Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

06-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

22 novembre 2024 · 15 min

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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Depuis quelques semaines déjà, je vous présente l'association SOS Violence Conjugale, association née il y a 34 ans en Corrèze et qui vient en aide aux victimes de violences conjugales. Et cette aide se matérialise par différentes actions, dont celles portées par Yasmina Bougrini, une jeune femme de tout juste 24 ans qui, depuis un an et demi, parcourt la Corrèze de long en large. Chaque jour, elle va à la rencontre de ses victimes pour les écouter avant de mettre en place un parcours de reprise de confiance en elle. Et c'est justement le portrait de cette travailleuse sociale que je vous propose de découvrir dans ce numéro. Et puis en fin d'émission, nous retrouverons la prescription culturelle qui vous emmènera du côté de Cornille au Bat-Mondelle pour découvrir la deuxième édition de l'Arbre en Fête, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Je m'appelle Yasmina Bougrini, je suis travailleuse sociale en ruralité à l'association SOS Violence Conjugale. Son emploi du temps est serré. Pourtant, sur les 30 heures semaines que lui offre son contrat de travail, Yasmina Bougrini a réussi à prendre le temps de nous expliquer son travail. J'accompagne des victimes de violence conjugale, donc des femmes ou des hommes, qui sont assez isolés dans les territoires ruraux de la Corrèze. Je tiens des permanences dans 7 communes, Uzerche, Bord-les-Orgues, Mémac, Messac, Égletons, Argental. Et après, je peux aller très bien à Husserl, comme je peux aller à Larche. J'essaie de me rendre disponible pour les victimes de violences conjugales. Donc je me déplace, j'ai une voiture de service et je suis dans les maisons de solidarité départementales. Donc c'est là-bas que je tiens mes permanences. Toute la stratégie mise en place par l'association SOS Violence Conjugale est d'aller à la rencontre des victimes. Quand les femmes ne peuvent pas se rendre dans les maisons de solidarité départementales, je fais ce qu'on appelle des rendez-vous à la carte. C'est des rendez-vous qui peuvent être très bien sous un abribus par exemple, parce que la femme est géolocalisée, qu'il ne faut pas qu'elle aille très loin de la maison. Ça peut être sur un parking, donc je fais comme la femme veut. Si la femme me demande, je ne peux pas me rendre à la MSD, je fais en fonction d'elle. Afin de prendre en charge au mieux ces victimes, l'association travaille avec des partenaires très précieux. Ça peut être une orientation des assistantes sociales de secteur, donc qui travaille en maison de solidarité départementale. Généralement, c'est elle qui m'oriente des victimes, des femmes comme des hommes, je préfère le répéter. Ou alors, ça peut être les femmes d'elles-mêmes. Elles appellent, mon permanencier passe sur Facebook, sur Instagram, sur Internet, sur les différents sites des mairies. Du coup, elles peuvent voir mon permanencier ainsi que mon numéro qui s'affiche, donc elles m'appellent directement. Ou alors, voilà, c'est par une amie. Oui, bon, mon amie est victime de violence conjugale, je peux transmettre votre numéro. Ça peut être aussi une orientation des psychologues, des médecins, d'autres travailleurs sociaux, des éducateurs, voilà. Sauf que voilà, si ce réseau est précieux, vraiment, il n'empêche que l'isolement de certaines victimes est un véritable fléau. Je peux vous citer un exemple, une femme qui est dans les hauteurs de Bord-les-Orgues, qui n'a pas de famille, qui n'a pas d'amis. Elle n'a pas Internet, elle a un très vieux téléphone. Elle nous a rencontrées grâce à une voisine. Elle ne connaissait pas du tout notre association, elle ne savait pas du tout que ça existait. Elle ne savait pas du tout qu'une professionnelle pouvait se déplacer à elle. Donc c'est très compliqué pour ces personnes-là qui sont isolées. Mais grâce à notre certaine proximité avec les maires, etc., le maire connaît tous les gens du village, tous ceux qui habitent dans la commune, peut m'appeler aussi pour me dire, bon, là, il y a une femme qui est très isolée, on s'inquiète, on a entendu des choses à la maison, on a entendu des cris. Est-ce que vous pouvez accompagner cette femme-là ? On a appelé les gendarmes en amont. Est-ce qu'il peut y avoir un accompagnement qui peut être fait ? Parce que SOS Violence Conjugale et Yasmina Bougrini n'interviennent que dans des cas très précis et signalés par des personnes de confiance, pas sur des oui-dires ou des suspicions, même si... Ça peut. Là, récemment, j'ai eu une situation d'une femme qui est amie avec une victime de violences conjugales qui me dit « Est-ce que vous pouvez l'appeler ? Sauf que moi, je ne peux pas. Il faut qu'elle, elle m'appelle, en fait. » Et la raison est simple. On ne peut pas appeler une dame qui ne veut pas libérer la parole. Par principe de sécurité pour elle, si je me présente et que je dis que je m'appelle Yasmina Bougrini, je suis travailleuse sociale en ruralité à l'association SOS Violence Conjugale, j'ai entendu que peut-être que ce n'est pas vrai, peut-être qu'il y a son mari à côté, son conjoint, son compagnon qui est à côté, qui peut entendre ça. Donc c'est trop risqué pour elle et ça peut l'être aussi pour moi. Mais pour que cette parole puisse se libérer, Yasmina Bougrini est dans l'obligation de nouer un dialogue très fin avec la victime. Je suis un peu sur un tout petit fil, c'est très compliqué, il ne faut pas que le compagnon le sache, il ne faut pas non plus que si elle ne veut pas que ses amis le sachent, on fait gaffe. Moi, par exemple, je suis assez repérée à Uzerche, donc maintenant les gens savent qui je suis. Je ne peux pas, par exemple, récupérer une dame qui ne veut pas être vue avec moi, par exemple. Donc elle fait bien attention à aller à la MSD. C'est très, très compliqué pour ces dames-là parce qu'il y a la peur des représailles, il y a la honte aussi, il y a la peur du conjoint, la peur d'être jugée, jugée par la population, par les amis, par la famille aussi, qui parfois ne connaît pas la situation de la victime de violences conjugales. C'est très, très compliqué. D'autant plus que parler d'une relation entre un homme et une femme est sensible parce qu'il faut s'ouvrir à sa plus grande intimité. Une dame de 75 ans vient tout juste de libérer la parole. Et pour elle, c'est assez tabou de parler de sexualité, de violence sexuelle, parce qu'elle dit avoir fait son devoir de femme. On est dans une génération assez ancienne, et donc c'est très difficile, par exemple, pour ces femmes-là de parler. Parce que pour elle, elle devait juste remplir leur devoir de femme, leur devoir marital. et c'était pas, par exemple, quand on parle des relations sexuelles forcées, elles me disent, mais non, non, mais c'est pas des relations forcées, j'ai juste fait mon devoir de femme, quoi. Donc c'est très compliqué, il faut déconstruire tout ça, c'est vraiment un travail de longue haleine. Il faut voir la dame plusieurs fois, si elle le peut, si elle le veut aussi. Et déconstruire, cela veut dire changer sa façon de voir et d'appréhender une situation. Elle part d'une image de violence, où c'est la femme qui est rouée de coups, etc. Mais la femme qui est victime de violences conjugales, ça peut être psychologique, ça peut être verbal. Et elles, en fait, elles ne comprennent pas ce que c'est la violence conjugale. Ça peut être plus loin qu'une claque, ça peut être plus loin qu'un coup de poing, ça peut être juste des insultes, juste le fait de rabaisser sa conjointe, juste le fait aussi de punir par le silence, le mutisme. C'est, voilà, je ne te parle plus pendant une semaine parce que tu as fait quelque chose, parce que tu as mal fait les pattes, parce que, voilà, tu n'as pas fait la vaisselle, donc je ne te parle plus, je te punis par le silence. Et c'est déconstruire tout ça, déconstruire les violences et de dire, taper, c'est mal, Bousculer ou pincer ou tirer les cheveux, c'est des violences aussi. Insulter, c'est des violences. Si je te rabaisse sur ton poids, sur ton corps, c'est des violences psychologiques aussi. Tout ce travail demande donc du temps pour écouter, certes, mais aussi pour pouvoir se déplacer, pour pouvoir entendre les victimes. J'ai une dame, par exemple, qui veut me voir à hauteur de 2-3 fois par mois et qui est en grande urgence. Cette dame-là, c'est une situation très, très compliquée. Mais voilà, avec mon 30 heures, j'essaie de remplir ces tâches-là au maximum. Après, je pense, même si on est en 35 heures, je pense que le temps nous manquera. Ça, c'est sûr. Il faut vraiment un maximum de temps optimal pour accompagner ces dames-là. On serait même une équipe de cinq, on ne serait pas de trop. C'est vrai qu'avec les déplacements, etc., ça fait un peu long. Il y a des moments où j'essaie de faire, par exemple, tulle le matin, usherche l'après-midi. Parfois, j'essaie de couper ma pause à midi, de mettre des rendez-vous à la pause de midi et deux. C'est vrai qu'on n'est pas de trop, mais j'essaie de me diviser. Ça n'impacte pas mon travail et ça n'impacte pas moi non plus. Cette volonté d'aider n'est pas anodine pour Yasmina Bougrini et derrière la travailleuse sociale se cache bien sûr une défenseuse du féminisme avec un grand F. J'ai toujours voulu que cette société change. En fait, il y en a marre que ces femmes subissent des violences sexistes et sexuelles, que ce soit par leur conjoint ou que ce soit tout simplement dans le métro avec un homme qu'elles ne connaissent pas. J'ai toujours voulu apporter ma pierre à l'édifice. J'ai toujours voulu que ça bouge, que ça change. Et si je peux ne serait-ce qu'un peu aider, alors je le ferai. L'homme n'est pas plus supérieur à la femme dans un couple ou dans la société. Il faut faire la différence entre le conflit, par exemple, et la violence. Que le conflit, l'homme et la femme sont égaux. Et que la violence, l'homme prend position sur la femme. Et en fait, moi je comprends ça pareil dans mon militantisme, qu'en fait l'homme ne doit pas être supérieur à la femme, qu'il doit être égaux dans la société comme dans leur couple. Et pour elle, ce travail sur l'égalité des genres entre hommes et femmes est essentiel, d'autant plus que, dans certaines familles, les stéréotypes de l'homme viril et fort face à la femme fragile et douce restent encore beaucoup trop présents. Ça peut être un problème d'éducation, ça peut être aussi un enfant. Par exemple, quand je parle avec des dames dans des situations, j'essaie aussi de comprendre un peu la situation du monsieur. Et elles me disent très souvent que le monsieur, leur compagnon, a subi des violences quand il était petit. Donc parfois, il a toujours été dans ce schéma de violence, il voit le papa supérieur à sa maman, il voit le papa violent envers sa maman. Donc du coup, il fait un peu le même schéma. Et peut-être que leurs enfants à eux feront aussi le même schéma. Or, selon Yasmina Bougrini, sensibilisée sur l'égalité entre les sexes est primordial. Tout part de l'éducation, tout part de l'enfance en fait. Il faut qu'on nous éduque en nous disant que le garçon, le petit garçon et la petite fille sont pareils. casser tous les stéréotypes que la fille doit porter du rose, que le garçon doit faire du foot et que la garçon, attention, il ne faut pas qu'il fasse de la danse, il ne faut pas qu'il porte des tétures roses. Ça, ce n'est pas normal. Et ça, on essaye de le faire aussi dans la prévention scolaire. Avec mes collègues, on essaie un peu de casser ces stéréotypes dans les classes, mais c'est compliqué parce que ça existe depuis la nuit des temps et on voit en fait les visages un peu ébahis des jeunes dans les classes, mais non, le petit garçon doit faire du foot. Non, pourquoi une fille porterait du bleu ? C'est très compliqué, mais tout ça part de l'éducation et malheureusement, on est dans une société qui est comme ça depuis longtemps. Pourtant, elle ne baisse pas les bras, bien au contraire, fière de défendre une cause pour laquelle elle se bat chaque jour et qui est aussi notre idéal républicain, la liberté, l'égalité et la fraternité. Je suis très optimiste et je pense que si je ne l'étais pas, je ne serais pas là. Je suis très optimiste dans le sens où je sais que mon travail sert à quelque chose, je sais que ça fait du bien aux femmes. Alors manger dans ma voiture ou faire 30 minutes de plus ou une heure de plus, c'est ce que je dis tout le temps à mes collègues, ça me fait du bien aussi à moi parce qu'en les aidant elles, ça me fait du bien à moi. Je pense qu'on a tous un historique, je pense qu'on n'arrive pas ici par hasard et je sais qu'en les aidant elles, moi ça me met du baume au cœur. En voyant qu'elles, leur vie s'améliore et qu'elles essayent de se construire, qu'elles essayent d'aller mieux etc, moi je me dis ah oui mais en fait mon travail sert à quelque chose. donc 30 minutes en plus, manger dans ma voiture voilà pour l'instant je suis jeune je fonce vraiment la tête en avant et je me dis bon mais en fait ce que je fais c'est une cause noble et ça va servir à quelque chose je sais que ça va servir à quelque chose peut-être dans 10 ans, peut-être dans 20, peut-être dans 30, peut-être dans 100 ans mais ça servira à quelque chose et là on essaie de, ça bouge un petit peu ça bouge lentement les sociétés les mœurs bougent lentement mais ça bouge quand même et moi juste ça, ça me fait plaisir ça je me dis en fait mon travail sert mon travail fait du bien Et dans un prochain épisode, je vous inviterai à suivre le travail de Yasmina Bougrini à la rencontre de ces victimes et de leurs histoires. Et si vous êtes témoin ou victime de violences conjugales, un seul numéro à composer, le 3919. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure corrézien, une prescription qui vous emmène découvrir la deuxième édition de L'Arbre en Fête. C'est une animation portée par l'association Le Bat Mandel à Cornille, près de Tulle. À l'occasion de cet événement, Émric Tudou de Bréniges FM est aux côtés de Noémie Lacan, la coordinatrice du battement d'aile de Cornille. La deuxième édition de l'arbre en fête. Noémie, tu es venue nous parler de ce programme alléchant. Il y aura des pépiniéristes locaux, beaucoup de Corréziens, mais pas qu'eux apparemment. Oui, il y a la pépinière Le Poemier qui est la pépinière avec laquelle on travaille pour organiser cet événement, avec le Sivam Sahel et le battement d'aile. Il y aura la pépinière des Hages qui est à Chartrier-Ferrière. Des racines pour demain qui est en Haute-Vienne. La pépinière Galilée qui est à Vignoles. La pépinière la Chrysalite qui est à Cornille. Et les terres d'Aquis qui sont au Puy-Darnaque. Arbre, fruitier et comestible donc. Arbuste champêtre. Voilà, il y aura de quoi satisfaire tout le monde pour cette deuxième édition. De l'arbre en fête, ça se passe à l'assaut, le battement d'aile. Et je rappelle que c'était à l'Oconi, au cas où celles et ceux ne le sauraient pas. Il y a toutes les infos à retrouver sur la page Facebook de l'assaut Le Bat Mandel, il y a tout le programme. Il y a tout le programme sur la page Facebook et sur le site internet aussi du Bat Mandel, lebatmandeléco.org. Et en dehors des pépiniéristes locaux, qui sont un petit peu, je veux dire, les vedettes de cette deuxième édition, beaucoup de choses à retrouver, des ateliers, des démonstrations, un marché de l'artisanat aussi, de l'artisan ? Cette année, c'est sur deux jours et donc on a essayé d'étoffer un programme un peu plus complet, on va dire. Il y a plus d'ateliers que l'année dernière, il y a plus de propositions pour les familles avec un atelier balade en famille, développer notre lien aux arbres le samedi après-midi. Mais ça peut aller aussi jusqu'à une exposition de peinture, la démonstration de la scierie mobile de l'association Fêtes et Racines qui est basée vers Argenta. Il y aura des ateliers, des discussions sur les forêts, sur les jardins forêts. Et le samedi soir, il y aura une soirée un peu plus spéciale parce que là, on s'attend à passer un moment un peu plus ensemble avec une lecture performée de l'Homme qui plantait des arbres avec Hor Orbes et Nicolas Lebar et après ça part en conférence sur l'agroforesterie et après sur une jam, sur une jam session ? Ouais, le samedi soir un bœuf comme on dit. Est-ce qu'il y a des choses à rajouter concernant l'événement Noémie ? Je dirais qu'il y a des ateliers qui sont sur inscription souhaitée parce qu'ils ont un nombre de places limité, donc n'hésitez pas à aller regarder sur le programme et puis à vous inscrire sur l'adresse mail info-le-battemandelle.org et le dimanche après-midi aussi il y aura une conférence gesticulée Ma petite histoire de la forêt avec Rémi Gerbeau et donc là je pense que ça sera quand même un moment assez chouette, c'est la fin du week-end, on finit un peu sur une histoire, une histoire sympa. Rémi Gerbeau qui est ouvrier du bâtiment Creusois installé sur le plateau de Millevache à Faux-la-Montagne et il raconte justement son amour dans sa conférence théâtralisée baptisée Ma petite histoire de la forêt. C'est la fin de cet épisode du quart d'heure corrézien. Je vous donne rendez-vous dans une semaine pour un épisode plus sportif autour du Céabrive et surtout de la préparation mentale des joueurs. Merci pour votre fidélité. Je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast. Sous-titrage Société Radio-Canada.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
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