Podcasts · L'épique TADAAAM

Oune insolazione

6 février 2024 · 6 min

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Etienne se détache de ses co-équipiers et part en excursion... un peu trop longtemps.
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Petit escapade tout seul, je vous aime bien, mais les gars et filles, on est sur une île, pas besoin d'y aller à 100 à l'heure ni 50 ni même 5. On se calme un peu. Oui, parce que Vincent s'emballe des fois et j'ai envie de lui dire : Vincent, tu t'épuises. Tu as un coéquipier sur qui tu peux compter. Si tu as des difficultés, viens me voir, mais n'essaie pas d'en faire toujours plus. L'aventure suit son cours, inutile de s'infliger des tâches supplémentaires. Tout roule très bien comme ça. Alors, pour faire semblant de me rendre utile quand il n'y a rien d'utile à faire, je balais le sable sur le sable. On est d'accord, ça n'a aucun sens, mais ça semble apaiser Vincent de voir qu'on met de l'ordre et Sabrina de voir que je sais faire autre chose que la charrier. Ils me prennent pour un taré, mais bon, c'est pas grave, après tout. J'aime bien sortir des sentiers battus, seul. Ça m'oblige à rester vigilant sur ce qui m'entoure, moi seul sur qui compter. C'est dans ces moments-là que les détails sans importance que l'on ne voit pas habituellement deviennent des images, des instants imprimés à vie dans la mémoire. Pas d'appareil photo. Dommage. Mais personne derrière, aucune foule de surexcités prêts à nous taper sur l'épaule pour dire « Eh, eh, vous devriez acheter notre nouveau produit révolutionnaire, offre exceptionnelle, eh, moins de 2 % pendant les 3 prochaines minutes. » Ou bien « Eh, si tu veux un conseil, tu devrais t'y prendre comme ci ou comme ça dans ta vie. Souscris à mon offre de coaching. » Ou encore « Ton pare-brise a un impact ? » Ou juste « Eh, dis donc, t'as vu cet arbre ? Extraordinaire ! » Ben non. J'ai des yeux, mais je ne l'avais pas vu. J'ai un cerveau, mais je n'avais pas pensé à réfléchir, tiens. Merci pour tous vos conseils, remarques, suggestions, offres. Mais, chute, la forêt me parle. C'est ici même que nos cerveaux se sont développés. Alors, tu sais quoi ? La forêt me parlait, je la comprends. Mieux que toi, des fois. Elle ne cherche pas sans arrêt un bouc émissaire, quelqu'un sur qui taper, des gens gentils à dominer, des gens honnêtes à arnaquer. Et aussi, arrête de te demander pour tout : à qui la faute ? Ok, je commence à engueuler quelqu'un qui n'existe pas, ou peut-être l'humanité. Mieux vaut m'en tenir à me parler à moi-même. Aïe ! Ah ! Il n'y a pas de table basse dans cette forêt, alors fallait bien un autre truc pour m'exploser le petit orteil. Mais c'est quoi ? Un bout de ferraille, tiens. Non mais, vous allez me croire si je vous dis que je suis tombé sur un coffre, comme dans tout bon film d'aventure sur une île déserte. Maman, je suis riche ! Riche ! Bon, je dis rien à Vincent et Sabrina, je m'achète un bateau et je vais faire construire une belle baraque sur une autre île paradisiaque que j'aurais achetée. Hein ? Oh non, j'irai pas loin avec un bloc-notes. Quoi ? Mémoire de Lord Clifton ? Qu'est-ce qu'il dit ? Et ce Lord Clifton, cette île comporte des sauvages comme tous les serpents, ne les dérangeaient pas, ils vous épargneront des sauvages, des serpents, la xénophobie a eu sa belle époque. Bon, j'ai quand même un beau trésor dans les mains. Gardons le secret. Alors, comme l'a écrit mon ami Edgar Allan Poe dans son recueil de l'an dernier, ah bah oui, ils étaient contemporains en vérité : « L'homme qui veut contempler en face la gloire de Dieu sur la terre doit contempler cette gloire dans la solitude. » Il avait tout compris, le bonhomme. Bon, allez, faut que je rentre. Il fait sacrément chaud par ici. Faudrait pas attraper une insolation. En même temps, 3 plus 4, ça fait toujours 7. Et c'est pas parce qu'il y a une cafetière qui flotte sur cette rivière que ça va changer. Oh, elle a des ailes. C'est joli. Et je savais pas que les cafetières mangeaient du poisson. Mais qu'est-ce que je réponds, que moi ? Y'a pas de poisson dans cette rivière. Je suis pas net, je crois. Ça doit être le soleil qui tape un peu. Allez, en route. Oui, mais vers où ? Attends, il doit être dans les 17h, donc d'après le soleil, l'ouest, et par là. Enfin, si on est bien l'après-midi. Mais vu les bouchons qu'il y a sur le périph, enfin, des bouchons, on va plutôt appeler ça un troupeau de zébus ou de je ne sais pas quoi. Mais en tout cas, ça a l'air d'être la sortie des bureaux pour eux. Il y en a peut-être un qui a un GPS, d'ailleurs. Je vais leur demander mon chemin. Pardon. Excusez-moi ! Oh là ! Ils ont perdu une commode ! Heureusement qu'il y avait cet arbre, sans quoi je me faisais piétiner. Il n'y a vraiment aucun code de la route dans ce bled ? Bon, je crois que je suis en train de me taper une belle insolation. Une insolazione, comme il dirait en Italie ou au Portugal. Enfin, bref, ce n'est pas ça qui fait avancer les choses. Ah ! Ah ! Voilà la plage ! Et mes affaires. Et de l'eau ! De l'eau ! Bon. Maintenant, je mets la barque à l'eau et ciao tout le monde. Heureusement que j'avais construit ce pédalo de fortune. Maintenant, je pars avec le trésor, et les autres l'ont casse des brouilles. Oh non ! Oh, les lianes lâchent ! Ah, le radeau coule ! Ah, ça doit faire deux heures que je suis parti, et je ne sais pas nager. Bon, ben, ciao tout le monde. Cette fois, on se retrouve au paradis. Ah, ben si ! Ah, ben si, c'est bon, j'avais oublié que je connaissais la brasse. En plus, j'ai dû faire 200 mètres, simplement. Alors, demi-tour. Eh, mais c'est Sabrina et Vincent qui me font des grands signes ! Eh, oh ! Eh, oh !

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
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