Podcasts · L'épique TADAAAM

Retrouvailles

30 novembre 2023 · 6 min

Avec un compte, 15 Cœurs quand quelqu’un ouvre votre lien. Rejoindre la communauté
Après s'être perdus de vue pendant 70 jours sur l'île déserte, Etienne et Vincent se retrouvent... Non sans séquelles.
Lire la transcription

Et voilà, je marche, je marche et je marche encore. Je connaissais un gars qui m'avait dit un jour « faut que tu marches, parce que tu apprends quand tu marches. » Mais qu'est-ce que je lui ferais fermer sa gueule si je le croisais aujourd'hui ? J'en peux plus. Il pleut ! Ça fait 70 jours que je n'ai plus vu personne. Ah, cette plage de sable fin. Je ne sais pas depuis combien de temps on est échoué ici, mais je ne m'en lasse pas. Et vraiment, heureusement que tu es là, Vincent. Je ne t'entends pas beaucoup. J'ai même l'impression que tu ne piges rien de ce que je dis. Mais sans toi, ce serait la solitude, la vraie. On forme vraiment une belle équipe tous les deux. À la base, j'avais dit à Sabrina et Étienne que j'allais chercher une noix de coco. 70 jours plus tard, j'ai toujours pas de noix de coco, mais j'ai perdu Sabrina et Étienne. De toute façon, ils doivent penser que je suis mort maintenant. Bon allez Vincent, reste pas planté là et va me chercher du bois pour le feu. Aujourd'hui, c'est opossum rôti. Ou je sais pas exactement ce que c'est, mais ce sera rôti. Allez, mais qu'est-ce que t'attends ? Bouge-toi ! Ou dis quelque chose au moins, je te demande pas une vraie conversation. Je sais même qu'un crabe ne parle pas du tout, en général. Mais tu pourrais au moins tenter des trucs. Un nouveau croisement. Bon, ça fait 70 jours que je prends à gauche. Je vais aller par là. Mais il ne va pas bouger d'un grain de sable. Allez ! Tu sais quoi ? Je vais te balancer tes quatre vérités à la carapace. T'en fous pas une. C'est moi qui dois tout faire, ici. Chasser, trouver le bois pour le feu, reconstruire la maison quand il y a un coup de vent. Pendant que l'autre, là, il se dort la pince au soleil. Allez, ça y est, commence pas à faire ton regard de crabe battu. Mais qu'est-ce que je vais faire ? Va falloir que je pense à m'installer, faire un logement. Je pourrais faire guide touristique de l'extrême. Bienvenue, cher aventurier, je suis votre guide, Captain Vincent Ponserville. Je vous amène en excursion dans la nature. Regardez là-bas, un arbre. Oh, bravo, capitaine, on ne l'avait pas vu ! Et vous n'avez encore rien vu. Demain, je vous montre un autre arbre. Mais quelle excursion de malade ! J'adore ! Bon, c'est pour quand, ce feu ? Si je t'attrape, tu vas voir, je vais te catapulter vers la forêt et tu vas me le rapporter, ce bois. Ou alors tu préfères le manger cru, peut-être, ce bestiot. Hein, c'est ça ? Tu vas me faire croire que tu ne fais jamais cuire ta bouffe. Tu vas voir comment on fait, c'est toi que je vais faire cuire, moi. Mais aïe, mais il faut que t'arrêtes de me pincer comme ça. C'est ça, dégage, va te planquer dans le sable. En même temps, il a des pinces, autant les rentabiliser. Si Étienne était là, il aurait pu dire « Eh oui, Vincent, et sais-tu que cet arbre est né en 1834 lorsque l'explorateur machin a mis les pieds sur cette île ? » Je plains ce Lord Clifton quand il a débarqué ici en 1834. Tous ces crabes débiles qui s'attaquaient à ses orteils. Du coup, il a planté cet arbre en mémoire de ses doigts de pieds découpés en rondelles. T'entends ça, Vincent ? T'approches plus de moi ou je te cuis comme Sabrina ailleurs. Bah, Sabrina aurait rétorqué. Non mais, Étienne, tu veux pas faire comme l'arbre ? La fermer. Alors, un fil pourrait reçure en chéri ? Mais cramé-moi tout ça, bordel. Cet arbre ne vaut pas un clou depuis 1834. Et enfin, Yohann aurait sûrement se lamer. Arbre, arbre, je suis arbre. Mais toi, es-tu arbre ? De toute façon, je n'ai jamais rien compris à ces textes. Cette époque me manque. Tiens, j'arrive sur une plage. Attends, Vincent, regarde ! Il y a quelqu'un qui se ramène ! Mais c'est qui ce barbu, là, qui me fait des signes ? Eh oh, le type, là-bas ! Moi ? On est sur une île déserte. Vous pensez vraiment que je parle à quelqu'un d'autre ? Je ne sais pas ! Vous avez croisé d'autres personnes, vous ? Vous voulez pas avancer parce que c'est complètement con de gueuler comme ça pour se parler. C'est pas faux, bah j'arrive. Ah, je commençais à voir les cordes vocales dans la boîte à gants, à gueuler comme ça. Asseyez-vous mon bon monsieur, j'étais en train de préparer un souper. Étienne ? Qui c'est ça Étienne ? C'est toi Étienne ? Mais je t'ai pas reconnu avec cette barbe ! C'est moi, c'est Vincent ! Ça fait 70 jours qu'on s'est perdu de vue sur cette île, j'allais chercher des noix de coco et puis... Ça tourne pas rond dans la caboche, il s'est hydraté un peu le gars. C'est pas toi Vincent, faut pas aller boire l'eau de mer, ça fait tousser les neurones. Mais non, ta dame, c'est nous, ta dame. On avait un bateau, on s'est échoué sur cette île, puis on a repris nos émissions, enfin une, on avait retrouvé Sabrina. Mais d'ailleurs elle est où Sabrina, elle était pas avec toi. Si, tu connais Sabrina, je l'ai mangée hier. Oh mon dieu, tu as mangé Sabrina ? Elle était bien bonne d'ailleurs. Mais c'est horrible, t'as mangé Sabrina. Mais te fais pas de mouron, il y en a plein à l'océan, ce matin j'ai pêché Philippe et Johan. Et ce midi, ça aurait changé un peu, mais plus le temps de rôtir Guillaume l'opossum, ou le truc là, alors je prépare Jonathan. Je l'avais depuis un petit moment, il était plus très frais la bête, mais avec un peu d'assaisonnement ça passe, c'est presque près d'ailleurs. Tu veux en manger un bout ? Ça te fera pas de mal, parce que là mon gars, t'es blanc comme un cachet d'aspirine. Oh non, Étienne est devenu cannibale, mais c'est un enfer, il va me bouffer aussi. Pour que je te boufferais et que tu ne rentres pas dans ma casserole. Allez, Jonathan, à table. Mais ce n'est pas Jonathan, ça. C'est un crabe. Non, c'est Jonathan. Je ne sais pas. À chaque fois que j'en pêche un, je lui donne un prénom. Eh bien là, tu vois, il y a Philippe et Johan. Je les garde pour demain, ceux-là. Il est complètement sifflé. Étienne, ce sont des crabes. Et tu les as mis dans notre caisse où on a rangé le matos, là, pour les émissions, justement ? Ah oui, il y avait plein de trucs qui ne servaient à rien. Les gars qui devaient vivre là avant ont dû les oublier. Ils ont dû partir aussi parce que j'ai vu personne depuis un petit moment maintenant. Parce que c'est nous qui vivions là, Étienne ! Qui ça, nous ? Et qui c'est, Étienne ? Ça fait cinq minutes que tu m'appelles Étienne. Je ne m'appelle pas Étienne. Comment tu t'appelles ? Étienne. Mais bordel, c'est ce que je dis depuis tout à l'heure. Oui, c'est rigolo. Je me dis que tu m'appelais par le même prénom que moi. Bon, Étienne, je suis désolé, mais là, il faut que je te remette les idées en place. Il va faire tout noir, mais c'est pourtant bien. Comment ça ? Bon, je vais manger Jonathan en attendant.

Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.

95.6 FMBréniges FM
La Corrèze dans vos oreilles