Routine
28 décembre 2023 · 3 min
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Jeudi 28 décembre, journal de bord du capitaine de l'Épique-Tadaaam. Avec toutes ces mésaventures, j'ai cru avoir perdu mon journal de bord. Heureusement, la mer me l'a charrié hier, comme un signe du destin. Et comme nous sommes de nouveau tous les trois avec Sabrina et Étienne, nous avons retrouvé un semblant de calme dans notre camp. C'est dingue, comme ça fait du bien d'avoir des petites habitudes. On rêve souvent de grands larges, d'aventures, de ne jamais s'arrêter de croquer la vie à pleines dents. Mais on aime retrouver des habitudes. Elles nous rassurent, elles nous réconfortent. Dans des situations extraordinaires, les gestes les plus simples sont parfois les plus bénéfiques et toujours les plus inattendus. Comme une routine qui fait du bien, qui vous fait sentir plus serein. Voilà plus d'un an qu'on a quitté les nôtres. Après de multiples tempêtes sur notre bateau, échouage sur une île déserte, nous nous sommes perdus de vue pendant presque trois mois. C'est long, trois mois. Il y avait de quoi être perturbé. Mais voilà, comme je vous l'ai dit, dans des situations extraordinaires, c'est parfois les gestes les plus simples qui font du bien. Laissez cette petite routine s'installer avec vous, car au final, elle ne vous fait pas stagner, non. Elle vous fait avancer. C'est comme ça qu'Étienne, tous les matins, aime faire un bout de ménage dans notre camp. Feuille de palmiers ficelée à une branche, il passe un coup de balai pour enlever les grains de sable. Au bout de cinq minutes, il se met à gueuler. Oh, mais qui c'est qui a mis du sable partout encore ? Et pourquoi pas ? Si ça le rassure, c'est l'essentiel. Sabrina, elle, écrit « Tadaaam ! » en grand dans le sable tous les jours. Parce que la marée l'efface lorsque la nuit passe. Mais ça lui fait du bien de le faire. Alors pourquoi vouloir lui dire que ça ne sert à rien, ou qu'elle devrait le faire quelques mètres au plus haut, pour éviter de le refaire chaque jour ? Mais si ça lui fait du bien, pourquoi lui dire ? S'adapter sans cesse à de nouvelles situations est usant, surtout quand on grandit. Pourtant, s'adapter sans cesse à de nouvelles situations quand on est petit est facile, même si ça détruit. Mais ça, on s'en rend compte plus tard, cher journal. Tout ça pour te dire qu'il n'y a pas de bons, de mauvais compagnons. Il y a des compagnons, à point c'est tout. J'ai mis du temps à le comprendre, trois mois. Et même si chaque jour est différent, même si chaque jour est rempli d'optimisme, de pessimisme, d'engueulades ou de sourire, je les remercie d'être avec moi. Ils font aujourd'hui ma routine qui me rassure. Ils ont des gestes simples qui me confortent dans l'idée de me dire que quoi qu'il arrive, quoi qu'il nous attend, je n'aurai qu'à passer un peu de temps avec eux pour éviter de me perdre à nouveau. Et qui sait, un jour, trouver ma nouvelle routine qui me fera du bien. Au fait, nous avons reçu un message audio de la part de Vince, Hélène et Jonathan. Ça faisait du bien d'entendre leur voix. Ils sont sains et saufs, tant mieux. J'espère juste qu'on retrouvera Philippe et Johan. Car nous n'avons toujours pas de nouvelles d'eux à ce jour. Bon, il est temps de te laisser. À très bientôt, cher journal.
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
