Podcasts · LE QUART D'HEURE CORRÉZIEN

03-LE QUART D'HEURE CORREZIEN

4 novembre 2024 · 15 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Salima Saa, Secrétaire d'Etat à l'égalité Femme Homme était en Corrèze. L'occasion pour l'ancienne préfète du département, de revenir sur un territoire qu'elle connait bien, mais surtout de reprendre contact avec des associations et structures qui travaillent au quotidien face aux violences conjugales. Des situations qui, en milieu rural, peuvent virer au drame. Or, ces associations ont besoin d'argent pour pouvoir travailler et assurer leur mission de prise en charge des victimes.
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Le quart d'heure corrézien, le magazine d'informations hebdomadaire de RGB, Bram FM, RCF Corrèze, Radio PAC et Bréniges FM. Réalisé et présenté par Olivier Ceyrac. Bonjour tout le monde et bienvenue dans ce nouveau numéro du quart d'heure corrézien. Un quart d'heure qui sera consacré aux violences conjugales parce que la secrétaire d'État à l'égalité, femmes, hommes et anciennes préfètes de la Corrèze, Salima Saa, était en Corrèze ces derniers jours. Elle a réservé d'ailleurs son premier déplacement à ce département qu'elle connaît bien. Premier déplacement auquel était notamment convié l'ensemble des associations et structures qui luttent en Corrèze contre les violences conjugales. J'ai assisté à cette rencontre et je vais tenter de vous expliquer un petit peu les enjeux de cette discussion. Et puis, vous en avez l'habitude, le quart d'heure corrézien se termine toujours par une prescription culturelle. Et alors que la 42e édition de la Foire du Livre de Brive se dessine, ce sera le week-end prochain. Fabien Montbois va vous en faire découvrir les coulisses, notamment celles concernant l'approvisionnement de livres de cette Foire. Pas moins de 4 semi-remorques que sont attendus la semaine prochaine sous la rue de Georges Brassens et dans l'espace des 3 provinces de Brive, le quart d'heure corrézien. Vous avez le menu, c'est parti. Les violences conjugales sont l'affaire de tous. Forces de l'ordre, justice, collectivité, associations n'ont donc pas manqué le rendez-vous donné il y a quelques jours par Salima Saa, ancienne préfète de la Corrèze, devenue depuis secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes du gouvernement Barnier. Toutes et tous se sont donc retrouvées à Sainte-Fortunade afin de retracer leurs actions dans le département. Actions de coopération entre l'association SOS Violence Conjugale, que vous commencez un petit peu à connaître un peu plus grâce à ce podcast, l'association Ussel qui est très active en Haute-Corrèze, la RAVIC, l'association d'aide à la réinsertion des délinquants et d'aide aux victimes en Corrèze, le CIDFF, le Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles, la Maison de Soie qui apporte un soutien médical depuis l'hôpital de Brive, mais aussi la police, la gendarmerie, la MSA, la Mutuelle Sociale Agricole et les services d'assistance sociale du département. Un rendez-vous d'autant plus important que la nouvelle secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes avait, dans un contexte budgétaire complexe, une très bonne nouvelle à leur annoncer. C'est que sur mon secrétariat d'État, j'ai réussi à avoir une augmentation de budget de 10%. C'est un premier combat qui est réussi. Aujourd'hui, sur ce sujet égalité femmes-hommes, on a une augmentation du budget. On va continuer le combat et les actions qui ont été menées et que nous allons continuer à mener. Ces 10% supplémentaires, ce sont en réalité 7 710 000 euros en plus qui rejoignent l'enveloppe dédiée au ministère, indique le quotidien Libération. Enveloppe qui atteindra donc pour l'année 2025 85,11 millions d'euros. Reste que voilà, dans le cadre des violences conjugales, de nombreuses plaintes ne sont pas forcément toutes poursuivies par la justice, par manque de preuves. Une fois que les dossiers sont bien montés, on peut aller jusqu'au bout de la procédure. Puisque ce qui a été constaté, en effet, c'est qu'il y a un certain nombre de plaintes qui sont classées sans suite, mais souvent parce que le dossier manque de preuves n'est pas bien monté. Donc il y a un travail en amont qui doit être fait. Nous allons mettre l'accent sur la formation. Mais pour pouvoir agir concrètement auprès des victimes, il faut de l'argent et la secrétaire d'État souhaite aussi que cet argent soit dépensé au bon endroit. Il s'agit aussi de financer les associations, d'évaluer les actions, de corriger celles qui ne fonctionnent pas et de continuer celles qui fonctionnent. C'est important, cette notion d'évaluation de l'argent public n'est pas forcément une notion fréquente et je souhaite, avec le préfet ici, qu'on la mette encore plus en œuvre. Sauf que, sur le terrain, si le budget global du ministère augmente, les associations, à l'instar du CIDFF, le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles, ne savent pas encore quelle en sera l'illustration concrète, regrette Patricia Gaucher. C'est la directrice du CIDFF en Limousin. Il faut voir comment ça va se traduire dans le temps, cette augmentation de budget. Mais pour elle, presque, l'important ne réside pas que dans l'augmentation du budget. Au-delà de l'annonce des financements, ce qui est intéressant, c'est de pouvoir faire part de nos difficultés, des difficultés des femmes surtout, que l'on accompagne, et puis de pouvoir échanger et de pouvoir amener des éléments à la ministre qui elle-même a dit qu'elle avait mis en place une cellule opérationnelle, et ça c'est très intéressant, de pouvoir faire remonter aussi, dans le cadre de ce travail, nos difficultés, nous, sur le territoire. Des difficultés qui, elles, sont réelles, palpables, quotidiennes, surtout dans le milieu agricole. Quand on est sur une exploitation agricole, c'est un projet à deux, la femme et l'homme. Et ce que la personne de notre témoignage disait, c'est qu'elle, cette exploitation, c'est elle qui l'a créée, portée. Et c'était le rêve de son mari, mais c'est elle qui est à l'initiative. Et quand elle a quitté son mari la première fois, elle a été obligée de laisser ses parts pour être tranquille. Et puis finalement, elle est revenue au domicile parce que sinon l'exploitation allait couler, les bêtes allaient souffrir. Et son mari s'est bien rendu compte que le fait qu'elle soit là lui permettait de continuer à travailler. À un moment donné, il a fallu qu'elle parte parce que la situation devenait trop dangereuse puisqu'il y avait des menaces sous-jacentes ou même très expressives parfois en disant qu'un accident est si vite arrivé. Ces situations d'urgence, l'association SOS Violence Conjugale en traite au quotidien. Alors, lorsque sa présidente, Georgette Chastanet, entend que les financements peuvent augmenter. Ça me rassure dans une certaine mesure. Parce que je pense que là, nous avons un échange franc avec madame la ministre. Mais ce que je ne voudrais pas, c'est que les enveloppes entre Paris et la Corrèze s'évaporent. Voilà, c'est la seule chose qui m'inquiète le plus. Or, toutes les structures qui travaillent sur la question des violences conjugales en Corrèze parlent, en termes de moyens, d'une même voix. J'ai eu l'impression qu'il y avait vraiment un groupe homogène qui a demandé et parlé de choses concrètes, notamment le manque de budget sur certains services, comme le nôtre, notamment la ruralité. Donc si on veut bien aller sur la ruralité, il faut absolument aider. Parce que nous, on a une personne qui s'occupe de la ruralité qui n'est qu'à 26 heures semaine. Et cette personne n'a pas suffisamment de temps pour traiter plus de 70 dossiers qu'elle a actuellement. Parce qu'en milieu rural, faire entendre sa voix en tant que victime est très difficile. Et ce sont donc les associations qui se déplacent de plus en plus pour aller vers ces victimes. Or, il faut aller sur place. Il faut savoir qu'en ruralité, la personne qui s'occupe de la ruralité fait plus de 18 000 km par an. Donc on a un véhicule de service, le véhicule de service, il faut rembourser tous les mois, l'essence, les pneus, enfin vous voyez bien, tout qui va avec pour que ça fonctionne. Et cet engagement d'aller vers ces victimes n'est pas nouveau chez SOS Violence Conjugale, mais le parcours pour pouvoir le mettre en place a été très long, beaucoup trop long, selon Georgette Chastanet. On a mis 4 ans pour monter ce projet parce qu'il y a eu une étude qui a été faite par notre directrice Jeanie Tanguy et là on a mis 4 ans avec les assistantes sociales du conseil général, avec toutes les personnes qui pouvaient nous aider à ce moment-là, on a mis 4 ans pour monter le dossier. Au bout de 4 ans on a dit bon il y a de la demande, il y a des choses qu'il faut faire donc maintenant on va chercher des sous. Quand on est allé chercher de l'argent, la première demande qui a été faite justement dans le cadre de la DDFE, la délégation aux droits des femmes, nous a été attribuée pour un démarrage 3 000 euros. C'était en 2021 ça. J'ai dit mais moi c'est pas possible. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse avec 3 000 euros ? On était allé du côté de la MSA, subvention de démarrage 5 000 euros, 8 000 euros. C'est pas possible. Ce n'est pas possible de travailler avec 8 000 euros. Donc, Georgette Chastanet s'est mise en colère, elle a refusé les 3 000 euros et nous sommes allés avec ma vice-présidente, ma directrice et moi-même à Bordeaux chercher de l'argent pour la ruralité et nous avons ramené 17 000 euros. Quand nous avons eu ses 17 000 euros, on a dit, bon, eh bien on va pouvoir commencer. Et on a commencé à 26 heures semaine et aujourd'hui ce n'est plus possible, Yasmina n'a pas le temps de s'occuper de toutes les personnes et de faire son travail correctement. Donc, il va falloir abonder cette enveloppe, ce que j'ai demandé quand même à la ministre, de regarder avec bienveillance les dossiers et les enveloppes sur lesquels on peut abonder à une hauteur raisonnable. Je dis bien raisonnable. Parce que le travail d'accompagnement est long et difficile à mettre en place, il faut qu'une relation de confiance puisse s'instaurer rapidement entre l'association et la ou les victimes. D'autant plus que si ces violences se déroulent dans une exploitation agricole, cela peut être très vite un cercle vicieux. Moi, victime d'un agriculteur, je ne le cache pas, j'ai eu énormément de chances de travailler à l'extérieur de la propriété et c'est uniquement pour ça que je m'en suis sorti. Et ces personnes-là, le revenu agricole, c'est pour elles, si on ne leur donne rien, elles n'ont rien. Et elles travaillent comme des esclaves, je vais dire, c'est de l'esclavage que ces hommes pratiquent sur elles et elles ne peuvent s'en sortir que si elles s'en vont. Malheureusement, elles sont attachées à la terre, elles sont attachées à leurs animaux. Et ces femmes-là ne peuvent pas partir. Et c'est bien dommage. Tout ceci dépend de la façon dont est monté le fameux GAEC. S'il y a un GAEC ou si c'est madame qui a le plus de parts, elle peut rester chez elle. Donc ce serait à lui à partir éventuellement. Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe les trois quarts du temps. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. C'est madame qui s'en va. D'où l'intérêt pour l'ensemble des associations et structures qui accompagnent des victimes de violences de pouvoir obtenir des plans de financement pérennes, afin de pouvoir aussi engager un véritable travail de fonds pour aussi, un jour, pouvoir mailler encore plus les territoires ruraux et être disponible au plus vite auprès des victimes. Place à la prescription culturelle de ce Quart d'Heure Corrézien. Bonjour Fabien Montbois. Bonjour Olivier. Aujourd'hui, vous nous emmenez donc dans les coulisses de l'organisation du premier événement littéraire de province. C'est la Foire du Livre de Brive. La 42e édition de la foire aura lieu du 8 au 10 novembre prochain. Exactement, je suis avec Nicolas Porret. Vous êtes libraire de profession. Vous êtes d'ailleurs le responsable de la librairie Autour des Bulles, rue Colonel Faro à Brive. Dites-moi concrètement, ce GIE, ce Groupement d'Intérêts Économiques, s'il regroupe des libraires, à quoi sert-il ? Alors, le GIE a été créé pour simplifier, en fait, tout le travail administratif des libraires. Les libraires, ils ne sont que brivistes ? Alors, le GIE, il est limité à six entités. Et donc, on a effectivement, si on est sur le bassin de Brive, la librairie Labellant L'Archimètre, qui est une librairie généraliste, la librairie Autour des Bulles, spécialisée BD Comics Manga, la librairie Siloé, librairie généraliste, littérature, les Cultura, qui représentent une seule entité, mais qui sont bien présents à la Foire du Livre. Et on a en extérieur la librairie Champagne à Tulle, qui est une librairie spécialisée jeunesse, qui aide pas mal pour la programmation aussi. Et la librairie Anecdote à Limoges. Et pour que l'on se rende compte, est-ce que vous pouvez nous donner des chiffres ? Par exemple, le chiffre d'affaires de l'année précédente, à combien s'élève-t-il ? C'est pour les dernières éditions 980 000 euros de chiffre d'affaires en trois jours, avec presque 500 000 euros juste le samedi. C'est quand même de la folie. Et pour ça, il faut du personnel, il faut s'organiser, il faut se structurer. Comment se finance le GIE, le Groupement d'Intérêts Économiques ? Le GIE, lui, en fait, prend un pourcentage des ventes des libraires qui lui permet d'assurer le salaire des 139 salariés, quand même, sur 35 heures, du jeudi à l'installation au lundi au démontage. Donc, c'est quand même pas rien. Effectivement, on pourrait se dire, oui, ça va, un salarié, ça va coûter quoi ? 550 euros, multiplié par 140, on arrive à des sommes complètement folles. Alors comme sur l'année dernière, la 41e édition, c'était 70 000 livres qui ont été vendus sur les trois jours. Comment ça s'organise ? Comment est-ce que vous faites ? Et par exemple, notamment avec le retour, est-ce qu'il y en a ? Et si oui, combien ? C'est quand même deux semis qui repartent de la Foire du Livre. Il faut gérer l'approvisionnement en eau, les assurances. Il y a plein de petites choses, mais mi-bout-à-bout qui représentent beaucoup parce qu'il faut aller simplifier pour les libraires, que les libraires puissent vraiment s'occuper, eux, des ventes, du conseil et de s'occuper des auteurs. Alors maintenant, parlons des auteurs et notamment celui qui réalise les plus grosses ventes année après année à la Foire du Livre. Je pense à Christian Signol. Comment on gère son stand et son approvisionnement pendant les trois jours ? Avec Christian, le libraire travaille aussi en direct avec l'éditeur et avec lui. On sait que sa nouveauté sort toujours très peu de temps avant la Foire du Livre. Donc voilà, c'est un peu une exclusivité aussi. On sait également qu'il est très apprécié. C'est un enfant de Brive aussi. Donc nécessairement, on tourne quand même presque à 1400 livres vendus pour Christian. C'est vraiment agréable d'avoir comme ça des gens qui sont extrêmement populaires, qui plaisent énormément et qui sont attendus tous les ans à la Foire du Livre. Et pour un auteur un petit peu moins connu, comment ça fonctionne ? C'est sur le même système ? On l'accueille de la même façon, personne n'est plus privilégié que d'autres. La Foire du Livre a aussi pour but d'accueillir des auteurs régionaux, des auto-édités aussi, des jeunes qui se lancent. Il y en a quand même beaucoup encore cette année. Mais c'est vrai qu'on pourrait se dire que les grands auteurs peuvent effacer les petits pas du tout. On se rend compte en fait que des nouveaux auteurs, des jeunes auteurs ont toujours le succès. Ce n'est pas un nom qui fait forcément vendre. C'est aussi le fait d'être présent, le fait d'être là pour les gens, de discuter avec eux. On reste une foire. On peut croiser les auteurs dans la rue en sortant. Tout le monde est accessible, il n'y a pas de divas, il n'y a pas de... Et ça, c'est très, très important. Tout le monde s'y retrouve, des gros lecteurs ou juste des lecteurs d'un soir. C'est ça qui est chouette, en fait. Ça fait bouger cette ville à ce rythme et c'est très, très important. Et c'est un bon signe aussi pour la culture. Oui, bien entendu, c'est un excellent signe que la culture puisse rayonner ainsi, année après année, dans la ville de Brive. Nicolas Porret, je vous remercie énormément d'avoir pris ce temps pour répondre à nos questions. Eh bien, merci. C'est parti, ça y est. C'est parti, en effet, pour un marathon de trois jours du 8 au 10 novembre à l'occasion de la 42e édition de la Foire du Livre de Brive, foire qui sera présidée cette année par Jérôme Garcin et dont vous retrouverez le programme complet sur le site foiredulivredebrive.net. C'est la fin de ce quart d'heure corrézien. La semaine prochaine, nous retournerons cette fois, c'est sûr, dans les vignes de Branceille, histoire de faire un point final sur les vendanges 2024. Merci à toutes et tous pour votre fidélité. Je vous souhaite de passer une excellente semaine en Corrèze ou ailleurs.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

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