Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

07-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

17 octobre 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Une Scic pourra-t-elle sauver l'avenir des 202 salariés des papéteries de Condat ? C'est l'un des enjeux de ce projet de reprise du site industriel. Un projet porté par les salariés eux mêmes. L'église Saint Antoine de Brive a besoin de vous ! Ses vitraux ont été détruit par un orage de grêle. Vos dons pourraient permettre l'éclosion de nouveaux vitraux plus contemporains. En s'appropriant l'œuvre de Jean-Philippe Rameau, le corrézien Fred Pouget s'attaque à un monstre du baroque. Et visiblement, ça touche les oreilles des fins connaisseurs.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'information hebdomadaire de RGB, Bréniges FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le septième numéro du quart d'heure corrézien. Les papeteries de Condas au Lardin-Saint-Lazare sont à vendre alors pour avoir droit au chapitre. Les salariés ont décidé de proposer un plan de reprise du site industriel. Je vous en explique les contours dans ce quart d'heure. La tempête de juin dernier n'a pas fait que plier des arbres en Corrèze. Elle a aussi détruit des toits, des vitres ainsi que des vitraux de l'église du sanctuaire de Saint-Antoine à Brive. Un appel aux dons est lancé. Enfin, un musicien corrézien, Fred Pouget, vient de sortir un nouvel album, Sauvage, avec le collectif d'artistes du Maxiphone. Un album couronné par une critique exceptionnelle dans Jazz Magazine, le magazine de référence du jazz en France. Vous retrouverez le portrait de Fred Pouget en fin d'émission, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Pour ce premier sujet, je vous emmène donc au Lardin-Saint-Lazare, une vingtaine de minutes à l'est de Brive, parce qu'ici, cette semaine, les 202 derniers salariés de la papeterie de Condas ont appris que leur entreprise était à vendre. Une vente qui doit être bouclée d'ici la fin de l'année. Or, si l'entreprise est à vendre, les derniers salariés de cette entreprise, qui en comptait 1 200 au début des années 2000, et bien ces salariés souhaitent porter un projet de SCIC, une société coopérative d'intérêt collectif, un modèle un petit peu différent de la SCOP, la société coopérative de production. La différence de la SCIC, c'est qu'elle n'intègre pas uniquement les travailleurs. Tibor Cerce, directeur du bureau d'études PRONEOS, spécialisé dans le montage de projets alternatifs dans le monde de l'industrie. Elle intègre d'autres collèges pour gérer cette société, un collège collectivité publique, ça va de la mairie à l'échelon national, un collège filière industrielle. On peut y intégrer les fournisseurs ou les clients de l'usine et de l'entreprise concernée. Donc ça permet d'avoir une structure, une gérance qui est assez transversale et qui représente vraiment la filière. Et bien sûr aussi les salariés. Donc l'objectif est clair, proposer un dossier de reprise en cas de liquidation judiciaire, mais aussi une solution d'avenir pérenne pour les salariés. Dans la situation actuelle, il y a une vente qui a été annoncée. On sait comment ça peut se passer, ce type de vente, donc visiblement leur direction a annoncé qu'il y avait un certain nombre de repreneurs potentiels. Donc mieux vaut sécuriser et se positionner eux-mêmes en tant que repreneurs potentiels. Après, évidemment que c'est viable, nous on a commencé à travailler là-dessus, ça sera des choses qu'on devra affiner. Mais à partir des données qu'on a obtenues, sans trop de problèmes, nous on retrouve un point d'équilibre économique en 2028. C'est-à-dire qu'il y a trois ans de pertes à absorber sur des montants qui sont plutôt dérisoires et qui demandent un besoin de financement en réalité pour ce type d'infrastructure et ce type de production assez faible. Dérisoire, ce serait donc un besoin de 3 millions d'euros pour la trésorerie à aller chercher sur les 3 à 4 années et 2 millions supplémentaires afin d'investir dans un matériel qui, à terme, pourrait être source de croissance de l'activité. Cette solution de créer une SCIC serait surtout une solution de court terme, assure Philippe Delors, le représentant CGT du personnel de la papeterie. Notre temps de métier, c'est de sauver l'emploi et sauver l'industrie. En faisant ainsi, on arrive à sauver l'emploi et l'industrie. Mais après, si demain, il y a un repreneur sérieux, un industriel sérieux qui veut reprendre Condas, chose que je ne doute pas, parce qu'on a tellement un bel outil que je... Mais on ne l'aura pas en deux mois et demi. Deux mois et demi étant le temps laissé par LECTA, l'actuel propriétaire des papeteries de Condas, temps laissé à un mandataire pour trouver un potentiel repreneur pour le site. Alors le syndicaliste l'avoue, cette solution de SCIC est une forme de parachute. Ça me tient à cœur et je sais que mon usine, elle est compétitive, elle est toute neuve. Alors c'est pour ça que je n'arrive pas à croire qu'il n'y aura pas un jour un repreneur qui va se manifester. Mais on se doit de faire quelque chose au cas où il n'y aurait personne qui arriverait en face de nous. Et l'homme l'assure, il a confiance dans le dossier proposé par Pronéos. Il a déjà sollicité certaines entreprises, certains clients, certains fournisseurs. Et aussi étonnant que ça puisse paraître, on a essuyé pour l'instant très très peu de refus. Et même les gens nous disent que c'est peut-être la bonne solution pour les papeteries de Condas, dans un premier temps bien entendu. Des retours qui permettent aussi aux syndicalistes d'espérer encore pour l'ensemble des 202 salariés. Pour commencer, on peut leur dire aujourd'hui, les 202, je pense qu'on peut les garder. Je dis bien je pense, après on verra ce que l'avenir aura fait. Pour l'instant, on redémarrera à la SCIC avec les 202 salariés, c'est une certitude. Parce que si c'est de l'avenir du site dont il est question, c'est aussi de l'avenir de la commune et de ses alentours. Si Condas disparaît demain du territoire, qu'est-ce qu'on va faire ici ? Et puis c'est toute une vie qui est remise en cause. Il y a des gens qui ont encore des crédits de maison, leurs enfants sont à l'école au Lardin ou dans les communes avoisinantes. On vit là. Aujourd'hui à Condas, la plupart d'entre nous, on a au minimum 20 ans d'ancienneté dans l'usine. Je veux dire, ce n'est pas une paille, 20 ans. C'est une usine qui est notée à cœur. Je veux dire, il y a des collègues, leur papa, leur grand-père a travaillé à Condas. Et puis, on ne veut pas faire partie des gens qui n'auront rien fait pour ne pas sauver Condas. Non, c'est notre but premier. De son côté, Francine Burra, maire LR du Lardin-Saint-Lazare, soutient ce projet de SCIC. D'autant qu'elle ne souhaite pas voir disparaître cette entreprise née en 1907 sur sa commune. Le mieux aurait été un repreneur. Mais quand vous avez 50 millions d'euros de dettes, vous pouvez imaginer que c'est compliqué pour la reprise. Alors on cherche, donc moi j'ai pris deux consultants pour chercher des repreneurs, mais ça paraît difficile. Donc je crois que la SCIC est une bonne solution intermédiaire qui permet de continuer cette activité tout en cherchant effectivement un repreneur qui aura si possible des fonds propres, des actionnaires avec des fonds propres et non pas comme c'était là de devenir des sous-traitants de groupes étrangers. C'est ce qu'on cherche avec mes consultants. Des repreneurs potentiels, mais en passant par cette SCIC. Et je trouve que c'est une bonne solution. Et donc, quand les syndicats me l'ont proposé il y a quelque temps, j'ai tout de suite dit oui avec le président de la communauté de communes, parce que c'est l'ultime chance, je dirais. Et pour que ce plan de ski puisse être étudié, il faudrait que l'entreprise soit placée en liquidation judiciaire. Un nouveau compte à rebours est donc lancé au Lardin. Il pourrait sonner d'ici la fin de l'année. L'association des amis du sanctuaire de Saint-Antoine, Brive, lance un appel à l'aide pour les vitraux de son église. Des vitraux qui ont été en partie détruits lors de la tempête du 25 juin dernier. Et au moment où le déluge s'abattait, il y avait du monde dans l'église, souligne frère Nicolas. Tous les vitraux ont éclaté en fait. Et donc on a fait évacuer très vite les jeunes. Mais il y avait du verre partout, il y avait du verre partout. C'était impressionnant, tant dans la maison que dans l'église. Une église où les douze baies qui contiennent des vitraux ont été littéralement trouées par les grélons. Cette église, c'est un peu le cœur battant du sanctuaire. Et donc, pour les gens, c'était un choc. Les vitraux du chœur, pour des raisons de sécurité, on a scotché tous les endroits, tous les trous. Donc vous voyez, il y en a quelques-uns. On va aller voir ici, par exemple, cette rosace historique. Tous les vitraux datent de la construction de l'église en fin du 19e siècle. Et donc là, il faut déposer, c'est un énorme travail, déposer tous les vitraux, tous les restaurer. On doit aussi faire une protection des vitraux derrière, qui étaient aussi endommagés, et puis tout reposer. Donc ça va être un très gros chantier. Alors certes, les assurances vont prendre en charge une partie de ces travaux, mais il reste une note de près de 60 000 euros à régler, impossible à supporter seul pour la communauté franciscaine, assure frère Nicolas, qui a donc accepté de lancer une forme de souscription populaire. Il y a 20 ans de ça, c'est grâce à la générosité des Corésiens qu'on a pu restaurer toute l'église. Et à ce moment-là, ce n'était pas un chantier de 60 000 euros, on venait de plusieurs millions d'euros. Et on a pu refaire entièrement l'église et l'hôtellerie uniquement par la générosité des Corésiens. Donc, je n'ai pas peur. Je sais que les gens sont très généreux parce que c'est un lieu qui parle au cœur de tous les Corésiens. Cette souscription est aussi l'occasion de rappeler pour la communauté que le site de Saint-Antoine est ouvert à tous, croyants ou pas. Saint-Antoine, on dit que c'est le saint de tout le monde et ce lieu, c'est le lieu de tout le monde. Venez dans la journée, vous verrez qu'il y a tant des promeneurs, que des gens qui viennent se poser parce que c'est un lieu paisible, calme. On vient aussi parce qu'on sait qu'il y a toujours un frère qui est là pour accueillir et on vient pour parler et pour confier ses difficultés. C'est un lieu que j'aime beaucoup justement par son ouverture. Ce lieu, il n'appartient pas aux frères, il n'appartient pas aux chrétiens, il appartient à tous ceux qui viennent. Et si vous souhaitez participer à cette souscription, vous pouvez le faire notamment via le site internet fondationdesmonasteres.org. C'est un homme discret et humble dont je veux vous parler maintenant. Un artiste originaire de Messac, installé aujourd'hui dans le Tarn, mais un artiste qui a trouvé dans le jazz et la musique son moyen d'expression. C'est Fred Pouget, clarinettiste de formation. Il vient de sortir avec son collectif du Maxiphone, un disque baptisé Sauvage, un disque construit à partir des œuvres baroques de Jean-Philippe Rameau. Alors je lui ai demandé comment un Corésien avait pu s'intéresser à ce genre musical et il m'a répondu à la troisième personne. Il s'y plonge quand il faisait des études de musicologie à Paris et qu'il a découvert ce répertoire et qu'il s'est dit qu'un jour peut-être il ferait quelque chose avec ce répertoire pour clavecin de Jean-Philippe et bravo. Et ça a mis un peu de temps parce que ne venant pas de la musique classique j'ai longtemps hésité à me confronter ou à essayer de toucher à ce genre de répertoire. Un répertoire baroque donc et qui, quelque part, ressemble à une forme de pureté. Il y a un respect pour le travail d'écriture, pour tout ce qui touche à cette musique-là qui finalement est très peu utilisée comme ressource d'un travail d'écriture. Elle est jouée telle que eux, par des grands chefs, ses dirigés, c'est tout ce qu'on veut, mais à ma connaissance, il n'y a personne qui se dit « Tiens, on va partir de ce répertoire-là pour écrire de la musique. » C'est ce que j'ai fait. Et ce qu'il a fait, c'est donc de se replonger durant plus de deux ans dans l'œuvre baroque afin d'écrire son propre répertoire. On ne réécrit pas. On part de certaines pièces pour clas V, j'ai choisi. Et à partir de cette pièce-là, d'un thème connu, par exemple, vous prenez Les Sauvages, c'est le plus connu. Ça, tout le monde connaît. On prend un thème, on prend une suite harmonique, on prend un schéma rythmique. On part de ça et on développe sa propre musique à partir de ça. Et ça, ça devient ça, en quelque sorte. Et ce qu'il y a d'intéressant dans cet album, c'est que certes, Fred Pouget a proposé des premières partitions, mais avec l'aide du Maxiphone, sa compagnie musicale, comme il l'appelle, ses partitions ont évolué collectivement. La première fois, tout le monde avait regardé les partitions, mais on a essayé plein de choses, parce que je ne prétends pas avoir la science infuse et que travailler avec des gens, c'est aussi être attentif à ce qu'ils peuvent apporter au projet et à ce qu'ils ont raconté aussi. Donc, on a passé deux semaines de résidence à échanger, à faire évoluer la chose. Et après, on a travaillé avec un directeur artistique qui a été aussi directeur de l'Orchestre National de Jazz qui s'appelle Daniel Ebinec, avec qui j'ai travaillé en amont sur l'écriture et qui, lui, a travaillé avec nous quand on a été en résidence trois semaines à Bordeaux sur la construction du répertoire, affiner des choses sur la dynamique. On a modifié encore des choses jusqu'à ce que même après, on modifie encore de temps en temps le répertoire. Enfin, en tout cas, l'organisation des pièces à l'intérieur. Ainsi, l'échange avec les autres artistes et surtout leurs instruments reste au cœur de la réflexion de Fred Pouget. Moi, je fabrique toujours des orchestres comme ça avec des gens qui viennent d'influences et de cultures différentes parce que je trouve que c'est comme dans la vie. En fait, c'est toujours plus intéressant quand on ne parle pas la même langue et qu'on arrive à se comprendre quand même et que de tous parler la même langue et de fonctionner avec des œillères. Cette ouverture et cette prise de risque en s'appropriant la musique baroque et l'œuvre de Rameau a ainsi tapé dans l'oreille de Jazz Magazine, la revue de référence du jazz en France, qui écrit ainsi à propos de ce disque : « On fouille dans le tiroir aux objectifs et l'on a du mal à choisir le bon qualificatif pour décrire ce disque admirable, fou, vertigineux, étourdissant et si le bon adjectif était tout simplement inouï. » Écoutez, ça fait plaisir, c'est des choses qui font plaisir, c'est une belle critique, il y a un très bon accueil au niveau de la presse, il y a eu des chroniques sur France Musique, c'est un peu un ovni, je pense, et on espère que ça va continuer. D'ailleurs, on fait une sortie nationale de ce disque le 4 novembre au studio de l'Armitage à Paris. Donc là, il y aura aussi de la presse et il y aura forcément d'autres articles qui vont sortir. Et s'il est un lieu où le Corrézien aimerait beaucoup pouvoir faire entendre son travail au grand public ? J'aimerais bien faire un concert de ce projet dans le bois à Célières. Pourquoi ? En forêt. Parce que je trouve que ça s'y prêterait bien et que ça fonctionnerait bien. Alors, plus légèrement techniquement, mais je pense que ça serait, c'est un très beau moment, un très beau lieu d'écoute pour le public. Alors restez aux aguets, peut-être qu'une date prochaine va arriver. En attendant, vous pouvez retrouver Sauvage de Fred Pouget sur les plateformes et en disque physique aussi. Voilà, c'est la fin de ce quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. On se retrouve la semaine prochaine. Mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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