Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
10-LE QUART D'HEURE CORREZIEN
20 décembre 2024 · 16 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. C'est d'ailleurs le cinquième épisode consacré à cette thématique sociale, celle de la lutte contre les violences conjugales. Et dans cet épisode, je vous propose de rencontrer Julie. C'est une jeune femme d'une quarantaine d'années. Elle habite et vit en Corrèze et surtout, elle a accepté de me parler des violences qu'elle a subies, mais surtout de ce qu'elle a mis en place pour se reconstruire moralement et mentalement. À la fin de ce quart d'heure, Émeric Tudou de Bram FM nous rejoindra pour la prescription culturelle. Prescription qui nous fera découvrir l'organisation de la grande parade de Noël à Tulle. Le quart d'heure corrézien, épisode 16. Vous avez le menu, c'est parti. Je suis une femme d'une quarantaine d'années, qui suis active au niveau du travail, qui a une vie tout à fait ordinaire. Cette voix, c'est celle de Julie, alors ce n'est pas son vrai prénom. Et si je souhaite préserver son anonymat, c'est tout simplement parce que, malgré une vie ordinaire, son passé a été plus que très marqué. J'ai été victime de violences conjugales à un moment de ma vie. L'association, j'en avais déjà entendu parler et elle m'a été conseillée par mon assistante sociale de secteur quand je lui ai demandé conseil. Des conseils parce que la jeune femme l'avoue, il lui a fallu accepter et se rendre compte qu'elle était une victime de la violence d'un homme. Ça a été un gros choc. Il faut l'encaisser, déjà, et réaliser qu'on est victime et qu'on a le droit d'être victime. Comment on peut ne pas se rendre compte qu'on est victime ? Parce qu'en fait, on est encore sous emprise. La violence n'est pas que physique, elle peut être morale, avec de la manipulation. Tout un tas de jeux au niveau de manipulation, de personnes qui ont une influence et qui rabaissent mentalement la personne. Ça s'est exprimé comment pour vous, par exemple ? Ça s'est exprimé avec du dénigrement et avec le fait de, un peu le mot souvent utilisé, du love bombing. C'est-à-dire qu'on donne beaucoup d'amour et puis après on se retire. Et du coup, il y a eu beaucoup qui a été donné. Et après, la personne se retirait, disparaissait. Et après, revenait, me faisait culpabiliser en disant que c'était de ma faute. Et du coup, en rabaissant. Et tout un cercle vicieux qui fait que la personne cherche un peu aussi à éloigner des autres. C'est un cercle infernal, oui. Et donc tout ça, ça veut dire en fait que c'est difficile d'une part de s'en rendre compte, mais du coup d'aller voir quelqu'un, de se faire aider. Oui, c'est ça exactement. Moi, je me suis rendue compte à la fin de cette relation qu'il y avait quelque chose, qu'il fallait que je travaille chez moi pour éviter d'accepter certaines choses des autres. Parce que quand, en fait, on laisse la porte ouverte à certains moments, à certaines personnes, quand on ne dit pas stop assez tôt. Donc, en gros, la personne profite de nos failles. Oui. Et ces personnes-là, justement, savent très bien lire et savent très bien utiliser les failles des personnes. Vous considérez-vous comme une personne fragile depuis toujours ? Comment vous définiriez-vous ? Fragile, non. Du coup, j'ai été fragile à certains moments, mais je ne me considère pas comme fragile pour tout. Et justement, je pense qu'ils ont, puisqu'il y a eu plusieurs expériences, utilisé cette bienveillance que j'ai envers les autres. Je trouve ça plus positif, mais à utiliser avec les bonnes personnes. C'est-à-dire concrètement, utiliser votre bienveillance, mais à votre insu ? Oui, à mon insu. Du coup, utiliser ma bienveillance contre moi pour me détruire plutôt que de manière positive pour faire du bien. De vouloir trop aider cette personne et que ça soit que dans un sens. C'est le sens unique qui fait la destruction. Quand la bienveillance est dans les deux sens, il n'y a pas de souci. Sauf que voilà, vous l'aurez compris, la relation entre Julie et son compagnon était visiblement à sens unique. Alors, depuis un an, Julie est suivie par l'association SOS Violence Conjugale, un suivi qui ne vise qu'un seul but, reprendre confiance en elle. C'est tout un travail sur moi, grâce à l'association SOS Violence Conjugale, d'abord lors d'entretien, pour travailler sur l'estime de moi. Et après, j'ai eu accès à des ateliers, ateliers bien-être, ateliers beauté. Tout ça, justement, pour encore renforcer le travail d'estime de soi. Et s'aimer soi-même pour pouvoir mieux aimer et de manière saine une autre personne. On pourrait dire que ces ateliers sont presque anecdotiques, un atelier maquillage, entre guillemets. Pourtant, ils vous font du bien. Expliquez-moi pourquoi. Ils font du bien parce que ça permet de travailler l'image qu'on a de soi et de travailler en profondeur là-dessus et aussi de rencontrer d'autres personnes et de pouvoir discuter aussi de ce qu'on traverse les unes et les autres. D'échanger sur vos expériences ? Oui, exactement. Est-ce que quelque part, ça vous rassure peut-être de ne pas être seule, mine de rien ? Oui, on sait qu'on n'est pas seule. Et justement, le travail de sabotage des personnes qui violentent physiquement et moralement, c'est d'isoler les victimes. Et justement, on a tendance à se sentir seul, de ne pas pouvoir en parler et justement de ne pas avoir le droit d'en parler. Et le fait qu'il y ait toutes ces personnes aux ateliers, ça permet de dire oui, on n'est pas seul et on est soutenu aussi par l'association. Ainsi, en libérant sa parole et en se confiant à des amis ou des femmes qui ont vécu la même situation, Julie a pu prendre conscience de son statut de victime, une étape prépondérante dans son processus de reconstruction. Les proches ont beau alerter, tant que la victime ne l'a pas conscientisée, elle ne se sortira pas de l'emprise et de cette situation. Le fait d'en parler ne fait pas forcément tout. Il faut admettre soi-même qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Parce que tant que la décision n'a pas été prise par la victime, donc par moi-même, rien ne peut changer. Tant qu'on n'admet pas qu'on est victime et tant qu'on n'a pas décidé de sortir de cette situation, ça ne pourra pas évoluer vers un sens positif. Et pardon, ma question est cachée peut-être, mais pourquoi c'est difficile d'admettre qu'on est victime ? Parce qu'il y a tellement de choses qui ont été données vers cette personne. Il y a eu de l'investissement et on attend en quelque sorte un retour sur investissement. Et puis on se dit, on croit aux belles paroles, il m'a dit ça, il m'a dit ça, il m'a dit ça, oui ça va venir, il faut être patient, et puis j'ai tellement donné qu'arrêter maintenant, c'est trop tôt, et on veut croire aux belles paroles, aux miracles, et c'est pour ça que c'est dur d'arrêter. Parce que l'emprise est un phénomène mental qui peut empêcher d'avancer, pourtant, depuis un an donc, Julie rencontre régulièrement Yasmina Bougrini, la travailleuse sociale de l'association SOS Violence Conjugale en Corrèze. La première fois que je l'ai vue, elle a beaucoup parlé de son ex-compagnon, mais à aucun moment elle n'a parlé d'elle. Elle ne parlait que de lui. Elle, elle n'existait plus, ou alors elle n'existait que par lui. Donc là, je me suis dit, bon, il y a un gros travail à faire. On se voyait une fois par mois, mais on s'est échangé beaucoup de messages, on pouvait s'appeler, etc., parce que madame avait ce grand besoin et cette attache avec moi, donc elle avait besoin de me contacter très souvent pour être accompagnée, pour être écoutée et entendue. Donc là, quand je vois qu'on a fait un gros travail d'un an où elle est arrivée à un point zéro, elle était au fond du gouffre, comme on dit, et là je vois qu'elle rayonne, ça va beaucoup mieux. Elle parle plus d'elle, elle parle plus des côtés positifs, de son évolution personnelle, professionnelle, intime, etc. Donc il y a un gros travail qui a été fait. Après, le travail n'est pas fini, mais c'est vrai qu'il y a une très grosse évolution de la part de Julie. Or, selon Yasmina Bougrini, la situation de Julie et sa façon d'aborder son histoire et de ne pas avoir vu le problème n'est pas un cas isolé. Dans la grande majorité des cas, il y a beaucoup de femmes qui sont orientées par des assistantes sociales, des psychologues, etc., et qui me disent « mais je fais quoi ici ? je ne suis pas victime de violence conjugale. Bon, ça va, il ne m'a donné qu'une claque, pour citer des exemples. Mais là, c'était pareil pour Julie. Elle m'a dit, j'ai été orientée par une assistante sociale, mais je ne sais pas ce que je fais là. Alors oui, il y a eu de la manipulation, mais je ne suis pas victime de violence conjugale. C'est ce qu'elle m'avait dit au départ. Donc quand on a creusé et qu'elle m'a raconté son histoire, etc., je lui posais des questions. Je lui disais, est-ce que vous trouvez ça normal, Julie ? Est-ce que là, vous ne trouvez pas que c'est un petit peu toxique ? Et puis c'est là qu'elle s'est rendue compte, au bout de quelques temps, au bout de plusieurs rendez-vous, qu'elle s'est rendue compte qu'elle a été victime de violences conjugales. Donc ça a été très compliqué pour elle de conscientiser et de mettre des mots sur sa situation. Aussi, en se faisant accompagner, les victimes trouvent petit à petit la force et le courage d'aller déposer plainte dans un commissariat ou dans une gendarmerie. Et ce, même si cet acte reste éminemment difficile. Parce que ces femmes, elles ont peur. Elles ont peur pour elles, elles ont peur de leur conjoint. Et elles se disent, si je porte plainte, j'ai peur de lui. En fait, j'ai peur d'avoir des mauvaises nouvelles de lui. J'ai peur qu'il frappe à ma porte et qu'il vienne me faire encore plus de mal. Donc, c'est cette peur-là, cette peur des représailles. Il y a aussi la peur que tout le monde le sache. Parce qu'on est dans une petite commune, on est dans un petit bourg. Tout se sait, tout le monde connaît tout le monde. Donc, c'est un peu compliqué de porter plainte. On va me voir aller à la gendarmerie. Qu'est-ce qu'elle va faire à la gendarmerie ? Ah oui, j'ai entendu des cris la nuit. Donc, je pense que c'est par rapport à ça. Donc il y a toutes ces peurs-là de la part de ces victimes de violences conjugales. Reste que ces peurs, grâce aux travailleurs sociaux, aux psychologues et à un entourage fort, peuvent laisser leur place à un renouveau, comme c'est le cas pour Julie, même si elle le sait, au fond d'elle, qu'elle doit encore travailler sur elle pour rester une nouvelle femme toujours plus forte. Et si vous êtes dans une pareille situation, n'hésitez pas à contacter le 3919. Le numéro est gratuit, accessible 24h sur 24 et tous les jours de l'année, même à Noël. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Émeric Tudou de Bréniges FM à Tulle nous a rejoint. Bonjour Émeric. Bonjour Olivier. Noël arrive à grands pas à Émeric et la ville de Tulle propose des animations pendant les vacances et ce, juste avant l'arrivée du Père Noël. Absolument Olivier, en ce moment le village de Noël est ouvert tous les jours. Place Martial Brigoulex au pied de la Grande Tour. Mais la grande attraction pour les jours qui arrivent, c'est la grande parade de Noël prévue lundi 23 décembre. On en parle avec mon invité Nicolas Giner, responsable du développement culturel à la ville de Tulle. Cette année, dans le cadre des animations de Noël, la ville de Tulle a souhaité organiser une grande parade qui aura lieu le lundi 23 décembre à partir de 18h30. Cette parade, qui partira du marché couvert à la gare, rejoindra la place Martial Brigoulex en traversant l'avenue Winston Churchill et l'avenue Victor Hugo. Ça promet de beaux embouteillages tout ça, dis-moi. Alors effectivement, c'est une question à laquelle on a effectivement pensé. Bien sûr qu'il va y avoir de la circulation un peu coupée pendant le temps de la parade, mais elle sera vite rétablie dès le passage de la parade. L'objectif est de perturber le moins possible cette parade, qui doit durer en fait entre 45 minutes et une heure. Mais au fur et à mesure où elle va avancer, on libérera bien sûr la circulation pour que chacun puisse quand même circuler du mieux possible dans Tulle. Mais l'objectif est vraiment d'apporter une animation particulière cette année dans l'avenue Victor Hugo et jusqu'à la place du marché de Noël, place Martial Brigoulex, avec différentes compagnies et associations qui vont faire partie de cette parade. Est-ce qu'on peut en toucher un mot justement de ces compagnies, ces associations qui vont participer ? Oui, effectivement. Je ne vais pas dévoiler toute la liste, mais il y a déjà... Quelques secrets quand même. Oui, je vais lâcher quelques secrets. Mais il va y avoir à peu près entre 14 et 15 compagnies professionnelles ou associations de Tulle ou du territoire de Tulle qui vont défiler dans l'avenue Victor Hugo. Alors parmi ce que l'on pourra voir, il y aura des échassiers, des cracheurs de feu, il y aura des personnages de Disney, des lutins, effectivement. Il y aura aussi une grande banda qui sera présente, qui va faire du bruit et mettre de la musique dans l'avenue Victor Hugo. Et puis il va y avoir d'autres associations qui vont être là pour proposer des petits numéros. D'ailleurs pendant la parade il va y avoir 2-3 temps de pause de prévus dans l'avenue Victor Hugo pour que chaque association puisse faire un petit numéro et essayer d'interpeller le public. Donc l'objectif c'est vraiment d'essayer d'attirer le plus de monde possible dans l'avenue Victor Hugo jusqu'ensuite à la place Martial Brigoulex pour qu'ils puissent profiter de cette parade et pourquoi pas interagir avec les artistes. Bon ça c'est une belle, voilà de belles choses en perspective. Donc pour ce lundi 23 décembre, grande parade de Noël. Donc attention à la circulation, stationnement à l'avenue Victor Hugo ces jours-là. Mais bon vous serez évidemment informés, il y aura des panneaux. En dehors de cet aspect pratique qu'il est important quand même de rappeler, ce sera la fête, c'est ça le principal, ce sera gratuit, ça démarre à 18h donc lundi, 23 décembre c'est ça ? Oui, on peut dire 18h30 puisque le temps que tout le monde s'installe au départ, on pense que le départ sera plutôt vers 18h30 pour une arrivée vers 19h30 place du marché et puis derrière il y aura le feu d'artifice. Le feu d'artifice qui sera tiré au-dessus de la place Marcel Brigoulet c'est ça ? Oui, depuis le quai Gabriel Péry et qui va venir clôturer ces deux semaines de marché de Noël sur la place Martial Brigoulex. Et il y aura des cadeaux qui seront distribués ? Effectivement, il y aura des cadeaux. Le Père Noël doit normalement venir un jour plus tôt. Il y a intérêt qu'il remplisse sa mission, celui-là. Si les enfants sont sages, il verra bien. Mais en tout cas, il est prévu que le Père Noël soit présent pour offrir des cadeaux aux enfants tulistes. Voilà pour cette grande parade. Rendez-vous lundi 23 décembre, le soir, à partir de 18h30. Venez nombreux pour assister à cette belle fête, à cette belle féerie de Noël made in Tulle. Merci beaucoup, Nicolas Giner, responsable du développement culturel à la ville de Tulle. Voilà de très, très bonnes raisons de se rendre à Tulle ce lundi le 23 décembre pour cette grande parade de Noël. J'en ai terminé. J'en profite, Olivier, pour vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année, prenez soin de vous et à très bientôt. Merci Éméric, merci beaucoup. Je vous souhaite aussi de passer de très bonnes fêtes de fin d'année à vous et à tous les auditeurs et auditrices du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure qui prend une pause et qui reviendra dès le 11 janvier prochain. En attendant, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. 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Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
