Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

07-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

28 novembre 2024 · 15 min

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La préparation mentale est un phénomène nouveau dans les sports collectifs. Au CA Brive, depuis le Covid, un préparateur mental s'est rapproché des jeunes joueurs du centre de formation. Parce que le mental, c'est comme les muscles, ça se travail et pour ça, Jérôme Trésarrieux accompagne les joueurs dans leur formation. La prescription culturelle vous propose de découvrir La Polanpro, une artiste dominicaine installée à Brive depuis quelques années.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RCB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouveau numéro du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure consacré à un phénomène nouveau qui entre de plus en plus en compte dans la formation des joueurs de rugby du CEA Brive. C'est la préparation mentale très présente dans les sports individuels. Cette façon d'appréhender les matchs, les gestes techniques, mais aussi de contrôler les moments de tension ou d'euphorie est d'autant plus importante qu'elle permet de construire mentalement les joueurs vers une meilleure performance, vous l'entendrez. À la fin de ce quart d'heure, Fabien Montbois nous rejoindra pour la prescription culturelle de la semaine. Une prescription musicale, mais surtout une rencontre avec une artiste dominicaine hors du commun installée en Corrèze. C'est La Polan Pro, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Cette semaine, donc, je suis retourné au centre d'excellence du CEA Brive, un centre qui se trouve sous les gradins de la tribune Élie Pébert du Stadium. Et j'y ai retrouvé Jérôme Trésarieux, originaire des Landes. Il est aujourd'hui professeur en dessin industriel à Libourne, en Gironde. Et depuis plusieurs années déjà, il intervient au CEA Brive. Il a d'abord commencé comme entraîneur des jeunes au centre de formation. Et depuis le Covid, cet homme au crâne dégarni et à la barbe taillée en pointe s'est emparé notamment de la problématique de la préparation mentale des jeunes joueurs. La préparation mentale, c'est être à 100 % mentalement pour pouvoir performer sur le terrain. Enlever tous les freins, ou en tout cas arriver à les gérer, pour être en capacité maximale au moment du match. Ces freins mentaux, ils sont identifiés au cours d'entretiens individuels entre l'homme et les joueurs. Les problématiques qu'ont les joueurs, c'est souvent le stress, la gestion des émotions, l'estime de soi. Et donc ça peut être les freins qui vont les empêcher d'être performants. Quelqu'un qui va trop stresser, aura du mal à être performant, va piocher dans ses réserves physiques dû au stress. En clair, au cours d'un match ou d'un entraînement, la tension, la peur de mal faire, l'inquiétude de ne pas être au rendez-vous vont monter très haut, très fort. Et parfois, le joueur gamberge dans sa tête, tente de trouver des solutions, mais ces solutions ne semblent pas adaptées. Et alors, il peut plonger mentalement, ce qui de fait a des conséquences sur sa prestation purement sportive. Certains vont être souvent en manque d'estime de soi, ils ne vont pas prendre conscience qu'ils jouent au meilleur niveau, qu'en fait ils ont des qualités quand même pour être là, et c'est de se servir de ces qualités-là pour pouvoir être performant. Certains des fois, c'est beaucoup plus rare, mais souvent des fois trop beau, et donc c'est aussi de par la fixation d'objectifs, des choses comme ça, de dire ok, tu as envie d'arriver là, et c'est très bien de vouloir arriver très haut, mais par contre qu'est-ce qu'on fait pour y arriver ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on met en place pour pouvoir arriver à être là-haut ? Et donc, pour quelqu'un qui se verrait, par exemple, trop beau, souvent, il ne fait pas ce qu'il faut, il n'emprunte pas le bon chemin pour arriver là-haut. Donc, c'est juste de lui en faire prendre conscience et de dire, OK, c'est bien de vouloir affirmer que l'on veut finir haut. Par contre, voilà, on va travailler là-dessus, là-dessus et là-dessus. C'est donc pour ça que ce travail mental est essentiellement individuel. Chacun passe des petits tests pour justement savoir quels sont les secteurs à travailler. Et après, on va faire une priorité avec eux, parce que des fois, il y a les trois secteurs qui sont à travailler, mais regarder lequel est le plus essentiel au départ et puis commencer à travailler là-dessus. Moi, je leur donne des fiches avec des audios pour pouvoir visualiser des choses. C'est souvent sous forme d'audio parce que le but, c'est qu'ils soient autonomes. Le but, c'est qu'ils soient capables de dire non, ça, ça ne m'intéresse pas. Ça, j'aime bien. Par contre, je l'ai modifié comme ça, comme ça, pour qu'eux, justement, soient bien mentalement. Ces tests ne sont pas conduits par hasard. N'oublions pas que Jérôme Trésarieux travaille avec des jeunes de 15 à 20 ans. Tout est donc cadré. Le test est développé par des scientifiques qui a 150 questions, qui va aller balayer toutes les habiletés mentales. Alors après, moi, je les regroupe en trois gros secteurs parce que c'est ce qui leur arrive le plus. Peut-être que chez des plus vieux, toute la notion de gestion de la blessure, ainsi de suite, rentrera en compte. Pour eux, c'est un peu moins vrai. Donc il y a 150 questions et ça va être comment je gère quand il y a une injustice. Mais très, très ciblé sur le sport. Tout l'enjeu, notamment sur la gestion de la colère, est donc de trouver le bon réglage afin que cette colère ne se transforme pas en une forme de violence inappropriée. Il ne faut pas la dépasser et il ne faut pas être en dessous. Donc il faut être capable de retrouver, on a tous eu des actions, des matchs qui nous paraissent exceptionnels. C'est ce qu'on appelle l'état de flot en préparation mentale. C'est l'état où j'ai presque l'impression d'être à côté de moi et quoi que je fasse, j'y arrive. Et donc c'est d'essayer de trouver par quelles émotions je suis passé pour arriver à cet état-là et donc pour être performant. Et c'est la même chose quand je dégoupille ou quand j'ai du stress, c'est d'être capable d'énumérer par quel état je passe pour pouvoir y glisser à l'intérieur une boîte à outils et de pouvoir gérer, par exemple sur le stress, de se dire, moi je stresse quand j'arrive dans les vestiaires, dans le bus non, la veille non, par contre quand j'arrive dans les vestiaires j'ai un coup de stress. Donc là on va sortir un outil pour faire descendre le stress et après pour essayer de le réguler jusqu'au moment du match. Ce travail individuel nécessite donc une très grande confiance voire une complicité entre les deux acteurs joueur et préparateur mental. Le climat de confiance avec eux, il est essentiel parce que s'ils n'ont pas envie de faire ça, ils ne le feront pas. C'est eux qui doivent être demandeurs au départ. C'est quand même le plus simple. Alors avec les crabosses, les entraîneurs vont dire par exemple tiens, ça serait bien que tu ailles voir Jérôme mais c'est à la volonté du joueur. Autre jour, il y en a un qui me dit Jérôme, il faut que je vienne te voir. Mon père m'a dit que ça serait bien que je vienne te voir. Je lui ai dit ok, tu reviendras quand toi, tu auras envie de venir me voir. Parce qu'autrement, on ne le fait pas en étant persuadé que ça peut marcher. Pourtant, dans l'imaginaire collectif, que ce soit dans la vie en règle générale et dans le monde du rugby en particulier, travailler sur le mental, ce serait admettre ses difficultés, voire ses failles. Or, selon Jérôme Trésarieux... Certains ont l'impression que d'aller voir un préparateur mental, c'est avoir un problème mental. C'est quelque chose qui peut paraître aberrant, mais en fait, ils ont l'impression que le mental, on doit l'avoir. C'est comme ça. On doit l'avoir pour jouer en pro et donc on n'a besoin de personne. Mais c'est pas logique. C'est comme quelqu'un qui est fort physiquement, on ne lui enlève pas les préparateurs physiques et on ne lui dit pas « tiens, t'as des barres, débrouille-toi », autrement il va devenir moins fort physiquement. La préparation mentale, c'est la même chose. Et pour lui, si la peur est un réflexe de survie, elle ne doit pas pour autant envahir au risque de perturber les équilibres. Il y a la peur de trouver du positif dans ce qui est négatif. J'essaye toujours de leur faire changer de point de vue et de voir les côtés positifs de ce qui se passe. Avec les années, on a plein d'exemples de joueurs espoirs qui sont passés, à qui leur est arrivé certaines choses. Je pense à un joueur qui est arrivé en première année à espoir, il se pète les croisés, il ne joue pas de la saison, il jouait talonneur, il n'avait pas un physique énorme et il s'en est servi pour en faire un super pouvoir. Il s'est taillé un physique de talonneur et aujourd'hui il joue en pro. Et je pense que s'il n'avait pas connu cette blessure-là, il ne serait jamais arrivé à ce niveau-là. Donc en fait c'est de se dire à chaque fois ça va me servir, au moins pour la suite. J'aurais déjà connu cette situation-là, je l'aurais appréhendé, j'aurais tiré tout ce qui est positif et la prochaine fois quand elle arrivera je m'en sortirai mieux et je serais capable de mieux rebondir et d'être plus performant. Alors oui, chercher et trouver des éléments positifs dans une période difficile, c'est dur. Surtout si les jours de match, le joueur reste à l'écart du groupe de titulaires, à cirer le banc. De toute façon, il y a les choses qu'il maîtrisent et des choses qu'il ne maîtrisent pas. La composition d'équipe, par exemple, ce n'est pas eux qui la maîtrisent. Et donc, il faut se concentrer sur ce qu'on maîtrise. On maîtrise l'entraînement, on maîtrise sa capacité d'écoute, on maîtrise tout ce genre de choses-là. Et on va maîtriser les 10 minutes où on va rentrer. Et sauf que sur ces dix minutes-là, si je rentre en faisant la gueule, en disant, il ne m'a laissé que dix minutes, je ne vais rien faire de bien, c'est une évidence. Par contre, si je me dis, pendant dix minutes, je vais m'y filer, alors pas au-delà non plus du raisonnable à faire des choses qu'on ne me demande pas, ok, mon entraînement, il m'entra sur ça, sur ça et sur ça. Mais je vais m'y filer là-dessus, et donc je vais lui montrer que la prochaine fois, je mérite de jouer un quart d'heure, je mérite de jouer plus, et ainsi de suite. Si je suis toujours en train de regarder les côtés négatifs, la vie elle est dure, elle est longue, si tous les matins je me lève et je me dis ma vie elle est pourrie, vous pouvez être sûr qu'elle sera pourrie, si tous les matins vous levez en vous disant allez chouette aujourd'hui je vais aller prendre tout ce qu'il y a à prendre, mais il y a de grandes chances qu'elle soit bien meilleure, et eux ils ont la chance, ils vivent dans un club pro, il y a des milliers et des milliers de gosses qui aimeraient être à leur place, ils ont des installations, ils ont des entraîneurs de qualité, ils sont entraînés par des mecs qui ont des sélections, qui ont joué en pro, enfin c'est extraordinaire pour eux, donc ils doivent se rendre compte de ça. Que derrière, il faut aller chercher tout ce qu'il y a à aller chercher. Pour certains, ça va sourire. Pour d'autres, ça sourira, mais d'une façon différente. Encore une fois, tout l'enjeu d'une bonne préparation mentale est de travailler non pas sur le court terme, mais sur la longue durée, afin de continuer à positiver et ainsi de retourner des situations négatives pour en faire une force. Le but, c'est qu'ils puissent ne pas avoir de regrets et s'être exprimés à 100%. Parce que le pire, c'est ça. Ça serait d'avoir des regrets, de dire « Ah, j'aurais pu faire plus, j'aurais pu faire mieux. » Et donc c'est d'éviter ça, c'est de dire « Ok, j'ai fait 100% de ce que j'avais à faire, ça a marché, ça n'a pas marché, finalement ce n'est que le résultat. Il faut absolument que le chemin on l'emprunte et le résultat, on verra bien ce qu'il donne. » Et de l'aveu de Jérôme Trésarieux, la préparation mentale dans les centres de formation n'en est qu'à ses premiers balbutiements. Mais d'ici quelques années, elle pourrait s'avérer indispensable afin de renforcer les joueurs, mais aussi les clubs, dans leur quête de performance. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien. Fabien Momboise de RGB vient de nous rejoindre. Bonjour Fabien. Bonjour Olivier. Aujourd'hui, vous nous faites découvrir le parcours d'une jeune femme de 24 ans, jeune femme qui renoue avec sa passion pour la musique, ici, à Brive, après avoir laissé en République Dominicaine à la fois son groupe, mais aussi ses fans. Alors, j'ai eu la chance de croiser une jeune femme inspirante. Cela s'est fait dans le studio du label Once Record, à Brive, il y a quelques semaines. Angelica, elle habite dans le centre de Brive. Elle est originaire de République Dominicaine et elle a rejoint d'abord la Guyane française, c'était en 2013, puis ensuite, elle est arrivée à Brive en 2019. Alors, Angelica est un exemple de volonté, un peu une Wonder Woman, car elle enchaîne plusieurs travails, des livraisons de repas, du ménage chez les commerçants et les entreprises brévistes. Elle fait aussi dans Longue Gloire et elle gère l'éducation de ses quatre enfants et devient la pole en pro, son nom de scène lorsqu'elle consacre du temps à sa passion de la musique. Elle qualifie sa musique de rap latino. C'est un genre de hip-hop né dans les années 90 avec des artistes nord-américains d'origine hispanique. Et puis ce style musical s'est propagé en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et l'ensemble des pays hispanophones. Voici un exemple avec une artiste espagnole, c'est Elan. Mais avant d'écouter la dernière sortie d'Angelica, revenons sur son parcours. Pour moi, la musique, ça commençait vers 11 ans, 12 ans. Et ma grand-mère elle avait une église, du coup il y avait des instruments, mes frères et moi on s'embarquait dans la bande de l'église. Et on a pu se familiariser avec les tambours, les guitares, on a pris même des cours particuliers. Et on a commencé à écrire des chansons et là ça a commencé en fait. Après son éducation musicale à l'église de son quartier, Angelica va connaître le succès. J'habitais à la capitale, ensuite j'ai déménagé à Santiago. Du coup, là, j'ai connu pas mal de groupes, de personnes. Par exemple, à l'époque, c'était Memo, un ami à moi, et Sona Rebelde, qu'on a enregistré un son qui était très populaire à la radio là-bas. Et de là, il y en a pas mal de personnes qui m'ont connu. J'ai chanté avec la Diestrac, c'est elle qui m'a montré le monde professionnel de la musique. En République Dominicaine, le fonctionnement dans la musique n'est pas le même qu'ici. Il y a des pièges à éviter, mais aussi des avantages et facilités par rapport à l'Europe. Il y a beaucoup au niveau d'argent, au niveau de l'exploitation, des contrats qui se font et que les personnes prennent beaucoup de sous, alors que le chanteur, il n'a rien en lui-même. Et le bon côté, c'est apprendre à rentabiliser sa carrière musicale, savoir où aller, qui contacter, tout ça. Et maintenant, découvrant un extrait de son dernier titre avec Guindo, il s'intitule « Mes chats ». Pour concevoir cette musique, Angelica abolit les frontières et utilise beaucoup les réseaux pour trouver des musiciens et des producteurs, mais aussi des chanteurs, à l'exemple de Guindo, avec qui Angelica chante sur ses titres. On est tous les deux inscrits dans Groover Music. C'est un site qui aide les chanteurs, les artistes à développer sa carrière avec des formations, avec des coachings, avec beaucoup de professionnels qu'on peut contacter et développer sa carrière musicale. Et du coup, je trouve ça magnifique parce que je suis en France et lui, il est en Espagne. Du coup, on est ravis de travailler ensemble. Sa musique est chantée en espagnol. Son écriture est inspirée de son vécu. Mes chansons sont intenses parce que c'est des expériences que je mets dans la chanson et que ça donne un esprit à la chanson. Et voilà pour la prescription culturelle. On se quitte avec à nouveau un extrait de son dernier titre nommé Mecha. Si vous voulez la suivre, rendez-vous sur les réseaux en cherchant son nom de scène, La Polan Pro. Et La Polan Pro, ça s'écrit P-O-L-A-N-P-R-O. Merci Fabien pour cette très belle découverte. Découverte que vous pourrez très bientôt retrouver sur les plateformes de streaming et notamment son dernier titre, Mecha. C'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro et d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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