Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
05-LE QUART D'HEURE CORREZIEN
3 octobre 2025 · 15 min
Lire la transcription
Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le cinquième numéro du quart d'heure corrézien de cette saison. Quel équilibre trouver entre la défense du pastoralisme, c'est-à-dire l'élevage d'animaux en plein air et la protection des prédateurs les plus redoutés par le monde agricole, à savoir le loup ? C'est toute la question que se pose un éleveur de Saint-Mère-les-Oussines sur le plateau de Millevaches. Je l'ai rencontré mercredi après-midi lors d'une manifestation et vous entendrez son inquiétude face à la montée des menaces vis-à-vis de ses troupeaux. Et puis je vous propose aussi d'entendre un témoignage, celui d'une femme, d'une épouse, d'une mère de famille à qui l'on vient de déceler un cancer du sein. Alors que débute ce mois d'octobre rose dédié à la prévention autour de ce cancer du sein, il m'a semblé essentiel de vous faire entendre la voix d'une de ces femmes qui se bat contre la maladie, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. En début de semaine, la FDSEA, syndicat agricole majoritaire en Corrèze, a lancé un pavé dans la mare. Elle a voulu organiser une battue contre le loup sur le plateau de Millevaches, battue immédiatement interdite par la préfecture de la Corrèze, tout simplement parce que le loup reste une espèce strictement protégée, non chassable donc. Pourtant, une mobilisation s'est bien tenue à Saint-Mère-les-Oussines, mercredi en fin de journée. Mobilisation réunissant la Chambre d'agriculture, la Fédération de chasse, mais aussi l'Association des maires de la Corrèze, ainsi que le Conseil départemental. Mobilisation se trouvait aussi Baptiste Emma, 38 ans. Cet agriculteur est installé dans la commune depuis 17 ans et cette année, il a subi 4 attaques sur ses brebis et une sur l'un de ses veaux. Une situation qui moralement reste difficilement gérable pour lui. Le veau qu'on a trouvé, il était encore vivant. Il avait peut-être 15 impacts de crocs sur les fesses, il avait une patte cassée. Ça fait mal, qu'est-ce qu'on fait ? Ça reste quand même nos animaux, il y a plein de personnes qui ne comprennent pas qu'on les élève pour en faire de la viande. Mais tout le temps qu'ils sont chez nous, on a intérêt à ce qu'ils soient bien, qu'ils soient en bonne santé et qu'ils se portent bien. Donc encore une fois, le loup, moi, peu importe qu'il soit là, ça me dérange, je m'en fous. Mais qu'il attaque nos bêtes, c'est un vrai problème. Alors l'homme demande une chose, un assouplissement dans la réglementation de la protection des loups, afin de pouvoir mieux se défendre face à ces attaques. Aujourd'hui, on voit bien que le tir de défense a servi à pas grand-chose parce qu'il est mis en place depuis un certain temps. Enfin, pour notre part, on l'a depuis un petit moment. Les louvetiers font ce qu'ils peuvent, mais le résultat aujourd'hui, c'est que depuis un an et demi, il y a eu zéro loup de tués sur le coin. Les dégâts n'ont pas arrêté d'être exponentiels. Il y a de plus en plus de loups. Pour quel résultat de tir de défense ? Bon, il faut être là au bon moment. Il faut que le loup soit en position d'attaquer à ce moment-là. Nous, on travaille déjà tous les jours. Les week-ends, les vacances, on ne va pas non plus aussi faire des gardes la nuit. À un moment donné, il faut savoir aussi qu'on n'est pas esclave de la biodiversité. Pourquoi ce serait à nous de payer tout ? Aujourd'hui, il faut que l'État prenne ses responsabilités et qu'il abatte le nombre de loups suffisant, qu'ils soient en cohérence avec la réalité du terrain. Et s'il y a 2000 loups, s'il faut en prélever, s'il en faut 500 pour qu'ils se préservent, on en garde 500, tout ce qui dépasse, c'est malheureux. Je pense qu'aujourd'hui, la seule solution qu'on a pour l'instant, je pense que c'est celle-là. Si demain, on trouve une solution qui convient à tout le monde, pourquoi pas. Mais là, tout de suite, nous, on ramasse les macchabées dans les champs. Et pourtant, il a bénéficié d'aides financières afin de protéger au mieux ces animaux. C'était les fils électrifiés en parc de nuit. Ensuite, vu qu'on a eu notre lot d'attaques, on est arrivé au quota. Et quand on est en cercle 1, il faut deux mesures de protection. Donc le parc de nuit ne suffisait plus. Soit il fallait des patous, soit il fallait des bergers. Là, on avait choisi d'électrifier toute la journée le parc. Mais du coup, les moutons, au lieu d'avoir une trentaine d'hectares, ils avaient un demi-hectare à électrifier. Ça devient compliqué. Après, on a des personnes qui disent « vous pouvez demander des aides », mais on ne va pas demander des aides à clôturer 36 hectares. Comment on fait l'entretien des clôtures électriques ? Je vais vous le dire, moi. L'entretien des clôtures électriques, c'est soit des broussailleuses, soit avec du glyphosate. Alors, qu'est-ce qu'ils veulent les gens ? Qu'on mette des produits chimiques partout dans les pâturages ou qu'on les entretienne avec des moutons. Il faut retrouver un petit peu de cohérence. C'est qu'un loup, pourquoi pas, qu'un à dix, ce n'est plus possible. Aujourd'hui, selon la préfecture de la Corrèze, sept loups seraient installés sur le plateau de Millevaches. Un couple et ses quatre louveteaux. Un autre loup solitaire, lui, serait aussi présent sur le territoire. Une présence remise en cause par Carduelis, une association environnementale qui assure qu'en cas de présence d'une meute, un autre loup, qui plus est solitaire, ne peut pas s'installer sur ce même territoire déjà colonisé. Quoi qu'il en soit, ce vendredi, une délégation d'éleveurs corréziens devait rencontrer un conseiller agriculture du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Rencontre en présence de représentants du Conseil départemental de la Corrèze. Vive soutien des éleveurs du plateau de Millevaches. Octobre Rose a commencé. Ce mois dédié au dépistage du cancer du sein permet deux choses. D'une part d'informer les femmes de l'importance de prendre soin de leur sein, mais aussi de récolter des fonds afin de financer la recherche contre le cancer. Alors pour évoquer avec vous ce mois d'octobre rose, j'ai choisi d'aller à la rencontre d'une femme. Elle est grande, svelte et lancée et m'a reçue chez elle, dans sa cuisine, en toute simplicité autour d'un bon café chaud. Je m'appelle Pauline, j'ai 41 ans, je suis avocate, j'ai deux petites filles et un mari. L'année 2025 n'est pas la meilleure année de ma vie. En juin dernier, je découvre une masse au niveau du sein, comme un galet, quelque chose de très très dur et assez gros. J'ai découvert vraiment du jour au lendemain. Au début, je ne me suis pas particulièrement inquiétée, puis finalement, évidemment, je l'ai fait contrôler. Les premières radios et même la biopsie ont abouti à RAS, c'est quelque chose de tout à fait bénin. Et donc, j'ai laissé couler, je devais faire des rendez-vous tous les six mois pour vérifier si ça grossissait ou pas, mais a priori, c'était bénin. Par chance, j'ai rencontré un nouveau gynécologue, mais tout à fait par hasard, qui, lui, quand il a observé les clichés et qu'il a palpé, d'ailleurs, la masse, m'a tout de suite dit, va quand même consulter ma radiologue, on fait un double check pour voir ce qu'il en est. Et de concert, eux deux m'ont immédiatement dit, bon, ça semble bénin, mais va te le faire enlever au centre Jean-Périn à Clermont, qui est un centre spécialisé en cancérologie et ils ont des chirurgiens tout à fait spécialisés pour ça. Ils font donc quelque chose de très bien, etc. Et en arrivant à ce centre Jean-Périn, la chirurgienne m'a dit d'aller dans son service de sénologie. La sénologie, c'est toute l'étude du sein et donc c'est tout ce qui concerne les échos, les radios, les mammographies, etc. Et donc j'ai fait l'écho et la personne m'a dit, on va faire un autre type de biopsie que celle qui a été faite, ce qui s'appelle une macrobiopsie. Et les résultats de la macrobiopsie, ça n'a pas loupé, c'était donc une tumeur cancéreuse. Initialement, j'avais tout à fait confiance aux professionnels de santé que j'avais rencontrés dans un premier temps. Donc moi, je ne me posais pas de questions. On me dit c'est bénin, c'est bénin. Moi, je n'ai aucune connaissance dans le domaine médical, donc il n'y a pas de souci. J'avais confiance. Évidemment, j'ai eu une chance ultime d'avoir eu la possibilité d'avoir un deuxième avis sur le sujet et donc d'avoir pu avoir cette nouvelle biopsie qui, effectivement, a tout de suite été positive. Sur le coup, on est un peu dans un tunnel. C'est-à-dire qu'une fois qu'on nous annonce la nouvelle, j'ai réfléchi en mode combatif. Bon, ok, il y a un cancer, on y va, qu'est-ce qu'il faut faire, quel est le protocole, ok, on ne se pose pas trop de questions. Et finalement, au fur et à mesure du temps, il y a évidemment une certaine rancœur ou un peu de colère à l'égard des premiers professionnels qui étaient passés à côté. Cela dit, l'erreur est humaine et on peut tous commettre des erreurs, il n'y a pas de souci. Mais j'ai surtout cherché à focaliser mon attention sur ceux qui m'avaient finalement d'une certaine façon sauvée de cette maladie-là et qu'on réussit à la prendre à temps. Donc oui, j'ai un peu de colère légitime, je pense, par rapport à ce diagnostic qui a été raté au départ. Mais je suis surtout très heureuse d'avoir pu avoir affaire à des professionnels qui m'ont tout de suite pris en main et très bien pris en main. Très vite, il y a tout un protocole qui est mis en place. Dans un premier temps, alors moi, j'ai eu la chance d'avoir pu avoir la chirurgie immédiatement, donc la chirurgie qui a retiré toute la tumeur. D'ailleurs, c'est une mastectomie, donc la tumeur était très grosse, donc on a retiré l'intégralité du sein. Pour moi, et je sais que ça dépend vraiment des femmes, mais pour moi, ça n'a pas été si troublant que ça, parce que je sais qu'aussi, au final, j'aurais une reconstruction. Évidemment, ça ne restera pas comme ça. Donc ça, ce n'était pas très troublant. Et à la suite de ça, se met en place le protocole de soins purs et durs, avec donc la chimiothérapie, suivi de la radiothérapie, et après, pendant plusieurs années, l'hormonothérapie. Tous les traitements de chimio ne font pas perdre les cheveux, et toutes les femmes ne perdent pas les cheveux. Moi, j'avais un traitement, c'était certain, disons à 90% que j'allais perdre mes cheveux. Donc, on s'y prépare, on le sait. On prévient aussi sa famille, notamment mes filles, que voilà, on prend un médicament qui, pas de chance, fait perdre les cheveux. Bon, c'est comme ça, on essaye de le vivre le mieux possible. Et donc, je me suis effectivement conditionnée à ça. Cela dit, le jour où les cheveux tombent en masse, c'est quand même un événement, quoi qu'on dise, même si on y est préparé, même si fondamentalement, c'est assez futile, parce que finalement, ce n'est pas grand-chose de perdre ses cheveux par rapport à une maladie. C'est vraiment le traitement d'une maladie. Il n'empêche que c'est quand même très troublant, parce que je pense que c'est affiché au monde, au reste de la société, qu'on est malade. La mastectomie, le retrait du sein, ça se cache. Il y a des prothèses et machin, ça se cache, ce n'est pas un souci. Mon réseau personnel le savait, mais il n'y a pas de souci. Perdre les cheveux, c'est dès qu'on sort de chez soi, les gens le voient et les gens savent ce que c'est. Donc c'est ça qui est plus dur à vivre et puis il y a un côté, on a l'impression de se déliter complètement. Ça, c'est pas facile. Alors moi, ça s'est assez vite passé. D'ailleurs, c'est passé très rapidement quand c'est mon époux à qui j'ai demandé finalement « tonds-moi les cheveux ». Parce que c'est horrible de sentir les cheveux partir. Il m'a tondue et en fait, à partir de là, c'est bon, c'est fait, c'est passé. Cette phase-là est passée. Maintenant, je ne le redoute plus. Maintenant, je suis dedans et c'est comme ça et on va s'adapter. Il y a des très beaux turbans, il y a des casquettes, il y a des chapeaux et puis il y a des boucles d'oreilles. Il y a plein d'accessoires à mettre aussi à côté pour se sentir féminine et le vivre le mieux possible. J'ai donc deux filles, une de 3 ans et une de 7 ans. On a réussi à très bien le vivre parce que je pense qu'au début, une fois qu'on a l'annonce, comme je vous ai dit, on est en mode combatif. On est dans un tunnel, on y va, on est battant, on est vraiment guerrier. Et donc, la façon dont on l'a présentée aux filles, presque, je ne dirais pas joyeusement, mais c'est presque ça, en disant, voilà, maman, elle a un bobo, elle a un bobo au sein. Bon, elle a un bobo, on retire le sein. Ensuite, par étape, on leur dit, bon, maman, maintenant, elle a un traitement. Le traitement va effectivement avoir des conséquences, notamment perdre les cheveux et puis fatiguer maman. OK, pas de souci. Et nous-mêmes, avec mon époux, on s'est mentalisés, c'est un peu un réflexe de survie, on s'est mentalisés pour vivre ça assez joyeusement, c'est les aléas de la vie en fait, c'est les épreuves de la vie et la maladie fait partie de la vie et c'est pas un souci, on va se battre, on va y arriver collectivement. D'ailleurs, les filles ont un soutien énorme, l'air de rien, dans ces moments-là, parce que quand on a des enfants en bas âge, on n'a pas trop le temps de réfléchir. Donc on est dans le processus, et je crois, a priori, qu'elles vivent assez bien, surtout qu'on s'efforce de tout leur dire, d'être le plus transparent possible avec elles, avec des mots qu'on essaie d'adapter à leur âge, parce qu'elles ne peuvent pas tout comprendre, évidemment. Mais on s'efforce d'être le plus transparent possible. Nous, on a pris le parti de dire les choses pour ne jamais se prendre les pieds dans le tapis en se disant « en fait, je ne l'avais pas dit », etc. Non, on dit tout le plus positivement possible, parce que finalement, c'est une maladie qui se traite bien heureusement bien aujourd'hui. Et jusqu'ici, tout va bien. Et dès qu'elles ont une question, elles me la posent et j'essaie de leur répondre moi aussi avec mon état de connaissance. Et ça se passe globalement bien. Sur le traitement de la chimiothérapie, j'ai eu deux types d'injections différentes. Les premières étaient très fatigantes, vraiment. Donc pendant au moins 3-4 jours, j'étais fatiguée. Bon, au lit, KO, mais bon, c'est pas grave, ça remonte après. Et puis à chaque injection, ça redescend, on retombe dans la fatigue et ça remonte, etc. Et puis c'est les débuts aussi, on connaît pas, on sait pas ce vers quoi on va. Donc les débuts sont un peu déstabilisants. Et la deuxième partie du traitement, c'est une chimio qui est hebdomadaire et beaucoup moins fatigante. Mais il n'empêche que la fatigue s'accumule. Donc là, depuis ces injections hebdomadaires, je retrouve un rythme de vie beaucoup plus normal et donc j'arrive à me réaccorder des moments pour moi, des moments où je veux voir les socio-esthéticiennes parce qu'il y a tout un tas d'associations et il y a même le centre hospitalier de Brive qui permet d'avoir accès à plusieurs professionnels qui sont là pour prendre vraiment soin de la femme, en l'occurrence, qui est traitée. C'est absolument fabuleux. Et donc là, maintenant, oui, j'arrive à m'autoriser ça, je reprends le sport, je reprends des activités vraiment pour moi, pour me sentir le jour où je reprendrai le travail, parce que ça commence à me chercher de reprendre le travail, pour être vraiment en forme physique, intellectuelle, sportive, etc. Chaque instant devient des moments de bonheur intenses. Quand on arrive à ne pas être dans les ruminations, dans la négativité, quand on arrive à être posé à table avec ses filles et son mari et que juste on prend conscience de l'instant, de à quel point c'est riche, la rigolade des enfants, même les ralouilles, les râleries des enfants. En fait, ce n'est pas grave, ça rend les choses hyper riches d'être dans son jardin, de prendre le soleil. Quand on arrive à se poser sur l'instant présent, tout devient presque merveilleux. Et je pense que c'est surtout sur ça où en fait ça arrête un peu le temps ce genre d'épreuve ça arrête la projection constante vers l'avenir le futur on ne le maîtrise absolument pas qu'il soit positif, négatif ou quoi que ce soit la seule chose qu'on peut maîtriser c'est l'ici et le maintenant c'est l'instant présent et l'instant présent quand on voit qu'on est entouré quand on voit qu'on a un toit, quand on voit qu'on a une famille quand on voit qu'on a des amis, quand on a un travail etc. en fait on se rend compte qu'on est dans une plénitude presque totale quoi, il n'y a rien besoin de plus donc oui la vie est particulièrement belle surtout maintenant. C'est les bienfaits du cancer. Alors n'hésitez pas à palper vos seins et si une inquiétude apparaît, faites contrôler au plus vite, car plus un cancer est pris en avance, plus les chances de guérison sont grandes. Voilà, c'est la fin de ce cinquième numéro de la saison du Quart d'heure corrézien. Un immense merci à Pauline pour sa disponibilité, sa joie et sa confiance. Merci à vous pour votre écoute. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro mais d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
