Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

12-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 21/11/25

21 novembre 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Le quart d'heure corrézien numéro 12 Elles sont indispensables à l'expression de la solidarité en France, ce sont les associations caritatives. Cette semaine, les Resto du Coeur ont lancé leur 41e campagne de mobilisation. Et, même en Corrèze, la pauvreté gagne de plus en plus de terrain, alors l'association se démène pour accompagner au mieux ses bénéficiaires. Et puis cette semaine aussi, 12 tonnes de bouchons en plastique ont quitté la Corrèze pour la Marne. Des bouchons qui, mine de rien permettent d'aider des personnes en situation de handicap, de mieux s'insérer dans la société et ainsi de gagner en autonomie. J'étais présents lors de la récolte de tout ces Bouchons d'amour à Ayen.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce douzième numéro du quart d'heure corrézien, un quart d'heure entièrement consacré à la solidarité. Cette semaine, nous serons aux côtés des Restos du Cœur qui ont lancé la 41e collecte de leur histoire et puis aussi avec l'association des Bouchons d'Amour, association qui a collecté des bouchons en plastique un petit peu partout dans le département. Le quart d'heure corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Et j'ai une petite idée comme ça, si des fois il y a des marques qui m'entendent, je ferai un petit peu de publicité tous les jours, s'il y a des gens qui sont intéressés par sponsorer une cantine gratuite, qu'on pourrait commencer par faire à Paris par exemple, et qu'on étalerait après dans les grandes villes de France, nous on est prêt à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto par exemple, qui aurait comme ambition au départ de faire 2000, 3000 couverts par jour, gratuitement. Alors, tous ceux qui sont intéressés, tous ceux qui ont des grosses cantines, qui ont des restes, tous ceux qui sponsorisent avec des marques d'alcool ou n'importe quoi, qui voudraient nous contacter pour ça, on est prêt à recevoir les dons de toute la France. D'ailleurs, quand il y a des excédents de bouffe à droite à gauche et qu'on les détruit pour maintenir le prix sur le marché, à ce moment-là, nous, on pourrait peut-être les récupérer, voir ce qu'on peut faire avec les agriculteurs pour de l'excédent ou avec les sponsors. Et puis on essayera un jour de faire une grande cantine, peut-être cet hiver, gratos. Voilà, je lance l'idée comme ça, s'il y en a qui nous écoutent et que ça intéresse, ils nous écrivent. Pour l'instant, il ne s'agit pas de mecs qui cherchent une cantine, à qui je fais appel, mais de mecs qui veulent bien la sponsorer. Cette voix, vous l'avez certainement reconnue, c'est celle de Michel Colucci, dit Coluche. Et c'est un extrait de son appel lancé en septembre 1985 sur l'antenne d'Europe 1. C'était il y a 40 ans et aujourd'hui, cette cantine qu'il appelait de ses vœux sont bien sûr devenus les Restos du Cœur, des restos qui ont essaimé un petit peu partout en France et donc chez nous aussi en Corrèze, un département où la pauvreté non seulement existe mais s'intensifie. Quand on parle de pauvreté, cela veut dire qu'une personne seule peut gagner moins de 1288 euros par mois mais ce n'est pas le seul moyen pour définir la pauvreté, note Bernard Delpech, le président de la section corrézienne des Restos du Cœur. C'est parfois des gens qui travaillent, qui ont des temps partiels, mais qui compte tenu du niveau des loyers, etc. n'y arrivent plus. Et c'est des gens qui aujourd'hui ne sont aidés par personne, qu'on ne peut pas aider. Et toute cette frange de population, hélas, passe à travers et souffre beaucoup. Ces personnes en souffrance sont nombreuses étant donné qu'elles représentent un petit peu plus de 2 % de la population corrézienne. Nous accompagnons à peu près 2200 familles, ce qui représente un peu plus de 5200-5300 personnes. Nous les accompagnons dans nos 17 centres de distribution qui sont répartis sur toute la Corrèze. Et nous distribuons à peu près 850 000 repas par an. Parmi ces personnes en grande difficulté, les Restos du Cœur en Corrèze constatent une augmentation des familles monoparentales. Des femmes avec des enfants. On est à peu près à 300 enfants de moins de 36 mois qui sont dans de très grandes difficultés après des divorces, etc. Depuis l'année dernière, nous prenons en charge 100 % des besoins en alimentation et en produits d'hygiène pour les enfants entre 0 et 36 mois. C'est justement pour aider ces enfants que les Restos du Cœur ont lancé ce plan Ambition Petite Enfance, un plan qui ne vise pas que les plus jeunes. On accompagne aussi les mères dans les difficultés qu'elles peuvent avoir, dans l'accès à la santé, dans l'accès aux droits, dans l'apprentissage du français pour certaines, etc. Donc on va au-delà de la distribution alimentaire pour justement faire un accompagnement beaucoup plus global dont elles ont besoin. Pour nous, c'est un crève-cœur un peu de voir ces petits vivre parfois dans des conditions extrêmement précaires. Et ce que nous constatons, c'est que ça ne fait que progresser là aussi. Pour favoriser un retour vers l'emploi. Pour nous, c'est une victoire quand on voit des personnes qui reviennent à l'emploi, qui arrivent à quitter les Restos du Cœur. Pour nous, nous sommes heureux de ne plus les voir revenir. Ça veut dire qu'elles s'en sortent. Mais hélas, on a des familles qui sont là depuis de nombreuses années et qui n'arrivent pas à réémerger. Ces situations sont d'autant plus complexes à résoudre que les raisons de cette chute sont parfois multifactorielles. La situation ne fait que se dégrader. L'emploi ne marche pas bien. Les loyers sont de plus en plus élevés, même dans une région comme la Corrèze, qui n'est pourtant pas une région très urbaine. Mais déjà, les niveaux de loyer sont importants, etc. Donc, il y a des multifacteurs qui font que les personnes ont énormément de mal à réémerger. Parce qu'une fois qu'on commence à dériver, après, c'est très difficile de revenir. C'est très facile de tomber. Par exemple, le divorce, souvent, on dit deux personnes avec des petits salaires arrivent à peu près à faire face, parfois difficilement, mais ils y arrivent. Le jour où il y a un divorce, il y a des enfants, on fait deux pauvres derrière. Et là, nous constatons qu'il y a des familles monoparentales qui sont en difficulté extrême. Notamment des femmes avec des enfants. Souvent, c'est les femmes qui ont la garde des enfants. Et pour elles, c'est très, très, très difficile. Il y a les accidents de la vie. Il y a des personnes qui sont très longtemps dans la précarité par manque d'éducation, il faut le dire. Par manque de formation, après. Des personnes qui n'ont pas eu de diplôme, qui ont beaucoup de mal à trouver un emploi. Des personnes qui ont des problèmes de santé, handicapés, etc. Et puis, on voit aussi des personnes qui sont âgées, avec des toutes petites retraites, notamment en milieu rural, et qui ont de grandes difficultés à y arriver. Le problème, c'est la honte. Beaucoup de personnes âgées qui auraient besoin des Restos du Cœur, on en accompagne quand même, n'osent pas pousser la porte de notre association, ni même d'autres associations dans la distribution, des collègues, parce que justement, elles ont honte d'être dans cette situation-là, alors que finalement, elles la subissent. Aujourd'hui, les Restos du Cœur sont face à un problème, la demande augmente, mais les stocks, eux, restent les mêmes. Conséquence, la taille de ces paniers a dû être réduite. On ne peut pas aller plus loin parce qu'on ne peut pas donner plus que nos ressources nous permettent. Sans ça, on se met en très grand danger. Donc nous sommes obligés de restreindre un peu notre distribution et de veiller à ne pas flamber non plus nos barèmes. On est obligés de tenir, tenir vraiment pour durer. En fonction de nos ressources et de nos charges, chaque année on réajuste nos barèmes de manière à pouvoir équilibrer les choses. Alors pour constituer ces stocks, les restos poursuivent leur quête de produits de première nécessité. Toute l'année on fait de la ramasse dans les magasins, donc ils nous donnent des produits invendus, etc. Donc aujourd'hui ce dont on a besoin ce sont des produits, j'allais dire, courants, des pâtes, de l'huile, des produits pour les enfants bien sûr, de fruits et légumes, parce que ce n'est pas évident de ramasser dans les magasins beaucoup de fruits et légumes. Les besoins sont assez divers. Reste qu'à ce jour, la solidarité fonctionne encore, poursuit Bernard Delpech. Les dons financiers sont stables, ils ne progressent plus. Quand nous faisons des grandes collectes, notamment la collecte du mois de mars, on constate encore que les gens sont solidaires, que le message que nous essayons de faire passer est entendu. Donc ça, c'est un élément vraiment encourageant. Mais ça nécessite de communiquer, de dire où nous en sommes, etc. Parce qu'évidemment, la situation économique nationale n'est pas sans conséquence pour l'association des Restos du Cœur. On ne voit pas de perspective d'embellie dans les mois et les années à venir. Vous connaissez en France actuellement tous les problèmes budgétaires, etc. Nous ne sommes pas dans une période où on peut demander à l'État de faire plus parce que, quel que soit le domaine, l'État actuellement ne peut pas. C'est un constat terrible, comme dans un pays aussi évolué que la France, mais on n'est pas le seul dans ce cas. Il y a autant de personnes qui n'arrivent plus justement à vivre décemment. C'est vraiment un crève-cœur et malgré tous les efforts que nous déployons avec nos bénévoles, qui se donnent énormément, on ne voit pas aujourd'hui d'éclaircies à court terme. Au niveau national, les financements de l'État ne représentent pas énormément de notre budget global. Nous sommes aidés par l'Europe, qui a des excédents et qui les distribue à des associations comme la nôtre, etc. Puis après, nous avons bien sûr tous nos donateurs, que ce soit des particuliers, des entreprises, etc. C'est notre slogan, on compte sur vous, on a besoin de vous. On a besoin de tous les Français, de toutes les personnes qui peuvent aider. C'est une évidence. Alors si vous le pouvez, n'hésitez pas à faire parvenir vos dons au Resto du Cœur. Ce sont toujours les petites rivières qui font les grands fleuves. Nous sommes maintenant à Ayen, à l'arrière des ateliers municipaux, des ateliers mis à disposition de l'association des Bouchons d'Amour par la municipalité. Et ici, cette semaine, une trentaine de personnes ont rejoint Mamie Bouchon. C'est ainsi que l'on m'appelle. Mais en réalité, je suis Maïté Charbonnel, je suis la présidente des Bouchons d'Amour de la Corrèze. Une présidente qui a importé dans le département une habitude qu'elle avait prise lorsqu'elle habitait encore en région parisienne. Notre association au plan national fête ses 20 ans cette année. J'ai rejoint ma Corrèze natale à la retraite, c'était en 2010. J'ai collecté déjà le bouchon en région parisienne, dans les écoles où ma fille passait. Et j'avais dit que ça serait mon hobby de retraite. Donc j'ai contacté l'association ici en Corrèze en arrivant et je suis devenue responsable en 2013. Et depuis, je suis toujours à ce poste-là. Et ainsi, depuis 12 ans, elle sillonne le département de la Corrèze à la recherche de ses bouchons en plastique, des bouteilles d'eau ou encore de soda. Des bouchons qui sont ensuite, tout au long de l'année, acheminés vers ce dépôt à Ayen parce que... Nous faisons à peu près un chargement annuel entre 12 et 13 tonnes de bouchons qui partent au recyclage dans l'usine Sulot à Langres. Et ces bouchons sont recyclés en poubelle. Et l'usine qui les prend nous rémunère 325 euros la tonne. C'est avec cet argent cumulé avec tous les autres camions que nous aidons les handicapés à s'offrir du matériel pour leur vie, pour fauteuils, sièges de douche, aménagement de voitures, aménagement de maisons, etc. Mais aussi pour leur sport. Et quand même, petite histoire bien sympathique, notre ami Mathieu Bostrédon, que tout le monde connaît, nous l'avons aidé il y a une douzaine d'années pour acheter son premier handbike. On avait donné la valeur d'une roue à l'époque, 700 euros. Et on peut dire qu'aujourd'hui, ces petites médailles qui sont magnifiques, on les prend un peu pour nous. Et si elle parvient à réunir autant de bouchons, c'est que Maïté Charbonnel cherche partout où elle passe à mobiliser. On a une attache avec le CAB. Tous les ans, je choisis des joueurs. Et donc cette année, il y a Simon-Pierre Chauvac et puis il y a Benjamin Boudou. Je choisis parmi les gros parce qu'on dit qu'ils ont un gros cœur. Parce que l'association fait face à un véritable problème par mesure d'écologie, les bouchons sont aujourd'hui attachés aux bouteilles. Vous savez, ça nous a fait beaucoup de mal, ces nouveaux bouchons solidaires. On a perdu en un an 40 % de la collecte, 40 %. Déjà, on avait été très impactés par la Covid et derrière, on a eu ces bouchons solidaires. Vous savez, ça nous fait un geste de plus, c'est arracher le bouchon, le couper, le tirer et nous le donner. Sinon, le handicap ne pourra plus rien avoir. Et ça serait vraiment très dommage parce que le matériel coûte cher. Et puis contrairement à ce qu'on pense, tout n'est pas remboursé. Aujourd'hui, des points de collecte sont dispersés un petit peu partout en Corrèze. Et si vous en cherchez un... Il suffit de me contacter et puis la question que je pose, c'est où habitez-vous ? Et je cherche à proximité, on a à peu près entre 360 et 380 points de collecte sur toute la Corrèze. Les supermarchés, les Intermarché, les boutiques, les écoles, tous les établissements scolaires, les stades, un peu partout, les EHPAD. On travaille aussi beaucoup avec tous les établissements spécialisés dans le handicap, la DABF y adhère. Et si Maïté Charbonnel insiste pour trouver ses bouchons, c'est parce que selon elle, il suffit d'un simple geste. C'est gratuit. Vous achetez votre bouteille d'eau ou votre bouteille de lait. Après, qu'est-ce que vous en faites ? Vous la faites recycler. Mais tirer le bouchon, c'est quoi ? Donc c'est gratuit. Nous, nous avons la joie de dire qu'un bouchon récolté, c'est un bouchon reversé au handicap. Rien ne reste dans nos poches, nous n'avons pas de budget de fonctionnement, nous nous débrouillons, c'est le système D. On y arrive et tout le monde est heureux et ça se passe bien. Alors oui, ce n'est pas un hasard si Mamie Bouchon s'est engagée pour cette association. Ma fille, ça n'a pas l'air, mais elle est malvoyante et j'ai un frère handicapé mental. Tous les enfants n'est-ce pas égaux et donc il faut les aider. Et ce sont des gens comme tout le monde, plus on les aide, plus ils s'installent dans la vie, plus ils ont une vie sociale et moins auront besoin de tout ça. Enfin certains auront toujours besoin d'équipements, mais parce qu'ils s'intègreront le plus possible, tout ira bien aussi pour eux. Cette année, l'antenne corrézienne des bouchons d'amour a récolté 12 tonnes de bouchons en plastique, soit plus de 4500 euros, qui vont ainsi participer à l'insertion sociale des personnes en situation de handicap. Voilà, c'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine pour un nouveau numéro, mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes des cours Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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