Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
11-LE QUART D'HEURE CORREZIEN WEEK-END DU 14/11/2025
14 novembre 2025 · 14 min
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Le Quart d'Heure Corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce numéro du Quart d'Heure Corrézien, numéro particulier parce que cette semaine rien ne s'est passé comme je l'avais prévu. Rendez-vous annulé, interlocuteur qui ne souhaite pas ou plus s'exprimer. Parfois le journalisme c'est un petit peu compliqué mais je tenais quand même à faire un magazine. Alors je vous propose de réentendre des sujets qui m'ont marqué depuis le début de cette troisième saison. Nous parlerons donc de financement, des associations, de la complexité de vivre avec un grand prédateur mais aussi de la joie de travailler dans l'artisanat. Le Quart d'Heure Corrézien, vous avez le menu, c'est parti. Les débats avancent à l'Assemblée nationale. Débat pour voter un budget pour l'année 2026. Mais cette situation a des conséquences dans le monde associatif. Un secteur obligé de naviguer à vue, sans savoir si des actions menées au cours de l'année pourront être reconduites ou non l'année prochaine. Alors ces associations courent après l'argent, de l'argent public en montant chaque année des dossiers de demande de subvention, mais aussi de l'argent privé, que ce soit sous forme de dons, de mécénats ou encore d'opérations de sponsoring. Et parfois ces dons sont comme tombés du ciel et c'est ce qui est arrivé en octobre dernier pour l'association SOS Violence Conjugale, association qui fête ce mois-ci ses 35 ans d'existence en Corrèze. Et en octobre, donc, elle a reçu 1200 euros de la part d'un collectif féminin constitué de 26 chercheuses spécialisées dans le domaine du nucléaire. Et plutôt que de se diviser en 26, cette dotation, ces femmes ont préféré en faire don à l'association corézienne. Stéphanie Paolini est médecin du travail chez EDF. Elle fait partie de ces 26 scientifiques, alors il était normal, selon elle, de faire don de ce prix. Ça nous semble dans le même état d'esprit que la nécessaire visibilité des femmes dans leur métier et de la nécessité de se battre pour être à certains postes, absolument essentiel d'assurer déjà le premier niveau de l'existence, c'est-à-dire pouvoir vivre chez soi en sécurité, en sûreté, pouvoir donner un toit sûr à ses enfants. C'est absolument essentiel pour qu'une femme puisse ensuite avoir un métier ou puisse faire des études. C'est le B.A.B.A, c'est de pouvoir déjà vivre sereinement chez soi. Ces 1200 euros, Georgette Chastanet, la présidente de l'association, sait déjà à quoi ils vont servir. Ça va nous payer deux mois de loyer, ce qui reste à la charge pour l'association, que dix mois pour 2025. Et pour cette femme de combat, recevoir un tel don est plus qu'un symbole. Vous vous rendez compte de la sororité ? Ça vient de femmes. Moi, je suis extraordinairement reconnaissante à ces femmes. Elles ont travaillé pour avoir ce prix et elles nous le redonnent. Bravo, je dis merci. Un merci d'autant plus grand que sur un budget annuel de 260 000 euros auquel s'ajoutent les salaires des 5 salariés de la structure, trouver de l'argent est une véritable bataille. Les subventions ne sont jamais pérennes et jusqu'à aujourd'hui ne seront jamais pérennes. Si après les gouvernements à venir nous pérennisent, mais ne serait-ce que sur 3 ans, ça serait beaucoup plus facile pour nous pour monter nos budgets. Parce qu'aujourd'hui nos budgets sont montés comme ça, à vue de nez, jusqu'au moment où on va se prendre une montagne et puis qu'on sera obligé de fermer boutique et de licencier le personnel. Et ça, évidemment, ce n'est absolument pas l'objectif visé par Georgette Chastanet. Qu'est-ce qu'on fera des femmes qu'on reçoit actuellement ? Nous en avons reçu 550 l'année dernière, nous avons fait 600 signalements d'enfants. Qu'est-ce que vont devenir ces personnes si un jour on est obligé de fermer boutique ? Puis je refuse ça. Je refuse ça parce que c'est ce que j'ai vécu pendant 15 ans. Donc je n'admets pas qu'on nous laisse tomber comme ça. Et dans ce contexte, elle a vraiment l'impression d'être abandonnée. L'année dernière, on est sortis avec 11 000 euros de déficit. Cette année, sur la justice, il nous manque déjà 9 000 euros. Sur la mutualité sociale-agricole pour la ruralité, il nous manque 2 000 euros. 9 et 2, ça fait 11. 11 et 11, ça fait 22. Et je ne peux pas laisser filer ce déficit, moi. Sinon, j'envoie l'association dans le mur. Et ça, je ne le veux pas. Je refuse. Je refuse carrément d'envoyer l'association dans le mur. Parce que c'est nos salariés et ce sont les femmes qu'on reçoit, les enfants qu'on reçoit aussi. Et parfois, bon, il faut dire aussi qu'on reçoit des hommes. L'année dernière, on a reçu 18 hommes, je tiens à le signaler. Des victimes reçues chaque jour, écoutées et suivies par les 25 bénévoles de l'association, soit, en équivalent salaire, 52 000 euros. Alors si vous le pouvez, vous pouvez faire parvenir vos dons auprès de l'association basée à Brive, aux 11 rues Normandie-Nyémen. Le loup est en Corrèze depuis plusieurs années maintenant. Sa présence est certifiée tant par les éleveurs que par les services de l'État ou encore les associations environnementales mais une présence qui crée des crispations notamment sur le plateau de Millevaches où le loup s'attaque au troupeau de brebis malgré la présence de filets de protection. Une situation difficilement gérable pour Baptiste Emma. À 38 ans, cet éleveur a subi plusieurs attaques cette année dont une sur l'un de ses veaux. Le veau qu'on a trouvé, il était encore vivant. Il avait peut-être 15 impacts de crocs sur les fesses. Il avait une patte cassée. Voilà, ça fait mal. Qu'est-ce qu'on fait ? Ça reste quand même nos animaux. Il y a plein de personnes qui ne comprennent pas qu'on les élève pour en faire de la viande. Mais enfin, tout le temps qu'ils sont chez nous, on a intérêt à ce qu'ils soient bien, qu'ils soient en bonne santé et qu'ils se portent bien. Donc encore une fois, le loup, moi, peu importe qu'il soit là, ça me dérange, je m'en fous. Mais qu'il attaque nos bêtes, c'est un vrai problème. Alors l'homme demande une chose, un assouplissement dans la réglementation de la protection des loups afin de pouvoir mieux se défendre face à ces attaques. Aujourd'hui, on voit bien que le tir de défense a servi à pas grand-chose parce qu'il est mis en place depuis un certain temps. Enfin, pour notre part, on l'a depuis un petit moment. Les louvetiers font ce qu'ils peuvent, mais le résultat aujourd'hui, c'est que depuis un an et demi, il y a eu zéro loup tué sur le coin. Les dégâts n'ont pas arrêté d'être exponentiels. Il y a de plus en plus de loups. Pour quel résultat de tir de défense ? Bon, il faut être là au bon moment. Il faut que le loup soit en position d'attaquer à ce moment-là. Nous, on travaille déjà tous les jours. Les week-ends, les vacances, on ne va pas non plus aussi faire des gardes la nuit. Enfin, à un moment donné, il faut savoir aussi qu'on n'est pas esclave de la biodiversité. Pourquoi ce serait à nous de payer tout ? Aujourd'hui, il faut que l'État prenne ses responsabilités et qu'il abatte le nombre de loups suffisant, qu'ils soient en cohérence avec la réalité du terrain. Et s'il y a 2000 loups, s'il faut en prélever, s'il en faut 500 pour qu'ils se préservent, on en garde 500. Tout ce qui dépasse, c'est malheureux. Mais je pense qu'aujourd'hui, la seule solution qu'on a pour l'instant, je pense que c'est celle-là. Si demain on trouve une solution qui convient à tout le monde, pourquoi pas. Mais là, tout de suite, nous, on ramasse les macchabées dans les champs. Et pourtant, il a bénéficié d'aides financières afin de protéger au mieux ces animaux. C'était les fils électrifiés en parc de nuit. Ensuite, vu qu'on a eu notre lot d'attaques, on est arrivé au quota. Et quand on est en cercle 1, il faut deux mesures de protection. Donc le parc de nuit ne suffisait plus. Soit il fallait des patous, soit il fallait des bergers. Là, on avait choisi d'électrifier toute la journée le parc. Mais du coup, les moutons, au lieu d'avoir une trentaine d'hectares, ils avaient un demi-hectare à électrifier. Ça devient compliqué. Après, on a des personnes qui disent : vous pouvez demander des aides, mais on ne va pas demander des aides à clôturer 36 hectares. Comment on fait l'entretien des clôtures électriques ? Je vais vous le dire, l'entretien des clôtures électriques, c'est soit des broussailleuses, soit avec du glyphosate. Alors, qu'est-ce qu'ils veulent les gens ? Qu'on mette des produits chimiques partout dans les paysages ou qu'on les entretienne avec des moutons. Il faut retrouver un petit peu de cohérence. C'est qu'un loup, pourquoi pas, qu'un à dix, ce n'est plus possible. Aujourd'hui, selon la préfecture de la Corrèze, sept loups seraient installés sur le plateau de mille vaches. Un couple et ses quatre louveteaux. Un autre loup solitaire, lui, serait aussi présent sur le territoire. Une présence remise en cause par Carduelis, une association environnementale qui assure qu'en cas de présence d'une meute, un autre loup, qui plus est solitaire, ne peut pas s'installer sur un territoire déjà colonisé. Voilà, nous y sommes dans une petite boutique où une véritable bibliothèque de fromage vous fait face. Et entre les vitrines réfrigérées et son billet au virevolte. Mathieu Thulier, fromager au Bois d'Amalte à Brive-la-Gaillarde, vice-champion de France 2025 et vice-champion du monde des fromagers 2025. Un titre qu'il a donc remporté à Tours lors d'un concours international et où Mathieu Thulier faisait face à 18 autres concurrents. Pourtant, malgré ce titre, l'homme à la simplicité déconcertante reste heureux. Je n'y allais pas pour la gagne, pour avoir un titre pour quelque chose. C'est un mélange de reconnaissance, d'énorme fierté et d'honneur d'avoir eu la chance de pouvoir participer à ça et d'avoir pu montrer mon travail. La chance de savoir qu'on a reconnu mon travail comme étant un reflet de ma personnalité, que je ne trichais pas et ce que j'essaie d'être au quotidien en tant qu'homme, juste me montrer tel que je suis et si ça transparaît dans mon travail et que du coup j'ai une patte qui peut être identifiable, j'en suis doublement ravi. D'autant plus ravi qu'au départ, ce n'est pas lui qui devait participer à ce concours. J'ai remplacé au pied levé le candidat Jules Mercier, qui était champion de France en titre, qui est malheureusement décédé en montagne cet été en pratiquant sa passion. Et donc j'ai appris à la fin du mois de juin que j'étais candidat possible pour ce mondial. Et donc j'ai accepté à ce moment-là, pour lui et pour la hauteur de l'événement, bien évidemment, d'y participer. Or, si vous rencontrez cet homme, vous comprendrez très vite combien son travail de fromager coule dans ses veines. C'est un travail de connaissance, connaissance du produit, connaissance du monde fromager dans sa grande globalité parce qu'il est très vaste, très riche, très varié. C'est parler de fromage, c'est vivre le fromage, c'est partager, partager, partager, que ce soit entre professionnels de ce secteur ou au quotidien avec nos clients en boutique ou nos proches. C'est se réunir autour d'un élément qui est incontournable de notre gastronomie, incontournable de notre histoire, de notre terroir, de notre héritage. Et donc c'était l'occasion de participer à une grande messe des amoureux du fromage. Sur les tomes du Ségala, c'est au poivre de Timut. Donc un poivre un peu sur les accords agrumes, un peu citronnés, ça peut être déstabilisé aussi. Sur le truc un peu plus classique. Maintenant, si je vous dis que cet homme n'est fromagé que depuis deux ans, vous ne me croirez pas. Et pourtant, non seulement c'est vrai, mais cette arrivée est liée à un ras-le-bol, un burn-out après 15 années passées dans le milieu de la santé. Un milieu que ce grand gaillard à la barbe fournie et aux yeux bleus emplis de tendresse ne renie absolument pas. J'ai pu m'épanouir, j'ai pu découvrir un métier, des gens. C'était très intense et au bout de 15 ans, comme beaucoup de gens malheureusement, une perte de sens complète de mon quotidien, de mon métier, qui n'avait plus rien à voir avec celui qu'on m'avait appris. Je suis arrivé au fromage par passion en tant que client. J'ai découvert des gens qui savaient parler du fromage pendant des heures avec les yeux qui brillaient, qui étaient capables d'oublier les clients qui étaient sur le trottoir à attendre pour uniquement vous parler d'un fromage et parce qu'ils avaient envie de vous le faire aimer et de vous partager son histoire, sa production, son terroir et autres. Et je me suis dit : ça c'est un truc qui me plaît et une très belle histoire de vie. On s'est tapé dans la main, on a besoin de quelqu'un, t'es là, t'as envie d'apprendre, voyons ce que ça donne. Et s'il est une chose dont Mathieu Thulier est fier aujourd'hui, c'est bel et bien de pouvoir continuer à apprendre dans un milieu qu'il ne fait que découvrir. Ce rôle de transmission et de partage est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et qu'on retrouve beaucoup dans la profession. Et puis c'est une filière, le fromage. C'est un panel de professions gigantesques. C'est un producteur de lait qui va alimenter un producteur de fromage, qui va alimenter un secteur de transport, qui va alimenter des grossistes, il va alimenter des gens qui sont aux achats, qui vont aller chercher des produits, qui vont faire du sourcing des petits producteurs. C'est monumental. Mon boulot, il est d'autant plus formidable. Je n'ai pas à me forcer pour raconter des histoires. Je n'ai plus besoin de mentir et de raconter des histoires. Parce que je peux parler de produits qui parlent d'eux-mêmes. Je peux raconter des histoires que je connais parce qu'il y a des producteurs, parce qu'il y a des humains derrière, parce qu'il y a des gens, parce qu'il y a un souhait de partager autour d'un produit ancestral, millénaire et qui fait notre histoire en France, notre renommée internationale, le fromage. Et donc, je ne peux que vous inviter à aller découvrir ces artisans au bout de votre rue, loin des centres commerciaux. Tous ne sont peut-être pas vice-champions du monde, mais tous ont cette passion des êtres humains qui travaillent ensemble pour faire que notre société marche encore sur ses deux pieds. Je veux avoir des choses sympas sur la brebis, ou après, si tu veux finir avec un chèvre, si tu veux lancer un délai, éventuellement, ça ne va pas. Ce serait pour soi aussi, Madame Bonchon. Si tu veux finir avec un chèvre. Voilà, c'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve dans une semaine pour un nouveau numéro. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer une très bonne semaine en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
