Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
03-SAISON 4-Épisode 3 Quart d'heure Corrézien du 25/09/26
25 septembre 2026 · 15 min
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Le Quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouveau numéro du Quart d'heure corrézien. Aujourd'hui, je vous propose d'ouvrir une nouvelle séquence et de découvrir la vie d'une inconnue. Cette dame, elle habite juste à côté de mon bureau à Brive-la-Gaillarde et à force de ne se dire que bonjour et au revoir, j'ai eu envie d'en savoir plus sur elle. Alors un jour, je lui ai proposé de dresser son portrait, sur le coup, elle a été surprise. Mais à force, elle a fini par accepter et c'est donc le portrait de Marie-Christine que je vous propose de découvrir. Le Quart d'heure corrézien, c'est parti ! Appel en cours porte ouverte et donc me voilà maintenant entrée dans la résidence. Bonjour, je mange pas. Alors vous n'avez pas mangé ? Non, vous mangez pas midi ? Non, mais pourquoi ? Parce que j'ai qu'une envie c'est d'aller me balader en ville. Voilà, voilà la solution. Je m'installe comme chez moi. Mais vous savez moi j'ai pas l'habitude de recevoir des gens. Je vous en prie, je sais pas si vous avez compris mais oui, oui. Allez asseyez-vous, asseyez-vous aussi. Il faut que je m'asseoir aussi ? Oui, tant qu'à faire, vous n'allez pas rester debout quand même. Je sais pas moi, je vous écoutez parce que moi j'ai l'habitude, j'ai pas l'habitude. Bon d'accord, installé. Allez, c'est parti mon kiki. Je vous laisse juste vous vous présenter d'abord. Marie-Christine Madroné, oui. Vous êtes originaire de Haute-Corrèze, vous ? Pas vraiment, mais mon père, oui, de Laplau. Et mes grands-parents aussi, tout un tas de trucs. Et par contre, il a épousé ma mère qui était en Dordogne. Et puis voilà, je suis là. Vous, vous êtes née ? Je suis née le 3 mai 1950. À Laplau, de fait ? Ah non, je suis née à Brive-la-Gaillarde. Mon père travaillait à Brive-la-Gaillarde. Donc la famille est originaire de Laplau, mais vos parents étaient déjà à Brive-la-Gaillarde ? Ah oui, mais c'est-à-dire que dans la maison de Laplau, là-haut, vivaient plutôt les arrière-grands-parents. Ils gardaient la ferme, quoi, en quelque sorte. Et mon père est descendu travailler à Brive-la-Gaillarde, il a connu ma mère, et puis voilà. Tous les deux travaillaient dans quoi ? Ah, mais ma mère ne travaillait rien du tout. Ma mère, elle s'occupait avec nous, et ce n'était pas si mal. Trois enfants, c'est ça ? Oui. Votre papa, de fait, il travaillait dans quoi ? Il travaillait dans la métallurgie, il était chez Saumier. Il était dans la tôlerie. Quand on le rit, il s'occupait avec un monsieur de l'aider pour les voitures qui arrivaient dans son garage. Et puis voilà, ils ont fait leur vie comme ça. Et après, mon père, il a repris la maison familiale à Laplau, là-haut. Et puis ils ont terminé leur vie là-haut. Ils s'ont d'ailleurs demandé d'enterrer là-haut, même mon frère. La vie dans les années 50, à Brive-la-Gaillarde, ça ressemblait à quoi ? Quels sont vos souvenirs de petites filles ? Moi, c'était bien parce que ma mère, elle ne travaillait pas. Alors bon, elle devait nous balader un peu partout quand on n'avait pas école. Ma mère, elle bricolait comme ça, mais sans plus. Elle s'occupait d'ancienne de la pharmacie Parvaux, pour le ménage. Voilà, mais on était heureuses, nous, avec ma sœur et même mon frère, après, qui est arrivé plus tard, parce qu'il y avait un problème de Rhésus avec ma mère. Et il a fallu qu'elle aille accoucher à Limoges. Alors c'était un peu compliqué. On a failli le perdre. Vous me dites que c'était difficile, donc ça veut dire aller accoucher à Limoges ? C'est-à-dire que nous, on était dans les mains des grands-parents qui étaient à Brive-la-Gaillarde, parce que mon grand-père s'était fait nommé à la SNCF à Brive-la-Gaillarde. Donc, on était chez le papi et la mamie, le temps que mon frère arrive. Ça vous a inquiétée ? Vous en souvenez de ça ? Ça fait longtemps. Vous vous rendez compte ? Je ne me rappelle plus. Je sais que j'étais contente quand ma mère est rentrée de Limoges parce que j'avais un petit frère. Et là, j'en ai vraiment profité parce que c'était vraiment le petit frère qu'on attendait. Cette vie à cinq, elle ressemblait à quoi ? Oh, ben, on n'était pas malheureux. Mon père travaillait tout seul, mon grand-père travaillant à la SNCF à Brive-la-Gaillarde et ma grand-mère qui ne faisait rien non plus. Mais enfin, bon, tout le monde se débrouillait pour se rencontrer, les week-ends, les machins comme ça, vous comprenez. Et puis, à Laplau aussi, là-haut, quand c'était un oncle qui nous avait gardé la propriété. Donc, on y montait comme ça en vacances. Le tonton pensait bien qu'il était célibataire. Il était bien content de rencontrer tous ses neveux. Alors, voilà. Cette vie-là, vous me dites que vous n'étiez pas malheureuse. Pas du tout. Que les femmes ne travaillaient pas. Mais dans le fond, elles travaillaient énormément puisqu'elles s'occupaient des maisons. Oui, et puis des enfants. En plus, c'est super des enfants. On ne courait pas les nounous. On n'a jamais couru les nounous avec ma sœur. Même mon frère, d'ailleurs. Brive-la-Gaillarde, encore une fois, ça ressemblait à quoi à ce moment-là ? C'était un peu comme ça, mais c'était moins costaud. Je veux dire c'était pas, si on allait à l'école on allait à l'école Louis-Ponce, on allait à l'école à droite à gauche. Moi j'ai fait pensionnat aussi à l'époque quand pensionnat existait sur le boulevard. J'avais fait une école secondaire, c'était une école privée. Voilà, vos souvenirs d'enfants, que vous jouiez à quoi par exemple ? C'était quoi ? On avait des poupées quand on avait notre anniversaire, on avait des poupées ou des machins autre chose. Quand c'était Noël, on passait Noël chez papy et mamie. Voilà, mais à l'époque, faut pas rêver, mes grands-parents ils étaient à Brive-la-Gaillarde, en appartement parce que mon grand-père travaillait à la SNCF, mais on n'habitait pas, c'était pas leur maison. Mes grands-parents, leur maison, c'était celle de Laplau, là-haut. Ils avaient laissé à la grand-mère la jouissance et ils montaient de temps en temps, mais ils montaient par le train puisqu'ils conduisaient pas. On était dans, c'est pas hier ça. Vous me faites ramener des trucs, faut aller me le dire, je me serais préparée. On a eu une belle vie avec ma sœur et mon frère, on a eu vraiment une belle vie. Et pour voir que c'était des parents, il y avait quelqu'un qui bossait. Mon père remarquait, lui, il était malheur parce qu'il avait un copain qui était dans les trucs de mécanique. Il avait monté un garage de mécanique. Et en même temps que mon père faisait son boulot, il appelait mon père pour lui aider. Vous comprenez, en plus, dans les garages. Alors, donc, on n'a jamais été malheureux. Moi, je n'ai pas été malheureuse, moi. Qu'est-ce que vous mangiez, par exemple, tous les jours ? Ça, je n'en sais rien. Ma mère, c'était une fine cuisinière, puisqu'elle avait été longtemps à la pharmacie Parvaux. Il fallait bien qu'elle les fasse manger. Parce qu'elle n'allait pas à la pharmacie Parvaux tous les jours. Je veux dire, elle était employée à la pharmacie, quand mon père l'a connue. Elle logeait à la pharmacie. Et donc, elle s'occupait un petit peu de tout ? Elle s'occupait déjà des enfants de chez Parvaux. Et puis, elle était la femme de ménage, quand mon père l'a connue. Et quand les enfants, quand vous vous êtes arrivés, elle a dû arrêter de travailler. Ma mère, oui, en fait, en quelque sorte, oui, mais quand Mme Parvaux avait besoin d'elle, elle lui demandait de venir l'aider un peu, mais pas à demeure comme elle avait été en première instance. On ne courait pas sur l'heure, mais par contre, on ne demandait rien à personne. Mes grands-parents, mon père, mon grand-père était à la SNCF, donc il avait de l'argent. Ma grand-mère, bon, elle ne travaillait pas, mais enfin, bon, voilà, ça se débrouillait comme ça, et on se débrouillait aussi de partir en vacances. Ah, par contre, les vacances, ce n'était pas Saint-Tropez, c'était l'Aplos, là-haut. J'ai la chance, en 2026, de pouvoir me déplacer en voiture facilement et de pouvoir monter à l'Aplos. Vous, à votre époque, c'était quasiment impossible, il fallait prendre le train. Il fallait prendre le train, oui, mais alors le problème qu'il y a eu, c'est qu'à l'Aplos, il n'y a rien pour arriver jusqu'à l'Aplos. Il faut prendre le taxi ou je ne sais pas trop quoi. Alors, je ne sais pas comment ils ont fait pour pouvoir arriver à joindre de mon arrière-grand-mère et mon arrière-grand-père. Mais c'est vrai qu'on partait tout le temps en vacances à l'Aplos. Mais mon père, vous comprenez, on n'avait pas d'argent, c'est vrai, pas tellement. Mais comme il aidait ce fameux monsieur à aider pour les mécaniques et tout un tas de choses, le monsieur lui trouvait toujours une voiture pour pouvoir nous amener tous à l'Aplos, là-haut au moins pendant les vacances. Mais on n'y allait que pendant les vacances à l'Aplos, vous vous rendez compte ? Pourtant, ce n'est pas si loin que ça. Mon oncle qui vivait là-haut avec mon arrière-grand-mère, lui de toute façon quand il y avait quelqu'un qui arrivait à Égletons, parce que c'était Égletons le fief, il prenait les vaches et derrière il mettait la charrette et il allait chercher tout ce monde comme ça à la gare avec la charrette. Vous êtes en train de me décrire quelque chose qui n'est pas très confortable mais qui était la belle vie quelque part. Tout le monde vivait normalement, alors chez nous, on n'a jamais crevé de faim, comme je dis, on a toujours mangé, mon père a toujours eu des voitures, parce que comme il aidait ce monsieur dans ce garage, le monsieur lui disait, je ne te payais pas, mais je te paye une voiture, enfin c'était pas des Mercedes non plus, mais enfin la tendance, c'était des trucs qu'on puisse monter à l'Aplos là-haut. Le temps des vacances. Le temps des vacances. Ces vacances, elles ressemblaient à quoi ? Oh là, c'était chouette, vous rigolez, c'était chouette, parce que c'est une maison qui était dans un village, au ras d'une route, pratiquement, avec un terrain, et puis des terrains un peu plus loin, et puis des forêts. Et ça, qu'est-ce que vous y faisiez avec vous ? Eh bien, moi, je n'y faisais pas grand-chose, parce que quand j'y montais dans ces conditions-là, j'étais avec mes parents, moi. Et quels sont vos souvenirs de jeux, quelque part ? Les jeux, il n'y en avait pas tellement. On allait courir dans le foin, oui, quand ils faisaient le foin, on courait dans le foin. C'était rigolo, en plus. Moi, j'ai trouvé ça rigolo. Il y avait des cabanes ? Ah, des cabanes, non, pas de cabanes, non. Vous y retrouviez d'autres enfants de votre âge ? Ah, ben oui, il y avait les enfants du village, bien sûr. Les pauvres, ils n'avaient que nous pour voir quand on arrivait, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de monde dans le village. Vous, vous étiez un petit peu les citadins qui ont monté à la campagne. Voilà, c'est ça, c'est ce que j'étais en train de chercher. Oui, c'est ça, oui, les citadines. Parce qu'on était deux filles, avant mon frère, parce que mon frère est né plus tard. Il y avait une distance, justement, entre les enfants de l'Aplos et vous, ou pas du tout ? Ah non, pas du tout, non, non, parce que nous, on y restait longtemps, parce que ma mère, quand on était à l'Aplos, ma mère, elle ne travaillait pas, bien entendu. Mon père, il descendait pour travailler, parce qu'il savait qu'il fallait qu'il fasse quelque chose. Il a aidé beaucoup plus le garage à faire des voitures que d'aller faire sa tôlerie. Et puis, on était tellement tranquille, là-haut. Vous savez, quand on était tous enfermés dans deux pièces, la grand-mère, mon oncle, parce que mon oncle était célibataire, donc il fallait bien qu'il aille quelque part, il était là. Et puis nous, on était dans une grande pièce, parce que mon arrière-grand-mère, elle gagnait sa vie comme ça, en ayant installé un piano. Comment ça s'appelle, un piano ? Ce n'est pas un piano de maintenance, c'est un piano qui se déclenchait en tournant la manivelle. Vous avez déjà vu ça ? Un orgue de barbarie. C'est ça. Comme la pièce était grande, elle faisait des réunions, vous comprenez, le soir. Les gens du village y venaient, ils buvaient un coup, chacun amenait son truc et puis terminait. Et on passait la soirée ensemble. Et voilà, et le lendemain, tout le monde repartait au champ. Ça, c'est des bons souvenirs pour vous ? Oui, mais c'est loin, il faut que je... Si j'avais pensé, je me serais préparée. Mais je veux dire, ce sont des bons souvenirs parce qu'il n'y avait pas de télé, il n'y avait pas de... Ah, rien ! Ah non, il n'y avait rien du tout. Il n'y avait rien du tout, mais avec le Dordog et le Barbary, on faisait des soirées dansantes dans la maison. J'ai passé de bons moments, tant et si bien que, comme mes parents avaient gardé la maison de mes arrière-grands-parents, et quand tout le monde est mort, on a eu un acquéreur qui a tout acheté. Donc ça a changé d'histoire ? Après ça a changé, parce qu'en fait tout le monde est mort. Nous on n'y allait que comme ça de temps en temps, mais voilà. L'école pour vous c'était quoi ? C'était une école comme c'est maintenant. D'abord, il y avait une maternelle, déjà, une primaire. Après, on partait au lycée. Cette école, ça vous a plu ? Oui, ça m'a bien plu. Mais vous savez, j'ai eu une scolarité assez cool. Je n'ai pas été bien loin, mais j'ai été là où il fallait. Ça veut dire quoi, par exemple ? Parce que j'ai fait l'école commerciale de Pigier. C'était une école privée. Ma sœur, non, ma sœur est partie directement en apprentissage. Mais moi, pas. Ma mère, elle ne voulait pas. Elle voulait qu'au moins qu'il y ait quelqu'un dans la famille qui soit un peu intelligent. Toutefois, je le suis. Quand j'ai connu mon mari, ma belle-mère travaillait comme aide-soignante à la clinique Saint-Germain. Et alors, elle m'a dit, écoute, Christine, tu ne peux pas rester comme ça. Je vais te faire... Alors, comme elle connaissait les docteurs et tout un tas de trucs, je me suis retrouvée à la Saint-Germain en train de m'occuper des gens. Et c'est là que vous êtes donc devenue secrétaire médicale. C'est-à-dire qu'après, oui, j'étais secrétaire médicale. Alors je me suis retrouvée là-dedans, parce que ma belle-mère m'a dit, tu sais, il faut que tu fasses quelque chose quand même. Alors elle me dit, tu sais, je vais demander au docteur, tu vas voir, il va te pistonner, tu vas rentrer. Effectivement, je suis rentrée au cabinet médical, mais pas à temps plein, on n'était pas à temps plein. On était trois filles, mais les docteurs ne voulaient pas qu'on soit trois à la fois. Quand une arrivait, l'autre partait, vous comprenez ? Ça, ça vous a plu ? Ah oui, oulala, oui, le sang. Mais oui, parce qu'après je me suis mariée, vous comprenez, quand je me suis mariée, j'étais déjà au cabinet médical. Et votre mari, vous l'avez rencontré comment ? En fréquentant ma belle-mère, j'ai bien été obligée de fréquenter le mari, son fiston, parce qu'il s'est présenté comme ça. Vous tombez amoureuse de lui, comment ça se passe ? Je n'en sais rien, c'était une connerie de ma belle-mère, sans doute. C'est vrai ? Je ne sais pas, je travaillais avec ma belle-mère, alors du coup, c'était logique. C'était logique pour vous ? Parce qu'il était gentil, il ne m'emmerdait pas, il était à la poste en plus. Alors, il avait déjà un métier déjà bien fait. Et en plus de ça, il avait été nommé à Neuvic, là-haut du sel. Et moi, je l'ai suivi, puisque moi, je ne travaillais pas. Et la semaine prochaine, nous poursuivrons cette discussion autour du mariage de Marie-Christine. Mais en attendant de vous retrouver, je vous souhaite de passer d'excellents moments, en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
