Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
02-SAISON 4 Épisode 2 du 17/9/26 Quart d'heure Corrézien
17 septembre 2026 · 15 min
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Le Quart d'Heure Corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce deuxième numéro de la quatrième saison du Quart d'Heure Corrézien. Comme la semaine dernière, nous reparlons de sécurité routière parce que les chiffres ne sont pas bons. Le nombre d'accidents mortels augmente, tout comme le nombre de blessés et même de morts sur les routes du département. Alors pour prendre conscience des dangers de la route, la préfecture de la Corrèze a organisé en juin dernier les assises de la sécurité routière. L'occasion pour les acteurs que sont les policiers, les gendarmes, les pompiers, mais aussi les ambulanciers, les fédérations représentant les usagers de la route ou encore des témoins ou victimes d'accidents, de pouvoir parler de nos façons de conduire en Corrèze. Pour ce deuxième numéro du Quart d'Heure, je vous propose donc de mettre l'accent sur des témoignages de primo-intervenants sur ces accidents, mais aussi sur celui d'une monitrice d'auto-école. Le Quart d'Heure Corrézien, saison 4, deuxième numéro, c'est parti. Déjà, je dois vous dire un truc, c'est qu'en tant que journaliste, j'ai couvert des dizaines d'accidents de la route, de jour, de nuit, en été, en automne, en hiver, au printemps, tout le temps. Lorsque j'étais de permanence, j'avais un téléphone qui me prévenait et quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, je devais me déplacer sur les lieux de cet accident pour recueillir les premiers éléments. L'enjeu était simple, rapporter des faits, mais pour moi, très personnellement, ces moments m'ont toujours bouleversé parce que je savais très bien que j'allais écrire et que j'allais être lu ou entendu par des proches des familles de victimes. Alors pour comprendre comment les primo-intervenants gèrent ces moments-là, je leur ai posé la question et face à moi donc aujourd'hui, c'est le colonel Alain Vanto, chef du groupement Centre des sapeurs-pompiers de la Corrèze. Mon commandant, vous me disiez, vous n'êtes pas primo-intervenant maintenant, mais néanmoins, vous restez un sapeur-pompier. Oui. Avec une expérience particulière aussi, celle des accidents de la route. Qu'est-ce que c'est pour vous un accident de la route ? Un accident de la route, c'est déjà une intervention dans un milieu complexe dans lequel il va falloir en première intention assurer la sécurité des intervenants. Moi, ça m'évoque des situations qui peuvent parfois être difficiles à gérer, des situations qui peuvent être techniques, qui font appel à des connaissances très particulières des sapeurs-pompiers et des situations qui peuvent effectivement engendrer, et ce qu'on craint le plus souvent, des situations de sur-accident. Donc clairement, vous êtes en train de me dire que l'objectif, c'est de faire en sorte de sécuriser les lieux. Exactement. L'objectif sur ce type d'intervention, alors qu'on soit sur des routes départementales ou à plus grande vitesse comme des autoroutes. Le premier enjeu, c'est bien d'assurer la sécurité des intervenants pour ensuite intervenir auprès des victimes potentielles en étant dans un dispositif mis en place qui permet d'éviter absolument le sur-accident par les usagers de la route. Pour vous, en tant qu'intervenant, est-ce qu'il y a une forme d'adrénaline quelque part lorsque vous êtes appelé sur ce genre d'événement ? Alors, je dirais d'adrénaline mesurée dans le sens où effectivement ça va éveiller surtout chez nous l'obligation d'évoluer en sécurité, d'être vu, d'avoir nos équipements de protection, d'assurer encore une fois la sécurité des intervenants, de mettre en place rapidement, mais en sécurité, tout un dispositif. Donc oui, c'est une adrénaline qui va en fait allumer, j'allais dire, la lumière sécurité, absolument. Est-ce que vous vous souvenez de votre première intervention sur un accident mortel de la route ? Sans entrer dans des détails, mais c'est sûr que ce sont des situations qui peuvent être dramatiques. J'ai des souvenirs personnels qui sont durs, parce qu'on rencontre des situations, encore une fois, ne serait-ce que visuellement, mais aussi techniquement, qui peuvent nous éprouver. Après, j'ajoute quand même qu'avec le temps, les sapeurs-pompiers, on a quand même fait beaucoup d'efforts pour accompagner les intervenants, notamment à l'aide d'infirmiers ou de médecins, pour lorsqu'on a des situations, j'allais dire même de manière générale, qui sont un peu difficiles, avec des situations particulières, être accompagné pour mieux vivre ce genre d'événement. Le fait d'être en caserne, d'avoir des collègues aussi autour de soi, ça permet de parler quelque part ? Oui bien sûr, c'est déjà la première chose à faire, j'allais dire, quand on rencontre des situations difficiles, on en parle avec ses collègues. On a des chefs d'agré qui sont formés pour ça et ensuite, je le disais, en deuxième volet, on a l'appui de notre direction santé qui vient nous épauler à l'aide d'un infirmier directement à la caserne, voire d'un médecin lors d'une consultation pour faire en sorte qu'on n'ait pas d'émotions négatives et de risques après de se sentir mal ou dans une situation même de stress par rapport à ces genres d'accidents qu'on aurait pu vivre en tant qu'intervenant. Mais rassurez-moi, c'est normal d'avoir ces réactions ? Bien sûr, après, l'objectif, nous, c'est par l'entraînement, la répétition des gestes, et puis après l'expérience, bien sûr, d'avoir le moins possible de risques de se sentir vulnérable face à ça. Mais bien sûr, c'est aussi normal, on est humain aussi, même quand on est formé en tant que sapeur-pompier, qu'on soit professionnel ou volontaire, on a des émotions, évidemment, donc des situations qui, lorsqu'on est confronté à un accident de la route dramatique ou avec des victimes, et de manière générale à des accidents avec des victimes, c'est sûr, c'est normal qu'on ait ces émotions et ça peut nous toucher. Mais encore une fois, l'idée, c'est par le travail, par l'accompagnement médical, ne pas être ensuite touché profondément par ça pour pouvoir aller de l'avant. De fait, ça vous a fait changer votre vision, votre appropriation de la route ? Alors, vous voulez dire de manière personnelle ? Oui. Ah bah, effectivement. Quand on rencontre des situations au niveau professionnel et qu'on prend conscience de certaines choses, alors, j'allais dire, notamment de conduites qui peuvent être à risque ou diverses situations, eh bien, on se les approprie. Et en tout cas, me concernant, j'essaye de les mettre en œuvre et d'éviter, avec mes retours d'expérience, de moi-même me confronter à certains dangers. Est-ce que vous pensez qu'un témoignage de pompiers auprès de jeunes conducteurs peut permettre justement à ces jeunes conducteurs de prendre plus rapidement conscience des différents dangers de la route ? On l'a vu lors des assises, on a des témoignages qui sont forts, qui sont poignants. Oui, les témoignages des professionnels, des accidentés, doivent permettre d'éveiller chez les jeunes, de faire germer en eux des comportements plus adaptés. Moi, je suis assez convaincu que ce partage d'expérience pour notre jeunesse est fondamental. Un petit peu après, j'ai rencontré David Brézel, c'est le patron de la police en Corrèze. Alors de fait, ses fonctions de directeur départemental de la police nationale l'ont éloigné du terrain. Néanmoins, avant d'atteindre ce poste, l'homme a forcément travaillé un moment de sa carrière sur un accident de la route. Votre souvenir d'un accident de la route, quel serait-il ? Des accidents de moto notamment, où on a des usagers qui ont parfois, par manque de protection ou pas, se retrouvent dans des états terribles et parfois jusqu'à des décès. Donc ça, c'est un petit peu choquant, effectivement. Ça, concrètement, quand on est jeune policier ou même ancien policier avec de l'expérience, je veux dire, comment on se relève de ce genre d'événement ? C'est malheureusement, très malheureusement, une habitude. Donc pour les jeunes policiers, c'est compliqué. Mais maintenant, nous, on est une corporation qui a beaucoup de solidarité. Donc les plus anciens encadrent les plus jeunes et expliquent un devoir de pédagogie. Donc, c'est en discutant. Exactement. Mais comme sur beaucoup de sujets, essentiellement comme ce qui se passe ici, des discussions pour essayer d'avancer. J'ai l'impression que nous sommes tous des usagers de la route, mais qu'on utilise la route tous un petit peu différemment et qu'on a tous un peu l'impression d'être seul quelque part. Exactement. En fait, on s'adapte à son mode de transport parce qu'in fine, les gens sont cyclistes, sont automobilistes, sont motards ou sont piétons. Donc, en fait, chacun est dans son rôle de motard, de cycliste, c'est oubli parfois celui des autres. Donc l'idée, c'est que tout le monde puisse se respecter et laisser l'espace routier à tout le monde. Ce respect, ça fait des années, mine de rien, qu'on en parle. Oui, alors c'est une notion essentielle, et quand il n'y a plus de respect, il y a de la répression. Et ce n'est pas par plaisir que vous faites de la répression ? Non, absolument pas. C'est une forme d'échec, quelque part, puisque ça veut dire que la pédagogie n'a pas fonctionné. Mais c'est un peu faux ce que je dis, parce qu'en fait, ça va venir un petit peu renforcer aussi l'aspect pédagogique et de se dire, j'ai fait une faute, j'ai déjà été prévenu, la pédagogie a joué son rôle, j'ai encore fait une faute, j'ai eu une répression. Oui, en gros on me prévient et puis après on me tape sur les doigts. Exactement, puisque de toute façon, une fois qu'on aura une sanction, ça c'est au-delà du risque routier, une fois qu'on a une sanction, pédagogiquement on se dit je ne vais pas recommencer, je n'ai pas envie d'avoir une autre sanction. Et ça quelque part, quel que soit notre âge, que l'on ait 12 ans sur une trottinette ou 60 derrière le volant de sa voiture. Exactement, même si pour les petites fautes on sera plus tolérant que pour des grosses fautes d'usage qui sont des vrais risques routiers. Justement, les trottinettes sont en train de débarquer un petit peu partout en Corrèze, que ce soit en ville ou à la campagne. Qu'est-ce que vous observez sur l'utilisation de ces trottinettes ? Une mauvaise utilisation. On ne critique pas le mode de transport en lui-même, qui est un mode de mobilité douce, qui peut trouver sa place dans le tissu urbain. C'est son utilisation qui est mauvaise. Les circulations sur les trottoirs, les circulations à contresens, pas assurés, avec des vitesses qui sont débridées. Ces comportements-là, on va venir les réprimer. Mine de rien, quand on est à vélo, on a l'impression que c'est le premier mode de transport de liberté. Le vélo, oui. Alors effectivement, c'est un mode qui va se développer dans nos centres-villes qui sont engorgés. C'est une question de santé publique et de politique publique. Et ces vélos-là, ils doivent respecter le code de la route et être respectés par les autres usagers. Et c'est souvent un point de crispation entre les cyclistes et les automobilistes. C'est de la pédagogie, là encore, il faut du temps ? Il y a de la pédagogie, il faut un petit peu insister aussi sur le sujet. Par exemple, je prends les distances quand on double un cycliste, ce n'est pas encore acquis par les automobilistes. Vous allez avoir celui qui fait du vélo habituellement, qui va se décaler d'un mètre cinquante comme c'est prévu, et puis celui qui va frôler le côté du cycliste. Vous avez le cycliste qui, parce qu'il a vélo, va franchir un feu rouge. Voilà, c'est ces comportements-là qu'il faut cesser. Pourtant, quand on est à un feu rouge et qu'on voit qu'il n'y a personne, on a envie de passer quelque part ? On a envie de passer, mais on ne passe pas. Pourquoi ? Parce que vous avez l'impression de tout voir. C'est comme les gens qui vont franchir un feu parce qu'ils se disent qu'il est orange. Mais quand leur regard s'est déporté, en fait, ils passent au rouge. C'est la même question. Vous allez regarder, il n'y a personne. Et puis d'un seul coup, vous allez avoir un automobiliste qui roule à 80 au lieu de 30 et qui va venir vous percuter. Donc il ne faut pas passer. Parfait. Merci, monsieur le Président. Alors comment prendre conscience de tout ce que représente le code de la route ? J'ai posé la question à Marie-Pierre Pialet, elle est responsable d'une auto-école à Brive et à Saint-Pantaléon-de-Larche. L'apprentissage du permis de conduire ou obtenir le permis de conduire, c'est quelque part le premier sésame de la liberté. C'est le premier sésame de la liberté parce que c'est là où on ne leur donne pas tout. Les jeunes à l'heure actuelle, en classe, ils ont souvent beaucoup de facilité parce qu'on leur facilite la chose. Le permis, on ne facilite pas, parce que sur la route, on tue et on peut être tué. Donc, nous, notre travail, à nous, c'est de les amener à avoir ce sésame qui leur permettra d'avoir du travail, qui leur permettra plein, plein de choses. Et si vous voulez, notre formation, c'est pour ça que je disais au monsieur tout à l'heure, on a évolué depuis vous, effectivement, parce que c'est un continuum éducatif et que maintenant, on parle de beaucoup de choses. On parle d'environnement, dans le code. Et je sais que lorsque je fais mes leçons de conduite, je sensibilise toujours, attention la taille moto, regarde dans ton angle mort, est-ce que tu as vu le camion ? Il ne peut pas passer comme toi. Vous voyez, tous ces genres de choses qu'effectivement, avant, on ne faisait pas très attention. Mais ça, mine de rien, j'ai l'impression que ce sont des automatismes que l'on perd aussi, quelque part, en utilisant tous les jours la voiture. Malheureusement, et c'est pour ça que nous nous disions, faites de la conduite accompagnée, parce que ça, c'est vraiment très très bien. Ils peuvent commencer à 15 ans, donc là ils sont encore dans la période où ils apprennent facilement, et ensuite ils sont avec les parents. Je préfère nettement quelqu'un qui a fait la conduite accompagnée et qui passe son permis à 17 ans, ça ne nous pose pas de problème, plutôt que quelqu'un qui fait juste sa formation en auto-école et qui passe le permis à 17 ans. Pourquoi ? Parce que 17 ans, c'est encore l'âge où on essaye ses limites. Vous voyez ? On essaye de prouver des choses. Quand on a fait la conduite accompagnée, les parents ont été là, ils ont accompagné, ils ont 3000 kilomètres au compteur. C'est quand même très intéressant. Quand ils font la période avec nous, ils n'ont que nos heures de conduite. Et il faut bien avouer qu'ils n'ont pas le panel qu'on rencontre en 3000 kilomètres. C'est logique, c'est plus court. Et là, c'est là où ça devient un petit peu tendancieux parce qu'ils ont 17 ans, ils ont le permis. Ça y est, à nous la liberté. Mais quelque part, c'est un sentiment qui se comprend quand on a une vingtaine d'années. Tout à fait. Vous dites une vingtaine d'années, vous ne dites pas 17 ans. Et oui, 20 ans, il n'y a pas de souci. J'ai récupéré cette année pas mal d'élèves qui n'avaient pas eu le temps de faire leur permis, sont partis faire leurs études et sont revenus 23, 24 ans. Si vous saviez ce que c'est facile, c'est impressionnant. Pourquoi ? Parce qu'ils sont matures, ils comprennent bien, ils écoutent bien parce qu'ils en veulent. Et là, ça va tout seul. Là, il n'y a vraiment aucun problème. On n'est pas bloqué. Alors que nos petits jeunes, là, ils ont beaucoup de pression de la part de la société, de la part des parents. Tu te rends compte, il faut que tu ailles travailler tout seul. Et ça, c'est pas bénéfique pour eux. Et pour conclure ce dernier épisode consacré à la sécurité routière, je vais surtout reprendre l'un des slogans de la sécurité routière. Partageons la route à pied, à vélo, en trottinette, en scooter, en voiture, en camion ou en tracteur. Sur la route, nous ne sommes pas seuls. Voilà pour ce deuxième numéro de la quatrième saison du Quart d'Heure Corrézien. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro. Et d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'Heure Corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
