-dire qu'il n'y a aucun cadre et aucune procédure décrite. C'est aussi ce que je recherchais. Aussi, en rejoignant cette corderie à Saint-Pentin-Léon-de-l'Arche, Marc Gitton s'est aussi mis en tête de trouver des solutions afin d'améliorer les méthodes de travail. C'est tout ce qui me plaît, c'est-à-dire comment, avec ces méthodes simples, comment arriver à faire mieux, à faire plus, à faire moins pénible. Donc c'est à la fois préserver cette méthode traditionnelle et à la fois la faire, pas la faire évoluer, mais pour la faire perdurer, pour qu'elle survive, il faut faire évoluer les choses parce qu'on ne peut plus travailler aujourd'hui comme on travaillait il y a 50 ans. Parce que désormais l'objectif est simple, trouver des solutions pour que ce savoir-faire soit consolidé et ne disparaisse pas. Quand je suis arrivé, je savais que Fatima était en fin de carrière et qu'il fallait récupérer tout son savoir-faire. Aujourd'hui, pour faire le parallèle avec la SNCF, aujourd'hui, on n'a aucune procédure, on n'a encore rien décrit. J'aimerais bien pouvoir m'y mettre et essayer de formaliser un peu plus les choses, mais aujourd'hui, le temps ne me le permet pas. Donc ici, vous avez les indications sur les murs. Je ne sais pas si vous avez fait attention à ça, si on fait attention à ce détail. Quand vous vous promenez dans l'atelier, vous pouvez voir sur les murs, il y a pas mal d'inscriptions. En fait, pour nous, c'est des informations hyper importantes. Et c'est comme ça. Et puis, je trouve ça super sympa que ce savoir-faire puisse continuer. Et si cela passe notamment par la formation de nouveaux compagnons cordiers, il faut aussi que l'entreprise parvienne à maintenir un niveau de commande assez important afin que la production puisse se poursuivre sans entrave. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Bonjour Fabien Montbois. Bonjour Olivier. Vous nous rejoignez à l'instant pour nous parler d'une exposition qui est en cours en ce moment à la médiathèque de Brive. Une exposition dans le cadre du festival de jazz du Bleu en Hiver. Un festival qui a lieu en ce moment depuis le 23 janvier et jusqu'au 1er février. Et cette exposition, Fabien, s'appelle Femmes de jazz. Une autre histoire du jazz, c'est une exposition itinérante. Oui, nous avons la chance de recevoir cette exposition créée il y a cinq ans. Sandrine Lemaléphant nous explique pourquoi l'exposition est itinérante. Au début, on l'avait pensé en itinérance, mais de façon assez légère. Et puis les recherches nous ont amené à en faire quelque chose qui s'est offé au fur et à mesure. C'est un projet qui était à la base et qui est toujours pour le coup actuellement bénévole et militant. On ne veut exclure aucun public et aussi aller à l'attention des publics qui sont dits empêchés et donc rendre l'expo itinérante avec une formule 8 portrait, une formule 12 portrait où il n'y aurait pas tous les objets qu'on va présenter à Dublin en hiver et qu'on puisse aussi emmener dans des hôpitaux, dans des écoles, justement dans des médiathèques, dans plein d'endroits pour l'ouvrir à tous et toutes parce que l'objet de l'exposition n'est pas tant le jazz, mais c'est un des médiums qui rentre dedans et ça a été le fil conducteur, mais ça nous permet surtout de travailler sur la désinvisibilisation des femmes artistes ou des femmes créatrices ou des femmes importantes, inventrices de l'histoire. Alors cette exposition a été créée par des femmes qui ont étudié la musique et son histoire et ont posé ce constat, on n'entend jamais de femmes dans le jazz. Ont-elles existé et ont été invisibilisées ? Ou alors, elles n'ont tout simplement pas existé et n'ont pas fait de musique ? Mais après des recherches, voici la réponse. On a tiré des fils et on s'est rendu compte que non seulement ces femmes avaient existé, au-delà du fait d'avoir existé, c'est qu'elles avaient effectivement écrit tout un pan de l'histoire et qu'ensuite c'est rentré dans un processus qui existe non pas que dans la musique mais dans plein d'autres disciplines. Ce sont principalement aussi des hommes qui ont écrit toutes les encyclopédies, toutes les histoires et qui ont par cooptation, par habitude, par fonctionnement, n'ont pas retenu ces femmes dans les livres. Cette très belle exposition, accessible gratuitement et à toutes et à tous, vous donne à voir des portraits de femmes du jazz dans le XXe siècle états-unien. On a été voir justement où étaient les batteuses, donc on a découvert qu'il y avait une femme incroyable qui s'appelait Viola Smith, on a été chercher des trompettistes, on a découvert Valida Snow, on a été chercher bien évidemment des pianistes aussi. On a découvert que Mary Lou Williams avait été la professeure de Miles Davis, de tous ces grands, grands musiciens et musiciennes. Alors, on ne va pas bouder notre plaisir, on va écouter un petit peu de musique. Voici un extrait du concert de Mary Lou Williams donné au Newport Jazz Fest. C'était à New York en 1978. L'exposition Femmes de jazz, une autre histoire du jazz, est construite avec des livres, des vinyles, des cassettes, des CD, des photographies, des objets de collection, mais aussi une scénographie pour reconstituer un jazz club. Et il y a également des portraits qui ont été faits par des artistes femmes contemporaines pour continuer dans cet objectif de rendre visible le travail artistique réalisé par des femmes. Mais cette exposition n'est pas qu'un simple hommage, elle invite également à plus de liberté. Et l'idée c'était aussi de réussir à faire évoluer les choses actuellement pour pouvoir montrer des modèles et dire en fait si vous pouvez inscrire votre petite fille au trombone parce qu'en fait le trombone c'est aussi pour les filles et les femmes et vous pouvez aussi inscrire votre petit garçon à la harpe parce que ce n'est pas un instrument réservé aux femmes. Et bien merci beaucoup Fabien pour cette douceur musicale réconfortante. À noter qu'une sieste musicale est proposée le 1er février à 14h à la médiathèque de Brive. Sieste qui vous permettra de découvrir ou de redécouvrir ces artistes féminines des années 1880 à 1910 aux États-Unis. C'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Je vous propose de vous retrouver pour un nouveau numéro dès vendredi prochain. Et en attendant, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
