Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

04-SAISON 4 Épisode 4 Quart d'heure Corrézien du 02/10/26

2 octobre 2026 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
A moins d'un mois de la 44e édition de la foire du livre de Brive, la présidente et académicienne Dominique Bona est venue présenter les contours de ce que sera SA foire du livre. Une foire qui doit pousser les murs afin d'offrir un meilleur confort à ses visiteurs. Des visiteurs qui, selon les acteurs de la Foire, font acte de Résistance en ouvrant puis en lisant un livre.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le quart d'heure corrézien, c'est l'événement culturel de l'année à Brive. Dans moins d'un mois maintenant, on va ouvrir la 44e édition de la Foire du Livre. Un événement d'autant plus grand que cette année, la Foire va s'agrandir, 1000 mètres carrés supplémentaires, afin de permettre aux visiteurs sinon de moins attendre à l'extérieur, au moins de mieux se déplacer dans les allées. Et en cette dernière semaine du mois de septembre, Dominique Bonnat, la présidente de la 44e édition, était présente à Brive afin de présenter les contours de ce que sera sa foire du livre. Le quart d'heure corrézien, vous avez le programme, c'est parti. Elle est arrivée en toute discrétion dans l'une des salles du musée La Benche, cheveux longs, blonds, impeccablement peignés en arrière avec une mèche sur le côté. Dominique Bonnat est la 44e présidente de la foire du livre de Brive, un événement littéraire qui se maintient malgré un contexte qui semble défavorable à la lecture. Bravo Brive, bravo d'organiser cette foire du livre, parce qu'aujourd'hui on traverse une véritable crise, il paraît, il paraît que les gens ne lisent plus, or on redécouvre à Brive un espace de résistance. À Brive, on résiste, on y croit, on croit au livre, on croit à la lecture. Et je pense que de là de l'exercice qui est souvent présenté, par exemple, aux enfants quand ils apprennent à écrire, ce qu'il faut leur dire c'est que la lecture c'est une promesse de bonheur. La lecture, ça aide à vivre. C'est une consolation, c'est une force en même temps. Et j'y crois beaucoup. Donc je suis heureuse, vraiment heureuse et fière d'être la présidente de la Foire du Livre cette année. D'autant que selon l'académicienne, le livre et la lecture peuvent rassembler des lecteurs et des lectrices de tous les horizons. Le livre peut être un objet de concorde. Concorde, c'est un mot qu'on oublie un peu. On est beaucoup dans le conflit, beaucoup dans la guerre, beaucoup dans l'affrontement. Justement, le livre permet de se parler, il ouvre un dialogue, il permet au cœur de communiquer. On n'est plus seulement dans le réseau de l'intelligence, on est dans la sensibilité, dans l'imaginaire et c'est là qu'on se retrouve le mieux. Cette union, cette fraternité autour d'un livre est d'autant plus importante pour Dominique Bonnat que les progrès de l'intelligence artificielle sont tels aujourd'hui que l'Académie Goncourt, pour ne pas la citer, a préféré écarter un roman « C'était ça ou mourir » de Thelison Aurélien parce que ce roman est justement suspecté d'avoir été écrit avec le soutien de l'intelligence artificielle. C'est un problème difficile, c'est un problème nouveau, je pense qu'on ne le maîtrise pas complètement. Si on est 100% sûr qu'un livre est rédigé par l'intelligence artificielle, c'est évidemment très grave parce qu'on ne peut pas mettre ce livre en compétition avec ces livres qui jaillissent vraiment du plus profond d'une personnalité, qui tiennent uniquement par l'authenticité, par la sincérité de l'individu. Le livre fabriqué par l'IA, c'est justement une fabrication. Or, un livre n'est pas une fabrication. C'est quelque chose de vivant, c'est du tissu vivant formé par l'individu. Moi je crois à la voix de l'individu, à la signature par un individu de l'œuvre d'art. Aussi, ces œuvres d'art, non seulement vous pourrez les lire, mais surtout rencontrer celles et ceux qui les ont façonnées. Et justement, la foire du livre, c'est aussi l'occasion pour la présidente de mettre en avant des auteurs et autrices qui la touchent particulièrement. Il y aura Christophe Naudibio, il y aura Jean-Paul Antoven avec son dictionnaire du bonheur, il y aura Olivier Rollin, il y aura Noël Châtelet. Jean-Christophe Bisson bien évidemment et puis de jeunes auteurs que j'ai également invités qui débutent soit avec un premier soit avec un deuxième roman, Thomas Louis notamment, Louis Michaud également qui sera là. Donc j'ai essayé d'être à la fois dans la variété des styles, dans la variété des voix, des paroles et des regards. Ces différents regards, mais de fait aussi ces différentes façons d'écrire, sont d'autant plus importantes que Dominique Bonnat siège à l'Académie française, une institution qui accompagne l'évolution de la langue française depuis Richelieu. C'est la mission de l'Académie de voir la langue évoluer, de repenser la langue d'une époque à une autre. Il y a tout le temps des mots nouveaux, il y a des tournures de phrases nouvelles. L'Académie doit essayer d'enregistrer ces évolutions dans une continuité historique de la langue. Cette joie et ce plaisir de se nourrir, Dominique Bonnat les retrouve à Brive en repensant à une personnalité emblématique de la littérature corrézienne, puisqu'il a été l'un des membres de l'école de Brive. Je viens avec beaucoup d'émotion en repensant à ce grand ami qui a été Denis Tillinac, un grand ami et un grand écrivain. Je viens en songeant au spleen en Corrèze et au bonheur à Uzerche. Sa personnalité révoltée, pittoresque, manque beaucoup dans le paysage d'aujourd'hui. Il aimait la politique, mais il aimait au-delà les gens. Il était très proche des gens, il avait le cœur sur la main. Et en ce sens, c'est en pensant à lui, à cette personnalité que je viens. Et cette année 2026 marque un nouveau tournant pour la Foire du Livre parce que si plus de 500 auteurs vont se retrouver durant trois jours entre l'Alle Brassens et l'espace des trois provinces, la Foire du Livre est surtout marquée par ces immenses files d'attente. Alors, afin d'améliorer le confort des visiteurs, les organisateurs ont donc décidé de pousser des murs, reconnaît Frédéric Soulier, c'est le maire de la cité Gaillarde. L'année dernière et les années précédentes, on a bien senti qu'on a été peut-être sans doute à la fin d'un cycle, à la fin d'un modèle en tout cas. C'est 1000 mètres carrés, donc pour nous, on va nous permettre d'avoir une autre forme d'organisation, sans doute un meilleur flux, un meilleur confort aussi pour nos visiteurs. Et puis une foire nouvelle s'ouvre à nous avec ces mille mètres carrés, comme on a pu le vivre d'ailleurs avec le fait d'avoir pu décentraliser la partie jeunesse et BD aux trois provinces. Donc je suis très impatient de voir quel résultat on aura le dimanche soir. Ces mille mètres carrés supplémentaires se retrouveront à proximité directe de l'Alle Brassens, offrant ainsi plus de 9000 mètres carrés entièrement dédiés aux livres. De quoi faire de Brive le temps d'un week-end, la plus grande librairie de France. C'est une structure que nous avons louée en supplément. 1 000 m², c'est pas rien. Et ça permettra là aussi de réorganiser notre plan d'aménagement à l'intérieur. Mais c'est surtout quelque chose qui nous permettra de faire peut-être plus de monde en même temps. Vous vous rappelez qu'on était toujours limité à la jauge de 5 000 personnes à l'instant T. Là, on ouvre un peu plus notre jauge. Mais c'est surtout, encore une fois, une foire du livre comme Brive-la-Gaillarde qui est peut-être victime de son succès. Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ? Est-ce que le succès, on le met de côté ? Est-ce qu'on essaye de peut-être chercher aussi autre chose, une autre forme d'attractivité avec l'ensemble de la programmation qui est proposée cette année ? Donc c'est un tout et on verra encore. On ne sait pas si on a raison, mais on verra encore si le choix était le bon. Reste qu'augmenter la surface de la foire n'est pas anodin. Je pense qu'on réduira la file extérieure et on améliorera le flux intérieur. Ça, c'est à peu près certain, disons, le résultat est attendu dans ce domaine-là. Puis, vous savez, si on est plus confort, si on fait moins la queue pour entrer, si on fait moins la queue à l'intérieur pour les thématiques et les débats, ça vous donne un confort différent et vous savez, c'est comme quand on est au restaurant, si on est assis à une bonne table, on a envie de manger fromage et dessert. On ne fait pas la course non plus au record, franchement, vous l'avez bien senti. C'est un événement culturel phénoménal, un monument culturel immatériel français. Et aujourd'hui, à l'heure où parfois les choses s'intensifient dans les innovations, dans l'intelligence artificielle, nous c'est aussi une forme de résistance aux bonnes vieilles habitudes, aux bons vieux outils culturels et surtout à cette promotion de la lecture et l'écriture qui fait aussi de la force et de la particularité, voire la singularité de Brive-la-Gaillarde. Parce que chaque année, maintenant, la foire parvient à exploser ses records de vente, 1 200 000 euros de chiffre d'affaires l'an dernier. Néanmoins, ce monument culturel ne pourrait se tenir sans l'engagement des bénévoles, des agents municipaux brivistes aussi, mais également celui des écoles, collèges et lycées et de l'ensemble de leurs professeurs. C'est tout un écosystème. C'est ça qui fait aussi peut-être la force de cet événement, qui nous permet là aussi, dans une période quand même de forte tension sur les dépenses publiques, mais aussi sur les recettes privées. Vous savez, tout le monde ne fait pas les malins aujourd'hui dans le monde de l'entreprise pour investir, pour dépenser de l'argent sur des manifestations futiles, futiles aussi importantes que la foire. Donc il faut vraiment savoir aujourd'hui que c'est extrêmement tendu et que cet écosystème, c'est aussi un réseau qui nous permet, y compris avec nos bénévoles qui sont là aussi au cœur de la machine, qui nous permettent là aussi de supporter un tel événement. Je pense que cet événement, c'est aussi la démonstration qu'il n'est absolument pas privatisable, et que la force de Brive-la-Gaillarde, c'est d'avoir trouvé peut-être le lien et le lien entre public-privé et de porter haut et fort cet événement national. Parce que oui, Brive-la-Gaillarde, c'est quand même la foire la plus importante en France. Plus importante toujours après le Salon du Livre de Paris. Néanmoins, la foire du livre de Brive-la-Gaillarde a cette particularité. C'est qu'elle se tient quelques jours après l'ensemble des annonces de tous les prix littéraires, de quoi aussi préparer quelques cadeaux en vue de Noël en faisant dédicacer quelques ouvrages, mais qui, de fait, selon François David, le commissaire de la foire du livre, fait de cet événement. C'est un lieu de résistance, c'est un lieu de rencontre. Et à un moment où tout le monde nous dit que les réseaux sociaux isolent, la foire du livre permet les rencontres. On vient à la foire du livre parce qu'on est tourné vers les autres. Et c'est aussi le cas des auteurs, parce qu'écrire est un moment de solitude. Et là, on rencontre des gens. Et cette rencontre-là est notre honneur, finalement, parce qu'on ne la maîtrise pas. Et ce qui s'y passe, on ne le sait pas. Et en même temps, c'est le cœur de la foire. Or, résister en 2026 est plus que primordial, assure encore l'ancien professeur d'histoire aujourd'hui à la retraite. Résister, c'est fondamental. Surtout dans un monde où tout le monde vous dit qu'on ne lit plus, tout le monde dit que dès qu'on a des textes de 2-3 pages, personne ne les lit. C'est au contraire important de dire que nous, on croit que la lecture est initiatique parce qu'elle permet d'entendre ce que dit l'autre, d'essayer de comprendre ce qu'il dit, d'être d'accord ou pas d'accord, en un mot de débattre. Et ça, c'est intéressant. Pourtant, voir l'arrivée de l'intelligence artificielle s'inscrire dans le débat, ça ne réjouit pas trop François David. On savait que ça allait arriver, mais ça génère le soupçon, alors que le livre doit générer la joie et la découverte. Et ça, moi, je suis très triste, très triste, vraiment. Et je pense qu'il faudra prendre des mesures. Mais vous savez, il y a deux ans, on avait fait un temps présent là-dessus. Après, il y a un problème d'honnêteté intellectuelle qui fait que, j'espère qu'un jour, on pourra certifier que ça n'a pas été écrit par l'IA. Mais moi, ça m'a rendu triste. Néanmoins, et c'est là l'un des fers de lance du commissaire, c'est que le public, et les brivistes en particulier, puissent s'emparer réellement de la foire du livre et qu'ils puissent aussi être des acteurs de cet événement durant trois jours. Parce que les brivistes sont formidables, c'est vrai, parce que les élèves brivistes sont formidables, parce que les enseignants brivistes nous ont beaucoup aidés et parce que je crois que les gens ont compris qu'ils n'étaient pas là seulement pour regarder, mais pour agir. Et moi, plus il y aura d'acteurs pour la foire, plus je pense que la foire gagnera en qualité. Aussi, cette année encore, des élèves déclameront des poèmes en ville. D'autres participeront à des ateliers d'écriture. Les meilleurs textes d'ailleurs seront sélectionnés et lus sur une antenne de radio nationale, RTL. Mais surtout, autre événement, un marathon de lecture se tiendra dans les murs du musée Labenche. L'idée c'est de dire, et si on arrivait à faire une chaîne des relais, où on viendra lire un texte qui nous plaît, et puis on se relaiera comme ça pendant trois jours. Si les brivistes veulent venir faire ça, et les auteurs aussi d'ailleurs, ça permettra aux auteurs peut-être de venir, encore un acteur supplémentaire. Et le musée de Brive, où ça va se passer, deviendra un lieu d'action et on verra bien. Enfin, cette 44e foire du livre fait une place particulière à André Malraux. Si l'écrivain et ministre de la Culture de la Ve République est mort cette année, il y a 50 ans, l'évocation de son œuvre à la foire restera l'un des temps forts de cette édition. Malraux a été l'homme de beaucoup de résistance. Malraux a été aussi un auteur immense, avec des prix, même s'il est un peu oublié aujourd'hui. Et puis Malraux a vécu en Corrèze. Il a vécu en Corrèze et son frère a été arrêté à Brive-la-Gaillarde. Donc il y avait un lien tout naturel, d'autant que Brive-la-Gaillarde est une ville qui n'a jamais oublié la mémoire d'André Malraux. Non seulement il y a une avenue, mais il y a aussi une esplanade des frères Malraux, une assemblée naturelle cette année, surtout avec Dominique Bonat, présidente, qui a écrit une magnifique biographie de la première épouse d'André Malraux. Et si les lettres seront au cœur de ces trois jours, la foire fait aussi la place belle aux mathématiques. Ainsi, le mathématicien né à Brive-la-Gaillarde Cédric Villani, vainqueur de la médaille Fields en 2010, sera lui aussi présent pour une rencontre exceptionnelle avec des lycéens de l'ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine. Les gens ont des schémas, quoi. Et moi, je suis persuadé qu'il n'y a pas que les littéraires qui aiment la poésie ou qui font de la poésie. D'abord, qu'est-ce que ça veut dire, littéraire, scientifique ? Et donc, comme Cédric Villani était né à Brive, je me suis permis de l'inviter. Et il m'a dit qu'il viendrait. Et donc, du coup, je me suis tourné vers le rectorat et on a 400 élèves, 450 élèves de toute l'académie qui travaillent avec leurs profs de maths sur culture et mathématiques et qui vont interroger Villani. Ça devrait être un matin sympa. Et puis, c'est un peu original, quoi. C'est sympa, on verra bien, il faut essayer. La foire du livre de Brive, c'est du 6 au 8 novembre. C'est entièrement gratuit et vous trouverez petit à petit le programme de ces trois jours mais aussi la liste de l'ensemble des auteurs sur le site foiredulivredebrive.net. Voilà pour cet épisode consacré à la 44e foire du livre de Brive. J'espère bien en produire de nouveau dans les prochaines semaines pour justement vous faire entendre comment on lit à Brive mais aussi qu'est-ce qu'on y lit. En attendant de vous retrouver la semaine prochaine, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. 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Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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