Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN
05-SAISON 4 Épisode 5 Quart d'Heure Corrézien du 9/10/26
9 octobre 2026 · 15 min
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Le Quart d'Heure Corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans le Quart d'Heure Corrézien. Nous parlons beaucoup d'eux en ce moment. Ce sont les lycéens, des lycéens mobilisés depuis plus d'une semaine maintenant. Et ils ne demandent qu'une chose, être entendus. Alors, pour les entendre et faire entendre leur voix, je suis allé à leur rencontre. Ils ont entre 15 et 18 ans, sont des adolescents, pleins d'espoir et d'envie. L'espoir de réussir leurs examens et donc l'envie aussi de réussir leur vie, c'est-à-dire exercer un métier qu'ils et elles ont choisi, un métier dans lequel ils et elles pourront aussi s'épanouir et donc grandir. Ces voix, je les ai captées à Brive-la-Gaillarde le 6 octobre dernier, jour de leur troisième mobilisation dans les rues de la cité gaillarde. Sachez que ce jour-là, sur l'ensemble d'Allassac en Corrèze, ils étaient près d'un millier d'adolescents dans les rues. Pour cette troisième journée de mobilisation, ils avaient été sinon encadrés, au moins entourés par les centrales syndicales que sont la CGT, FO ou encore Solidaires, des syndicats ayant l'expérience et le savoir-faire de la manifestation là où ces jeunes ne descendaient dans la rue que pour la première fois de leur vie. Pour ce premier numéro consacré à la gronde lycéenne, je vous propose donc de passer 15 minutes avec Khalil, le Quart d'Heure Corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Bonjour. Bonjour. Est-ce que je peux vous demander de vous présenter ? Je m'appelle Khalil, je suis élève en première au lycée Arsène-Val. Première au lycée Arsène-Val. Quels sont vos rêves, vous, dans la vie ? Personnellement, j'aimerais bien m'orienter dans la politique, dans l'administration publique ou les relations internationales. Qu'est-ce qui vous fait rêver dans ce parcours-là ? Personnellement, la politique, c'est depuis tout petit, je sens une déconnexion de la part des politiques actuelles, de nos représentants. Par exemple, de nos députés, nos premiers députés comme Madame Meunier. Je n'ai jamais vu sur le terrain, je n'ai jamais vu à Brive-la-Gaillarde, je n'ai jamais vu entendre nos revendications, je n'ai jamais vu sur les blocus faire entendre la voix des lycéens. Et moi, c'est justement pour ça que je travaille dedans, pour porter la voix, justement, de ceux qui ne se font pas écouter. Qu'est-ce qui vous met en colère aujourd'hui ? Écoutez, c'est justement cette déconnexion-là. Ils protègent, je ne sais pas qui, en fait, j'ai l'impression maintenant, être député, c'est juste pour le salaire, pour avoir un petit coin tranquille, etc. Alors que non, c'est des représentants de la nation. Là, je n'en vois aucun, je ne vois aucun représentant, que ce soit le maire, que ce soit la députée. J'ai vu le préfet ce matin qui était présent, mais c'est tout. On l'a vu quelques minutes et ça s'arrêtait là. Parmi les revendications de ce mouvement qui est né il y a une petite semaine, un petit peu plus même maintenant, qu'est-ce qui vous pousse, vous, à sortir dans la rue aujourd'hui ? C'est pour les conditions lycéennes. Moi, je suis favorable aux 8h-13h parce qu'à 8h-18h, c'est plus possible. Moi, je fais des 8h-18h le vendredi, alors qu'en d'autres, on n'a même pas le temps de profiter. Des 8h-13h, ça permettrait de faire des activités extrascolaires l'après-midi. Là, je n'ai pas le temps. Par exemple, je voulais m'inscrire au basket, mais sauf que les heures, justement, c'est adapté avec l'école, et c'est de 20h à 22h. Et donc c'est pour ça que c'est impossible pour moi, moi qui habite dans la zone du SAC, c'est impossible de venir à Brive-la-Gaillarde, de repartir, etc. vers 22h. Et voilà, c'est surtout pour les 8h-13h que je suis là, et pour les conditions lycéennes, pour les conditions d'établissement. Et en été, il fait très chaud. En hiver, il fait froid. On n'a pas forcément tout le temps les moyens de mettre le chauffage. Et l'État aussi, c'est surtout un sentiment de soutien pour les lycées en France qui sont abandonnés par l'État. Véritablement abandonnés. Vous avez ce sentiment-là aujourd'hui ? Oui, je sens qu'il y a des établissements qui sont abandonnés. On ne met pas assez de moyens dans l'éducation nationale. Quand je vois que le budget des armées est supérieur à celui d'éducation nationale, pour moi, c'est intolérable. Pourtant, j'ai envie de dire qu'il y a des efforts qui sont faits. Les bâtiments sont rénovés, sont plutôt en bonne santé, j'ai l'impression. Ça, ça dépend. Ça, c'est que de l'extérieur. Mais de l'intérieur, par exemple, le bâtiment d'Arsène-Val, celui-là où on est au lycée, il date de 1960, il n'a pas été rénové depuis. Donc du coup, il n'y a pas eu l'isolation, il n'y a pas eu les changements, parce qu'il y a eu un changement climatique qui a été fait. Et donc là, on n'est pas du tout adapté au réchauffement climatique qui arrive. Vous attendez quoi ? Qu'on installe la climatisation ? Qu'on ré-isole tout simplement les bâtiments ? Oui, voilà, qu'on rénove les lycées, qu'on les isole mieux, pas forcément mettre la clim, parce que bon, d'un côté écologique, ce n'est pas le meilleur, mais par exemple, améliorer la verdure. La verdure, ça permet de baisser la température. Mais même, il y a plein d'idées qui pourraient être faites, etc. Et c'est justement ça, de porter notre voix. C'est pour ça qu'il faut des représentants qui aillent voir le ministre, il faut que le ministre se déplace dans les lycées, il faut qu'il vienne sur les blocs justes pour écouter les revendications des lycéens et des lycéennes. Vous me parliez du 8h-13h ou de vos journées à rallonge, ça a quel impact sur votre vie sociale justement ces journées de lycée ? Justement à 8h-18h après on est crevé, par exemple moi je me lève à 7h environ voire 6h30 et je mets 30-40 minutes pour venir au lycée alors que j'habite à Ussel mais bon avec le bus et justement le soir j'entre aux alentours de 19h quand je finis à 18h et donc c'est plus possible, on est fatigué, on est crevé. Et en plus, d'autant plus, il y a les devoirs, les exposés, les évaluations qu'il faut réviser, les devoirs qui sont faits, les exercices, etc. Nous, on n'en peut plus. On a moins de vie sociale. Soit on est entre deux choix. Soit profiter avec nos amis, soit réviser. Et je ne choisis pas tout le temps réviser, mais bon, il faut réviser, mais on ne peut pas. Vous appartenez aussi à cette génération qui a vécu plein de bouleversements. Je pense aux attentats, je pense à un prof qui a été tué aussi. Je pense évidemment au Covid. Vous étiez probablement aux primaires pendant les confinements ? Oui, voilà, moi j'étais en CM1. Comment vous l'avez vécu justement cette période de confinement ? Justement, c'était dur parce qu'il fallait se mettre à la page, mais surtout, enfin, en CM1, ce n'est pas non plus très impactant. J'étais à Ussel en primaire, et donc ça va. En soi, les professeurs, ils ont envoyé le travail à faire, mais ce n'est pas tout le temps fait, car à la maison, on a moins envie de travailler. Mais bon, quand même, on essaie de faire, on essaie de rattraper, et ça n'a pas non plus duré une éternité. On a pu revenir en classe et on a pu reconsolider tous les points qui ont été abordés pendant le confinement. Le collège, comment ça s'est passé aussi pour vous ? Le collège, ça s'est plutôt bien passé, ça allait. Vous étiez où d'ailleurs ? J'étais à Jean-Gersaint. Voilà, donc après, justement, le problème, c'est que c'est un établissement qui peut accueillir 400 à 500 élèves et on était plus de 700. Donc justement, il y avait trop d'élèves. On utilisait le bâtiment de SACPA. Les secs pas, justement, on utilisait leur bâtiment car on n'avait pas assez de place dans le bâtiment, on va dire, général. Et donc c'était un problème de place, même à la cantine au self, qui est d'ailleurs aussi le problème d'Arsenval. Il y a un problème de self, il n'y a pas assez de place et ça fait des défis d'attente très longues. Vous voyez justement que derrière moi, il y a des drapeaux de FO, des syndicats, Forces Ouvrières et CGT qui sont présents. Ils sont là peut-être pour vous encadrer, comment vous voyez ça ? Ils sont plutôt là, je trouve, pour nous soutenir, pas forcément pour nous encadrer. Mais c'est vraiment du soutien qu'ils apportent, que ce soit pour nous ou pour les adultes aussi. Il y a aussi des adultes qui viennent pour manifester avec nous, car ça concerne un peu tout le monde. Et voilà, c'est des parents qui viennent aider leurs enfants. Ça vous fait du bien de les voir ? Ou est-ce que vous avez le sentiment qu'on vous chaperonne quelque part ? Justement, c'est que des associations viennent, des syndicats viennent. Ça prouve comme quoi notre mouvement prend de plus en plus de l'ampleur et sera de plus en plus écouté. Ça ne vous fait pas peur ? Non, justement, je trouve que c'est plutôt bien. La CGT, vienne et même les FO, ça montre un sentiment d'on est important. Qu'est-ce que vous en attendez concrètement de ce mouvement aujourd'hui ? Parce que là, ce sont des petites actions, pardon, je fais exprès, mais ce sont des petites actions coup par coup que vous menez. Relativement dans le calme aussi, il faut le dire. Il n'y a pas d'échauffourée, ni de votre côté, ni du côté de la police. Qu'est-ce que vous en attendez de ce mouvement-là ? Justement, j'en attends que les revendications soient écoutées. Mais après, le problème, c'est justement que les médias se concentrent principalement sur les débordements qui sont faits. Je l'entends. Mais là, je suis avec vous. Je me concentre sur vous. Qu'est-ce que vous, vous en attendez ? Du mouvement ? Qu'on soit écouté pour nos revendications. Nous, on se sent plus important en tant que lycéens alors qu'on a notre voix, on est des futurs citoyens, on va bientôt voter, on a besoin d'être très important. Et justement, là, on se sent oublié, on se sent mis de côté par les politiques. Totalement oublié, mis de côté ? Justement, ça se voit à ce que le budget baisse de l'éducation nationale. On sent comme quoi il y a un abandon qui est fait, on nous rabâche souvent que ce soit notre faute. Si justement le niveau des élèves français baisse, c'est forcément notre faute. Mais en même temps, il n'y a pas des actions qui sont faites pour qu'on s'améliore. Si on veut s'améliorer, si on veut que le système de l'éducation nationale française soit meilleur, il faut regarder ceux qui sont meilleurs que nous dans le classement. Je pense à par exemple la Finlande, je pense à la Suède, aux pays nordiques. Et qu'est-ce qu'ils ont fait concrètement ? Justement le 8h-13h, justement ils ont moins d'heures de cours, ils ont plus de budget qu'ils ont fait dans l'éducation nationale. Parmi les autres revendications, il y a un problème aussi avec Parcoursup. Mais est-ce que ça vous angoisse, ce truc-là ? Oui, ça m'angoisse un peu, car moi, personnellement, je veux partir de Brive pour faire mes études. Mais apparemment, il y a un truc qui est fait aussi au niveau de la zone. Et est-ce que je ne pourrais pas partir de Brive ? Est-ce que je serais forcé d'aller à l'IUT de Brive, par exemple, pour faire du droit ? Est-ce que je ne pourrais pas aller à Bordeaux ou à Paris ou dans des universités dans de grandes villes ? Ça, c'est la question et c'est un peu ma crainte. C'est important pour vous de partir de Brive aussi ? Oui, pour moi, c'est un peu important pour voir un peu comment est le monde, car aussi l'IUT de Brive n'est pas non plus le plus grand et ce n'est pas forcément des études que je veux faire. Il n'y a pas non plus toutes les études à Brive et donc c'est pour ça que je veux aller dans de grandes villes car c'est là où sont concentrées les différentes études. Et voir ailleurs aussi. Oui, voir ailleurs aussi. Voilà, j'aimerais bien passer ma vie à Brive, mais j'ai passé aussi ma jeunesse à Brive. J'aimerais bien découvrir de nouveaux horizons. Vous êtes en première aujourd'hui. Votre avenir, il vous fait peur. Comment vous êtes dans votre tête ? Mon avenir, il me fait un peu peur, mais j'espère que ça va s'arranger. J'espère vraiment être accepté, par exemple, à Sciences Po Bordeaux ou à la Sorbonne ou des choses comme ça. Mais justement, pour ça, il faut que je travaille. Et je travaillerai, je ferai tout pour. Et j'espère que Parcoursup, ça sera amélioré d'ici là. C'est difficile d'être lycéen aujourd'hui, c'est toujours difficile d'être un adolescent. Cette période-là, beaucoup de choses changent dans nos têtes, dans nos corps, dans nos emplois du temps aussi. Oui, écoutez, lycéen, c'est là où on va vers l'âge adulte. Et justement, on a un nouveau sentiment qui se crée, qui se renforce, celui d'appartenance, celui d'importance. C'est vraiment l'importance que je tiens à souligner, car là, on écoute certains adultes. Et même au-delà de ça, par exemple, quand je vois des agriculteurs qui ont manifesté, je vois qu'on ne les écoute pas trop, on les a quand même écoutés un peu. Mais là, je vois qu'il y a des mesures qui ont été faites par le ministre de l'Éducation, débloquer 1,4 milliard pour l'Éducation nationale. Après, est-ce que ce sera fait ? Ça, c'est la question qu'il faut se poser. S'il y a une plateforme de dialogue qui est créée, est-ce que vous aimeriez discuter justement avec ce ministre de l'Éducation ? Est-ce que vous avez pensé à écrire à votre député justement ? Non, personnellement, je n'ai pas pensé à envoyer un mail à la députée. Je pense que c'est plutôt le rôle des syndicats de le faire. Je ne pense pas que la députée va se déplacer pour un simple blocus de lycéens. Je pense qu'elle doit le voir comme ça. Alors que s'il y a des associations comme la CGT, comme les FO, qui envoient justement un mail à Mme Meunier, là, je pense que ce sera plus écouté. Et pourtant, vous êtes un citoyen et elle vous représente. C'est votre députée, vous pouvez l'interpeller. Oui, mais pourtant, je ne la vois pas là. Oui, mais vous pouvez lui écrire. Oui, et je pense qu'on devrait lui écrire. Oui, ça c'est une bonne chose qui pourrait se faire. Mais est-ce qu'elle va venir, ça je ne sais pas. Mais bon, après aussi, elle peut venir un peu d'elle-même, parce que les blocages, ils font de l'ampleur. Dans Brive, on est parti jusqu'à la mairie de Brive. Et je pense qu'elle a dû le voir, elle a dû le voir passer si elle trouve de l'importance dans Brive. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ? Comment, qu'est-ce qu'on peut nous souhaiter ? Pour votre avenir, pour le mouvement, pour votre avenir à vous ? De la réussite, de la réussite du mouvement, que notre voix soit écoutée jusqu'au ministère de l'éducation. J'espère qu'on sera écoutés et on ne lâchera pas tant qu'il n'y aura pas des mesures concrètes qui seront faites pour l'éducation nationale. Parce qu'on protège aussi notre voix de lycéens, mais aussi les professeurs, qui pour eux ce n'est pas possible de faire cours avec 35 élèves dans une classe. Ça vous le sentez ou c'est eux qui vous le disent ? C'est eux qui nous le disent et c'est aussi nous qu'on sent, justement. Comment ? Par exemple, rien que là, le blocage, certains élèves ne peuvent pas venir. Et donc, du coup, il y a des classes, bon, certains ont réussi à rentrer. Donc, ils sont 4, 5 par classe. Et justement, c'est beaucoup, beaucoup plus facile de faire cours. Dans ces conditions-là, les professeurs, justement, voient une totale différence. Par exemple, au dernier blocage, j'étais rentré l'après-midi. On était 5 dans la classe. On a pu approfondir beaucoup de points. On a pu beaucoup plus avancer. Elle a pu nous aider, la professeure, sur les différentes mentions qu'on n'avait pas comprises. Et c'était vraiment meilleur que quand on était 35. La vie est belle ? Oui, la vie est belle. Écoutez, moi je pense que, voilà, on est là pour se faire écouter. Mais aussi, on est là, pas forcément, comment dire, pour être méchant. On est là dans la bonne humeur. On est là pour faire écouter notre voix avec le sourire, j'espère. Et c'est ça qui est important, c'est avec le sourire et pas avec la violence que je vois dans d'autres établissements ou dans d'autres villes. Merci beaucoup. Et on se retrouvera la semaine prochaine de nouveau aux côtés des lycéens, afin de suivre leurs revendications, mais aussi les réponses qui leur ont été faites par le gouvernement. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'Heure Corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
