Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

08-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

6 décembre 2024 · 15 min

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Alors que les vendanges 2024 sont au plus bas historique de la cave des 1001 Pierres, à Branceilles, les vignerons ne restent pas résignés. Au contraire. Ils remontent leurs manches, et réfléchissent afin de trouver une solution pour pouvoir produire du raisin, et donc a terme, des vins. Et le soutien des consommateurs leur semble indispensable.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RCF Corrèze, Bréniges FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Quart d'heure qui poursuit sa route aujourd'hui dans les vignes de Brancelles. Il y a un mois, souvenez-vous, nous avions fait le bilan des vendanges de l'année et le constat était sans appel. La météo n'a pas permis d'obtenir assez de raisins pour pouvoir faire un millésime 2024. Conséquence, les vignerons en pleine crise agricole cherchent des solutions pour pouvoir produire malgré les aléas climatiques. Et ce sont toutes ces questions auxquelles nous allons tenter de trouver des réponses dans cet épisode. La prescription culturelle, vous la retrouverez en fin d'émission et elle va vous faire découvrir la galinette dansée, une compagnie de danse installée dans le sud de la Corrèze, sur le territoire de la Xintry-Val-d'Ordogne, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Dans les épisodes précédents, nous avions pu entendre la déception des vignerons de la cave des Mille-Une-Pierre à Brancelles. Déception parce que les volumes de jus de raisin destinés à faire du vin n'ont pas été au rendez-vous cette année. Et alors que l'hiver est là, la végétation, elle, se met en sommeil. Pour autant, dans la cave, le moral des vignerons reste positif parce que les perspectives commerciales sont au rendez-vous, assure Philippe Leïma, le président de la cave coopérative. Les perspectives pour l'année 2025 au niveau de la cave sont plutôt bonnes puisqu'on est sur un développement commercial, une montée en images, une montée en qualité, qui fait que le consommateur et nos clients sont au rendez-vous. Donc tout va bien pour l'année qui vient. Commercialement. Oui, commercialement. On va taper dans les stocks plus vite que prévu, notamment sur les rouges, mais on ne devrait quasiment pas avoir de rupture de produits sur l'année 2025. En revanche, la question qui se pose, c'est sur l'avenir. On a gelé en 2017, 2019, 2021, 2023, 2024 avec le milieu qui a remis une couche 2023 et 2024 qui a accentué le phénomène. Et donc cette récurrence, elle pose la question d'avenir sur comment résister à ça, s'adapter et faire que les bonnes années, on puisse faire les stocks pour accepter les mauvaises. Et donc ça, ça veut dire en fait trouver des solutions qui vont aller vers quoi ? Aujourd'hui, les pistes qu'on peut nous activer ou au moins réfléchir, elles sont à deux niveaux. Un, c'est en adaptant à la capacité d'arrosage qu'on a, c'est-à-dire la taille des tuyaux, la taille des pompes, c'est de mettre en place la protection antigel par aspersion. Parce que ça, vous pouvez le faire parce qu'il y a un lac. Oui, alors nous sur Brancelles on a la chance d'avoir un lac collinaire communal, après on a un autre adhérent de la cave qui lui est sur la Chapelle au Sène, qui est sur un réseau d'irrigation de plus grande taille. Donc aujourd'hui avec les contraintes techniques de la protection anti-gel par aspersion, on est en capacité de couvrir, si on le veut, 4 hectares à peu près de vignes sur les 30 qu'on a. Donc déjà, c'est un premier sujet. Ça, on est en train de le diagnostiquer. Je ne dis pas que dès la première année, on couvrira 4 hectares, mais peut-être qu'on va essayer sur 1 ou 2 hectares la première année pour voir si ça marche comme il faut, si techniquement, ça s'est adapté. Et puis voilà. Et après, la deuxième solution peut-être plus importante, plus protectrice, mais qui, pour le coup, amène de grosses réflexions budgétaires, c'est la protection par tour antigel, qui, là, peut protéger des zones plus grandes, mais qui nécessite un investissement beaucoup plus lourd, où là, derrière, il y a non seulement un diagnostic technique à faire, mais aussi un diagnostic de montage financier avec des négociations avec des assurances, puisqu'aujourd'hui, le modèle existe, mais il est perfectible. Ces tours avant permettraient ainsi de brasser de l'air et de rabattre l'air plus chaud au pied des vignes et ainsi de maintenir un semblant de chaleur de sorte que les grappes en formation au printemps ne gèlent pas. Or, aujourd'hui, comme vient de le souligner Philippe Leïma, le système d'assurance reste perfectible. Concrètement, aujourd'hui, l'État et la région aident déjà ce système de protection. Par contre, dans le cadre de cette aide, ils obligent l'assurance récolte en contrepartie. Or, nos impacts climatiques chez nous, c'est le gel. Donc si on se protège d'un côté avec les tours et qu'on nous oblige de nous assurer pour le gel alors qu'on s'est protégé nous-mêmes, il y a un peu une incohérence. Donc là, on est en train de voir comment on peut discuter avec les assurances pour éventuellement mettre une décote à l'assurance à partir du moment où on est protégé contre le gel pour continuer à s'assurer sur le reste. Ça peut être la tempête, ça peut être la grêle, etc. Mais donc l'idée, ce n'est pas d'aller contre l'assurance, mais d'adapter le modèle assurantiel à des préconisations et des protections individuelles qu'on aurait mises en place. Ça c'est un bras de fer en fait que vous allez entamer un petit peu ? Oui c'est un bras de fer avec l'assurance. Maintenant nous on a la chance en Corrèze d'avoir un département de la Corrèze qui est à fond sur le sujet et qui a pris conscience du problème et qui nous dit monter les études techniques et financières. Et puis derrière, on réfléchira ensemble comment optimiser l'accompagnement pour sauver une filière. Alors certes, c'est très local, mais on peut quand même considérer que sur le bassin Beaulieu-Bénamessa, que quasiment tous les viticulteurs et tous les producteurs de noix sont concernés. Donc là, il y a un vrai enjeu de territoire à trouver des solutions collectives. Ces solutions collectives sont d'autant plus importantes à trouver que le monde agricole est en crise depuis plusieurs mois. Et même en Corrèze, les vignerons espèrent ne pas être oubliés. On n'est pas trop impacté par le problème de la filière viticole, on va dire nationale, puisque les grandes tendances, on les connaît. C'est une baisse globale des consommations en rouge, une légère augmentation du blanc, une stagnation des rosés et une augmentation des bulles. La question se pose, oui, sur la consommation des rouges, avec, on le voit de partout dans les grandes régions, des gros plans d'arrachage pour pallier à ça. Nous, c'est vrai qu'à ce niveau-là, on n'est pas trop impacté dans le sens où on vend beaucoup en extra local, en circuit court, on va dire qu'on vend à 100 km à la ronde de la cave. Donc, on vend plus un produit régional que du vin. Malgré tout, il faut qu'on soit attentif à l'évolution du marché, qu'on s'adapte en profil produit, en répartition de gamme, etc. Après, la question, elle est quand même beaucoup plus sur l'avenir de la production et de la considération du monde agricole aujourd'hui. Par exemple, moi je suis en bio, aujourd'hui on a l'aide au maintien qui nous aidait à faire ce choix de production qui a d'autres enjeux que la simple protection des produits, puisqu'on sait très bien que la production biologique aujourd'hui a ce qu'on appelle les aménités positives autour d'elle, c'est-à-dire préserver l'eau, l'air, la biodiversité, les sols, l'aide au maintien permettait de compenser les surcoûts liés à la production biologique. Et cette aide disparaissant en 2025, là on a besoin d'un signe fort politique et de l'ensemble du pays, en fait, sur cette volonté de vouloir accompagner les agriculteurs dans cette démarche bio pour protéger le territoire et les concitoyens. Ces choix de production, pour Philippe Leïma, ne peuvent pas venir que des décideurs politiques, mais bel et bien des consommateurs eux-mêmes qui, avec leur carte bleue et leur chéquier, font chaque semaine des choix. La réalité d'impact sur les filières agricoles, au-delà du gouvernement, c'est le consommateur qu'il a. Et c'est là qu'on a une grosse incohérence aujourd'hui entre ce que nous demande la société, et ça c'est vrai pour le bio, mais c'est vrai pour le commercial aussi. C'est-à-dire qu'en fait, la société nous demande de produire plus blanc que blanc, avec des règles concurrentielles qui ne sont pas respectées, déjà au niveau européen et encore moins au niveau mondial. Mais c'est même personne, quand elles font leur course et quand elles poussent le caddie, comme on dit, elles n'appliquent pas ça et puis elles vont aller chercher du prix en sachant très bien que s'il y a du prix bas, c'est que derrière, ça a été produit avec des conditions que les gens ne veulent pas autour de chez eux. Donc là, il y a une incohérence et le premier soutien au-delà des subventions à l'agriculture, c'est le consommateur qui peut l'avoir par son acte d'achat. Alors je sais que le pouvoir d'achat est en berne, que l'alimentation est le premier budget sur lequel les ménages rongent. Je rappellerai juste qu'il y a 30 ans, les ménages étaient à peu près à 30 % de leur budget mensuel sur l'alimentation. Aujourd'hui, on est à 12 et que contrairement aux idées reçues, bien manger, ce n'est pas réservé qu'à une élite et ça ne coûte pas forcément beaucoup plus cher. Effectivement, ça change un peu les modes de fonctionnement parce qu'il faut peut-être un peu plus cuisiner qu'avant, arrêter les plats préparés, etc. Mais c'est possible. Nous, on a plein d'exemples de familles qui ont revu leur mode de consommation et qui, à des budgets très modérés, arrivent à manger sainement et proprement. Et pour parvenir à faire changer les mentalités, l'agriculteur viticulteur est persuadé que ce n'est qu'en renforçant les liens entre producteur et consommateur que la confiance se nouera et pourra perdurer sur la longue durée. Il faut que le consommateur ne soit pas trompé. Il faut lui dire ce qu'il en est. Aujourd'hui, on a la chance d'avoir le label AB qui est hyper reconnu, hyper de confiance. Après, c'est vrai que quand en opposition à ça, on met des labels nouveaux comme HVE ou sans pesticides, etc., le consommateur qui ne connaît pas grand-chose, il pense bien faire sans trop savoir ce qu'il y a vraiment derrière. Et il est perdu. Pareil sur les prix bas. Les prix bas, aujourd'hui, les consommateurs ne savent pas forcément que pour avoir des prix de viande au ras des pâquerettes, derrière, c'est forcément de la viande qui est faite avec des hormones et des OGM. Donc tout ça, il faut le dire. Après, si les gens savent, ils agiront en connaissance de cause. Maintenant, aujourd'hui, je pense vraiment qu'à leur décharge, les consommateurs sont perdus et on leur fait croire des fausses choses. Donc commençons par bien communiquer, bien dire ce qu'il en est réellement. Arrêtons de leur faire croire aux gens que les choses peuvent ne pas avoir de prix et de valeur. Toutes les choses ont un prix. Quand on achète un produit à bas coût, quand on achète par exemple une voiture à 500 euros alors qu'elle en vaut 10 000, c'est pas normal. J'ai envie de dire pour l'alimentation c'est pareil. Quand on fait croire qu'un steak ça vaut 2 euros, c'est pas vrai un steak ça vaut pas 2 euros. Et s'il est à 2 euros c'est qu'il y a des problèmes derrière. Aussi, aller à la rencontre des maraîchers, des éleveurs, des producteurs de fruits et de céréales ne peut que permettre de renforcer d'une part les liens humains, mais aussi d'assurer un revenu digne à celles et ceux qui travaillent la terre. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure. Emmerick Tudou de Bréniges FM nous a rejoint. Bonjour Emmerick. Bonjour Olivier. Vous nous emmenez aujourd'hui danser dans le sud de la Corrèze. Alors aujourd'hui Olivier, je vous propose de prendre la direction du sud de la Corrèze et plus précisément du territoire Xaintrie-Val-d'Ordogne. On fait connaissance avec Mathieu Sparma de la compagnie La Galinette Dansée. Et ouais, La Galinette Dansée, ça ne s'invente pas. C'est une compagnie qui fait un projet éducatif sur le territoire Xaintrie-Val-d'Ordogne autour de la danse contemporaine dans 14 établissements de ce territoire. Une association qui est basée à Riac Xaintrie. Alors pourquoi elle est basée dans ce tout petit village, Mathieu Sparma ? C'est assez lié quand même à mon déménagement. J'arrive de Lyon et je me suis installé en Corrèze. L'idée n'était pas forcément de monter une structure, de m'associer avec d'autres. Mais c'est arrivé assez rapidement. Il y a des habitants dans ce hameau qui sont fort sympathiques. Et ça a connecté direct. Et avec des rencontres qui sont celles de la municipalité, l'école de mon village. On a rapidement eu l'envie de faire des propositions artistiques aux élèves. Et il fallait se structurer. La compagnie, la Galinette Dansée. La galinette, moi ça me fait forcément penser à quelque chose. Tu suis Morgard, je pense que tu as compris. Les Inconnus, les chasseurs, tout ça. Pourquoi la galinette ? C'était clairement un clin d'œil à mon environnement. C'est clairement assumé et d'ailleurs on en fait un parti pris. Et les chasseurs sont plutôt amusés de la chose. Si ils le prennent bien, c'est parfait. Et les non-chasseurs aussi, c'est ça qui est bien. Et puis c'est un nom qu'on retient facilement. Mathieu, si tu veux bien, on va parler un petit peu du projet qui s'adresse à 14 établissements du territoire éducatif Xentri Val d'Ordogne. En quoi consiste exactement ce projet que vous mettez en place, la compagnie La Gallinette Danse ? Alors, à mon arrivée sur le territoire, j'ai fait la rencontre de madame Bardi, présidente de la communauté de communes Xentri Val d'Ordogne, qui elle-même, devant mon enthousiasme à faire danser les élèves et la jeunesse de ce territoire, m'a mis en relation avec un fonds de dotation, le fonds de dotation Vatine, basé à Paris, qui œuvre pour amener à cette jeunesse plus de culture et d'activité sportive aux élèves. Après cette rencontre faite avec le fonds de dotation, j'ai eu l'enveloppe et on m'a donné l'autorisation de venir rencontrer, une fois sur une demi-journée, chaque classe des 14 établissements du territoire. C'est un grand territoire, la Corrèze. Et la Xentri Val d'Ordogne encore plus à l'intérieur de tout ça. Et en fait, je me suis associé à deux musiciens, une musicienne et un musicien, pour venir présenter un spectacle, une forme courte, un échange, bien sûr, sur nos métiers de musiciens et danseurs, et un atelier de pratique artistique en danse contemporaine. Donc tout ça nous amène à un projet de territoire d'environ 4 semaines où chaque classe, elles sont 35, de la maternelle à la fin de la primaire, du CM2, qui doivent être rencontrées, qui doivent traverser notre proposition sur le calendrier 2024-2025. Mathieu, je voulais aborder aussi les thématiques que vous mettez en place avec les enfants à travers ce projet. C'est totalement libre ou il y a quand même un petit leitmotiv ? Alors, il n'y a pas une thématique à proprement parler. En revanche, les deux spectacles ont une couleur et forcément cette couleur de spectacle a une influence sur la pratique et l'atelier qui leur est donné par la suite. Il me faudrait un temps un peu plus long pour détailler un petit peu la pratique. Moi, ce que je peux inviter les auditeurs à faire, c'est à visiter le site web de la compagnie et de se renseigner sur nos événements et notamment sur nos ateliers chorégraphiques qui sont donnés grâce à la complicité de Familles rurales Xentri Blanche, une fois par trimestre, à la salle de Saint-Julien-en-Bois. Les samedis, généralement, de 16 à 19h, des ateliers de pratique où là on explore le langage de la danse contemporaine. Et votre enthousiasme. Bon. Quand le projet sera bouclé, terminé, est-ce qu'on pourra avoir un petit retour, un petit bilan de comment ça s'est passé ? Bien sûr, on pourra faire ça et on pourra partager des photos, si vous voulez faire suivre. Voilà, mais bien sûr, je serais ravi de pouvoir vous donner quelques mots. La deuxième phase du projet, donc là, on est sur cette première phase. Avec deux semaines de territoire, sera fin janvier, courant février. Donc on peut très facilement envisager, en février ou mars, un suivi et un moment d'échange autour de ce projet. Et bien, j'ai hâte d'en savoir plus. Le rendez-vous est pris. Merci beaucoup, messieurs. C'est la fin de ce numéro du quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous de nous suivre. De plus en plus nombreux chaque semaine. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Et d'ici là, je vous souhaite de passer de très bons moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast. Sous-titrage Société Radio-Canada

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