Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
09-LE QUART D'HEURE CORREZIEN
13 décembre 2024 · 15 min
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouveau numéro du quart d'heure corrézien. Quart d'heure qui est cette semaine à la Corderie Palut à Saint-Pantaléon-de-L'Arche. Souvenez-vous, dans l'épisode précédent, nous avions rencontré Maria Fatima Pinto, une ouvrière qui a passé toute sa carrière dans cet atelier ouvert aux quatre vents. Mais avant de partir, elle a transmis son savoir-faire et ses secrets de fabrication aux ouvriers. Et aujourd'hui, cette transmission est au cœur du projet de l'entreprise, de sorte que la production puisse se poursuivre, mais aussi que des débouchés commerciaux soient trouvés. En fin d'émission, la prescription culturelle vous propose de découvrir une soupe de lecture. Ça se passe à Brive, au Théâtre de la Grange, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti ! Nous sommes donc à la Corderie Palut à Saint-Pantaléon-de-L'Arche. Et ce que vous entendez derrière moi, c'est le cliquetis d'une machine qui permet de fabriquer des fusettes de fil. Et dans cet épisode, nous allons parler de formation et de transmission. Et pour cela, je vous propose de découvrir deux personnes qui travaillent chez Palus. C'est Léa Villenave, 23 ans, et Julien Barré, 20 ans. Je les ai rencontrés début décembre. Elle est étudiante en alternance, à Brive, en licence responsable commerciale. Lui est artisan cordier. Il a passé son CAP ici, à la Corderie Palus. Je cherchais un travail à 17 ans et j'ai trouvé ici par mes parents en fait. J'ai mon père qui travaille ici, ma belle-mère, du coup ça m'a ouvert les portes un petit peu on va dire. Et je me suis présenté au patron et le patron il m'a dit « écoute, tu commences dès lundi ». Du coup le lundi d'après j'ai commencé et je n'ai jamais arrêté. Ça fait trois ans que je suis ici maintenant, du coup j'ai mon CAP et maintenant je suis en CDI. Pour Léa Villenave, c'est une reprise d'études qui l'a conduite, un peu par hasard, à la corderie de Saint-Pantaléon-de-l'Arche. C'est vrai que je ne m'imaginais pas venir ici. Mais quand j'ai fait mon entretien, ça m'a vraiment touchée, ce que Stéphane m'a raconté. Il m'a parlé de l'entreprise, qu'il avait repris, qu'il voulait vraiment garder ce patrimoine. Et c'est pour ça que j'ai accepté de faire mon alternance ici. Et puis qu'on allait faire plein de choses ensemble, qu'il y avait vraiment pas mal de potentiel. Donc voilà, j'ai choisi cette entreprise. Moi, à la base, je voulais essayer de travailler aussi dans l'automobile. Et donc, j'avais postulé dans des métiers de l'automobile. Et puis après, j'ai fait l'entretien avec Stéphane. J'avais été prise justement dans une autre boîte d'automobiles et j'ai choisi la Corderie. Mine de rien, vendre une voiture, c'est largement plus facile, j'ai l'impression. Peut-être, oui, parce que c'est moins marché niche que la corde. Mais ce n'est pas ça qui m'a arrêtée, ce n'est pas ça qui m'a arrêtée et je suis très contente d'avoir fait ce choix. Je ne regrette pas du tout et je ne me vois plus du tout dans l'automobile. C'est quand même un très beau métier et puis même on touche tous les clients. Ça peut être des artistes comme des parcs d'attractions, il y a vraiment de tout. Donc c'est un domaine où on peut s'amuser aussi malgré que ce soit difficile en ce moment, on peut vraiment s'amuser. Donc c'est intéressant. Un intérêt qui s'est même transformé petit à petit en passion pour Julien Barré. Une passion transmise notamment par Fatima Pinto, l'ancienne salariée de Palus que nous entendions dans un précédent épisode consacré à la corderie. Fatima, c'est celle qui a formé tout le monde ici. Sans elle, au jour de maintenant, je pense que la corderie serait en train de couler. Mais grâce à elle, on va dire qu'elle a fait repartir le patrimoine. Et c'est reparti comme en l'an 2000. Et ça, c'est magique, je trouve ça magique. C'est-à-dire ? Un patrimoine comme ça, là où on fait des cordes à la main, pas sur des machines, franchement, moi, je trouve ça incroyable. C'est un savoir-faire et ça ne se perd pas. Et puis, on le voit avec mon exemple ou avec l'exemple de Léa, ça ne se perdra pas. Parce qu'il y a des apprentis qui viennent et qui veulent apprendre ce métier-là aussi. Autant dire que la mission de Léa Villenave de trouver de nouveaux clients pour la corderie est essentielle et indispensable, malgré des difficultés évidentes, prévient la jeune femme. C'est quand même un marché niche, donc c'est difficile de convaincre les entreprises de venir chez nous, parce qu'on fait tout traditionnellement à la main, donc c'est moins rapide qu'une industrie, et c'est plus cher, oui. J'ai un peu de mal encore, j'ai un peu de mal parce que c'est tout nouveau pour moi et j'ai eu un client encore pour l'instant et ce n'est pas encore concret, le client n'a pas encore rappelé parce qu'il a fait un test et il n'a pas encore concrétisé l'achat. Néanmoins, les liens entre les bureaux et les ateliers sont resserrés de sorte que ces gens soient au courant des réussites mais aussi des difficultés des uns et des autres. On va souvent les voir là-bas, voir comment ça se passe, comment sont les cordages et tout ça. Et c'est vrai qu'ils sont dans des conditions, l'été il fait très chaud, l'hiver il fait très froid. Et pourtant ils arrivent toujours à faire un très beau travail. Donc c'est sûr, il ne faut pas les oublier ça, c'est sûr. Et il faut jouer aussi sur ça, pour les clients. C'est vrai que ça ne fait pas très longtemps que je suis là, j'ai encore beaucoup de mal à avoir des clients et à connaître bien le métier, tous les cordages, il y a beaucoup de choses à savoir. J'en suis encore très très loin. Mais oui, après j'essaye vraiment de m'imprégner l'entreprise pour faire valoir tout son savoir-faire. Je suis fière quand je dis que je suis dans une entreprise comme ça. Parce que déjà ce n'est pas courant et puis c'est une très belle entreprise. On est la dernière en France, c'est un magnifique savoir-faire qu'on n'apprend même pas à l'école. On n'apprend pas du tout à être cordier, ce n'est pas un métier qui s'apprend. Ça s'apprend directement sur le terrain. Donc oui, je suis fière de travailler ici. Une fierté que l'on retrouve bien sûr chez Julien Barré. Au travail, je ne vois pas les journées passées. Là, je fais des fusettes pépées. Et les fusettes, en fait, c'est pour les viticulteurs. Ça leur sert à attacher les vignes et tout ça. Nous on ne met pas de tube dedans, nous on fait juste sur la barre, comme ça on l'enroule sur la barre et on peut la sortir directement. Et du coup à la fin, quand on a la fusette dans les mains, le viticulteur il la met dans la poche et on fait juste une boucle sur le dessus, comme ça il peut tirer dessus et le fil il s'enlève par dedans. Sans tout l'humilité entièrement. Voilà, exactement. Arrivé à la fin, il faut attacher une autre avec. Et si vous allez à la rencontre de celles et ceux qui travaillent chez Palut, c'est indéniable, vous y trouverez bien plus que de simples collègues. On a des t-shirts avec marqué Cordeau et Palut dessus. Et en dessous, on a marqué plus qu'un lien entre nous. Et la dernière fois, on était avec le patron et le patron nous a dit : on est une famille, on n'est pas... On est une famille. Donc on a quand même ce lien familial, on va dire, dans l'entreprise qui est assez bien quand même. Qui est vrai ? Ah oui, qui est vrai, oui. Ah oui, oui, totalement. Franchement, on est tous là pour s'aider les uns et les autres. Même le week-end, s'il faut, mon chef, il fait une maison lui-même. Je lui ai dit la dernière fois, s'il a besoin d'aide, je vais l'aider, il n'y a pas de souci. Cet esprit d'entreprise et son caractère familial assumé permet ainsi à Léa Villeneuve de se projeter dans l'avenir avec cette idée d'intégrer pleinement un jour la Corderie à l'issue de ses études. C'est une réflexion en cours, je ne sais pas si l'année prochaine peut-être que je vais continuer mes études en master, peut-être que si je suis embauchée à la fin, je ne sais pas encore, mais j'aimerais beaucoup, oui, si ça continue parce qu'il y a beaucoup de potentiel. Et je sais que cette entreprise n'a pas allé très très loin, donc j'aimerais bien continuer éventuellement à travailler ici, pourquoi pas. Qu'est-ce qui vous fait dire justement qu'elle peut aller très loin ? On voit d'où Stéphane en est parti. En très peu de temps, il a vraiment fait un travail formidable. Et même s'il y a des temps difficiles, il ne baisse pas les bras. Tout le monde est motivé dans l'entreprise, ça se voit. Donc je sais qu'on peut tous, en travaillant ensemble, je sais qu'on peut la faire remonter très très vite, la faire évoluer très très vite. Et cette envie d'intégrer une entreprise qui développe un tout petit marché de niche, eh bien ça éblouit les collègues de Léa, à l'instar de Julien Barré. J'admire ce qu'elle fait honnêtement, parce que c'est pas simple de trouver du travail pour nous, parce que nous, il y a des clients qui ne veulent plus commander chez nous, des trucs comme ça. Et honnêtement, nous, on cherche vraiment les clients, en fait. Parce que les clients, c'est ce qui nous fait marcher. Si on n'a pas de clients, il n'y a plus de boîte. C'est pourquoi la formation et la transmission sont au cœur de l'accord de Ripalut, parce que ces deux notions alliées, en plus de la volonté de réussir et de réaliser des produits de qualité, font partie des éléments qui vont permettre à l'entreprise de se développer encore. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure, une prescription que l'on vous doit. Fabien Montbois, bonjour. Bonjour Olivier. Pour ce numéro, vous vous êtes rendu à une soupe de lecture. Alors c'est une sorte de rencontre qui permet à des lecteurs de se retrouver, d'échanger sur leur lecture et surtout de lire à voix haute. Ces soupes de lecture, c'est une sorte d'évolution un petit peu des nuits de la lecture, des nuits de la lecture impulsées en 2017 par le ministère de la Culture. Et ce rendez-vous, Fabien, se passe à Brive tous les deux mois au Théâtre de la Grange. C'était le mercredi 4 décembre. Le rendez-vous était donné à 20h30 au Théâtre de la Grange. Alors, je vous avoue qu'en montant la colline du quartier Rivet, j'avais une petite appréhension à l'idée de passer une soirée plutôt monotone. Mais très vite, je me laisse charmer par l'ambiance chaleureuse que fait régner Claire Fustier, l'organisatrice. Elle m'explique comment la soirée va se dérouler pendant que les participants arrivent, bouteilles de Beaujolais, soupe et gâteau à la main. La thématique ce soir-là est Résister. Tout le monde a sélectionné des passages d'un livre qu'ils liront et débattront avec le groupe. Chaque personne a 6 minutes, ils sont 10. On est parti pour une heure de lecture avant de se mettre à table et continuer les discussions. Pour traiter cette thématique de Résister, les convives ont choisi des auteurs allant de Boualem Sansal à Louis Aragon en passant par Alain Damasio. Claire Fustier a choisi de lire le livre « Les cinq noms de résistance » de Georges Guingouin, écrit par Armand Gatti. Armand Gatti était résistant, journaliste, écrivain et dramaturge. Il aurait eu 100 ans cette année. Les soirs où la nature et le maquisard s'investissaient l'un de la pensée de l'autre font désormais partie des temps passés. Que peut dire l'arbre limousin après la mort de Georges Guingouin ? Le chant des condamnés du quartier, visiteurs du soir, le chante encore aujourd'hui, pour qui veut l'entendre. Toutes les rivières que les arbres bordent, oui, nous nous reverrons, mes frères. Armand Gatti est né à Monaco. À 18 ans, en 1942, il décide d'entrer en résistance. Il prend le train, direction le plateau limousin et rejoint le maquis de Georges Guingouin, instituteur communiste révoqué. Le hasard a fait que le 27 octobre 2005, Armand Gatti débarque à Limoges. C'est le jour de la mort de son ami Georges Guingouin. Forcément, il lui rend hommage et écrit le poème que Claire Fustier est en train de vous lire. Est-ce par hasard que le seul langage avec lequel l'homme a donné aux mathématiques une réalité soit la physique des particules ou, comme le disent les journaux, la bombe atomique ? Que répondent les rivières du plateau aux mille sources ? Faut-il construire un barrage avec des mots non politiques pour dire limousine, la résistance, de Raoul, Lou Grand, l'orage, le chêne, Bootstrap ? Tous ces alias pour désigner Georges Guingouin, une légende de la résistance. C'est l'un des rares communistes qui a été fait compagnon de la Libération. Il a été mobilisé en 1939, blessé en 40, retour à Saint-Gilles-les-Forêts, la petite commune à la frontière de la Haute-Vienne et la Corrèze, où il édite, il diffuse des tracts, et puis en avril 1941, il prend le maquis, devenant un des premiers maquisards de France, et créera un des maquis les plus importants de la résistance, ici, en Limousin. ... ou en mal d'enfant, les horizons immenses tracés par les résineux et les rhododendrons. La Corrèze, les 99 pendus de Tulle et leurs ombres parmi nous, le spectacle émouvant des châtaigniers en fleurs, les 60 espèces d'arbres vieux de plus d'un siècle avec la pluie qui s'égouttait de leurs feuilles. Pour continuer la lecture, le livre « Les cinq noms de résistance » de Georges Guingouin, écrit par Armand Gatti aux éditions Le Brut des Autres, est disponible en librairie et sur Internet. Je vous fais une petite recommandation, si vous avez besoin d'un moment de détente, où l'imaginaire et la curiosité se mêlent à une ambiance chaleureuse et décontractée, vraiment, je vous invite à aller faire un tour aux soupes de lecture. Vous passerez une très belle soirée, je vous l'assure. Je n'en doute pas Fabien, merci beaucoup pour l'invitation. La prochaine lecture a lieu le 5 février prochain. Toutes les précisions sont à suivre via le compte Facebook du Théâtre de Lagrange. C'est la fin de ce numéro du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine avec un épisode consacré à la lutte contre les violences conjugales. Et d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast. Sous-titrage Société Radio-Canada
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
