Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

04-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

26 septembre 2025 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Face à des chiffres de la sécurité routière en constante hausse, la préfecture de la Corrèze décide de développer les contrôles routiers. J'ai suivi l'un d'eux cette semaine à Ussac, au nord de Brive. Respire, le festival qui annonce l'ouverture de la saison culturelle de l'Empreinte, débute ce weekend à Brive et à Tulle. La recette : que les spectacles vivants s'empare de l'espace public et touchent le plus grand monde. Enfin, c'est un homme modeste, humble et discret. Pourtant, il y a deux semaines, il a remporté le titre de vice-champion du monde des fromagers. Rencontre avec un artisan amoureux de son travail et des humains dans ce numéro du quart d'heure corrézien.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quatrième numéro du quart d'heure corrézien de cette troisième saison. Au menu, la sécurité routière, les chiffres ne sont pas bons en Corrèze, alors l'état réagit et multiplie les contrôles, d'autant plus que les voitures évoluent vite, très vite, au détriment parfois des conducteurs, vous allez l'entendre. C'est l'heure de la rentrée pour la scène nationale de L'Empreinte Brive-Tulle, l'heure aussi de retrouver le festival Respire, c'est jusqu'au 5 octobre. Enfin, je vous propose de rencontrer un fromager bréviste hors du commun. Il a 40 ans, a débuté le métier il y a un petit peu plus de deux ans. Et pourtant, il est depuis la mi-septembre dernière vice-champion du monde des fromagers. C'est Mathieu Tuillier, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Je vais terminer de 90 euros de la paire de deux points. On procède par PV électronique. Vous allez le recevoir d'ici une quinzaine de jours chez vous. Et vous en aurez autant pour vous en acquitter. Mauvaise journée pour Sylvie ce mercredi après-midi. Il est 14h et elle vient de se faire prendre à 120 km heure au lieu de 90 au niveau du contournement nord de Brive. Mais cette quinquagénaire à la chevelure blonde et au carré impeccable et lunettes rouges vissées sur le nez le reconnaît. Je ne vais pas vous mentir, je ne roule pas très doucement. Et en plus, je vous dis, c'est une voiture électrique que je prends rarement. Et en fait, on a très vite des vitesses dont on ne se rend pas forcément compte. On n'a pas le bruit du moteur non plus. C'est peut-être une difficulté, la voiture électrique, d'ailleurs. Sauf que les chiffres de la sécurité routière en Corrèze ne sont pas bons, assure Vincent Berton. C'est le préfet du département. Il y a une augmentation continue des accidents, des blessés, des morts depuis 2020. Depuis 2020, on a une augmentation de 50 à 70% des accidents et des blessés. 2025 va être une année qui s'annonce très mauvaise. On a eu cinq tués sur les routes entre juillet et septembre, avec des causes très variées. Inattention, malaise au volant, mais aussi et surtout la vitesse en témoigne ce contrôle réalisé mercredi dernier. En moins de deux heures, deux permis de conduire ont été retirés. Les conducteurs roulaient 40 km heure au-dessus des 90 autorisés. Et six amendes ont été dressées pour des excès de vitesse entre 20 et 40 km heure au-dessus de ces 90. C'est justement cette forme de relâchement face à la vitesse que souhaite endiguer le préfet Berton en démultipliant les opérations de contrôle routier. L'idée n'est pas de faire des opérations coup de poing, l'idée c'est que tous les jours les policiers, les gendarmes soient présents dans les endroits où il y a des accidents pour pouvoir prévenir les comportements à risque. Le seuil de tolérance va se réduire très clairement et l'idée c'est d'être ferme dans l'application des sanctions, parce que c'est nécessaire, parce que c'est nécessaire pour améliorer le niveau de conscience et de vigilance sur la route. Et si ces sanctions se multiplient, c'est aussi parce que les gendarmes observent des comportements hallucinants, poursuit le lieutenant-colonel Eric Dumas, adjoint au groupement de la gendarmerie de la Corrèze. Le contournement nord c'est des gens qui accélèrent fortement, on a la 20, la 89. Mais on s'aperçoit que sur le réseau départemental également, on a eu des accidents mortels où on a pu avoir de l'imagerie. Des gens qui roulent sur des petites routes de campagne, on a estimé à plus 160. Dans ces cas, oui, évidemment, le danger d'accident est exceptionnel, surtout si en plus de ça, les conducteurs sont distraits par leur téléphone. Les gens n'en ont pas conscience, même avec le kit Bluetooth ou alors même maintenant tout le système un peu infographique de la voiture devient même distrayant. Et je pense que là-dessus, il y a des efforts aussi à faire de la part des constructeurs. D'autant plus que les voitures sont de plus en plus isolées de l'extérieur. Les gens ne sentent pas la vitesse. Les voitures électriques, ce sont des voitures qu'on va avoir de plus en plus nombreuses et le couple est tout de suite là. Donc on est tout de suite, très vite et sans bruit. Donc là aussi, je pense qu'il va falloir une perte d'adaptation pour que les gens, malgré qu'ils aient une conduite douce, mais qu'ils aient une conduite responsable aussi. Néanmoins, forcés de constater que le comportement des conducteurs évolue, assure aussi le lieutenant-colonel Eric Dumas. Les gens changent de tout, tout, tout, une fois qu'ils sont dans la voiture. Hommes ou femmes, il y a des comportements qui se révèlent dans la voiture. Mais des gens après nous disent à contre-coup, mais je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. C'est sa propriété sur la route, on n'aime pas se faire dépasser, ou on va empêcher le dépassement de quelqu'un, on n'accepte pas. C'est quand même assez étrange. Je sais qu'il y a eu des études psychologiques là-dessus sur le comportement des gens en voiture qui changent vraiment, vraiment. Des gens naturellement doux des fois, changent complètement dans la voiture. C'est donc pour cela que non seulement les contrôles routiers se multiplient en ce début d'automne, période où la nuit tombe beaucoup plus tôt et où la pluie modifie aussi l'état des routes. Par ailleurs, dès 2026, des assises de la sécurité routière en Corrèze vont se tenir afin de chercher à comprendre comment faire prendre conscience de la dangerosité que représente la route, mais aussi nos comportements. Cette chanson de Clara Luciani pourrait bien être le générique de lancement du festival Respire, festival porté par la scène nationale L'Empreinte Tulbrive, un festival qui n'a qu'une vocation, sortir des enceintes de théâtre classique pour aller embrasser l'espace public, souligne son directeur Nicolas Blanc. C'est le principe du festival, des propositions dans l'espace public avec l'envie d'élargir le public, de continuer à faire connaître les projets de la scène nationale. Surtout, l'espace public, ça permet d'abolir les frontières économiques, puisque les spectacles sont gratuits, et puis géographiques ou physiques, puisqu'on n'a pas à rentrer dans un théâtre, ce qui, pour certains, peut être intimidant. C'est un temps fort, il y a quand même 7 spectacles, il y a 11 représentations, ça dure une dizaine de jours, et puis en général, ça fédère plus de 5000 personnes, donc c'est quand même, oui, on va dire que c'est un gros temps fort. Et pour que Respire commence sous les meilleurs hospices, le programmateur fait le choix de proposer, vendredi 26 et samedi 27 septembre, Clancabane, un spectacle porté par la compagnie de la contrebande. Cinq circassiens trampolinistes qui ont décidé de créer une cabane. Et donc ils ont pris ce qu'ils avaient sous la main, quelques bastins de bois, quelques sangles, des ressorts, et puis leur énergie, leur facétie. Et puis ils nous racontent pendant 40 minutes, avec toutes les péripéties que ça entraîne, comment on crée une cabane. Le festival Respire court jusqu'au 5 octobre prochain. Et s'il est un fil rouge à retenir cette saison, c'est la place faite à la danse et au corps, toujours dans des espaces ouverts à l'extérieur. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'artistes qui poétisent des espaces publics en utilisant leur corps, beaucoup dans le cirque et beaucoup dans la danse. Et nous, on s'amuse avec l'éventail des propositions qu'on peut rencontrer, la manière dont ils en jouent, les agréer, les différentes manières d'investir la ville. Et c'est ce qui fait que d'une saison à l'autre, en fait, respire toujours différent. Et c'est ainsi donc que la compagnie Retour à Mont sera de retour en Corrèze avec deux spectacles dont l'un a été créé ici à la métairie des arts de Saint-Pantéléon de l'Arche. Retour à Mont est à la fois une compagnie très historique dans une certaine discipline qui s'appelle la danse verticale et donc qui prend appui sur des murs ou sur des façades de grands patrimoines. Ils étaient notamment sur le Mont-Saint-Michel, ils étaient sur la façade de Notre-Dame pendant la cérémonie des Jeux Olympiques de Paris et donc ils seront sur le mur de la médiathèque intercommunale Éric Romère à Tulle pour ouvrir Respire à Tulle le samedi matin et on les retrouvera avec leur dernière création qui s'appelle Totem qui est un peu différente puisqu'on est toujours sur la question de la suspension mais pas en appui avec un mur, c'est une suspension totale sur un câble et c'est un trio de trois danseuses qu'on découvrira dans les jardins de la préfecture de Tulle et à la métairie des arts à Saint-Pantaléon-de-Larche. Et si la compagnie a tapé dans l'œil de l'empreinte, c'est justement parce que cette danse verticale offre un nouveau regard à la discipline. C'est une manière de s'affranchir de la gravité par la suspension. Et donc ça permet effectivement dans un rapport à la verticalité de réinventer le mouvement chorégraphique. Donc on n'est pas ancré dans le sol, on est ancré sur un câble et en hauteur. Et donc on joue sur les différents plans. Soit en prenant appui sur un mur, comme c'est le cas dans Angles disparus, soit carrément dans la suspension totale affranchie de la gravité, comme une forme d'apesanteur en fait, à travers ce trio de cordes en totem. Tout l'enjeu de ce festival est donc de donner envie aux spectateurs de pousser les portes de la scène nationale au moins une fois dans l'année. Avec l'envie de faire découvrir le spectacle vivant, et puis ça nous permet aussi de nous faire connaître, et donc de faire, voilà, la promotion entre guillemets, en tout cas de faire connaître toute la saison qui arrive de la scène nationale. Et puis, c'est une manière aussi de prolonger l'été, d'être sur un temps, on va dire, convivial. Parce que l'espace public, c'est aussi une forme de liberté qu'ont les artistes dans l'interprétation, dans le rapport au public. Et donc, ça, c'est précieux, on va dire. Tous les spectacles du Festival Respire sont gratuits. Vous retrouverez les horaires précis et toute la programmation sur le site sn-l'empreinte.fr. À noter que dimanche 5 octobre, la Compagnie de la Meute sera de retour sur le parvis du Théâtre de Brive avec son spectacle 78 tours. Un spectacle qui avait dû être annulé l'an dernier à cause de la météo. Voilà, nous y sommes dans une petite boutique où une véritable bibliothèque de fromage vous fait face et entre les vitrines réfrigérées et son billet au virevolte. Mathieu Thullier, fromager au Bois d'Amalte à Brive-la-Gaillarde et vice-champion de France 2025 et vice-champion du monde des fromagers 2025. Un titre qu'il a donc remporté à Tours lors d'un concours international et où Mathieu Thullier faisait face à 18 autres concurrents. Pourtant, malgré ce titre, l'homme à la simplicité déconcertante reste heureux. Je n'y allais pas pour la gagne, pour avoir un titre, pour quelque chose. C'est un mélange de reconnaissance, d'énorme fierté et d'honneur d'avoir eu la chance de pouvoir participer à ça et d'avoir pu montrer mon travail. La chance de savoir qu'on a reconnu mon travail comme étant un reflet de ma personnalité, que je ne trichais pas et ce que j'essaie d'être au quotidien en tant qu'homme, juste me montrer tel que je suis et si ça transparaît dans mon travail et que du coup j'ai une patte qui peut être identifiable, j'en suis doublement ravi. D'autant plus ravi qu'au départ, ce n'est pas lui qui devait participer à ce concours. J'ai remplacé au pied levé le candidat Jules Mercier, qui était champion de France en titre, qui est malheureusement décédé en montagne cet été en pratiquant sa passion. Et donc j'ai appris à la fin du mois de juin que j'étais candidat possible pour ce mondial. Et donc j'ai accepté à ce moment-là, pour lui et pour la hauteur de l'événement, bien évidemment, d'y participer. Or, si vous rencontrez cet homme, vous comprendrez très vite combien son travail de fromager coule dans ses veines. C'est un travail de connaissance, connaissance du produit, connaissance du monde fromager dans sa grande globalité parce qu'il est très vaste, très riche, très varié. C'est parler de fromage, c'est vivre le fromage, c'est partager, partager, partager, que ce soit entre professionnels de ce secteur ou au quotidien avec nos clients en boutique ou nos proches. C'est se réunir autour d'un élément qui est incontournable de notre gastronomie, incontournable de notre histoire, de notre terroir, de notre héritage. Et donc c'était l'occasion de participer à une grande messe des amoureux du fromage. Sur les tomes du Ségala, le Ségala c'est au poivre de Timut. Donc un poivre un peu sur les accords agrumes, un peu citronnés, ça peut être déstabilisé aussi. Sur le truc un peu plus classique. Maintenant si je vous dis que cet homme n'est fromager que depuis deux ans, vous ne me croirez pas. Et pourtant, non seulement c'est vrai, mais cette arrivée est liée à un ras-le-bol, un burn-out après 15 années passées dans le milieu de la santé. Un milieu que ce grand gaillard à la barbe fournie et aux yeux bleus emplis de tendresse ne renie absolument pas. J'ai pu m'épanouir, j'ai pu découvrir un métier, des gens. C'était très intense et au bout de 15 ans, comme beaucoup de gens malheureusement, une perte de sens complète de mon quotidien, de mon métier, qui n'avait plus rien à voir avec celui qu'on m'avait appris. Je suis arrivé au fromage par passion, en tant que client. J'ai découvert des gens qui savaient parler du fromage pendant des heures avec les yeux qui brillaient, qui étaient capables d'oublier les clients qui étaient sur le trottoir à attendre pour uniquement vous parler d'un fromage et parce qu'ils avaient envie de vous le faire aimer et de vous partager son histoire, sa production, son terroir et autres. Et je me suis dit ça, c'est un truc qui me plaît. Et une très belle histoire de vie, on s'est tapé dans la main, on a besoin de quelqu'un, t'es là, t'as envie d'apprendre, voyons ce que ça donne. Et s'il est une chose dont Mathieu Thuillier est fier aujourd'hui, c'est bel et bien de pouvoir continuer à apprendre dans un milieu qu'il ne fait que découvrir. Ce rôle de transmission et de partage est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et qu'on retrouve beaucoup dans la profession. Et puis c'est une filière, le fromage. C'est un panel de professions gigantesques. C'est un producteur de lait qui va alimenter un producteur de fromage, qui va alimenter un secteur de transport, qui va alimenter des grossistes, qui va alimenter des gens qui sont aux achats, qui vont aller chercher des produits, qui vont faire du sourcing des petits producteurs. C'est monumental. Mon boulot, il est d'autant plus formidable. Je n'ai pas à me forcer pour raconter des histoires. Je n'ai plus besoin de mentir et de raconter des histoires. Parce que je peux parler de produits qui parlent d'eux-mêmes. Je peux raconter des histoires que je connais parce qu'il y a des producteurs, parce qu'il y a des humains derrière, parce qu'il y a des gens, parce qu'il y a un souhait de partager autour d'un produit ancestral, millénaire et qui fait notre histoire en France, notre renommée internationale, le fromage. Et donc je ne peux que vous inviter à aller découvrir ces artisans au bout de votre rue, loin des centres commerciaux. Tous ne sont peut-être pas vice-champions du monde, mais tous ont cette passion des êtres humains qui travaillent ensemble pour faire que notre société marche encore sur ses deux pieds. Je vais avoir des choses sympas sur la brebis, ou après si tu veux finir avec un chèvre, si tu veux lancer un délai, éventuellement ça peut pas, ce serait pour soi aussi. Madame Bonchon, si tu veux finir avec un chèvre... Voilà, c'est la fin de ce quatrième numéro du Quart d'heure corrézien. On se retrouve la semaine prochaine avec un témoignage, celui d'une jeune femme atteinte d'un cancer du sein. L'occasion de rappeler l'importance du dépistage en ce mois d'octobre rose. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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