Yoan et Philippe
18 janvier 2024 · 3 min
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Bon, Johan, attrape-moi le fil, là, à tes pieds, s'il te plaît. Fil ? Fil comme le temps qui file ? Ah non, tu vas pas recommencer à philosopher. Secoue-toi les miches et passe-moi le fil. J'ai peut-être moyen de faire un émetteur-récepteur avec ce truc. Pourquoi tu veux émettre et réceptionner ? Réceptionner, c'est de mieux en mieux ton vocabulaire. À ton avis, c'est pour nous sortir de ce trois rats. Parce que moi, je compte pas m'éterniser à tourner en rond sur cette île. Tiens, voilà le fil. Eh ben, on a de l'entrain aujourd'hui, moi, Johan. C'est bien, c'est bien. Ben, ça va, je me demande si Vincent, Étienne, Sabrina, Jonathan, Hélène et Vince... Je me dis que ça fait longtemps qu'on n'a pas eu de nouvelles. Tu crois qu'ils s'en sont sortis ? Ouais, ouais, ouais, je m'en fous. Non, mais ça fait quoi ? Trois mois qu'on s'est échoués comme des nasses sur cette île et on n'a vu personne. Ouais, je confirme que je m'en fous toujours. Peut-être qu'ils ont eu un truc grave, genre rencontre du troisième type. Comme lui, là. Le mec chelou qui me regarde tout à l'heure. Quoi ? Quel mec ? Lui, là. Salut, gars. Peace, hein ? Il a l'air mignon. Johan, tu n'as pas mangé les fruits, là, sur l'arbre derrière toi ? Ah, les sortes de petites noix de coco ? J'en ai mangé peut-être une ou deux. J'avais un petit creux. Ce ne sont pas des noix de coco, Johan. Ce sont des panguilles. Ça ne se consomme pas, enfin, pas comme ça, cru. Mais quelle truffe ! Il s'est drogué avec un hallucinogène. Bon, panguilles ou non, c'était pas mauvais. Ça avait même le goût de pomme. Je vais t'en faire bouffer de la pomme, moi. Bois ça. Et c'est quoi ? Une infusion de camomille que j'ai trouvée sur le chemin. C'est notre meilleur remède pour le moment. Comme ça, je pourrais finir tranquillement ce que je suis en train de faire. D'accord. Ça te dérange pas si je dors un petit peu en attendant que tu termines ? Parce que, comme tu sais, t'as besoin de moi et je voudrais pas qu'on perde trop de temps. Allez, une bonne sieste et tu me seras encore plus utile après. J'ai un signal. J'ai un signal. Yoen, réveille-toi. Non, Panguie, tu peux pas venir dans ma bouche. Vilain Panguie, retourne avec le mec chelou. Non mais bordel, j'ai chopé le gros lot avec celui-là. Allez Johan, Johan, tu m'entends ? Ah, Philippe ! Putain, j'étais dans un rêve chelou, je parlais avec une sorte de noix de coco qui voulait rentrer dans ma bouche, c'était super bizarre. On a un signal. Super, super, vraiment super, mais il est où le signal ? Mais là, sur l'émetteur-récepteur que j'ai confectionné. Écoute le bip. Plus le bip est espacé, plus ça veut dire que l'autre récepteur est loin. Maintenant, il nous suffit juste d'avancer en écoutant l'intervalle des bips, s'ils se rapprochent ou non. À la bonne heure. C'est top. Non, super. C'est top. Bravo Philippe le sage, l'homme de la nature, mais du coup, c'est qui qui a le récepteur de l'autre côté ? Ça, j'en sais rien. Eh bien voilà, on va peut-être droit sur des malfrats, mais au moins on leur portera un peu de camomille. Ils adorent peut-être le thé, qui sait ? Non, c'est ce qu'on verra. Et voilà, le gars y part, rien à carrer. Je commence avec mon bip là, je suis le roi de la forêt, je fais un émetteur avec deux feuilles et un bâton. Et Johan, qu'est-ce qu'il va faire ? Qu'est-ce qu'il va faire ? Il va suivre parce qu'il flippe et qu'il ne compte pas rester là avec les panguilles.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
