On leur dira
29 juin 2023 · 3 min
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Eh, où tu vas comme ça, hein ? On n'a pas fini de parler, on vient juste de commencer. Parce que tu crois que c'est ça la vie ? Déblatérer ce que tu as à dire et te barrer ? Écraser l'autre pour qu'il ne puisse plus respirer ? Dans quel monde aussi égoïste vis-tu, hein ? Le mien ? Je t'emmerde. 36 ans que je te connais, jamais tu as eu de la compassion pour moi, jamais. Plutôt que de m'aider à me relever, tu appuyais plus fort, là où ça fait mal. Mais non mon grand, c'est pas te faire avancer. Avancer. Mais tu crois que c'est à coup de fouet qu'on avance ? Tu crois qu'il n'y a pas assez de coups à distribuer, de conneries aseptisées à longueur de journée, rendant mes nuits toujours plus courtes et mes jours toujours plus longs ? La tristesse, elle est partout, hein ? Lève les yeux, putain. On vit dans un monde connecté où on n'a jamais été autant déconnecté. J'ai jamais croisé autant de monde à chercher du sens. J'ai jamais croisé autant de monde à chercher soi-même. On préfère sourire à un monde qui se tourne le dos pour éviter de penser, pour ne pas trop rêver. Parce que rêver, c'est démodé. Croire en l'humain le devient de plus en plus aussi. Croire qu'un jour, le bonheur sera partout, il est déjà depuis longtemps. Alors quoi ? Tu veux continuer à me tourner le dos, c'est ça ? Alors qu'on pourrait avancer ensemble, se soutenir, s'épauler. Mais non, non, non, pas toi. Toi, tu préfères marquer plutôt que de penser. Mais tu veux m'amener où, bordel ? Comprendre ? Mais comprendre quoi ? Que la vie est dure ? Mais ça, je l'ai compris, putain. Elle est aussi dure à vivre qu'elle a à donner. Mais j'ai pas choisi d'être comme ça, moi. D'éprouver, plutôt que de sentir. De pleurer, plutôt que de sourire. Alors quoi ? On arrête tout ? On se sépare ? Chacun prend sa route et on se dit adieu ? Je me dis souvent qu'avec toi, de toute façon, je ne fais que reculer. T'en penses quoi de ça, hein ? De toute façon, tu penses rien, car tu es en moi. Alors pour une fois, écoute-moi. Écoute-moi. Pour une fois, viens. Viens et prends-moi la main. Faisons la paix. Ouais. Faisons la paix. Car la vie, on n'en a qu'une. Et même si je ne sais pas ce qu'elle est, j'ai envie de la vivre. Ah putain, ouais, j'ai envie de la vivre. Tant que j'ai les deux pieds au sol pour marcher et mes yeux pour regarder. Je veux voir du pays, moi. Rencontrer des gens, aimer, rire, sourire, danser, chanter, j'ai envie de me sentir chez moi, partout où je serai. Et puis je tomberai, ben oui je tomberai, mais je me relèverai, et je retomberai encore et encore. Je sais que je n'ai plus la force de me relever, parce que la vie, c'est une fatalité. La fin du monde en est une aussi, alors viens, viens on lui fait un putain de gros doigt à cette fatalité, avant que nos certitudes fondent, avant qu'on soit trop vieux. Parce que je sais même pas si on le saura un jour. Et même si on ne sait pas où on va, on s'en fout. Parce qu'on a le droit de se planter, c'est pas grave. On lui rendra confiance, on recommencera. Il n'y a pas de mal à être triste tant qu'on reste debout. Alors arrêtons de perdre du temps et aide-moi à avancer, à vivre sans douter. Parce qu'ensemble on peut y arriver. Tu le sens, tu le sens qu'on peut gagner. On va croire en nous. Et même si personne nous écoute. Même si le monde nous tourne le dos. Nous, on leur tapera sur l'épaule, assez fort pour qu'ils se retournent. Mais on leur dira...
Transcription automatique, non relue : elle peut comporter des erreurs, notamment sur les noms propres.
