Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

04-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

8 novembre 2024 · 15 min

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C'est une année historique à Branceilles. Pour la première fois en 34 ans, la cave n'a aucun vin rouge dans ces barriques et cuves estampillées 2024. Mais, malgré la morosité, la passion de ces vignerons pour leur terroir et leurs savoir-faire est intacte. La prescription culturelle quant à elle vous invite à la 25e édition du festival d'art photographique de Tulle. Un festival concocté par le club photo local de l'ASPTT.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouvel épisode du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure qui est de retour dans les vignes de Brosseil, mais aussi et surtout dans le chai de cette cave coopérative, parce que les vendanges 2024 sont terminées bien sûr, mais ce sont des vendanges historiques, pas dans le bon sens du terme, vous l'entendrez. La coupable est toute trouvée cette année, c'est la météo, qui n'a pour la première fois depuis 1990 pas permis de la récolte de vin rouge. Pourtant, si ce tableau semble bien morose, la passion des vignerons pour leur terre et leur patrimoine brosseilais reste intacte. Et puis, en fin d'émission, la prescription culturelle vous proposera de découvrir ou redécouvrir le Festival international d'art photographique de Tulle, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti ! Cette année 2024 est historique pour les viticulteurs coopérateurs de la cave des 1001 pierres de Brosseil. Mi-octobre, les vendanges se sont terminées, mais les cuves sont aujourd'hui bien vides, reconnaissant mal Philippe Leïma, le président de la cave coopérative brosseilaise. On est sur la récolte la plus basse de l'histoire de la cave. On a rentré 250 hecto au lieu de 1200, avec aucun rouge de vinifié, puisque la météo de l'arrière-saison n'a pas permis de mûrir. Donc on a tout mis dans le rosé, donc on se retrouve avec une année sans production de rouge. 100 vins rouges en 2024, la cave va donc devoir puiser dans ses stocks afin de pouvoir proposer du vin dans les années à venir, mais un vin qui ne sera donc pas le fruit d'une seule et même année. Sur les rouges, comme on a une gamme relativement large et qu'on a plutôt des vins qu'on vend 2-3 ans après la vinification, on a des stocks, donc ça permettra de passer le cap si on produit en 2025 sans être en rupture de stock. Maintenant, c'est vrai que si on doit régulièrement taper dans les stocks, un jour ou l'autre, il n'y aura plus tous les produits. Pour l'instant, on a sauvé l'année commerciale de la cave avec cette production de rosé et du blanc. On va faire un peu d'achat, ça permettra de garder la gamme pour l'année. Ce vin rosé, il est désormais dans les mains d'Hervé Bruyère, le maître de chai de la coopérative, en poste depuis plus de 30 ans et il est quelque part la mémoire productive et gustative de cette cave. Et lorsqu'il porte les jus de vin rosé à ses lèvres, une forme de regret se lit dans son regard. On n'aurait pas eu le milieu, on n'aurait eu que le gel, on aurait quand même fait une année qui aurait été correcte. Parce que le rosé qu'on a fait, c'est quand même assez aromatique. Ça manque peut-être un peu d'intensité par rapport à une autre année, mais bon, vu l'année, c'est quand même plutôt bien. Mais on s'aperçoit qu'on n'aurait pas eu ce milieu, et cette pluie de septembre, on aurait pu faire quelque chose de très très bien. Côté vin blanc, l'homme reste totalement confiant. On est sur la lignée des autres années, c'est toujours aromatique, un peu plus court en bouche, mais bon, ça c'est l'effet millésime. Un millésime marqué bien sûr par une météo très capricieuse sur toute la période de vendange, ce qui a énormément perturbé les viticulteurs durant la récolte. Cette année, on a eu peur, comme ils annonçaient toujours de la pluie, on a eu peur que ça se dégrade trop. On a récolté, mais une année normale où il aurait fait beau, on aurait attendu peut-être une semaine de plus. Et là, on aurait pris un peu plus de puissance. Mais dans tous les cas... C'est la météo qui commande. Nous, on s'adapte. C'est pour ça que 30 hectares, on s'adapte assez facilement, on suit la météo. On a nos conducteurs de machines qui sont toujours prêts. Quand il faut y aller, on y va. Alors même si 2024 ne verra pas de millésime particulier pour les vins rouges, il y a quand même du vin rouge qui est en ce moment en train de vieillir dans des barriques. Ce sont des vins issus des vendanges de 2022 dont s'occupe tous les jours Hervé Bruyère. Il a fini son élevage, il y a resté 18 mois. Maintenant, il va faire la phase des assemblages de tous les lots des barriques pour pouvoir faire une mise en bouteille au mois de mai qui arrive. Dans le chai sont présentes 45 barriques. Des barriques en chêne, achetées neuves par la coopérative et qui chacune apportent des subtilités différentes au vin. Une barrique n'est jamais égale, même si c'est le même tonnelier qui les fait, la même chauffe, d'une barrique à l'autre à la dégustation, on n'a jamais les mêmes goûts. Des goûts différents apportés par la subtilité des différences de bois de ces barriques. Des bois sélectionnés avec précision dans les chaînes des forêts de l'Allier, de la Sarthe, mais aussi de la Nièvre. L'origine des bois est totalement différente. On a trois origines de forêt. On a Troncé, Jupille et Bertrange. Et sur ces trois types de forêt, le séchage du bois n'est pas pareil d'une tonnellerie en plus à l'autre. Et la chauffe, une tonnellerie, une chauffe moyenne, c'est des fois un peu plus qu'une autre. Alors c'est une fois qu'on a soutiré toutes ces barriques. Quand on a fait l'assemblage, ça donne le produit final qu'on a actuellement. Si l'homme semble aujourd'hui intarissable sur le vin, rien au départ ne semblait le destiner à cette carrière. Je suis tombé dans le vin, plus par hasard, parce que mon début professionnel, j'étais à Limoges, chez Valeo, en maintenance industrielle. Je ne me plaisais pas au-delà, parce que quand on venait de Chaufour, ville de 300 habitants, on arrive à Limoges, à la grande ville, une usine, on était 800 salariés, j'étais un peu perdu, j'y ai fait deux ans, et puis un jour, l'ancien président de la CAV m'a proposé de venir travailler à la CAV. Je suis venu, ça m'a plu. Je suis parti en formation à Cahors avec le laboratoire Thiolet plusieurs jours par mois. Et quand on aime, on apprend beaucoup plus vite que quand on fait quelque chose. Parce qu'il fallait faire, c'était comme ça à l'époque, il fallait partir en mécanique, alors j'étais parti en mécanique. Et ce qui plaît depuis plus de 30 ans à Hervé Bruyère, c'est justement de travailler une matière vivante qui chaque année change, évolue grâce ou à cause de la météo. Tous les ans, on n'a jamais le même produit. Tous les jours à la cave, on ne fait jamais la même chose. Alors, il y a des années où c'est plus facile à faire que d'autres, mais d'autres années, comme cette année, c'est plus compliqué. Déjà, il n'y a pas de volume. Et ça, vraiment, cette absence de volume, ça inquiète beaucoup le maître de chai. On se pose surtout des questions parce que, bon, cette année, malheureusement, on sait ce qu'on a. Mais dans le monde agricole et avec la nature, on ne sait pas ce que 2025 nous réserve. Alors on espère tous qu'on aura une très bonne année, et c'est à souhaiter, parce que deux ans de mauvaise année, ça sera très compliqué. Parce qu'Hervé Bruyère le voit, il est tous les jours au chevet des vignerons. Des vignerons pour qui investir dans la vigne, il y a un véritable coût financier, mais aussi moral. Quand on a fait des projets de vie sur une production, ou même nous les salariés à la cave, quand on voit des années avec aussi peu de volume, on se pose quand même des questions sur l'avenir de cette production-là. Pourtant, face à ce qui ressemble à un avenir sombre, le maître de chez Bransayer s'est resté confiant. C'est des cycles. J'ai un voisin qui a essayé d'installer l'agriculteur. Les cinq premières années, dans le végétal, il ne faisait aucune production, ça avait gelé pendant cinq ans de suite. Pendant 30 ans, il n'y a pas eu de problème. Alors on espère que là, on a fait nos quatre années moyennes et que maintenant, on va repartir pour 30 ans de bonne année. Mais vu maintenant le moindre orage, la moindre pluie qui arrive, on peut quand même se poser des questions. Parce qu'un orage, ça écrase tout. La pluie, c'est des inondations. Voilà, c'est compliqué. En fin de compte, pour le vin, il vaut mieux des années sèches. Parce qu'il y a ce qu'il y a. C'est bon. Quand il pleut trop, ou comme cette année, il n'y avait pas de raisin, quand il n'y a rien à travailler, il n'y a rien. Il vaut mieux qu'une année sèche. Comme on le voit, nous, les bonnes années, c'est 2020, 2018, 2022. Il y avait du raisin et une bonne qualité. Et puis tout le monde est plus motivé à aller dans les vignes. Quand c'est comme cette année, avec le milieu ou avec très peu de rendement, on voit que pour certains viticulteurs, c'est plus compliqué. C'est pour ça que selon Hervé Bruyère, travailler dans une petite structure, tant en termes de bras que de surface, permet de mieux adapter la production à ce qu'offre la nature. Les années difficiles, c'est quand même plus facile à faire du rosé. On adapte plus facilement le produit. Et puis le rosé, c'est un produit festif, plus ou moins aromatique ou pas, ça passe. C'est comme si un vin est plutôt sur les côtés festifs, alors l'été il fait chaud, on ouvre une bouteille, on est entre copains, amis, on rigole, alors qu'un vin rouge, c'est plus difficile. Et cette facilité d'adaptation permet aussi d'assurer l'avenir de la coopérative. Ça nous a permis de faire des volumes suffisants pour tenir l'été prochain en rosé, que si on avait fait moitié rouge ou moitié rosé, on ne savait pas comment serait la qualité du rouge, alors il valait mieux faire que du rosé. Désormais, la dégustation régulière va permettre de faire avancer le vin vers sa destination finale et voulue par les vignerons. Dégustation aussi ouverte à d'autres palais. On travaille avec le laboratoire d'œnologie à Caors, le laboratoire Thiolet. Eux, ils sont plus espères que nous parce qu'eux, ils sont neutres. Quand on goûte son produit régulièrement, soit on s'habitue aux défauts, on n'y fait pas attention, ou pour nous, il est là depuis longtemps, on se dit bon c'est normal. Alors qu'eux sont là des fois pour nous aider à le corriger. Des corrections à mener le plus naturellement possible, souligne encore le maître de chez. On fait des petits collages à base de pois, des fois pour enlever quelques tanins un peu plus forts que d'autres. On incorpore dans le vin une colle à base de céréales, c'est du pois, du blé, on met ça dans le vin. Et les impuretés, ce que la colle prend par électrolyse, ça descend au fond de la cuve et on enlève ces lits au fond de la cuve. Pour enlever quelques petits tanins, des fois un peu grossiers ou un goût un peu plus dur, c'est tout à fait naturel. Et vous l'aurez compris, tout ce travail prend donc du temps, un temps incompressible puisque c'est ce temps qui offre chaque année, selon les assemblages, des différences qu'on ne peut découvrir qu'en dégustant les vins, toujours avec modération. Place à la prescription culturelle de ce quart d'heure, prescription que l'on doit aujourd'hui à Emeric Tudou de Bréniges FM. Emeric, aujourd'hui, vous nous emmenez à Tulle pour découvrir la 25e édition du Festival international d'art photographique, un festival organisé par la SPPT Tulliste, un club présidé par Dominique Lemoyne et qui, pour cette édition, a une invitée d'honneur. L'invitée d'honneur de cette 25e édition, c'est une dame, il s'agit de Martine Propy, ce qui est adhérente au club d'ailleurs. Une de nos leaders en termes de photographie nature, avec ses photos de macro et de proxy photographie, puisque notre club participe à des concours photo nationaux, au niveau de la Fédération photographique de France. Le plus haut niveau, c'est la Coupe de France, c'est-à-dire la D1 de football, par exemple. Il y a 30 clubs, et il y a une compétition en papier et une compétition en images projetées. Et cette année, en 2025, seuls 10 clubs en France participent dans les deux compétitions, ce qui me fait dire que nous faisons partie des 10 meilleurs clubs français en photographie nature. Et donc, comme c'était le 25e anniversaire, l'idée est venue de valoriser cette année davantage les adhérents du club, et notamment de l'équipe nature, et je dirais de son leader actuel, Martine Propice, qui elle a l'habitude aussi d'exposer dans différents endroits de France, elle a déjà exposé aussi à Montier-en-Der, donc elle méritait cet honneur cette année. 40 photographies nature, 360 meilleures photographies du concours photo international, ce qui n'est pas rien déjà. Ce n'est pas rien puisqu'on en a reçu 1570. Comment on fait le tri ? Le tri, c'est les juges qui l'ont fait au premier étage de l'impasse Latreille. Oui, c'était le 12 et 13 octobre. Voilà, c'est ça. Donc, ils notent de 6 à 20 les photos. Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'on ne note pas la photo en tant que telle, on note en comparaison. C'est-à-dire que si c'est un tag avec des bonnes photos, les moins bonnes photos ont des notes moyennes. Et si c'est un tag avec de très bonnes photos, c'est l'inverse. Donc, voilà, c'est par comparaison. Donc, on fait le total des points. Et puis, ça fait un classement. Et donc, il y a un premier, deuxième, troisième, quatrième prix. Et après, il y a les 25 meilleurs pourcents des photos présentées qui seront exposées parce qu'elles sont acceptées et reconnues comme telles comme faisant partie des meilleures photos du concours. En tout cas, les 360 meilleures photographies du concours photo international, vous pourrez aller les voir. Salle Latreille à Tulle, c'est jusqu'au 17. Autre point de rendez-vous très important, le musée du Cloître. Voilà, alors au musée du Cloître, là aussi ça va encore être une fois des photographies des adhérents. Donc on a fait un travail sur la cité administrative en monochrome. Donc on va présenter dans un premier temps ces photos dans la salle du rez-de-chaussée du musée du Cloître. Et dans l'autre pièce, on présentera 4 photographes qui présenteront leur travail. Et en plus, dans les parties abritées du cloître, on va présenter 24 photographies d'une autre collection de prestige de la Fédération Photographique de France qui a été exposée à Arles en 2022 sur la photographie humaniste en monochrome. Vous organisez également des formations, ça se passe fin novembre. Disons que c'est de l'initiation, ce n'est pas de la formation. C'est de l'initiation, donc ça permet aux nouveaux adhérents et aux potentiels visiteurs qui sont intéressés, de venir voir à minima, qu'est-ce qu'il faut savoir faire pour régler un appareil photo, faire une prise de vue, connaître, découvrir des chiffres barbares qui sont sur les objectifs, par exemple, les liens entre chaque chiffre, la vitesse, le diaphragme, la profondeur de champ, enfin bon, j'en passe, c'est des trucs merveilleux, des ISO, c'est de l'hébreu pour la plupart d'entre vous. Ça, c'est le samedi, et ça a lieu donc au Centre culturel et sportif au premier étage, à l'Amérique, et le lendemain, donc, pareil, on passe en revue la chaîne graphique, disons, de l'image et de son traitement numérique. Et donc, à l'issue de ces deux stages, on voit parmi ceux qui sont déjà inscrits en tant que nouvel adhérent, mais surtout parmi les autres, ceux qui veulent rester adhérents pendant un an, pour découvrir un peu plus précisément. Et puis après, tout au long des formations de l'année, les redoublants sont acceptés, ça ne fait pas de mal. Et on peut même tripler, quadrupler, une fois de temps en temps, ça fait du bien. Donc le 23 novembre, c'est une initiation aux techniques photographiques et le 24, une initiation au traitement numérique de l'image. Donc ça se passe au Centre culturel et sportif de Tulle, Salle Amérique. Pour toute réservation, n'hésitez pas à les contacter. Il y a les bulletins d'inscription sur le site du club. Photoclub ASPTT Tulle tout attaché.org. Et l'exposition des photos de l'ASPTT se trouve place de la cathédrale au musée du Cloître ainsi qu'à la salle Latreille jusqu'au 17 novembre prochain. C'est la fin de cet épisode du Quart d'heure corrézien. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine dans les ateliers de la Corderie Palu à Saint-Pantaléon-de-Larch. Et d'ici là, je vous souhaite de passer d'excellents moments en Corrèze ou ailleurs. Retrouvez le Quart d'heure corrézien en réécoute sur nos sites internet, mais aussi sur les plateformes d'écoute Spotify, Deezer et Apple Podcast. Sous-titrage Société Radio-Canada

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